Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 août 2009

Martine Aubry : Une « offensive de civilisation »

Filed under: 13 - PS — iledere @ 10:18

Le discours intégral de Martine Aubry à l’Université d’été de La Rochelle le 30 août 2009

Clôture de l’Université d’été

Cher(e)s Ami(e)s, cher(e)s Camarades,

Nous avons voulu que cette université d’été soit utile à la France et aux Français. Je crois que nous avons réussi.
Les Français doivent savoir qu’ils ont été au cœur des débats qui se sont déroulés, ici, à La Rochelle, pendant ces trois jours : pour apporter nos réponses à la crise, mais aussi pour préparer un projet de société et le rassemblement de la gauche.Ce travail nous l’avons mené avec les syndicalistes, les associations et les ONG, les mouvements d’éducation populaire, avec des élus, de militants mais aussi avec les autres formations de la gauche. Je le dis en votre nom à tous : la gauche, pour le Parti Socialiste, c’est notre histoire, c’est notre identité et c’est notre avenir. Je veux remercier toutes celles et tous ceux qui ont apporté leur contribution.

J’ai aimé cette Université car elle a été à l’image de ce que notre Parti doit être : ouvert sur la société, ouvert sur la gauche, ouvert sur le monde. Et puis, disons le aussi, j’ai aimé la convivialité de ces trois jours passés ensemble. Comme vous, elle m’a fait chaud au cœur. On s’engage pour des idées, bien sûr, mais rien n’est possible sans la passion de réfléchir et d’agir ensemble. Rien n’est possible sans rassemblement des socialistes, sans camaraderie, sans amitié. N’oublions jamais que la source de notre énergie est en nous, mais aussi entre nous. (more…)

Bonne nouvelle pour le PS : il ne s’est rien passé à La Rochelle

Filed under: 09 - Evènement,13 - PS — iledere @ 7:30

Moins de piques, plus de fond : le parti socialiste sort de son université d’été apaisé, et (peut-être) enfin prêt à se reconstruire.

Martine Aubry à La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89)

Il ne s’est rien passé ce week-end à l’université d’été du PS à La Rochelle. En tout cas, si on compare l’édition 2009 aux précédentes, particulièrement celle de l’an dernier.

Ce « rien » signifie -presque- pas de petites phrases assassines, de querelles d’égos, de luttes d’influences… Première bonne nouvelle pour le PS.

Sur le fond, on a pu assister à des ateliers sans être -trop- accaparés par les conférences de presse organisées à la va-vite par untel pour dézinguer unetelle, ou annoncer sa candidature à l’élection suivante. Des ateliers et des propositions, sur la vie du parti et le projet à définir. Seconde bonne nouvelle pour le PS.

Pourquoi ne s’est-il donc « rien » passé et comment alors a-t-on pu quand même en apprendre autant, notamment dans les deux discours de Martine Aubry, vendredi et dimanche ? Réponse en quatre points.

Des participants à l'université d'été de La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89)

1Le retour des règles et des idées

Les questions des primaires et des alliances pourrissaient l’ambiance entre socialistes cet été ? Martine Aubry n’a pas évité les sujets, elle y a même consacré son discours d’ouverture vendredi à La Rochelle.

Le principe de « primaires ouvertes » aux citoyens, afin de désigner un candidat du Parti socialiste pour 2012, a été proposé. Et si certains cadres sont réticents sur la formule ou le calendrier, ils n’auront pas leur mot à dire, puisque le sujet sera tranché par un vote des militants le 1er octobre.

Quant aux alliances, elles se feront d’abord « sur la base du projet ». Pas de discussions avant, point barre.

Les « propositions pour sortir de la crise » ont elles étaient déclinées dimanche, en clôture cette fois de l’université d’été. Cinq « mesures d’urgence » majeures (dont les deux premières sont nouvelles) ont été réclamées par la première secrétaire :

  • « Un remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de ménages modestes non-imposables
  • Le maintien des allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans
  • Une procédure de mise sous tutelle de l’entreprise par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés en amont des licenciements
  • La création de 150 000 emplois-jeunes dans l’économie verte et des services aux personnes
  • Une entrée de l’Etat dans les conseils d’administration des banques refinancées par la puissance publique »

« Les premières pierres d’une construction nouvelle » (more…)

30 août 2009

Les images de vendredi… La Rochelle 2009

Filed under: 13 - PS — iledere @ 8:00

Noam Chomsky :  » Il n’y a plus de sentiment d’espoir « 

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 7:00

Pour Noam Chomsky, professeur au MIT, la financiarisation de l’économie, l’idéologie  » fanatique  » de l’efficacité des marchés et le pouvoir croissant du secteur financier ont précipité cette crise. Si celle-ci ne lui paraît pas à la même échelle que la Grande Dépression des années 1930, il estime qu’il y avait alors plus d’espoir dans les catégories modestes.

