Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 septembre 2009

A la veille du G-20, les trois contre-vérités économiques du président

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

A la veille du sommet de Pittsburgh, Nicolas Sarkozy s’est livré, mercredi 23 septembre, à un joyeux exercice de réécriture des deux précédents G-20 de Washington (novembre 2008) et Londres (avril 2009). Retour sur trois contre-vérités économiques du président de la république.

1 – «A Londres, la France s’est battue pour que […] le secret bancaire soit terminé. Qui peut contester que des progrès spectaculaires ont été faits ?»
A peu près tous les spécialistes des paradis fiscaux sont d’accord pour dire que les avancées du G-20 de Londres se sont révélées très limitées. Ils pointent du doigt deux failles, qui pourraient bien réduire à néant les efforts de la diplomatie dans le dossier. D’abord, les fameuses «listes» publiques élaborées par l’OCDE, recensant les paradis fiscaux dans le monde, sont loin d’être exhaustives. Des Etats américains, comme le Delaware ou le Nevada, ou la City de Londres, ont été oubliés, pour ne surtout pas froisser les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne.
Ensuite, il suffit à chaque pays présent sur l’une des listes, de signer douze traités bilatéraux d’échange d’informations, pour être blanchi et sortir des tablettes de l’OCDE. Un chiffre très arbitraire, et surtout très insuffisant, quand on sait qu’il existe plus de 200 territoires qui bénéficient de la souveraineté fiscale à l’échelle de la planète. Grâce à ce système, Monaco est sur la bonne voie pour sortir dès la fin 2009 de la catégorie officielle de «paradis fiscal», ayant déjà signé des conventions bilatérales avec des pays comme l’Andorre, les Bahamas, le Liechtenstein, le Luxembourg ou Samoa…
On trouvera ici plus de détails sur la maigreur des promesses en matière de réforme des paradis fiscaux.

2 – «Nous voulons que le montant des bonus soit plafonné. […] On a convaincu toute l’Europe, dont Gordon Brown».
De deux choses l’une. Soit Nicolas Sarkozy a annoncé à la veille du sommet de Pittsburgh un important revirement de la position française sur les bonus. Soit – c’est l’hypothèse de loin la plus probable – il préfère réécrire à son avantage les négociations des dernières semaines. Rappel des faits: Nicolas Sarkozy a exigé sur tous les tons, depuis son retour des vacances d’été, le «plafonnement» des bonus des banquiers et traders. En gros, imposer un plafond aux rémunérations variables, qui correspondrait à un pourcentage, par exemple du chiffre d’affaires des banques. Angela Merkel, en pleine campagne électorale, l’a suivi le 31 août août sur ce point.

Mais les Américains, et dans une moindre mesure les Britanniques, sont opposés au principe d’un plafonnement. Pour ne pas risquer un échec sur ce dossier politiquement sensible à Pittsburgh, le président français a donc accepté une concession: plus question d’un «plafonnement» mais une simple «limitation» des rémunérations, par exemple en les étalant dans le temps (le versement des bonus serait conditionné à la performance de la banque dans les années à venir). Une version encore confirmée par Christine Lagarde, ministre de l’Economie, lors d’une conférence de presse mardi 22 septembre: «Le plafonnement [des bonus] ne peut pas être particulièrement effectif dans la réalité des choses, il faut être un peu réaliste», précisant être «dans le domaine de la recherche du consensus». Paris n’a donc jamais «convaincu toute l’Europe», mais au contraire a fortement arrondi les angles, en signant l’accord européen du 17 septembre.

Plus d’information sur les négociations autour des bonus, ici.

3 – «C’est la France, avec l’Europe, qui a eu l’idée du G-20.»
Le G-20 existe depuis 1999. L’Allemagne fut le pays hôte de la première réunion. Mais le sommet de Washington, en novembre 2008, a effectivement marqué une première. Auparavant, l’enceinte était réservée au ministre des Finances et banquiers centraux des 20 économies les plus importantes de la planète. Depuis l’an dernier, le G-20 s’est élargi aux chefs d’Etat, afin de coordonner les réponses à la crise mondiale. A l’été 2008, George W. Bush, président américain en fin de mandat, s’était certes montré plutôt réticent, au départ, à la tenue d’un tel sommet des chefs d’Etat, avant de changer de position in extremis, sans doute grâce à des pressions européennes. Mais la relance de ce forum n’a rien d’une initiative strictement française, quoi qu’en dise Nicolas Sarkozy.

Par Ludovic Lanant pour « Mediapart« 

2 réponses à “A la veille du G-20, les trois contre-vérités économiques du président”

  1. Serge dit :

    Il faut désormais le laisser parler mais ne pas l’écouter ou tout au moins ne rien retenir !
    Quand il parle à 20 heures à l’antenne, il faut mieux écouter les guignols de l’info!

  2. Exec T dit :

    G vain.
    la vie est trop courte pour que l’on gaspille notre temps à écouter des balivernes.

    Comme le dit Yoan SFAR : « Le peuple est un golem »

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