Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 juillet 2009

Quand la France joue les cigales

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

 Le 23 juin dernier la Cour des Comptes rendait public son rapport sur “la situation et les perspectives des finances publiques”. Brisant l’alibi d’une crise mère de tous les maux, la Cour estime que celle-ci n’explique que la moitié du déficit public colossal prévu cette année. Une situation qui devrait contraindre inexorablement, contre les engagements de Nicolas Sarkozy, à une hausse des impôts.

De fait, tous les indicateurs sont au rouge. Le déficit public de la France (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) est passé de 2,7% du PIB en 2007 à 3,4% l’an dernier. Il devrait atteindre 7% en 2009. Mais, plus qu’une situation conjoncturelle, la Cour des Comptes par la voix de son président Philippe Seguin a insisté sur le fait que la situation exceptionnelle liée à la crise n’explique pas tout.

Notre pays est touché par un déficit structurel évalué à environ 3,5% du PIB (contre 1,4% en moyenne dans la zone euro). Une situation critique marquée par une hausse des dépenses et une érosion continue des recettes, liée notamment à la multiplication des exonérations fiscales. Illustration de l’insouciance actuelle, la France a payé en 2008 plus de 54 milliards d’euros pour en payer les intérêts c’est-à-dire plus que le produit de l’impôt sur le revenu.

Derrière l’affichage d’une image de gestionnaire rigoureux, l’exécutif est schizophrène. La dépense publique a progressé de 9,4 milliards au cours de la même année. Une situation qui donne le blues à la commission des finances du Sénat.

Comme Philippe Seguin elle estime incontournable une hausse des prélèvements obligatoires dès que la sortie de crise se profilera. Le 9 juillet dernier, le président de la commission des finances, Jean Arthuis, et son rapporteur général, Philippe Marini ont appelé, à “une vigilance de tous les instants” en matière de dette. Réputé pour leur sérieux et leur compétence les deux sénateurs ont respectivement qualifié la situation “hyperpréoccupante”, et parlé d’un pays “en état d’apesanteur financière”.

La crainte majeure reste un relèvement des taux d’emprunt actuellement historiquement bas. Compte tenu des sommes en jeu, toute augmentation aura mécaniquement des effets très conséquents qui se traduiront par une envolée de la dette. Dans ce contexte, la suppression de la TP (taxe professionnelle) voulue par Nicolas Sarkozy laisse dubitatif. La commission des Finances du Sénat craint en effet que le manque à gagner pour l’Etat à l’issue de cette réforme soit supérieur à 6 ou 7 milliards d’euros par an tout en rappelant qu’il serait “contre-nature” de vouloir la compenser par une taxe carbone.

Henry Moreigne pour « La Mouette »
« Jack The Man » by J.J. Milteau, Demi Evans & Manu Galvin

25 juillet 2009

Ces élus nécessiteux….

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:30

(photo: World Economic Forum - Flickr - cc)Copé gagne plus que Sarko. Que fait le fisc ?

Si le cumulard Copé (maire de Meaux, président de sa communauté d’agglomération et Député de Seine-et-Marne) aimerait avoir le job de Sarkozy, son métier d’avocat lui permet, à 26300€ brut par mois, de dépasser le salaire élyséen !

L’argent ne fait pas le bonheur, même en politique. Regardez Jean-François Copé : maire, président de communauté d’agglomération, député et avocat, il ne rêve que de devenir président de la République, alors que ce job lui rapporterait près de 5800€ de moins ! Car en cumulant les emplois, le président du groupe UMP cumule aussi les revenus.

Mais n’allez pas vous méprendre : en additionnant les indemnités de ses trois mandats, Copé plafonne à 9730. Minable ! Moins qu’un secrétaire d’Etat, comme le remarque justement Politique.net. Ce ne sont pas les fonctions électives qui garantissent au président du groupe UMP son niveau de vie mais son job d’avocat d’affaire.