Quand vous analysez la crise que nous traversons, comment la jaugez-vous en termes d’importance et d’impact par rapport à d’autres que vous avez connues ?

Mon enfance est celle de la Grande Dépression de 1929, et la crise actuelle n’est pas à la même échelle. En tout cas d’un point de vue économique. Mais d’un point de vue psychologique, ou culturel, je ne sais pas, il y a une différence. Pendant la crise de 1929, les membres de ma famille étaient des travailleurs, tous au chômage. Mais ils avaient de l’espoir.

Oui, il y avait à l’époque le sentiment que les choses s’amélioreraient. C’est une époque, où même si l’on n’avait pas été longtemps à l’école, la culture était beaucoup plus présente dans les classes modestes. On écoutait le Quartet de Budapest, on discutait des mérites de Freud. Les syndicats se développaient et les gens découvraient les vacances. Ils étaient très pauvres mais ils avaient la certitude que la vie était riche, et qu’elle serait meilleure. La période que nous vivons actuellement est beaucoup plus déprimée, il n’y a pas de sentiment d’espoir. Les gens sont des victimes, pas des agents du changement. Pour continuer le parallèle avec les années 1930, il y avait à l’époque beaucoup d’activisme. Il y a eu des sit-in dans des usines. Dans la littérature de l’époque, on décrit les menaces sur l’appareil industriel et la montée du pouvoir politique des masses. Tout cela était très effrayant pour la classe d’affaires.

En quoi est-ce différent aujourd’hui ?
Avant c’était une lutte des deux côtés. Maintenant, il n’y a plus que les riches contre des gens désorganisés. Je vais vous donner un exemple qui est assez éclairant. L’administration Obama est en train de démanteler l’industrie automobile, qui était le coeur de l’industrie américaine. Ca ne dérange pas tant que ça les propriétaires, qui peuvent fabriquer ailleurs pour moins cher. Et avec moins de contraintes environnementales. Et cela ne dérange pas non plus Wall Street qui a le gouvernement et le Congrès dans sa poche depuis la financiarisation de l’économie. Mais on démantèle alors que l’on a vraiment besoin de ces emplois. Ces ouvriers maîtrisent l’acier et nous en avons besoin pour créer des transports ferroviaires rapides et mettre un terme à notre dépendance abusive envers les matières fossiles. Mais que fait-on ? Notre ministre des Transports se rend en France, en Allemagne et en Espagne, pour acheter avec l’argent des contribuables des trains à grande vitesse ! Pendant ce temps-là, on démantèle les capacités de production qui nous permettraient de le faire nous-mêmes. Ce faisant, on détruit la force de travail de communautés entières. Evidemment, les travailleurs pourraient chercher à prendre leur destin en main et produire ce dont nous avons besoin. Ils ne le font pas, non pas pour des raisons économiques, mais pour des raisons sociales. Il n’y a pas de mouvement en ce sens. (more…)

29 août 2009

Le salarié travaille, le directeur joue

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,07 - Justice — iledere @ 7:00

(photo: acaben - Flickr - cc)Rentrée politique, le gouvernement va devoir regarder la réalité en face: les conflits sociaux se radicalisent à grande vitesse. Selon l’analyse de Philippe Bilger, c’est parce qu’entre le salarié et le patron, les valeurs communes disparaissent. Si les salariés gagnent leur vie, les patrons se contentent de gagner: ils ne travaillent plus, ils jouent. Le dialogue devient presque impossible, et se mue en violence.

La fin des vacances politiques est proche. Ce qui attend le gouvernement n’est pas simple. Le président de la République s’est entretenu avec le Premier ministre au Cap Nègre pour fixer les orientations des mois à venir. Pour la justice, la suppression du juge d’instruction et la future loi pénitentiaire vont constituer l’essentiel de la fin d’année 2009. Pour la première comme pour la seconde, il y a encore, à l’évidence, beaucoup de grain à moudre et d’argumentation à développer pour satisfaire la plupart et créer un consensus valable (Le Monde, Le Parisien, Le Figaro).
J’ai relevé que le pouvoir était légitimement préoccupé par les modalités de plus en plus explosives – dans tous les sens du terme – des conflits sociaux au sein des entreprises. Moins par le dépassement des forces syndicales traditionnelles et l’ancrage de la contestation au cas par cas et au coup par coup qu’à cause du chantage, de la violence et des exactions brandis comme menace ou réels. Le temps des affrontements classiques est révolu.

