Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 octobre 2009

Besancenot, l’idiot utile du sarkozysme ?

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,20 - UMP — iledere @ 6:27

Besancenot, l'idiot utile du sarkozysme ?Certains articles de Marianne2 ont parfois évoqué la convergence d’intérêts entre le Président et le leader du NPA. Renaud Dély, vient, dans un livre de théoriser cette intuition. Non seulement Sarkozy et le postier sont d’accord pour cogner sur le PS, mais, du vélo au PSG en passant par Michel Drucker, les symboles qu’ils déploient pour séduire le peuple sont souvent les mêmes. Curieuses coïncidences, non ?

L’un court, l’autre pédale. Et les deux avancent vite, très vite, quitte à bousculer l’ordre établi de leurs camps respectifs. Nicolas et Olivier sont deux grands communicants, fort bien conseillés en la matière et qui savent l’un comme l’autre à quel point la politique est aujourd’hui devenue un grand son et lumière, une affaire d’images et de propos, de paroles et musique.

Comme beaucoup d’autres responsables politiques, de droite comme de gauche, d’extrême droite comme d’extrême gauche, Olivier Besancenot a observé Nicolas Sarkozy, ses techniques de com, sa méthode, ses trucs et ses références. Si l’on met à part le « cas Arlette » (Laguiller), qui a réussi à faire d’un gimmick ringardissime – son inimitable « Travailleurs, travailleuses ! » – une éblouissante trouvaille de communication, Olivier Besancenot est le premier leader d’extrême gauche à importer la dimension communicante de l’action politique au sein d’un militantisme révolutionnaire d’ordinaire fort peu ludique, à peaufiner cette approche, et même à en faire une priorité de sa stratégie politique.

Et, pour y parvenir, le facteur de Neuilly s’est converti en un tour de main à une révolution d’inspiration authentiquement sarkozyste qui repose sur un axiome simple : pour toucher le peuple, tous les canaux sont bons, du canapé rouge de Michel Drucker au micro des « Grosses têtes » de Philippe Bouvard ! […]

Ballon rond et petite reine
Voilà justement l’une des passions que Nicolas Sarkozy partage avec… Olivier Besancenot.
Avant d’être à l’Elysée, le premier fréquentait assidûment la tribune présidentielle du stade de la porte de Saint-Cloud, il y emmenait son petit dernier, Louis, le fils qu’il a eu avec Cécilia, et s’affichait fièrement, comme un bon papa, avec son rejeton sur les genoux et une écharpe rouge et bleue autour du cou. Et le chef de l’Etat continue de temps à autre à aller supporter le PSG et à se glisser dans les vestiaires après le match, ce qui lui valut par exemple, au printemps 2009, de subir une blague douteuse de Ludovic Giuly. De petite taille, le joueur parisien, espiègle, s’est collé au président et lui a lancé : « Je voulais vérifier si vous étiez aussi petit que moi ! » Nicolas Sarkozy a eu du mal à sourire, d’autant que le boute-en-train du vestiaire est (un peu) plus grand que le chef de l’Etat…

Olivier Besancenot revendique, lui aussi, d’être un grand supporteur de l’équipe de la capitale. Envers et contre tout, envers et contre tous. Car ce n’est pas rien que de se revendiquer fan du PSG ! Cela vous donne un côté canaille, un rien gavroche (justement le nom d’un groupe de supporteurs historiques du club), c’est l’assurance que vous êtes un garçon mal élevé, rebelle et indifférent à l’image que les autres ont de vous. Être supporteur du PSG, c’est un label qui vaut tous les certificats de mauvaise conduite. […] Car le football est bel et bien devenu un outil incontournable du combat politique. C’est une médiation aujourd’hui indispensable à quiconque prétend élargir son audience.

Au vu de la dimension planétaire de ce sport, de sa puissance émotionnelle et de son impact économique, financier et tout bonnement médiatique, c’est à la fois un moyen de toucher le public le plus large possible et de s’adresser directement, sans intermédiaire, à chaque individu. Méthode de séduction d’autant plus efficace que l’amour du foot relève d’une fibre quasi enfantine propre à attendrir les cœurs les plus inflexibles. Sarkozy comme Besancenot exhibent donc leur passion du ballon rond dès qu’ils en ont l’occasion, le porte-parole du NPA se débrouillant par exemple pour glisser quelques « parties de foot avec des copains » au milieu de ses campagnes électorales. […]

Olivier Besancenot, lui, ne met pas en scène son penchant pour le Tour. Il n’en a pas besoin. Il est le Tour. Combien de fois le leader d’extrême gauche a-t-il été suivi par une caméra de télévision pédalant dans les rues de Neuilly pour aller porter le courrier aux bourgeois et nantis de l’ouest parisien ? Rituelle, l’image est quasiment devenue un passage obligé de tous les portraits consacrés au porte-parole du NPA. Et celui-ci s’y est toujours plié de fort bonne grâce. Car Besancenot et ses conseillers savent à quel point cette image-là lui est profitable.

