Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 août 2009

Bonne nouvelle pour le PS : il ne s’est rien passé à La Rochelle

Filed under: 09 - Evènement,13 - PS — iledere @ 7:30

Moins de piques, plus de fond : le parti socialiste sort de son université d’été apaisé, et (peut-être) enfin prêt à se reconstruire.

Martine Aubry à La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89)

Il ne s’est rien passé ce week-end à l’université d’été du PS à La Rochelle. En tout cas, si on compare l’édition 2009 aux précédentes, particulièrement celle de l’an dernier.

Ce « rien » signifie -presque- pas de petites phrases assassines, de querelles d’égos, de luttes d’influences… Première bonne nouvelle pour le PS.

Sur le fond, on a pu assister à des ateliers sans être -trop- accaparés par les conférences de presse organisées à la va-vite par untel pour dézinguer unetelle, ou annoncer sa candidature à l’élection suivante. Des ateliers et des propositions, sur la vie du parti et le projet à définir. Seconde bonne nouvelle pour le PS.

Pourquoi ne s’est-il donc « rien » passé et comment alors a-t-on pu quand même en apprendre autant, notamment dans les deux discours de Martine Aubry, vendredi et dimanche ? Réponse en quatre points.

Des participants à l'université d'été de La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89)

1Le retour des règles et des idées

Les questions des primaires et des alliances pourrissaient l’ambiance entre socialistes cet été ? Martine Aubry n’a pas évité les sujets, elle y a même consacré son discours d’ouverture vendredi à La Rochelle.

Le principe de « primaires ouvertes » aux citoyens, afin de désigner un candidat du Parti socialiste pour 2012, a été proposé. Et si certains cadres sont réticents sur la formule ou le calendrier, ils n’auront pas leur mot à dire, puisque le sujet sera tranché par un vote des militants le 1er octobre.

Quant aux alliances, elles se feront d’abord « sur la base du projet ». Pas de discussions avant, point barre.

Les « propositions pour sortir de la crise » ont elles étaient déclinées dimanche, en clôture cette fois de l’université d’été. Cinq « mesures d’urgence » majeures (dont les deux premières sont nouvelles) ont été réclamées par la première secrétaire :

  • « Un remboursement de 200 euros de TVA pour les 16 millions de ménages modestes non-imposables
  • Le maintien des allocations familiales pour les enfants majeurs de plus de 20 ans
  • Une procédure de mise sous tutelle de l’entreprise par le tribunal de grande instance sur saisine des salariés en amont des licenciements
  • La création de 150 000 emplois-jeunes dans l’économie verte et des services aux personnes
  • Une entrée de l’Etat dans les conseils d’administration des banques refinancées par la puissance publique »

« Les premières pierres d’une construction nouvelle »

La liste fait un peu catalogue, mais la première secrétaire a préféré toutes les lister que creuser les deux nouvelles. On retrouve d’ailleurs le même écueil lors des différents ateliers de travail organisés tout au long de l’université d’été : très intéressants, mais leur contenu est trop souvent compilé avant d’être oublié.

C’est aussi pour ça qu’Arnaud Montebourg prévient :

« Il y a là les premières pierres d’une construction nouvelle. Il faut maintenant passer aux actes. Les discours c’est bien, les actes c’est mieux. »

Martine Aubry avec François Lamy et Jean-Christophe Cambadélis dimanche matin (Audrey Cerdan/Rue89).

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Une direction resserrée

Il s’agissait de l’une des promesses de la candidate Aubry lors de l’élection de la première secrétaire : installer une direction resserrée. Mais sa victoire résultant de l’addition de nombreux courants, il a fallu ensuite donner un maroquin à chacun et le secrétariat national a vite eu fait de ressembler à un mastodonte.