Cette dérive qui a commencé il y a un an environ montre à quel point notre société dans ses tréfonds est touchée à vif et ne se reconnaît plus dans les luttes anciennes. Pourquoi ?
Au cours de l’été, j’ai pu échanger avec mon frère François au sujet de la crise économique et financière. Passionné par son analyse et notamment par l’absolue nécessité, selon lui, de déconnecter sur un plan mondial, dans les activités bancaires, l’économie réelle des processus spéculatifs, j’ai compris qu’il y avait sans doute là depuis plusieurs années, en dépit du discours du candidat Sarkozy, la cause essentielle des dures tensions actuelles. (more…)

28 août 2009

Primaires à gauche : lever les ambigüités

Filed under: 13 - PS — iledere @ 7:09

Marie Noëlle Lienemann et Paul Quilès, initiateurs de l’appel « Gauche 2012 » expliquent pourquoi l’idée de primaires ouvertes n’est pas, à leur sens, une urgence: < «Ce dont la France a besoin, ce n’est pas seulement d’une alternance, mais aussi d’une politique alternative».
C’est de ce projet que naîtra, selon eux, la mobilisation de la gauche qui mènera jusqu’à la victoire.

La « pétition des 100 » du club Terra Nova commence bien, avec cette interpellation: « Nous appelons à une primaire populaire ouverte aux citoyens de gauche… ».

Mais, très vite, le malaise s’installe. Dans la liste hétéroclite des signataires, on trouve, entre autres, Jean Peyrelevade, vice-président du Modem, les principaux soutiens socialistes à la ligne d’alliance du PS avec le centre…..mais aussi des responsables socialistes, qui faisaient pourtant partie des deux tiers de militants du congrès de Reims opposés à cette alliance ! Si de nouvelles formes de démocratie doivent être inventées, elles ne sauraient se substituer à des délibérations collectives organisées. Chacun se souvient que ce débat est d’une importance capitale dans l’histoire de la gauche française. On sait par exemple ce qu’il en est advenu de l’idée que la « démocratie à la base » devait se substituer à la « démocratie bourgeoise »!

Alors, soyons clairs, ce débat sur les primaires ne doit pas être l’occasion de faire passer par la « petite porte » un accord politique avec le Modem -nouvelle mouture de la vieille lune de la « troisième voie »-, qui se révèlerait doublement inefficace :

  • en empêchant l’unité de toute la gauche, ou au moins de toute la gauche prête à gouverner ;
  • en réduisant les ambitions à quelques références, à des valeurs « communes » qualifiées de « progressistes » et dont on ne sait qui les définirait.

Le malaise s’accroît, lorsque l’on essaie de comprendre ce qui est proposé. S’agit-il de désigner le candidat du PS ou un candidat du « centre gauche » ou un candidat du rassemblement de la gauche et des écologistes ? Tout au long du texte et des déclarations qui l’accompagnent, la confusion est entretenue et, comme on n’aperçoit nulle part de volonté d’associer l’ensemble des forces politiques à une démarche commune, large et globale, on en déduit qu’il s’agit de désigner le candidat socialiste. Les partenaires du PS, invités à se rallier et placés en position subalterne, ne pourront que refuser cette démarche méprisante. Au passage, cela arrangerait bien les tenants de l’alliance au centre…… et, sans doute, Nicolas Sarkozy! (more…)

27 août 2009

Taxe carbone : Claude Allégre en remet une couche

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

 Éric Woerth ministre du Budget a confirmé que le dispositif de taxe carbone serait bien inscrit dans la loi de Finances 2010 . Seul bémol aux préconisations de Michel Rocard , le montant de 32 euros par tonne avancé par l’ancien premier ministre socialiste a été jugé trop élevé . ” Le Président et le Premier ministre trancheront“. Un nouveau camouflet à l’égard de Claude Allégre qui dans Le Parisien du 23 août déclarait qu’”instaurer cette taxe en France seule dans le contexte actuel serait une initiative catastrophique pour notre pays. Elle serait inutile climatiquement, injuste socialement, nuisible économiquement !”

Il est comme ça notre ancien ministre de la recherche. Un côté hibernatus, dernier dégraisseur de mammouth en activité toujours prompt au politiquement incorrect .

Sur le fond, l’ancien ami de Lionel Jospin a raison lorsqu’il relève, toujours dans Le Parisien, que, “La France émet à peu près les cinq millièmes des émissions mondiales de CO2. Cela veut dire que l’arrêt total de toute émission de CO2 par la France modifierait la température moyenne du globe d’un centième de degré dans cent ans !”.