Mieux que d’en faire le Bernard Hinault – ou le si tendre et donc si populaire « Poupou » – de la cause révolutionnaire, voir pédaler Besancenot le pli entre les dents, c’est renvoyer l’électeur à une autre image célébrissime inscrite dans la mémoire nationale, un instantané qui relève de l’imaginaire tricolore, du patrimoine républicain : Besancenot sur son vélo, c’est Jacques Tati dans Jour de fête ! Cette madeleine-là réveille le souvenir de toute une liturgie laïque, c’est une histoire en noir et blanc, celle de nos grands-parents, qui parle à la fois à tous du pays et à chacun d’entre nous de nos ancêtres, familles et lignées.

Elle illustre une certaine idée de la France, immuable, rurale et éternelle, qui se transmet de génération en génération, et que l’on retrouve aussi bien dans les racines du pompidolisme que sur le clocher du village de l’affiche « La force tranquille » de François Mitterrand, en 1981, ou, plus récemment, dans ces grandes figures de l’histoire de France, de Péguy à Jaurès, récitées par Nicolas Sarkozy à l’occasion de ses meetings de la campagne présidentielle de 2007.

Le facteur du NPA s’applique tellement à annexer la bicyclette, à la fois emblème et totem, que dès les trois premières lignes de son livre Révolution il dégaine une métaphore osée : « La vie est devant nous, le monde à portée de main. Nous pouvons le changer. Mon “petit vélo” à moi, c’est faire la révolution, c’est-à-dire renverser la société capitaliste avant qu’elle nous écrase.  » […]

Or l’un comme l’autre, Nicolas Sarkozy comme Olivier Besancenot, sont d’abord deux créatures médiatiques, deux boulimiques du son et de l’image qui vont jusqu’à rivaliser sur le site communautaire Facebook. Si le profil du chef de l’Etat y détient, de loin, la pole position parmi les responsables politiques français avec, à la date du 5 août 2009, 122 926 fans – il faut dire qu’une partie des services de l’Elysée se consacre à faire triompher cette cause-là aussi… –, c’est justement le leader du NPA qui arrive en deuxième position avec 17 614 supporteurs, loin, très loin devant Ségolène Royal ou François Fillon. A défaut de changer le réel, au moins la révolution triomphe-t-elle dans le monde virtuel.

Dans un registre plus terre à terre, il y a longtemps que Nicolas Sarkozy ne se fait plus prier pour se jeter sur tous les micros et caméras qui passent, quels que soient leur nature, valeur et prestige plus ou moins douteux. Pour le chef de l’Etat, le 20 heures de TF1 vaudra toujours mieux que le 19/20 de France 3 et les « Sacrée soirée » d’antan de Jean-Pierre Foucault pèseront toujours plus lourd que « Les dossiers de l’écran » tout simplement parce que ces émissions-là permettent de toucher un public beaucoup plus large. Olivier Besancenot a fini par se rallier à cette philosophie de la communication fort peu révolutionnaire mais diablement efficace.

Des « Grosses têtes » de l’increvable Philippe Bouvard sur RTL à « Vivement dimanche » du non moins endurant Michel Drucker sur France 2, en passant par les talk-shows de Christine Bravo, Laurent Ruquier, Patrick Sébastien ou Daniela Lumbroso, il n’a raté aucun des passages obligés du PAF que s’infligent les vedettes grand public en mal de succès. Cette vedettisation a beau avoir provoqué quelques réticences au sein de la LCR, Olivier Besancenot est chaque fois allé un peu plus loin, repoussant les limites de l’effeuillage télévisuel tant qu’il y voyait un moyen de faire avancer sa cause.

Besancenot, l’idiot utile du sarkozysme, de Renaud Dely, Bourin éditeur, 162 p., 19 €.

16 réponses à “Besancenot, l’idiot utile du sarkozysme ?”

