Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 octobre 2009

Présidence française de l’UE: la douche du président tourne à l’affaire d’Etat!

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 16:00

Piqué au vif, le gouvernement a enfin réagi, mercredi 28 octobre, aux critiques de la Cour des comptes sur la très chère présidence française de l’Union européenne, formulées dans un rapport remis à la commission des finances du Sénat et dévoilé par Mediapart. Alors que l’institution financière souligne «le coût parfois élevé des opérations» (menées du 1er juillet au 31 décembre 2008), leur «utilité publique variable», et le caractère «parfois dérogatoire, voire irrégulier, des procédures suivies», le ministre du budget, Eric Woerth, a répliqué sur RMC: «On n’a pas à rougir!», assumant les 170 millions d’euros déboursés en six mois – environ un million par jour.

Si l’exécutif a été contraint de réagir, c’est que l’opposition s’est emparée mercredi du sujet. Tout en admettant que «la France doit s’affirmer» et «que cela coûte de l’argent», le député socialiste Pierre Moscovici a déclaré: «Le budget de la présidence française de l’UE était beaucoup trop élevé.» «Un million d’euros par jour, cela n’a pas grand sens, a ajouté l’ancien ministre délégué aux affaires européennes de Lionel Jospin. Cette présidence s’annonçait comme un Sarko-show; c’est ce qui s’est passé. Les Français paient pour le Sarkoshow.»

René Dosière (apparenté socialiste), qui s’est fait une spécialité de décortiquer le budget de l’Elysée, s’est également indigné «de tels gaspillages», insistant sur les 16,6 millions d’euros dépensés pour le sommet de l’Union pour la Méditerranée (UPM) du 13 juillet 2008, qui avait nécessité un aménagement faramineux du Grand Palais (91.000 euros de moquette, 650.000 euros de climatisation, etc.).

Revoir la facture de cette manifestation:

Le coût du dîner offert aux 43 chefs d’Etat étrangers (venus avec leurs invités) lui est resté en travers de la gorge: «1.010.256 euros, soit 5.050 euros par personne!», a-t-il calculé. «Alors que tous les Français doivent se serrer la ceinture, apprendre que le chef de l’Etat organise, avec l’argent des Français, un repas qui coûte 5 fois le Smic par personne, c’est inimaginable et intolérable! On se dit que le président de la République a perdu pied avec la réalité. Il doit arrêter de dépenser sans compter.»

Au fond, la gauche répète avec des mots plus durs ce que le centriste Jean Arthuis, président de la commission des finances du Sénat (membre de la majorité), avait exprimé en termes plus policés dès sa réception du rapport: «Toutes [les manifestations] n’étaient pas indispensables», avait-il glissé, jugeant que certaines d’entre elles (à l’image de la réunion de lancement de l’UPM) avaient «entraîné des dépenses importantes», sans que leur nombre ait «contribué au succès de la France, qui se juge sur deux ou trois événements, comme la gestion de la crise ou de la guerre en Géorgie»…

Mercredi, même Jérôme Chartier (député UMP) semblait gêné: «L’exemple doit venir tant de l’exécutif que du Parlement», a-t-il soufflé à l’AFP, dans les couloirs de l’Assemblée. «En période de crise, on doit faire attention aux dépenses», a aussi relayé Maurice Leroy, son collègue du Nouveau centre…

Devant cette avalanche de critiques, le gouvernement et l’UMP ont donc tenté de réfuter toute largesse – sans convaincre. Voici un décryptage, point par point, de leurs réponses.

1. Eric Woerth: «Ça a coûté moins cher que prévu.»
Ce sont effectivement 190 millions d’euros qui avaient été budgétés à l’avance et votés par le Parlement. La Cour des comptes en convient, mais ne retient pas l’argument: pour elle, ces estimations avaient «moins résulté d’un processus d’évaluation budgétaire classique, que d’une estimation large». Le rapport parle de «prévisions confortables». En clair: l’exécutif a pris soin de sur-évaluer ses charges futures, pour se laisser une marge et la possibilité d’annoncer, in fine, des «économies». Comme si Matignon avait anticipé la polémique…

La Cour précise, de toutes façons, que la facture finale «n’intègre pas les dépenses (…) tenant à la sécurité et aux renforts des différentes administrations en personnel».