Un peu moins lorsqu’il en conclu que “Parler d’une taxe carbone pour l’ensemble Europe-Amérique du Nord qui représente presque 50 % des émissions de CO2 peut être un sujet de débat, mais l’instaurer au seul niveau français est ridicule.”

Ridicule et injuste pour le scientifique qui n’a en rien perdu le sens de la formule :” « Les riches en auto, les pauvres à vélo ! » Ceci au moment où le baril ne cesse de monter. Combien de chômeurs vont-ils payer la bêtise écologique ?“. Faut-il pour autant baisser les bras et ne rien faire ?

Si pour les milliers de scientifiques qui constituent le GIEC les actions prioritaires à mener sont la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité, Claude Allégre lui a ses propres priorités : l’eau, la démographie, l’énergie.

Concernant la taxe carbone , celui qui se rêvait avant le succès des écologistes aux européennes en superministre de Sarkozy a des propositions alternatives qui ne manqueront pas de renforcer l’hostilité à son égard quand il évoque le développement de la capture et la séquestration du CO2 et surtout, le développement du nucléaire de 4 e génération.
Péremptoire comme à son habitude, et manichéen pour l’occasion façon Sarkozy, Claude Allégre n’hésite pas appeler de ses vœux “une France qui soit celle de l’audace, des entrepreneurs, de l’innovation, et pas celle des peurs, des taxes et du déclin. J’ai cru comprendre que c’était l’ambition du président de la République.

Modeste, l’ancien ministre termine son interview au Parisien par un passage amené à devenir culte : “Je suis un scientifique engagé et, à ce titre, je revendique d’avoir été un pionnier dans l’accouchement d’une écologie moderne. J’ai été un ministre qui, avec l’aide de Lionel Jospin, a réalisé des réformes que je crois, pardonnez-moi, importantes : loi sur l’innovation, harmonisation européenne des cursus, professionnalisation des filières universitaires. Je ne suis donc pas étonné que les conservateurs de tout poil et les tenants de l’écologie démagogique rétrograde aient peur de moi.”

C’est ainsi. En France on n’a pas de pétrole mais, on a Claude Allégre.

Henri Moreigne pour ‘La Mouette »

Contribution aux assises du socialisme hors les murs

Filed under: 13 - PS — iledere @ 7:30

Pouria Amirshahi, secrétaire national aux droits de l’homme du parti socialiste, premier secrétaire de la fédération de Charentes m’a fait parvenir cette contribution que je me fais un plaisir de publier. Cette contribution est également en ligne sur le site « Mediapart » :

Le Système est devenu définitivement allergique à toute idée de régulation, de compromis, de partage. La cupidité des bénéficiaires des nouveaux privilèges et des rentes boursières a atteint un degré d’anti-humanisme qu’il n’est plus possible de raisonner. De ce fait, l’Etat providence a été mis hors jeu et son soubassement social-démocrate avec. Après quelques sentences cyniques sur la mort du capitalisme, prononcées le plus souvent par ses serviteurs soudains zélés pour le moraliser, chacun s’est finalement contenté de la mise au coffre du banquier Madof : le coupable étant trouvé, la Machine, cette folie qui gangrène la planète entière, peut repartir de plus belle. A la recherche permanente de gains déments et immédiats, les profiteurs voraces ne se préoccupent même pas de savoir qu’ils ont engendré le pire : à ce rythme, nos jours sur cette Terre sont peut-être comptés.

C’est à nouveau vers le Monde qu’il faut se tourner : c’est le destin et le dessein de la gauche de porter la construction d’un projet pour l’Humanité.

Au fond, pourquoi militons-nous à gauche ? Si le modèle capitaliste est explicitement le contrepoint de notre projet d’émancipation, l’anticapitalisme ne signifie rien de plus que ce qu’il proclame. Autrement dit, il reste un slogan pauvre. L’anticapitalisme, comme rejet de l’exploitation économique de la masse des hommes et des ressources naturelles par une poignée de propriétaires est essentiel mais ne suffit pas à dessiner un projet politique d’émancipation des hommes et particulièrement des femmes, premières victimes des désordres du monde et des rapports de domination. C’est précisément la question de la perspective, de l’autre monde – de ses contours, de ses buts, de ses moyens (y compris pour déposséder les possédants, moyen que ne pensent plus les socialistes) – qui doit être au cœur de notre propos.