  1. maélio dit :

    Q’un site socialo raille une pseudo alliance de Besancenot avec Sarko, ça frise quand même le ridicule… Il a fait appel à qui déjà Sarko? Kouchner? Besson?
    Ce qui m’écoeure, c’est pas qu’on mette en avant des tactiques plus ou moins discutables de la gauche radicale. C’est que le PS qui lui crache dessus les a déjà pratiquées depuis belle lurettes! C’est sans doute pour ça que ce livre doit faire bien plaisir au PS: c’est qu’il y a bien longtemps qu’il n’y a plus une seule âme de gauche au PS.

  2. La main gauche dit :

    Je ne doute pas un instant, rudi, que tu tances avec la même énergie Besancenot lorsque celui-ci éructe sur les socialistes plutôt que d’en mettre un coup sur l’UMP ….

  3. rudi dit :

    Que des journaux de droite ou du centre fassent campagne contre Besancenot et derriere contre tout ce qui est militant et de gauche en France, rien d’etonnant. Que ce soit repris par le PS, c’est meme plus desolant, ca donne envie de vomir.Que reste-t-il de gauche dans ce parti ?
    Besancenot ne propose rien en economie d’apres certains commentateurs ? Aller lire son programme, qui contient au contraire tout ce qui n’aurait jamais du quitter le programme de la gauche au elections : nationalisation sous controle des salaries et usagers, pole bancaire public, augmentation uniforme des salaires et des minimas sociaux, interdiction des licenciements avec un fond alimente par le patronat pour assurer la continuite des emplois lors des reconversions…
    Mais aujourd’hui le PS prefere le marche, defendre « la place de la France » dans la competition internationale, c-a-d les profits et les gros des patrons francais… Et tout ca sous pretexte de « mettre les mains dans le cambouis », ou « gerer des dossiers » comme dit « le belge ». Mais qu’il les gere ses dossiers de merde. Sans moi, et sans tout ceux qui sont reellement de gauche et qui votent a gauche du PS depuis des annees.

  4. rendons hommage a Sabine Herold, presidente d’Alternative Liberale, pour avoir denoncé il y a deja 6 mois l’alliance objective Sarkozy – Besancenot .
    http://sabine-herold.fr/bouffon/

  5. Belgo5.0 dit :

    les militants socialistes ont un grand pouvoir : ils peuvent créer l’Union, à la base. Ils l’ont fait en 36, en 2005 et en 2009, sur « la Poste ».

    Le vrai probleme, c’est de les fédérer et de les faire bouger.

    « le Belge »

  6. La main gauche dit :

    Que certains s’offusquent sur une petite analyse concernant Besancenot basée sur des faits incontestables (il est bien allé chez Drucker, non ?) égarée parmi une multitude de textes qui s’opposent fortement et intelligemment à l’UMP, tout ça me paraît bien injuste quand, a contrario, 80% des critiques qui fusent de la bouche de Besancenot vise en premier lieu les socialistes !!

  7. tintin dit :

    je précise que je ne suis pas au NPA et que je ne soutiens pas le NPA. Les militants socialistes de base n’ont aucun pouvoir, il faut en être conscient.

  8. Belgo5.0 dit :

    les militants socialistes de base proposent des réformes économique.
    Le Parti Socialiste a été « mascialisé » par des élites Nationales qui l’ont fait dériver vers des valeurs « de gauche » et non pas « socialistes »,
    càd que le PS a quitté le paradigme Républicain pour le paradigme National, dès l’époque de Blum, ou l’on parle de « gauche » et de « droite », qui sont les deux faces d’une même monnaie Nationale.

    C’est ainsi que les militants PS proposent, à la base, au minimum les nationalisations temporaires, ou encore l’association du CE à la gestion par le CA.
    Les militants socialistes proposent la taxe sociale comme droit d’entrée en Europe, etc, etc.

    Le NPA ne propose que des envolées de type réactionnaire, et non pas un projet cohérent : il recourt, comme la LCR à des « visions » et à des « indignations’ qui montrent l’incapacité des cadres trotskystes à gérer tout dossier. On ne gère pas une société à coups de pied au cul.

    « le Belge »

  9. tintin dit :

    « C’est la proposition d’une réforme de l’économie, donc de la société.
    Besancenot ne propose RIEN sur l’économie, donc il n’est pas socialiste »

    Les socialistes proposent quoi ? A part voter les directives européennes de libéralisation et privatiser à outrance lorsqu’ils sont au pouvoir.

  10. Belgo5.0 dit :

    le socialisme, ce n’est pas une question de médiatisation.

