Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

23 octobre 2009

L’affaire des sondages.

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Les jours se suivent et se ressemblent en Sarkozy… Les affaires se succèdent, toujours plus écoeurantes les unes que les autres. Les frasques sexuelles glauques de Frédo Mitterrand ou ses caution de moralités équivoques ont été remplacées par l’ascension fulgurante de Jean tête à claques Sarkozy où certains ont vu des relents de népotisme. Comme si un étudiant à la ramasse (bac + 0 pour l’instant…) de 23 ans ne pouvait pas devenir, sur son seul mérite, Président de l’établissement public d’aménagement du plus grand quartier d’affaire d’Europe !
Heureusement une nouvelle affaire va détourner les yeux du public des sordides « combinaziones » du fils Sarko pour se recentrer sur les magouilles sondagières du papa.

Souvenez vous, nous l’avions évoqué dans ce blog, L’Elysée a été pris la main dans le sac à payer des sondages qui étaient publiés dans le Figaro, et, oh surprise, tous favorables au pouvoir. Elle n’est pas belle la vie ?
Pas de bol, la cour des comptes a mis le doigt là où ça fait mal et un des responsables de ces couteuses manipulations est entendu par une commission de l’Assemblée Nationale

Car, dans l’affaire des sondages de l’Elysée, les socialistes ont maintenant le mors aux dents. Ainsi, le député PS Jean Launay, rapporteur spécial de la commission des Finances sur le budget de l’Elysée, devait auditionner, mardi 20 octobre, à l’Assemblée, le patron de Publifact, Patrick Buisson. Dans un rapport publié en juillet dernier, la Cour des comptes avait stigmatisé -sans le citer- ce proche conseiller de Nicolas Sarkozy, issu de l’extrême-droite, qui avait signé un contrat «exorbitant» en juin 2007 avec la Présidence, pour la fournir en études d’opinion.

Un conseiller « très influent »
Patron de la chaîne Histoire et conseiller politique « très influent » auprès de Nicolas Sarkozy, Patrick Buisson est un ancien proche de l’extrême droite. Le journaliste a travaillé à Minutes et à Valeurs actuelles. Il a participé à la campagne pour l’élection présidentielle de Nicolas Sarkozy. C’est lui qui, début 2007, a conseillé au candidat UMP de chercher à séduire l’électorat lepéniste en durcissant son discours sur la sécurité et sur l’immigration. En remerciement, le 1er juin 2007, quelques jours après l’entrée en fonction de Sarkozy, le directeur de cabinet de celui-ci a signé avec le cabinet d’études de Buisson, Publifact, la convention contestée.
Dans son rapport sur le budget 2008 de l’Elysée, la Cour des comptes avait mis l’accent sur des factures d’un cabinet de conseil, dirigé selon plusieurs acteurs du secteur par Patrick Buisson, pour des prestations de conseils et de sondages, dont certains ont été publiés dans la presse.

A l’occasion de ce tête à tête, Patrick Buisson (dont le contrat avec l’Elysée a depuis été révisé et qui ne touche plus « que » 10.000 euros mensuels hors taxes pour du simple conseil, selon le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy), devra répondre à une série d’interrogations, que son interview à L’Express du 2 septembre n’a pas apaisées. Par exemple:

• Pourquoi sa société, en juin 2007, a-t-elle décroché un contrat avec l’Elysée (estimé à 1,5 millions d’euros par la Cour des comptes) sans qu’aucun appel d’offres n’ait été lancé?

• A-t-il rédigé lui-même les questions de sondages réalisés par OpinionWay, co-financés par la Présidence et divers médias, dont les résultats ont notamment été publiés par Le Figaro? Si oui, n’estime-t-il pas qu’il a empiété sur le travail des journalistes?

• La Présidence finançait-elle 10%, 30% ou 90% de ces enquêtes d’opinion? Etc…

Le groupe socialiste à l’assemblée a par ailleurs décidé, mardi 20 octobre, d’utiliser son droit à la création d’une commission d’enquête parlementaire (une seule cartouche par an pour les socialistes à l’Assemblée). «On a eu des informations intéressantes sur ce que [ce système de sondages] coûtait aux contribuables, a déclaré Jean-Marc Ayrault, le patron des députés PS, lors d’une conférence de presse. On veut aller plus loin

Mardi 13 octobre, lors de son audition par la commission des Finances de l’Assemblée, Christian Frémont, le directeur de cabinet du chef de l’Etat, avait déjà fait un pas, en admettant que, jusqu’en mars 2009, le contrat de Patrick Buisson comportait une « anomalie » et que le politologue avait été rémunéré pour « un travail de conception des questions » et « d’analyse » des sondages.

Questionné sur ce dernier point, Patrick Buisson a répondu, selon Jean Launay, qu’il intervenait en « amont » et en « aval » des sondages, réalisés « en ligne » car ceux-ci sont « plus réactifs » et permettent « jusqu’au dernier moment de rajouter des questions« .
« M. Buisson a aussi pris soin de me dire qu’on lui posait beaucoup de questions mais beaucoup moins sur les factures des sondages Ipsos (…) Il n’a pas cité de nom mais ce dossier des sondages me semble révéler des bagarres internes » à l’Elysée, a indiqué Jean Launay.

Un sombre affaire qui risque de mettre à jour les pratiques étonnantes d’une certaine presse à la solde du pouvoir ou « éthique journalistique » est une expression totalement vide de sens…

Alain Renaldini
Sources Mediapart et NouvelObs.fr)

Une réponse à “L’affaire des sondages.”

  1. David C. dit :

    Aujourd’hui, François Hollande trouve curieux le refus de l’exécutif d’une telle commission d’enquête.

    Ce que je trouve curieux !

    En pleine accélération du processus d’effondrement du système financier international, je trouve curieux qu’aucun parlementaire demande une commission d’enquête parlementaire sur la crise financière (type Commission Pécora de 1932) pour exposer aux yeux des citoyens la responsabilité des banquiers dans la crise financière.

    David C.
    david.cabas.over-blog.fr

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