2. Frédéric Lefebvre: «Les six mois ont été particulièrement chargés en rencontres, dues notamment à la crise financière ou à la crise en Géorgie.»

Les six mois de Nicolas Sarkozy à la tête de l’UE – c’est vrai – ont été riches en événements imprévus. Mais regardons précisément les chiffres: le voyage de Nicolas Sarkozy à Tbilissi, monté en urgence en août 2008, a coûté 21.000 euros; celui à Moscou, 37.000 euros. C’est bien moins que le prix de la moquette disposée sur le rez-de-chaussée du Grand Palais, pour la réunion de l’UPM si chère à Nicolas Sarkozy – retirée aussitôt le clap de fin.
De même, le Conseil européen extraordinaire sur la Géorgie, convoqué le 1er septembre 2008, n’a plombé le budget français «que» de 870.000 euros, un montant inférieur au coût de la climatisation du Grand Palais (associée au plancher permettant de faire passer la tuyauterie).
Au final, on peut se demander combien d’allers-retours supplémentaires à Tbilissi Nicolas Sarkozy aurait pu faire, s’il avait économisé le prix des jardinières et des «monolithes» dispersés au Grand Palais. Le calcul est vite fait: neuf, pile!

Enfin, si l’on veut pinailler, il faut préciser ceci: la France a certes été «handicapée» par de coûteuses urgences, mais elle a bénéficié, à l’inverse, d’un avantage de départ indéniable sur le plan financier: avec le système de présidence tournante de l’Union, Nicolas Sarkozy avait «écopé» d’un semestre «light» (le second de l’année 2008), qui courait sur la période des vacances d’été, peu propice aux manifestations et sommets. À l’époque, les diplomates français l’avaient d’ailleurs regretté, pestant contre cette mauvaise pioche qui raccourcissait leur fenêtre de tir…
Ce «détail» permet de relativiser la comparaison avec la présidence allemande, à laquelle Frédéric Lefebvre se raccroche pour justifier les dépenses françaises: si Berlin a déboursé à peu près autant que Paris (180 millions exactement), Angela Merkel avait quant à elle hérité du premier semestre de l’année 2007 – soit des mois traditionnellement plus chargés, donc plus «chers».

3. Le porte-parole du Quai d’Orsay, au sujet des 16,6 millions dépensés pour le sommet de l’UPM: «Faute d’infrastructure dédiée dans la capitale, nous avons dû (…) aménager, de manière ponctuelle et provisoire, un site d’accueil, le Grand PalaisLa Cour des comptes reconnaît que Paris manque d’un centre de conférence d’envergure, susceptible d’accueillir une brochette de chefs d’Etat étrangers. Mais la France, elle, n’en manque pas. Il suffit ainsi de rappeler que le sommet de l’OTAN d’avril 2009 avait été organisé à Strasbourg, en plein centre-ville. Pourquoi s’être obstiné à planter le décor de la réunion du 13 juillet dans la capitale, sinon pour le prestige?

4. Frédéric Lefebvre, sur le dîner offert ce soir-là: «Aucun repas n’a coûté plus de 5 000 euros par personne.»
Le porte-parole de l’UMP jouerait-il sur les mots? Si le contenu des assiettes de chacun des convives ne valait pas 5.000 euros (plutôt 310, sans compter l’apéritif ni le cocktail), le prix des aménagements et services liés à ce «banquet» (tables, personnels, etc.) avoisine le million d’euros.
La Cour a sorti son boulier et livre le résultat final dans son rapport, noir sur blanc: «5.362 euros par invité».

5. Eric Woerth, en réaction aux déclarations du socialiste René Dosière, qui a parlé d’une douche à 250.000€, installée pour Nicolas Sarkozy au Grand Palais: «Ce serait scandaleux si c’était vrai, mais c’est faux!»
De fait, comme l’avait indiqué Mediapart, ce n’est pas la douche – à elle seule – qui valait 245.000 euros, mais bien l’ensemble des salons mis à disposition du chef de l’Etat français et des «salles d’entretien bilatéraux». L’élu a fait un raccourci.
Reste que cette douche apparaît bien luxueuse, sur les photos récupérées par Mediapart: siège rétractable, radio FM, jets multifonctions…
Etait-ce indispensable, en marge d’une réunion qui n’a finalement duré que quelques heures? «Surtout qu’elle n’a pas servi, témoigne un ouvrier qui a travaillé sur le chantier d’aménagement du Grand Palais. Lors de son démontage, il n’y avait guère de doute.»