Pour gouverner efficacement, la nouvelle secrétaire en a choisi une dizaine d’entre eux en vue de constituer une task force. Loin d’être tous des figures de proue socialistes, ils sont bien plus influents que leurs autres camarades, quasiment toujours tous au parfum de ce qui se trame au siège du parti de la rue de Solférino :

  • François Lamy, conseilleur politique de la première secrétaire
  • Guillaume Bachelay, conseiller pour le projet
  • Marylise Lebranchu, présidente du Forum des territoires
  • Christophe Borgel, secrétaire national aux élections et aux fédérations
  • Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national aux relations internationales
  • Claude Bartolone, secrétaire national aux relations extérieures
  • David Lebon, ancien président du MJS
  • Christian Paul, numéro un du Laboratoire des idées
  • Lucille Schmid, numéro deux du Laboratoire des idées
  • Jean-Marc Germain, directeur de cabinet à Lille et Paris

Le discours sur le rénovation prononcé vendredi par Martine Aubry en est la flagrante illustration. Les propositions de règles internes à la vie du parti et la consultation des militants ont été préparées dans le plus grand secret durant les deux mois d’été.

Jusqu’aux dernières heures, ni Benoît Hamon, porte-parole du parti, ni Arnaud Montebourg, secrétaire national à la… rénovation, n’en connaissait l’exacte teneur.

Les militants devraient plébisciter les mesures proposées par Aubry

Après des années de consensus mou à la tête du Parti socialiste, la direction aubryste frôlerait l’autocratie si elle n’avait pas décidé de consulter les militants, même si les principales questions posées sur les règles internes au parti devraient être adoptées sans grande difficulté, tant le non-cumul des mandats ou le renouvellement générationnel sont populaires dans la base socialiste.

Martine Aubry avec Ségolène Royal à La Rochelle (Audrey Cerdan/Rue89)

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Un pacte entre Aubry et Royal

La très discutable et discutée course au premier secrétariat avait laissé des traces après l’élection l’année dernière de la première secrétaire. Sa meilleure ennemie, Ségolène Royal, devait intégrer qu’elle était minoritaire. Par tous les moyens : le salaire de son attachée de presse comme la livraison des journaux n’allaient plus être financés par le parti.

Un parti également dont la direction était vide de royalistes, chaque camp rejetant sur l’autre la responsabilité de cette désunion dans une escalade verbale.

Symbole : l’attachée de presse de Royal réembauchée

Séparées d’un bout à l’autre de la galaxie socialiste, les deux femmes ont cependant compris leurs intérêts communs à se rapprocher. A force d’être trop étiré, on disait le PS au bord d’être définitivement déchiré.

Quelques partisans de Ségolène Royal dans la direction du parti, la président de Poitou-Charentes nommée représentante française de l’internationale socialiste et son attachée de presse réembauchée, il n’en fallait pas plus pour muer quelques mois plus tard les piques d’antan en formules de gratitude réciproque.

Cécile Duflot et Benoit Hamon sur la tribune (Audrey Cerdan/Rue89)

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Un regard vers l’extérieur

A force de se regarder le nombril, les socialistes devaient avoir les cervicales en vrac. Quand un camarade prenait la parole, ça ne faisait même plus de doutes qu’il allait tôt au tard parler d’un autre camarade. Cette année, les socialistes ont essayé de s’ouvrir.

Manquaient tout de même Olivier Besancenot, Jean-Luc Mélenchon ou Daniel Cohn-Bendit à La Rochelle, mais ont participé :

  • Cécile Duflot pour les Verts
  • Jean-Pierre Chevènement au nom du MRC
  • Jean-Michel Baylet pour le PRG
  • ou encore Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

Des invités pas tendres avec leur hôte

Chacun ne s’est pas privé pas de critiquer ses hôtes. Ce dernier a estimé que les primaires constituaient « le chemin de la défaite à gauche ». Quant à l’écologiste, elle a tout simplement estimé que face à « la crise du modèle de civilisation », le PS n’était « pas à la hauteur de l’enjeu ».