    C’est la proposition d’une réforme de l’économie, donc de la société.
    Besancenot ne propose RIEN sur l’économie, donc il n’est pas socialiste

    le Belge

  11. tintin dit :

    C’est tout de même marrant de voir les socialistes critiquer l’utilisation des médias par Besancenot. Je ne sais pas si
    la section socialiste de l’ile de Ré est majoritairement pour Ségolène Royal, mais en voilà une qui utilise
    la médiatisation bien plus que Besancenot. Les socialistes, au lieu de critiquer le facteur, feraient mieux
    de se remettre réellement en cause et de faire leur méa culpa sur leurs échecs électoraux successifs, échecs
    qui se poursuivront lors des prochaines échéances. Cela fait pitié de voir les socialistes s’offusquer contre le projet
    du gouvernement sur le statut de la Poste alors que ce sont eux qui ont privatisé France Télécom. Ils sont d’ailleurs
    en partie responsables de ce qui se passe dans l’entreprise. Quand j’entends Guigou l’autre soir à la radio oser dire
    que France Télécom ce n’est pas la même chose que la poste, cela me fait bondir. Les politiques n’ont honte de rien.
    Tant que les socialistes ne seront pas capables de proposer un vrai programme de gauche et l’appliquer vraiment, ils
    peuvent rester dans l’opposition.

  12. Belgo5.0 dit :

    ah oui, je me doutais bien que je trouverais une remarque qui frise l’antisémitisme latent.
    C’est normal : les Nationaux articulent les communautarismes.

    Le probleme d’Israel, c’est que cet Etat n’est pas une République, mais un régime National, donc violent.
    Notre probleme donc consiste à établir la République en France, et puis ensuite en Israel.
    Ca n’a rien à voir avec le fait d’etre juif, ou pas.

    La République est la même pour tous, qu’on soit musulman, juif ou belge,
    la Nation n’est pas la même pour tous, qu’on soit juif, musulman ou belge : et votre régime de Nation l’a bien prouvé, à l’égard de ces trois groupes, qu’elle articule selon ses besoins d’oppression, les réprimant ou les cajolant, selon les jours.

    Pierre Larcin dit « le Belge »

  13. Belgo5.0 dit :

    je suis militant socialiste, militant de base, et en effet les Nationaux nous font de l’ombre.
    Ils nous en ont toujours fait, d’ailleurs, et si nous devons travailler A LA BASE avec les militants d’extreme-gauche,
    c’est précisément pour leur montrer le chemin de la République…et les détourner du chemin de la Nation.

    Mais bon….nous venons de loin… et notre chemin est long…c’est juste du travail…

    « Le Belge »

  14. Made dit :

    Et bien moi, j’aime bien Besancenot et j’emmerde aubry qui est une vulgaire « tricheuse » qui a bourré les urnes pour prendre le pouvoir…

    Je crois qu’il faut appeler un chat un chat : pourquoi ne pas faire la même chose avec dsk qui rêve d’Israël chaque matin ???

  15. revizor dit :

    Je ne pense pas que Besancenot soit l’idiot utile du sarkozisme ou alors il y a en a beaucoup d’idiots utiles.
    Que les socialistes n’aiment pas ceux qui leur font de l’ombre, qui leur font concurrence ou qui leur montrent les défauts, les insuffisances et les impasses de leur politique cela peut se comprendre mais cela ne les autorise pas à dire et à écrire n’importe quoi et à utiliser l’injure.
    Le débat politique que ce soit avec nos adversaires et à fortiori avec nos amis, alliés et avec tous ceux qui se situent à gauche mérite mieux.

    Même s’il est vrai que Sarkozy est prêt à saisir toutes les opportunités politiques qui se présentent, à faire des récupérations plus ou moins douteuses, à faire preuve d’habileté dans l’art de la poltique, à essayer de diviser ses adversaires, c’est contre lui et sa politique qu’il faut mener le combat et non contre ceux, organisations politiques et syndicales de gauche et d’extrême gauche(PC,NPA,Parti de Gauche, LO, CGT ,SUD) qui sont ses opposants les plus résolus.

    Alors cessons les insultes entre forces de gauche et d’extrême-gauche et unissons-nous!
    Pas pour faire n’importe quoi mais pour liquider le capitalisme.

  16. Belgo5.0 dit :

    entierement d’accord.
    Politiquement, le communisme et l’UMP sont de la même nature : ce sont des mouvements Nationaux, destinés à promouvoir une élite cooptée.

    le Belge

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