Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 septembre 2009

Un milliard d’affamés dans le monde !

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:30

Dans certains pays, le prix des produits de base continue à augmenter. Le pouvoir d’achat de la population, lui, est en baisse.

L ’image qui décrit le mieux la crise alimentaire de l’année dernière est celle d’un tsunami dévastateur. Aujourd’hui, la situation fait davantage penser à la montée, lente mais inexorable, d’une marée qui emporte un nombre croissant d’individus venus grossir la foule des populations sous-alimentées.

Quasiment occultée par la crise économique, la conjugaison d’un ralentissement de la croissance, d’une hausse du chômage et d’une baisse des transferts d’argent effectués par les émigrés, le tout accompagné de prix alimentaires élevés, a fait passer pour la première fois le nombre de ceux qui ont chroniquement faim à plus de 1 milliard de personnes. La tendance s’est ainsi inversée par rapport au déclin, enregistré depuis un quart de siècle, de la proportion des sous-alimentés dans la population mondiale. “Nous ne sommes pas près de surmonter la crise alimentaire”, déplore Josette Sheeran, chef du Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies à Rome, qui a besoin d’environ 6 milliards de dollars (4,5 milliards d’euros) cette année pour nourrir les plus démunis, soit une hausse de 20 % par rapport au record établi l’année dernière (5 milliards de dollars). “La flambée des prix en 2008 continue à faire sentir ses effets. De plus, les pays voient leurs revenus amputés par la crise financière internationale”, ajoute-t-elle, se faisant l’écho des craintes exprimées par de nombreux autres spécialistes interrogés par le Financial Times. Les migrants quittent en masse les villes et retournent à la campagne, ce qui intensifie la pression, met en garde Kanayo Nwanze, le nouveau président du Fonds international de développement agricole (FIDA) des Nations unies. “Il y aura des bouches supplémentaires à nourrir avec peu ou pas de nourriture.”

La crise s’étend au-delà de l’Afrique, alors que la récession économique aggrave l’impact de la hausse des prix. Des pays qui n’ont guère connu de problème alimentaire depuis près de vingt ans, comme le Kirghizistan, demandent maintenant de l’aide. Et le pire est encore à venir. Car l’aggravation de la récession pèse clairement sur le pouvoir d’achat, et les prix des denrées alimentaires restent élevés. Robert Paarlberg, un expert en agriculture respecté qui enseigne les sciences politiques au Wellesley College, aux Etats-Unis [dans le Massachusetts], se dit même “plus préoccupé par la faim dans le contexte actuel de crise économique qu’au plus fort de l’envolée des prix alimentaires durant l’été 2008”. Peter Brabeck, président du géant de l’agroalimentaire suisse Nestlé, estime lui aussi que la situation est en train d’empirer. “Il ne faut pas oublier que les produits alimentaires sont en ce moment 60 % plus chers qu’ils ne l’étaient il y a seulement dix-huit mois. Cela signifie que les personnes qui consacrent 60 ou 70 % de leurs revenus disponibles à la nourriture ont été très durement touchées”, commente-t-il.

Les récoltes devraient diminuer cette année
Certes, les prix des produits agricoles ont fortement chuté depuis les sommets atteints l’année dernière. Ceux des denrées de base comme le maïs, le blé et le riz ont été pratiquement divisés par deux. Mais ils ne font que revenir à leur niveau de la mi-2007, souligne Allan Buckwell, professeur émérite d’économie agricole à l’Imperial College, à Londres. “Les prix des produits alimentaires n’ont pas fléchi au même rythme que ceux d’autres matières premières comme le pétrole”, note-t-il. Ils se situent bien au-dessus de leur moyenne décennale, certains produits valant encore deux fois plus cher que pendant la période 1998-2008.

Par exemple, le riz thaïlandais, qui sert de référence mondiale, se négocie actuellement à 614 dollars la tonne [467 euros], soit le double de sa moyenne sur dix ans (290 dollars). En outre, dans de nombreux pays en développement, en particulier en Afrique subsaharienne, les prix intérieurs n’ont pas du tout reflué. Dans certains cas, ils remontent même, conséquence d’une mauvaise récolte et du manque de crédits pour les importations. “Les prix augmentent localement, ajoute Josette Sheeran. Ils ont par exemple doublé l’année dernière au Malawi pour le maïs, tandis qu’en Afghanistan le blé a augmenté de 67 %.”