La cible, et c’est revenu dans la logique des choses, se nomme de nouveau Nicolas Sarkozy. Le président de la République a dû avoir les oreilles qui ont chauffé dimanche, Martine Aubry ayant ouvert la boîte à baffes :

  • « La démocratie est bafouée. »
  • « La justice a été reprise en main.
  • “Dérive sécuritaire, mais échec sur la sécurité.”
  • “Mainmise sur les médias…”

“La mauvaise nouvelle est aujourd’hui pour Nicolas Sarkozy : nous sommes de retour”, clamait Benoît Hamon, toujours entouré d’une forêt de micro, dimanche, à l’issue du discours de Martine Aubry. Bien que très loin d’être gagnée, la bataille des idées semble réengagée.

Cécile Duflot, porte-parole des Verts, avec Martine Aubry, première secrétaire du PS, à La Rochelle (Stephane Mahe/Reuters)

Photos : Martine Aubry à La Rochelle ; des participants à l’université d’été ; Martine Aubry avec François Lamy et Jean-Christophe Cambadélis dimanche matin ; Cécile Duflot et Benoit Hamon sur la tribune ; Martine Aubry avec Ségolène Royal (Audrey Cerdan/Rue89) ; et avec Cécile Duflot, porte-parole des Verts (Stephane Mahe/Reuters)
Julien Martin pour Rue89

5 réponses à “Bonne nouvelle pour le PS : il ne s’est rien passé à La Rochelle”

  1. la grignette dit :

    oui, Mag, tu as raison, reston « djeunnn » et pensont de tout cela …pfuttttt !
    Je n’ai pu aller à La Rochelle, mais à vous lire, défaitistes de la dernière ou de la première heure, cela ne me semble pas grave.
    Je pense que nous devrions mieux nous pencher sur les « directions » indiquées par M. Aubry et en discuter calmement entre nous, nous avons tout un mois pour cela.
    De toutes façons, nous revoterons …s’pas ?

  2. Decrop dit :

    « Le pouvoir des états est transféré vers des organisations non-élues au moyen d’un processus appelé  mondialisation. C’est pourquoi il a été décidé de maintenir une démocratie de façade, et de déplacer le pouvoir réel vers de nouveaux centres, comme l’OMC,le FMI. Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu. Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir réel. Et c’est bien parce qu’il n’y a plus rien à décider que les programmes politiques de « droite » et de « gauche » en sont venus à tant se ressembler dans tous les pays occidentaux. Pour résumer, nous n’avons pas le choix du plat mais nous avons le choix de la sauce. Le plat s’appelle « nouvel esclavagisme », avec sauce de droite pimentée ou sauce de gauche aigre-douce. » Tiré de (démocratie – esclavagisme) D’Eric Toussaint, Docteur en économie.
    Des bulles spéculatives pour les riches et des trous sans fond pour la population en générale. Il n’y a qu’une politique 100% anticapitaliste, comme le propose le NPA, qui pourrait empêcher le monde d’aller droit dans le mur.

  3. Mag dit :

    Je crois que les calculs de bulletins de novembre, je vais m’en foutre grave comme disent les djeunns…
    On sait déjà que c’est pas clair et alors?L’essentiel, c’est qu’il y ait quelqu’un pour faire le (sale) boulot.
    Le dogme de l’irréprochabilité, c’est quoi au juste? Si on joue à « Que celui qui n’a jamais pêché », on n’est pas rendus.
    Mag

  4. Camille F dit :

    Ben la liste des 10,ça fait peur et ça nous prouve que contrairement aux beaux discours de la Rochelle tout est verrouillé.
    Je pronostique un avis de tempête pour les prochaines semaines
    quand paraîtra le livre d’investigation sur les fraudes à l’élection de Marine Aubry.
    C’est dommage oui,mais il ne fallait pas tomber.
    Pour donner des leçons il faut être irréprochable.
    Cette infamie n’a pas fini de nous coûter cher.

  5. mutuelle dit :

    la segolene elle etait la mais au ps , elle est quoi au juste ?
    elle m enerve

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