Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

10 octobre 2009

La mauvaise semaine

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Mitterrand témoin de moralité de deux violeurs

C’est officiel: Frédéric Mitterrand s’avère être un vrai boulet. Après ses écrits sur le tourisme sexuel, on découvre que, lorsqu’il était directeur de la Villa Médicis, il s’est fendu d’un témoignage de moralité plus une promesse d’embauche à l’Académie de France à Rome… pour deux mineurs poursuivis pour le viol d’une jeune fille de 16 ans.

Décidément, ce n’est pas une bonne semaine pour Frédéric Mitterrand. L’affaire a fait la une du Quotidien de la Réunion de ce jour : Frédéric Mitterrand a effectué, en mars dernier, un témoignage de moralité pour défendre deux mineurs, dont son filleul, fils d’un couple d’amis, dans une affaire de viol collectif. La victime, une jeune fille de 16 ans,  a été violée par plusieurs jeunes sous la menace d’un couteau. Une affaire qui a déjà été jugée mais qui revient en appel à la fin du mois d’octobre.

Certes, Frédéric Mitterrand n’est évidemment pour rien dans le crime commis par ces deux garçons. Mais il vient au secours de ces deux mineurs violeurs en écrivant son témoignage sur du papier à entête de la Villa Médicis — où il officiait —  alors qu’il n’agit là qu’en tant que personne privée. En outre, dans son témoignage écrit, le ministre, qui ne l’était pas à ce moment-là, engage l’organisme dont il avait la charge – la Villa Médicis – dans un soutien aux deux jeunes criminels puisqu’il propose de leur organiser des stages sur mesure en vue de faciliter leur réinsertion : « En tant que directeur de l’Académie de France à Rome, je m’engage personnellement à faciliter toute mesure de réinsertion. »


La double page du Quotidien de la Réunion du vendredi 9 octobre 2009.

Dans le même texte, il précise : « Je dispose d’un certain nombre de contrats qui pourraient être mis à profit. » Là encore, l’usage de la première personne est peu approprié et traduit une conception très particulière des usages républicains : est-ce la vocation de la Villa Médicis que d’aider à la réinsertion de mineurs violeurs de l’Ile de la Réunion ? En l’occurrence le fonctionnaire Mitterrand utilise à son profit personnel la responsabilité que l’Etat lui a confiée. Le correspondant à Paris du Quotidien de la Réunion a tenté – vainement – de faire réagir le Ministère de la Culture sur le sujet. Comme au début de la semaine, le Ministre choisit la politique de l’autruche…

Y aura-t-il une suite à cette nouvelle affaire Mitterrand ? Sans doute pas. D’abord parce qu’après s’être censurés sur la polémique Le Pen-Mitterrand, les médias ont saturé leur public avec ce qui est devenu l’«affaire» : depuis jeudi, radios, télévisions et presse écrite ne parlent plus que de cela. Ensuite parce que même s’il s’agit encore de sexualité, l’attitude de l’ancien directeur de la Villa Médicis est surtout condamnable du point de vue des usages républicains. Et on sait bien qu’en la matière, le sarkozysme n’en est pas à un écart près.

Philippe Cohen & Sylvain Lapoix pour Marianne2

Contactés par le cabinet de Frédéric Mitterrand, Marianne2.fr restitue les observations formulées sur notre article. L’entourage du ministre nous assure qu’il était témoin de moralité des parents et non des violeurs et qu’il ne comptait pas utiliser l’argent du contribuable pour réinsérer les jeunes. Un peu plus tard dans la nuit, Frédéric Mitterrand a dénoncé, dans une interview publiée par le Journal du DImanche, une campagne « dégueulasse », provoquée, d’après lui par le mécontentement suscité par la loi Hadopi qu’il a défendu devant le parlement.

Faisant suite à notre demande au sujet de la lettre de Frédéric Mitterrand au président de la cour d’Assises de la Réunion révélée par le Quotidien de la Réunion , le cabinet du ministre de la Culture nous a fait part d’observations qui modifient à leur sens sensiblement notre lecture.

« Vous faites état de « contrats » alors qu’il s’agit en fait de « contacts », nous précise un membre du cabinet du ministre, qui avoue que l’écriture manuscrite n’aide pas à distinguer ce terme. « La nuance est importante », ajoute-t-il.