Selon une enquête parue dans Capital en mai 2009, Copé ramasserait 200000€ par an pour faire de la médiation juridique à temps partiel entre sociétés françaises et pays étrangers, soit 16600€ par mois ! De quoi humilier Nathalie Kosciusko-Morizet, une autre grosse cumularde pourtant bien haut dans la grille des indemnités, avec ses 19807 euros mensuels d’argent public. Et mieux même que les 20859 bruts du locataire de l’Elysée

Mais la martingale judiciaire n’est pas étrangère au chef de l’Etat : détenteur d’un tiers des actions du cabinet Arnaud Claude et associés, Nicolas Sarkozy les aurait mis en location, accumulant de mois en mois le «loyer» de ses parts. La cagnotte représentait, selon les informations de notre journaliste Emmanuel Lévy, 600000€ en 2007 (contre 400000 fin 2006) et pourrait atteindre 1,6 millions à la fin du mandat, dont un tiers reviendrait à l’ex-Président. Alors, peut-être les rôles s’inverseront et Sarkozy touchera le salaire de Copé pendant que lui occupera sa fonction.

Sylvain Lapoix pour Marianne2.fr

Goldman Sachs n’est pas une hirondelle

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Le grand retour en forme de la banque n’annonce pas le printemps du secteur financier américain.

Ce qui est bon pour Goldman Sachs est-il bon pour l’Amérique? La plus célèbre banque d’affaires au monde, celle que certains n’hésitent pas à appeler «Government Sachs» tant ses liens avec les administrations successives à la Maison Blanche sont étroits, est elle en train d’annoncer le «come back» de l’industrie financière américaine? Et le retour de ses excès ? A priori, tout devrait permettre à la vénérable maison de Wall Street, qui avait réussi à marcher sur l’eau en 2007 là où d’autres s’étaient déjà noyés dans la crise des subprimes, de retrouver son statut hors du commun.

A commencer par la lecture de ses comptes, à la mi temps de 2009. Goldman Sachs a explosé tous les compteurs en dégageant en trois mois le chiffre d’affaires le plus important de son histoire : 13, 8 milliards de dollars ! Et un bénéfice de 3, 4 milliards de dollars, en hausse de 65%. En ne comptant pas les frais financiers à payer pour sa dette auprès de l’Etat, la banque aurait affiché un rendement de ses capitaux proche de 24%. Presque mieux que les standards stratosphériques observés lors de la dernière bulle financière, avant la crise.

Il serait pourtant bien hasardeux de penser que ce grand retour en forme annonce le printemps de l’ensemble du secteur financier outre-Atlantique. Goldman Sachs a profité à plein des activités sur les valeurs mobilières et du trading sur les produits de taux. Ses revenus des activités d’émission de titres ont explosé. En un an, la division courtage -marchés actions et obligataires a connu une hausse de 93%.

Certes, les principaux concurrents de Goldman Sachs, à commencer par les grandes banques universelles qui ont absorbé ces derniers mois les anciennes banques d’investissement en difficultés, ont profité eux aussi de la bonne tenue des activités de courtage et des marchés de taux au deuxième trimestre. JP Morgan Chase a ainsi tiré profit à plein de sa banque d’investissement dont les bénéfices ont plus que triplé à 1,47 milliard et dont le chiffre d’affaires a bondi de 33% à 7,3 milliards.

Difficultés chez les concurrents

Mais, pour être exposées à des tas d’autres activités (crédits aux particuliers et aux entreprises), contrairement à Goldman Sachs qui reste centrée sur les activités de marché, les majors américaines risquent de continuer à beaucoup souffrir ces prochains mois de la dégradation de la situation économique, de la montée du chômage, des impayés sur les cartes de crédit et des risques sur les prêts immobiliers. JP Morgan est certes la seule des six principales banques américaines à ne pas avoir connu un seul trimestre dans le rouge depuis le début de la récession en 2007. Mais son président, Jamie Dimon, a déjà prévenu que la qualité de ses crédit à la consommation se détériorait plus rapidement que prévu -les provisions destinées à couvrir les pertes sur créances ont plus que doublé en un an pour atteindre 9,7 milliards de dollars. Et qu’il est peu probable que JP Morgan dégage des bénéfices en 2010 sur les activités de cartes de crédit qui ont perdu 672 millions au deuxième trimestre. Les bénéfices de la banque de détail ont quant à eux été divisés par 33,  tombant à 15 millions, en raison de la hausse des défauts sur prêts immobiliers. (Lire la suite…)