Que combat on ?
Santé, éducation, communication, justice, alimentation, logement etc. ce que déconstruit méthodiquement le libéralisme mondialisé ne porte en germe rien d’autre que la déshumanisation des rapports sociaux et peut-être même le chaos social et politique pour de longues années. Aujourd’hui, la soumission de nos industries aux logiques d’argent déshabille l’Europe et augure d’une incapacité prochaine à assumer concrètement l’indépendance et l’unité du continent européen, déjà mise à mal par la concurrence institutionnalisée entre les peuples. En pleine crise, les sommes versées dans les banques ou les entreprises de construction automobile, comme on verse l’eau dans le tonneau des Danaïdes, sont sans contrepartie : chaque euro donné est ainsi un euro donné gratuitement par le contribuable, obligé de s’en remettre à l’honnêteté économique des bénéficiaires et, peut-être, à des temps meilleurs… Le pouvoir politique lui-même devient l’un des meilleurs agents des intérêts de quelques-uns. Pendant ce temps, la cohorte des sans emploi qui vient allonge la liste de ceux qui n’auront bientôt plus rien à perdre…

Le pouvoir en place inquiète aussi de plus en plus démocrates et républicains : fichiers généralisés, procédures de justice expéditive, pratiques policières agressives (arrestations spectaculaires, rafles, contrôles arbitraires), chasse aux immigrés pauvres, pénalisation de l’enfance délinquante, discours sur les prédispositions génétiques… C’est tout l’espace européen qui est percuté par ces dérives. Les mises au pas des contrepouvoirs institutionnels et médiatiques en disent long sur les dérives liberticides en cours, comme s’il s’agissait d’empêcher toute réaction organisée et durable des classes sociales qu’on appauvrit par ailleurs… Pendant ce temps, les dérives racistes en Italie et en Grèce inquiètent. La persistance de l’extrême-droite en Autriche à un haut niveau fait peur. Bien d’autres signaux nous alertent et la liste des ombres inquiétantes est longue. C’est dans ce climat d’insécurités, souvent construites volontairement, que le parti de l’ordre fonde sa légitimité.

La droite libérale et autoritaire fonde ainsi sa politique sur cette double agression : le pouvoir aux riches d’abord ; le pouvoir au Pouvoir ensuite. (more…)

26 août 2009

La récession bien pire en Europe qu’aux Etats-Unis

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

graphe-recession-annuelle-ue-et-usa-eurostat.1242386164.PNGLa récession est beaucoup plus grave en Europe qu’aux Etats-Unis. L’office statistique européen Eurostat vient de le confirmer. Du premier trimestre 2008 au premier trimestre 2009, le PIB s’est contracté de 2,6% aux Etats-Unis et de 4,4% dans l’Union européenne. La chute atteint 4,6% dans la zone Euro.
L’Allemagne (-6,7%) subit un véritable sinistre, de même que l’Italie. La France (-3,3%) s’en tire moins mal – il serait inconvenant de dire « mieux ».
On se demande, à lire ces chiffres, combien de temps les gouvernements européens feront-ils semblant d’avoir coordonné des plans de relance efficaces. La vérité est qu’ils n’en ont rien fait. Chacun a prêché pour sa chapelle. Beaucoup ont trainé les pieds. La plupart ont pris des mesures d’une ampleur dérisoire au regard du problème posé.
ocde-leffet-attendu-des-plans-de-relance.1242386412.PNGA l’occasion du dernier « G20 », l’OCDE publia une liste grise de paradis fiscaux qui fit très grand bruit. Le même jour, l’organisation internationale publia également un dossier sur la récession et les diverses politiques de relance. Il était éloquent. Notamment ce graphique, qui compare l’ampleur des politiques de relance et des effets attendus de celles-ci. Ce document passa quasiment inaperçu. Il est vrai qu’il se prêtait mal à l’esbroufe et aux effets de manche.
N’y cherchez pas l’Italie, absente du graphique puisque totalement privée de plan de relance. Sa dette publique fut-elle jugée trop lourde pour ça ? Gageons que demain, elle sera bien pire.

Les idées toutes faites vont bon train. On a même entendu à Dublin le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, venir prêcher la baisse des salaires des fonctionnaires dans certains pays européens. Dans le même ordre d’idée le ministre français du Budget, Eric Woerth, vient d’appeler à la réduction de la dépense publique…
Faut-il, pour garder son calme, faire semblant de n’avoir rien entendu ? On en arrive à se demander si la crise, pour certains, ne serait pas l’opportunité rêvée d’affaisser la protection sociale. Depuis le temps qu’ils l’espèrent, on comprend leur impatience. Et qu’importe si les revenus des plus pauvres en pâtissent. Les banques leur feront crédit !

Par Jean-François Couvrat pour son blog « Déchiffrages« 

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