D’autre part, il insiste sur le fait que Frédéric Mitterrand se présente comme témoin de moralité des parents des jeunes reconnus coupables de viols, et en aucun cas d’eux, ce qui invaliderait le titre de notre article : « il mentionne dans la lettre la qualité de l’éducation des parents, la moralité des parents, etc. Note l’employé du cabinet. Il n’évoque pas les enfants, qu’il ne connaît pas. » Même son filleul qui, selon la même source, « est le fils de l’ancienne femme de ménage réunionaise de Frédéric Mitterrand qu’il n’a pas croisé depuis son baptême. »
Quant à un commentaire, le ministre a d’abord jugé qu’il n’avait pas à se prononcer sur les faits qui font l’objet d’une procédure judiciaire. « A aucun moment il n’a porté de témoignage que ce soit sur les violeurs ou sur les faits, insiste le représentant de son cabinet. Quant aux promesses qu’il a fait, il s’agit de stages, présences non rémunérées au sein de la villa, donc sans usage de l’argent du contribuable. » La même personne ajoutait par ailleurs que la publication de cette information était perçue par le cabinet comme une tentative de déstabilisation profitant de l’agitation créée par une affaire que le ministre a jugé sans fondement.

En revanche, le cabinet du Ministre n’a pas commenté les deux critiques principales des articles publiés par Marianne 2 et du Quotidien de la Réunion : l’utilisation du papier à en-tête de la Villa Médicis et l’engagement à proposer des stages pour faciliter la réinsertion des délinquants.

Un peu plus tard dans la nuit du 9 au 10 octobre, le Ministre est revenu sur cette affaire dans une interview au Journal du Dimanche : « J’ai apporté mon témoignage sur la moralité d’une famille, celle de mon ancienne maquilleuse – et non femme de ménage, comme il avait été écrit, ndlr -sur France 2. Il y a des années, elle m’avait demandé d’être le parrain de son fils qui porte mon prénom. Je ne l’ai vu que cinq fois dans ma vie. Je n’en sais pas plus. » Il a attribué ce qu’il appelle l’acharnement contre lui, qu’il considère comme « dégueulasse », à son engagement à défendre la loi Hadopi.

Le Ministre a aussi répondu, dans une déclaration à l’AFP cette fois-ci, aux accusations d’avoir utilisé l’institution qu’il dirigeait – ici, la Villa Médicis – pour aider les prévenus : concernant l’utilisation d’un papier à en-tête, il a déclaré qu’il s’agissait simplement «de montrer qui vous êtes quand vous écrivez à un juge, sans plus». (sic!!!) Enfin, le Ministre de la Culture a précisé que les stages qu’l avait proposé aux juges n’étaient pas rémunérés.

6 réponses à “La mauvaise semaine”

  1. Exact Serge, FM n’a jamais été à gauche et son oncle d’ailleurs se méfiait de lui pour cela.
    La prise de sarkozy n’est pas autre chose qu’un « hold-up patronymique« … Rien de plus !

  2. Serge dit :

    Ce qui m’énerve le plus c’est d’entendre les « journaleux » que F.M. vient de la gauche.
    Il me semble qu’en 2002, il s’est prononcé dès le premier tour des présidentielles pour le « grand jacques ».
    Sa motivation était certainement au fait que J.C aimait tater « le cul » des vaches.

  3. Cailloux Jutta dit :

    la grignette dit:<>

    je n’ai jamais aimé ce cuistre mondain qui est Mitterrand pour cette raison je n’ai pas lu son livre et je n’ai pas écouté ses élucubrations à la TV, que ça soit la fille Le Pen ou un autre, qu’importe…maintenant je sais un peu plus sur lui et je serais obligé de faire avec ??

  4. la grignette dit :

    Haro sur le baudet !
    Qu’Hamon et Montebourg sautent dans les traces de Marine me laissent songeuse sur leur Q.I…..
    Pour en revenir à Mitterand, que pour ma part je n’ai jamais apprécié pour son débit verbal monocorde et ses attitudes tantôt équivoques , tantôt méprisantes envers cette pauvre humanité sous-developpée intellectuellement, son passage à l’émission « on n’est pas couché » m’a laissée mal à l’aise. Cela a été d’ailleurs le cas des critiques de l’émission et même la réaction plutôt graveleuse de Ruquier n’a pu m’en départir.
    Durant toute son interview il a laissé planer le doute sur la qualité de ses conquètes en Asie, souriant béatement avec un petit air supérieur (vous ne pouvez pas connaitre ces félicités, pauvres ignares que vous êtes), qui ont fait largement douter d’eux les élèments masculins de l’assistance, sauf Ruquier évidemment. Seymour en était tout tourneboulé !
    Quand à sa lettre de soutien aux parents des deux jeunes réunionnais… on ne doit voir là que la manifestation de sa mégalomanie.
    Qu’il soit lettré, sans aucun doute, imbécile certainement, et il n’a rien à faire comme « défenseur des arts et des lettres ». Même si Gide a existé.

  5. Cailloux Jutta dit :

    je propose à ce que nous demandons tous un stage pour un jeune à la Villa Medici puisque il y en a apparemment à profusion http://www.villamedici.it/fr/home/

  6. La main gauche dit :

    bon en fait, ça n’est pas un violeur mais un voleur, la fille n’avait pas seize ans mais seize dents, et ce n’est pas du papier à en-tête de la villa Médicis mais du papier toilette de la même villa …

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