24 juillet 2009

le motodidacte, mieux que Stakhanov

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:30

Il y a peu, Christian Estrosi, dit le motodidacte, en campagne pour les municipales annonçait à ces futurs concitoyens, histoire de convaincre les derniers récalcitrants et les adeptes de plus en plus nombreux du non cumul des mandats, qu’il renoncerait à tout ses mandats, s’il était élu, pour se consacrer à sa bonne ville de Nice.

Vous savez comme moi ce qu’il en est des promesses de campagne… Après avoir démissionné de son poste de secrétaire d’État chargé de l’Outre-mer pour se consacrer à plein temps à sa nouvelle fonction, son appétence pour les cumuls refait surface et il devient l’un porte parole de l’UMP puis accepte des missions puis, en 23 juin 2009, il retourne au gouvernement en tant que ministre chargé de l’Industrie…
Il est également président de la communauté d’agglomération Nice-Côte d’Azur (CANCA) devenu, fin 2008, communauté urbaine Nice Côte d’Azur.

Le 1er avril(, et ce n’est pas un gag) celui qui devait se consacré exclusivement à Nice est réélu député le 25 mai 2008 avec 69,37% des voix au second tour (après une participation insuffisante au premier pour assurer son élection directe ce qui montre comment les Niçois perçoivent les hommes politiques en général et leur maire en particulier…)

Le motodidacte démissionne finalement de la présidence du conseil général des Alpes-Maritimes le 14 décembre 2008, et, frappé par les règles sur la limitation du cumul des mandats, après la validation définitive des résultats des élections municipales de Nice par le Conseil d’État, est obligé de démissionner de son mandat de conseiller général de Saint-Étienne-de-Tinée.

Que d’activités ! on en reste envieux. Quel est le truc ? Il n’y a pas de truc, c’est simplement qu’il travaille beaucoup… Exactement 18 heures par jour, 7 jours sur 7. Soit 126 heures par semaine… (voir la vidéo, c’est lui qui le dit…) Il est donc logique qu’il puisse cumuler salaires et indemnités !
Ce n’est pas comme ces fainéants de français qui restent à 40 heures maximum et qui ne veulent pas bosser le dimanche.

Cela rappelle Alekseï Grigorievitch Stakhanov (1905-1977), un célèbre mineur soviétique qui, lors d’un concours organisé par le Komsomol, aurait accompli quatorze fois la norme dans l’extraction du charbon, le 31 août 1935 : 102 tonnes en 6 heures de travail. La norme était de 7 tonnes. La propagande soviétique en a fait par la suite un exemple pour tous les ouvriers de l’URSS. Cette promotion du sacrifice personnel et de l’émulation entre travailleurs pour le bien du Parti a reçu le nom de stakhanovisme.
Sarkozy devrait créer bientôt le Estrozisme….

Cela dit, avec une moyenne journalière de 18 heures de boulot, si l’on rajoute un peu de temps pour se sustenter et un tout petit peu de sommeil, il ne reste pas grand place pour se cultiver. Ni pour apprendre à compter. Encore moins pour comprendre que les français ne sont pas des imbéciles…

Alain Renaldini

L’Etat social proactif du XXI° siècle : associer les questions sociale et environnementale.

Filed under: 04 - Emploi formation — iledere @ 6:45

Un État social proactif : investir dans l’Homme pour répondre aux enjeux sociaux et écologiques du XXIème siècle.

Face à ceux qui dénoncent l’État providence comme un archaïsme, la crise impose une réflexion globale sur la nature de l’État moderne à inventer pour redynamiser notre modèle. Il s’agit de réfléchir à un État préventeur. Un système qui doit être plus efficace dans son action de prévention des risques sociaux et de lutte contre les inégalités. Les programmes étatiques doivent pour cela s’orienter et favoriser les dépenses actives, celles qui incitent au retour vers l’emploi des personnes, sans pour autant renier les dépenses passives.

strong>Comment favoriser l’emploi ?
La question oblige à des actions micro sociales pour une prise en charge individuelle. Le chômage appelle des réponses individualisées qui concernent autant l’État, les collectivités que les associations. Comme on a pu parler de République sociale, l’État social du XXIème siècle doit voir le jour pour permettre à la gauche européenne de faire entendre sa demande de mise en place d’un nouvel État social.