Mathilde Mathieu pour Mediapart

19 réponses à “Présidence française de l’UE: la douche du président tourne à l’affaire d’Etat!”

  1. Raoul dit :

    @ Anomyme… Et combien coutèrent les parties de chasse à l’éléphant de Giscard ?
    Si pour justifier le présent vous regardez toujours dans votre rétroviseur, la société n’est pas près de changer… A moins que, fan de Sarko vous ne soyez à court d’argument pour soutenir celui qui promettait une présidence irréprochable…

  2. Anonyme dit :

    combien ont couté les parties de chasse de françois mitterand

  3. robert dit :

    les fôtes sont volontères…..

  4. robert dit :

    à La grignette, Renaldini et la main gauche
    humour sarcastique du primate socialo en déconfiture ! « pôvre », « Raymonde », « Q.I. bas…Vous confondez instrucsion et intelligence, je vous que vous êtes très instruits!
    Le respect des « autre » n’est pas votre ford. Au fait, vous n’avez pas relevé en ce qui concerne vos pôtes passés chez l’adversaire !! Les boules quand même !! et ce n’est pas fini ! Allez, je vous laisse profiter de vos dernier instants avec votre « fidel » Lionel qui n’est pas très loin de chez vous !
    Robert le prolétère( ça rime)

  5. la grignette dit :

    Sympa ce Robert, je voudrais qu’il sache que je n’aime pas le caviar. Si, si c’est vrai, je fais partie de ces tristes gougnafières (je suis toujours du genre femelle mon cher Robert) qui, en ayant goûté un soir de folle escapade s’est écriée : pouah ! çà sent la marée cette chose !…
    Quand au terme « pôvre », ce n’est nullement insultant, seulement légèrement affectueux, une expression courante des pays méditerranéens.
    Pauvres, par contre, nous le sommes ou nous le deviendrons tous les uns comme les autres lorsqu’il s’agira de payer les folies somptuaires de notre « si distingué dirigeant dont le monde se moque allègrement ».

    Pour ma part, je ne vis pas jetant la pierre à ceux qui, pour des raisons qui leur sont propres, ont décidé de changer leur façon d’envisager la vie -collective et personnelle-, ni en comparant les « Robert » célèbres du passé à ceux d’aujourd’hui, mais en essayant d’agir en pensant à l’avenir de mes enfants et petits enfants.

    Robert a bien de la chance de pouvoir citer son grand-père, il l’a connu, moi pas, le mien est mort au travail dans une usine métallurgique de l’oncle du baron Seillières…

    Je ne suis ni institutrice (ils sont d’ailleurs devenus « professeurs des petites écoles), ni fonctionnaire, mais retraitée avec tous les inconvénients que cela comporte : remboursements faibles des prescriptions médicales, petite retraite, ainsi que tous les maux de mon âge…c’est dur de se dire qu’après avoir été privilégiée dans sa jeunesse (je n’ai dû travailler qu’à 15 ans et demi et non 14 comme mes camarades) je sois réduite à la portion congrue quand l’âge est venu. Ce qui ne m’empèche pas de devoir payer tous les impôts que notre « grand dirigeant » ne me défiscalise surtout pas.

    Tiens, Alain et la main gauche, la prochaine fois que je fais un couscous, juré, je vous invite… et sans caviar !

  6. La main gauche dit :

    … et bien l’bonjour à Raymonde !!

