Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

15 octobre 2009

TVA réduite : les prix ne baissent plus dans la restauration

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:20


Après une baisse de 1,2 % en juillet puis de 0,2 % en août, les prix sont restés stables en septembre dans les cafés et restaurants, a indiqué hier l’Insee. Le secrétaire d’Etat au Commerce convoque ce matin les restaurateurs.

Cafetiers et restaurateurs ­risquent fort de passer un mauvais quart d’heure aujourd’hui à Bercy. Le secrétaire d’Etat au Commerce, Hervé Novelli, les a convoqués d’urgence ce matin pour « faire le point » sur l’application de l’accord signé en contrepartie de la baisse de la TVA de 19,6 % à 5,5 % effective au 1 er juillet. Car, trois mois plus tard, l’addition reste salée pour les consommateurs. Selon l’indice publié hier par l’Insee, les prix sont restés stables dans les restaurants en septembre par rapport au mois précédent et ont baissé de 0,3 % dans les cafés. Sur l’ensemble du secteur, les prix se sont stabilisés le mois dernier, dans un contexte de baisse générale des prix à la consommation (-  0,2 % par rapport à août, –  0,4 % sur un an).

« Ce n’est pas un résultat extra­ordinaire »,a concédé Hervé ­Novelli. Et ce d’autant plus que les prix n’avaient baissé que de 1,2 % en juillet et de 0,2 % en août. Les organisations professionnelles avaient alors invoqué la période estivale, peu propice aux rabais, et promis une accélération de la baisse des prix à la rentrée ! L’Insee a montré hier qu’il n’en était rien. A l’issue du premier trimestre d’application de la baisse de la TVA, les prix ont donc modestement reculé de 1,45 %.

« Remobiliser »
Les promesses des restaurateurs sont encore loin d’être tenues. Dans le cadre du contrat d’avenir signé en avril avec l’Etat, les neuf syndicats professionnels convoqués ce matin s’étaient engagés sur trois points :

  • baisse des prix,
  • amélioration des salaires et de l’emploi,
  • investissement dans les établissements.

Sur le premier volet, les restaurateurs devaient baisser les prix de 11,8 % sur au moins sept produits choisis parmi une liste de dix. Si tous jouaient le jeu, Bercy estimait la baisse des prix globale à 3 %. En l’état actuel des choses, seule la moitié du chemin a donc été réalisée. L’objectif est pourtant limité au regard de la baisse d’impôt accordée. Hervé Novelli, qui s’est donné jusqu’à la fin de l’année pour dresser un bilan, entend « remobiliser les restaurateurs sur l’ensemble du contrat d’avenir »,indique-t-on dans son entourage. A ce titre, la réunion portera également sur l’accord social de branche qui doit être conclu avant la fin de l’année.

En attendant, les critiques pleuvent : côté prix, une étude récente de l’association de consommateurs CLCV relevait que seul un établissement sur deux avait baissé ses prix. Côté emploi, la Cour des comptes a, de son côté, jugé « optimiste » l’objectif affiché par les restaurateurs de 40.000 créations d’emplois supplémentaires en deux ans, tablant de son côté sur 6.000 créations de postes à long terme. Les parlementaires UMP s’agacent de plus en plus ouvertement du « cadeau » fiscal fait aux restaurateurs (3 milliards d’euros) sans résultat en retour. Le PS, de son côté, a déposé un amendement de suppression de la baisse de la TVA dans le cadre du projet de budget discuté aujourd’hui en commission à l’Assemblée, pour obtenir « un débat et de vrais évaluations ».

Les responsables des organisations patronales faisaient hier profil bas. « Je ne peux pas dire que ces résultats me satisfassent » , indique Jean-Pierre Chedal, président de la branche restaurateurs du Synhorcat. Pour Jean-François Girault, le président de la CPIH, représentative des petits indépendants, « il faut que les professionnels jouent le jeu. Il y a des difficultés mais cela n’explique pas tout. »Du côté des chaînes, en revanche, Philippe Labbé, président de l’organisation patronale SNRTC (14 enseignes soit 800 établissements environ), estime : « Pour nous, le contrat est rempli. » La baisse des prix chez ses adhérents atteindrait 4,6 % au cours des trois derniers mois par rapport à l’an dernier.

FREDERIC SCHAEFFER  ET CHRISTOPHE PALIERSE, Les Echos

2 réponses à “TVA réduite : les prix ne baissent plus dans la restauration”

  1. Belgo5.0 dit :

    Oui bon…j’ai oublié de parler des tensions bancaires sur les restaurateurs. Compte tenu du trou économique lié à la crise financière, il me semble évident que les comptes courants (et leurs intérets) ont subi des tensions…et qu’il faudra hélas rembourser…

    L’activité Horeca est une activité de services : elle se prete très bien à la socialisation de l’économie, d’autant que les pressions et les précarisations exercées sur la main-d’oeuvre y sont particulièrement fortes.

    Je veux bien parier ma chemise (rouge) sur le fait que le recrutement du Parti Socialiste dans le secteur hotelier est ANECDOTIQUE. Y réfléchir jvp…

    « le Belge »

  2. Belgo5.0 dit :

    le bon de la chose, c’est que la TVA a baissé. C’est un impot qui se rapproche de la gabelle, et qui a le mérite d’instituer les entrepreneurs comme collecteurs du fisc, donc de démontrer la convergence entre l’appareil National d’Etat et l’appareil des entrepreneurs capitalistiques.

    La mesure montre aussi que la perception de la TVA a un effet sur l’emploi, donc que l’impôt a aussi un effet concentrateur et spoliateur.

    Il n’est donc pas étonnant que la TVA ait été conçue dans un cadre dit d’unification européeenne, càd de juxtaposition des appareils Nationaux.

    Je pense qu’un militant socialiste doit combattre la TVA, et coupler cette revendication à la socialisation de l’économie, càd la participation effective des salariés à leur entreprise. J’ai bien dit « leur entreprise ».

    « le Belge »

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