De quoi parle-t-on ?
C’est en passant de la question purement sociale à la question écologique, que l’État social se modernise. Avec la première transformation, qui a consisté à passer d’un État social minimum à l’État social keynésien, l’État social s’était donné pour objectif de répondre à la progression de la prolétarisation qui ne cessait de croître avec le développement du fordisme. Cette prolétarisation excluait les citoyens ainsi placés aux portes de la société. Ils étaient exclus de l’accès aux biens de consommation, réservés aux propriétaires des outils de production. Le tournant du siècle qui nous concerne, est un moment important de l’histoire sociale, car pour notre sujet, la question écologique vient interpeller la modernité de notre modèle de société et plus encore de l’État social. L’écologie interroge au niveau mondial le devenir de nos sociétés consuméristes, qui découvrent les limites plus ou moins connues des ressources de notre planète, et sa fragilité face à nos activités de production et de consommation. L’État social du XXIème siècle appelle des réponses à l’échelle de la mondialisation, et inclus les questions sociale et écologique.

Un État social pourquoi faire ?
L’État social est relatif aux interventions de l’État qui mettent en jeu la socialisation. Ces interventions visent à intégrer les citoyens ou à favoriser leur intégration. L’État social couvre ainsi l’ensemble des interventions de l’État, qui ont pour objet d’insérer les citoyens ou de favoriser cette insertion. Les services publics participent en ce sens à l’effectivité de certains droits. Ils ont donc une place prépondérante dans un tel modèle. Le ministre belge des Affaires sociales et des Pensions en 1999, Frank Vandenbroucke, chargé de réorganiser la politique économique et sociale de son pays, et selon les principes de l’État social actif, nous donne une définition de celui-ci : «  L’État social actif veut suivre une nouvelle approche. Cette ambition suppose une politique proactive, qui insiste davantage sur les investissements dans les personnes, sur le travail sur mesure, sur la responsabilité personnelle des différents acteurs intervenant sur le terrain social… Il n’attend pas qu’un risque social se produise : au contraire, il met l’accent sur la prévention. Il peut le faire précisément parce qu’une série de nouveaux risques sociaux sont bien plus prévisibles. « . (Lire la suite…)

23 juillet 2009

UMP, parti des repris de justice

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP — iledere @ 12:00

Charles Pasqua va être traduit devant la Cour de justice de la République ! Le Monde résume les faits qui lui sont reprochés : « Dans la première affaire, l’actuel sénateur UMP des Hauts-de-Seine est renvoyé pour « corruption passive sur personne dépositaire de l’autorité publique«  : il est soupçonné d’avoir autorisé l’exploitation du casino d’Annemasse (Haute-Savoie) par un proche, Robert Feliciaggi, en échange d’un financement politique ultérieur. M. Pasqua a déjà été condamné en mars 2008 à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris dans un autre volet de ce dossier, concernant le financement illégal de sa campagne européenne de 1999 pour son parti, le RPF (Rassemblement du peuple français), à un moment où il n’était plus au gouvernement. La cour d’appel doit se prononcer le 18 septembre. La deuxième affaire concerne un agrément délivré pour le transfert du siège de la branche transport de GEC-Alsthom à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), qui avait généré en 1994 le versement d’une commission de près de 800 000 euros à un proche de M. Pasqua, Etienne Leandri, aujourd’hui décédé. Le renvoi de l’ancien ministre concerne cette fois des faits de complicité et recel d’abus de biens sociaux. C’est sous ce même chef d’accusation qu’il est poursuivi dans la troisième affaire, qui concerne le versement entre 1993 et 1995 de commissions par la Sofremi, une société d’exportation d’armes qui dépendait du ministère de l’Intérieur, à des proches de M. Pasqua. Charles Pasqua a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés dans ces trois dossiers dans lesquels certains de ses proches, dont son fils Pierre, ont déjà été condamnés à de la prison ferme. La Cour de justice de la République est la seule juridiction habilitée à instruire et à juger des affaires mettant en cause des ministres, pour des infractions commises dans l’exercice de leurs fonctions. (…) Il encourt jusqu’à dix ans de prison ferme. Elu sénateur des Hauts-de-Seine en 2004 avec l’appui de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, Charles Pasqua a été mis en cause dans plusieurs affaires mais n’a jamais été condamné définitivement, ni incarcéré, car il bénéficie d’une immunité parlementaire grâce à son mandat à la Haute Assemblée. »