Plus grave encore, partout dans le monde, les paysans ensemencent moins de terres arables, ce qui aura comme conséquence de faire chuter la récolte de cette année – et poussera sans doute les prix à la hausse, même si la demande reste faible en raison de la crise économique. Aux Etats-Unis, premier exportateur mondial de produits agricoles, les agriculteurs devraient mettre un terme à cinq années consécutives d’extension des surfaces cultivées, en réduisant leur superficie de près de 3 millions d’hectares – la plus forte baisse enregistrée depuis vingt ans. Ailleurs, il est à craindre que les paysans en mal de liquidités, notamment dans les greniers à blé de la planète, comme l’Ukraine, l’Argentine et le Brésil, utiliseront moins d’engrais et de semences hybrides à rendement élevé [qui coûtent cher], ce qui réduira d’autant la production.

Les responsables de l’aide alimentaire et de l’agriculture – mais aussi les industriels de l’agroalimentaire – redoutent maintenant que des conditions météorologiques particulièrement mauvaises ne portent un coup à la prochaine récolte, et ne provoquent par là même une véritable catastrophe. Alors que les stocks n’ont jamais été aussi bas depuis des années, les tensions sur les prix seraient telles qu’une autre crise viendrait s’ajouter à la récession économique.
Javier blas pour « Courrier International »

Revenons au « Diesel basse vitesse » : Bob Marley « them belly full (but they’re hungry) »

5 réponses à “Un milliard d’affamés dans le monde !”

  1. Serge dit :

    @ à la grignette

    Que ta colère et révolte sont saines, nous ne pouvons qu’y adhérer.
    Bush est parti mais il existe au moins encore 3 autres fêlés : un iranien, un italien et un français!

  2. La main gauche dit :

    y a bien quelques amis de Sarko qui vont penser à délocaliser au kirghizistan, ils sont mûrs là_bas pour la corvéabilité maximum !
    à moins qu’on y délocalise l’Elysée, avec son budget inflationniste et parfaitement inutile, ça pourrait au moins donner un coup de pouce à l’économie locale..
    et, en plus, ça serait plus pratique pour les conférences de presse de Sarko, il n’aurait plus besoin d’aller à 7000 KM, il y serait déjà !

  3. la grignette dit :

    Appauvrir les plus pauvres semble le moyen qu’on choisi les pays les plus riches pour dominer les humains. Il en est ainsi de la France et de l’Europe.
    Nous n’avons plus de colonies , donc d’exploités, il faut bien trouver un autre moyen de règner. Faire monter les cours des denrées alimentaires d’un petit clic sur une touche de clavier est quand même plus confortable que de devoir s’armer de ferraille et d’aller guerroyer pour anéantir le manant, et surtout moins dangereux ni fatiguant.
    Nous n’avons plus non plus l’appui, combien efficace de ces pestes noires, buboniques, endémiques qui nous décimaient une contrée, voire un pays en quelques mois.
    Mais nous risquons bien plus avec les rodomontades de notre roquet national qui s’en va défier la schizophrénie de l’autre complexé (il est aussi petit), je ne dirais illuminé parcequ’il ne croit pas, ce n’est pas un Vrai croyant cet iranien.
    Après tout, l’ahuri de l’Elysée est bien partant pour un petit bout de guerre qui ne coûte que quelques hommes (les vrais morts, pas les éclopés, ceux-là comptent pour du beurre) et quelques sous des contribuables, (à lui, rien, bouclier fiscal et autres magouilles, çà doit servir), mais pas pour prendre des pélots sur la gueule, vaut mieux le laisser les envoyer sur les juifs, eux, ils ont l’habitude d’en prendre.
    Rien ne nous dit qu’il ne s’est pas fait acheter par personne interposée une petite ile du côté des Seychelles pour attendre et voir venir.
    En attendant ces réjouissances, ben, on fait le petit feu, pas de bouffe, peu de bouffe, on laisse s’éteindre la race, les hommes et le feu.
    Quand on vous disait que ce mec crevait de trouille devant la populace, pas de conférence de presse à moins de 7000 kms, en France, un public choisi (couleur, taille, mutisme et autisme garanti) avec, en plus trois compagnies de flics, crs, enfin de dominés derrière lui. Des grands, cela le rassure, parcequ’il ne les voit pas mais il les sent, ils lui tiennent chaud au coeur et aux fesses, le tout agrémenté du choeur séraphique de ses ministres chantant ses louanges….

    Y a pas à dire, en France on a de tout, l’andouille de vire, la bêtise de Cambrai… et 53 % d’électeurs qui ont voté pour lui.

    On est bien lotis quand même !

  4. surtout lorque l’on vient de lire l’article ci-dessous.

  5. Pazmany dit :

    En avez vous entendu parler lors du G20 ? Non bien sûr, le plus important est de sauver les pays riches, pas les pays pauvres qui continueront de s’appauvrir. Seul Rocard a avoué qu’il fallait que la France accueille sa part de misère du monde. Classe !

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