Gérard Gautier, citoyen fondateur du Mouvement pour la reconnaissance du vote « blanc », commente sur son blog : (devant la Cour de justice de la République) « Il va ainsi pouvoir répondre à la question de savoir pourquoi il s’est toujours abrité derrière son immunité parlementaire de sénateur dont il bénéficie depuis 2004 alors qu’il a toujours dit n’avoir rien à se reprocher ? Il va pouvoir indiquer, également, pourquoi et sous quelles pressions et émanant de qui, 211 « grands électeurs » UMP des Hauts-de-Seine se sont faits ses complices pour lui éviter d’avoir, plus tôt, à répondre aux juges d’instruction qui le sollicitaient après la perte de son mandat européen, et de l’immunité parlementaire y afférent, en 2004 ? Il va pouvoir éclairer tous les citoyens français sur les raisons qui ont fait qu’aucun de ses collègues du Sénat n’a demandé la levée de son immunité pour lui éviter, au minimum, d’avoir à continuer de légiférer au nom de la République ? (…) Si d’aventure, malgré la panoplie de recours qu’il lui sera possible de former, il était réellement condamné et incarcéré, qu’il ne s’inquiète pas trop. Même si sa santé est meilleure, qu’il se souvienne que Papon a été libéré au bout de 4 ans. De plus, Charles Pasqua a, outre un « pouvoir de nuisance certain », d’excellentes relations qui ne manqueront pas de s’activer pour qu’il bénéficie de la même grâce « providentielle » que son ami l’ancien préfet Jean-Charles Marchiani*. Alors prenons le pari que Charles Pasqua fêtera son centenaire au Sénat… » (Lire la suite…)

Bon dimanche!

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:34

Les députés de la majorité sarkozyste ont adopté cette semaine un texte de loi permettant l’ouverture dominicale dans les communes dites d’intérêt touristique et les grandes zones commerciales des agglomérations Paris, Lille, Marseille.

Grand projet de Nicolas Sarkozy, cette mesure fragilise les droits des travailleurs. C’est de fait une généralisation du travail du dimanche qui touche déjà, faut-il le rappeler, de nombreux Français (3,4 millions, Enquête INSEE 2004).

Désormais, dans la kyrielle de communes (près de 500) dites d’intérêt touristique qui criblent notre pays, le salarié devra de droit accepter de travailler le dimanche – sans doublement de salaire, ni repos compensateur. Travailler plus pour gagner plus moins!…. Les Français commencent à connaître la chanson.

Le travail du dimanche est un coin enfoncé dans l’édifice du droit du travail. Se cache derrière cette fausse proposition de loi – furtive et inutile dissimulation de la volonté présidentielle – l’ambition de la droite de poursuivre la dérégulation du marché du travail dans une logique purement idéologique.

L’exemple américain montre le chemin: d’abord le travail le dimanche, puis l’ouverture en permanence, notamment de nuit. Les grandes chaînes de magasins (CVS, Shaws…) outre-atlantique avaient adopté l’ouverture 24/7 pour suivre le mouvement de certains concurrents, effet d’entraînement oblige. L’argument marketing du « Come in at any time » était trop tentant pour ne l’abandonner qu’à quelques uns. La généralisation de l’ouverture 24/7 a réduit mécaniquement la rente d’exploitation des premiers pour finir par représenter un coût important. Le marketing a ses limites. Aujourd’hui, on observe en effet un rétropédalage rapide aux USA: la réduction des coûts passe par une rétrécissement des plages d’ouverture.

De façon identique, la généralisation du travail dominical est une ineptie économique. Les études les plus sérieuses (lire rapport du CAE ici) ont montré l’absence d’effet empirique significatif sur la croissance. Sans se référer aux grandes lois de la science économique, on peut aisément percevoir qu’un euro dépensé le dimanche ne sera pas à nouveau consommé le lundi. Le commerce électronique accessible 24/24 reflète précisément l’absence d’effets majeurs sur la structure de consommation des ménages. L’activité économique sera seulement lissée sur 7 jours, au lieu de 6. La consommation des Français dépend d’abord de leurs revenus! C’est l’augmentation de ces revenus, et en particulier des plus faibles, qu’il faut encourager.

Et puis, au-delà des aspects économiques, pensons aussi à la nécessité d’avoir dans notre emploi du temps – à tous les étages, individuel, familial, national – des repères collectifs, des balises temporelles auxquels chacun se réfère pour organiser son temps libre harmonieusement. La conjugaison des temps familiaux, amicaux et professionnels doit rester possible. Ce n’est pas sur le consumérisme que se développe une société. Il serait bon de le rappeler à la droite bling-bling.

Thomas pour la section Jean Zay de Sciences-Po

Jason Mraz  » I’m yours« 

22 juillet 2009

Quand l’Elysée paie les sondages Opinionway publiés dans le Figaro..

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,20 - UMP — iledere @ 7:03

Le budget de Nicolas Sarkozy à l'Elysée
La Cour des Comptes a rendu son premier rapport sur le budget de l’Elysée. Au menu : 14 000 euros de dépenses privées réglées par la présidence, des déplacements privés trop coûteux, des appels d’offre pour amuser la galerie, des personnels fantômes et… 1,5 million d’euros d’obscurs études d’opinion qui se retrouvent régulièrement publiées dans Le Figaro. Vite, un sondage !

Sarkozy l’a voulu, Sarkozy l’a eu. « Je demanderai au président de la Cour des Comptes de contrôler le budget de la Présidence de la République, ce qui n’a jamais été fait jusqu’à présent« , avait-il déclaré peu après son accession au pouvoir. C’est donc fait, une première. Bravo. Pour le reste, le langage châtié (châtré ?) de la Cour et le flou artistique savamment entretenu tout au long des 19 pages du rapport ont du mal à cacher le malaise qu’avait déjà relevé René Dosière à plusieurs reprises, avec des mots plus triviaux.

Un centre national de renseignement désaffecté
D’entrée, la Cour des Comptes salue les « progrès sur la transparence plus que significatifs » réalisés par l’Elysée. Certes, « des marges de progression existent« , affirme le rapport, mais ne boudons pas notre plaisir… Sur un total de 112 millions d’euros, ce ne sont pas les quelques « nombreux paiements » effectués « au simple vu des factures » sans bons de commande ni engagements contractuels qui vont nous refroidir. Pas plus que les 4 millions que le Palais doit toujours au ministère de la Défense au titre des charges de fonctionnement, salaires et « indemnités pour sujétions particulières » des personnels du « centre national de renseignement »… un service fantôme, à plus d’un titre.

Les affectations de logements de fonction « fortement sous-évalués » à moitié déclarés ? Un détail. Les moyens aériens de l’Etec (Escadron de transport, d’entraînement et de calibration), et ceux de l’Escadron Esterel qui n’a pour objet que de transporter la cour du prince (proches, officiels et journalistes) ? Si peu important que c’est la Défense qui rince. Les appels d’offre qualifiés de « pure forme« , à l’instar de ceux émis pour l’organisation de la Garden Party ? L’ »insuffisance des pièces justificatives à l’appui des factures » ? Une mise en concurrence quasiment inexistante ? Le « coût de gestion élevé de demeures présidentielles sous-utilisées » ? Des chipotis de bas étage… pour un Château en rez-de-chaussée, ou presque.

14 123 euros des dépenses personnelles
Et concernant les dépenses privées, pas mieux. Le service qui gère l’intendance privée du chef de l’Etat s’est un poil embrouillé dans les chiffres, affectant 14 123 euros des dépenses personnelles du président aux comptes de la Nation. Faute corrigée, dès que la Cour a levé le lièvre, donc à moitié pardonnée. En revanche, « pour répondre à l’attente de l’opinion » (sic), Nicolas Sarkozy délaisse les jets privés de ses riches amis pour des avions de ligne (presque) réguliers. Sauf que dans ces conditions, un avion de l’Etec le suit tout de même pour « pouvoir le transporter à tout moment en cas de crise« . Au final, cette solution est « plus coûteuse » que de voyager à bord d’un avion officiel. L’avion présidentiel est d’ailleurs en cours de remplacement, mais son coût d’achat et de rénovation n’a pas valu la moindre remarque de la part de la Cour ! « L’attente de l’opinion » a un prix… (Lire la suite…)

21 juillet 2009

Non, le PS ne va pas mourir…

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,13 - PS — iledere @ 17:49

Dans un pays normal, un tel matraquage de 211 articles ferait honte –

« Le PS doit disparaître, il faut dissoudre » (le JDD), // le PS « en danger de mort » (Valls dans l’Express), //
« Valls enfonce le clou », (le JDD) // « Après Valls, la charge de Montebourg » (Le Parisien), // « Gâchis de personnalités » (Le Figaro) //
« Dray charge Aubry » (L’Express) // « l’impuissance et l’amateurisme » de Martine Aubry (Le Monde) //
« gardienne d’une maison morte » (TF1) // « Le parti socialiste à l’agonie » (Le Temps), // PS, Dray, BHL ? Week-end sanglant » (Agora Vox), //
PS la déroute ? (Débats actualité française) // « l’impasse du PS » (Inrocks) // Valls encore : « Aubry m’a fait du mal » (JDD), //
« Julien Dray se range à l’avis d’EL DIA, Aubry est une gourde… » (El dia de la republica – Satire)… //
« La crise de gouvernance au Parti socialiste tourne à la farce » (Le Monde encore !) // « Le PS passera-t-il l’été ? » (nouvelobs.com) //
« Delanoë:  » Il y a besoin d’ordre au PS » (le JDD.fr) …

Il y a 211 articles comme ceux là sur « Google actualité »…
Si le mot « matraquage » et le mot « propagande » veulent dire quelque chose, c’est bien devant ce spectacle odieux.
Il ne manque qu’un sondage d’ Opinions Way commandé par Buisson à l’Elysée et démenti par Guéant.

Non le PS ne va pas mourir, il saura résister à l’allianceavec la droite Modem et opter pour l’unité de toute la gauche.
par Gérard Filoche

Comment peut-on ne pas donner la parole à la gauche de ce parti, en fait majoritaire à Reims, qui s’arqueboute pour le défendre contre tous les oiseaux de proie ? Comment ignorer que ce parti qui dirige 61 % des départements, 2 villes sur 3, 20 régions sur 22, est en fait le plus grand parti de France ?

Il est le cœur de la gauche sans laquelle celle-ci ne peut gagner.
Sarkozy qui mène chaque jour à fond une « contre-révolution blanche » dans ce pays contre tous les droits sociaux, contre les salaires, dans le seul intérêt d’une minorité de 1 à 2 % de super privilégiés, Sarkozy fauteur de crise et de chômage, 2000 chômeurs par jour, organise cette super campagne de dénigrement, de folie caricaturale.

Car les grands médias aux ordres de la pensée unique, dans ce pays, disons essentiellement le cercle TF1 – Le Figaro, impriment le tempo aux autres, Le Monde – Le Parisien – le JDD – Libération, qui martèlent de façon incroyable les mêmes thèmes de bourrage de crâne.

Non le PS n’est pas mort et il ne va pas mourir, il peut éviter de se rendre à ce que tous ces gens exigent de lui, une rupture d’avec la gauche, et une alliance avec le Modem.
Car c’est ça et seulement cela qui serait mortel ! (Lire la suite…)

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