  7. Zut, Robert s’en va… Compte tenu du très haut niveau de ses interventions je me demande si nous allons nous en remettre…
    On se demande quelques fois comment certains peuvent encore croire en Sarkozy. Facile, il suffit d’avoir le QI de Robert…
    Bon vent et bon débarras…

  8. robert dit :

    à la main gauche,
    c’est bien ça les socialos, arrogants, moqueurs, donneurs de leçons, même langues de bois en ce qui concerne leurs pôtes !
    Au fait le Badinter, c’est vrai qu’il à pas pris un gramme, le jaja ça l’a fait maigrir, en plus comme c’ était gratuit il y est allé à coeur joie !
    Allez, j’vous laisse entre vous, d’autant que vous n’êtes plus très nombreux profitez-en !!

  9. La main gauche dit :

    .. enfin.. Alain et La Grignette.. pour le caviar .. j’ai loupé l’carton d’invitation.. j’dis ça pour la prochaine fois, à toutes fins utiles …

  10. La main gauche dit :

    Ben Robert !! faut pas traîner à chercher vainement à caviarder La Grignette et Alain et vite aller prendre le pouvoir pour supprimer le caviar à la cantine des fonctionnaires et des instits !! Z’en bouffent à tous les repas, c’est bien connu !!

    Tiens, ça m’fait penser qu’j’ai vu récemment un certain Robert.. Badinter, l’a pas pris un gramme celui-là !! étonnant !?!

    Bon, reste que c’est pas « Tonton » qui gouverne aujourd’hui et c’est pas lui qui va payer la facture du Roi que viens de nous présenter la cour des comptes, ça s’pourrait bien qu’on aille chercher la monnaie dans la poche de quelques Robert, de quelques instits, de quelques fonctionnaires et autres modestes travailleurs !!

  11. robert dit :

    @ la grignette et A.Renaldi
    je constate que la langue de bois est toujours d’actualité chez vous. Vous esquivez les positions de vos « pôtes » passés à droite, ou bien qui ont magouillé à l’époque. Quand aux « gourmets » que vous citez je vous rappelle que lorsque vous avez pris le pouvoir avec « Tonton » et sa smala (Sarko idem d’ailleurs), nous avions l’impression que vous aviez gagné au loto !! Oppulence, kitch et mauvais goût . La vrai gauche ne fait pas semblant MESSIEURS. Vous représentez la gauche caviar, ne serais-ce qu’ m’appelant « pôvre « robert !!! Hé oui je suis « pôvre » comme vous l’écrivez mais je sais reconnaitre des gougnaffiers comme vous et les gourmets comme moi. Quand on gagne durement ce qu’on a dans l’assiette, croyez moi on devient vite « gourmet ». Mais je suppose que vous devez être prof., instit. ou fonctionnaire pour parlez ainsi.

  12. La main gauche dit :

    les divers sujets de ces jours-ci me posent des questions…

    Pourquoi cette promptitude à aller chercher ce qu’à pu être fait au cours de précédents mandats présidentiels, ça ne me semble pas justifier, pour autant, ce qui se pratique au cours du mandat actuel… et pour sortir de cette manie largement utilisé en Sarkosie, le minimum, ne serait-il pas d’en venir à la suppression des immunités (présidentielle, diplomatique etc,…), d’autant que ce genre de complaisance admise n’a jamais rien eu de républicain !
    De les juger pendant, ça nous éviterait la saine compassion de les trouver sympathiques après…

    La cour des comptes c’est bien, mais après ?.. Je me demande, dans une entreprise, à quoi pourrait conduire de telles dépenses somptuaires, risque de mise sous tutelle d’un administrateur ou pire, d’accusation d’abus de bien sociaux… Sarko, qui s’est toujours vanter qu’il dirigeait le pays comme une entreprise…….. point de suspension….

    Pourquoi ne serait-il pas possible d’avoir une autorité judiciaire indépendante, de haute compétence et de haute moralité, à même d’étudier la possible levée, pour partie, du secret défense et, du moins, en capacité de statuer, à huis clos, dans un premier temps, sur l’argumentation qui conduit à conserver dans le secret certains documents ?..

  13. la grignette dit :

    Le pôvre Robert ne sait pas faire la différence entre une bande de « gougnaffiers » et des « gourmets ». Tout est dans la délicatesse , mon petit ami, même dans la critique ou la provocation !

  14. @ Robert
    La technique du « tous pourris » est toujours la plus simpliste. Pour autant elle n’excuse en rien les exactions et les débordements mis en évidence par la cour de comptes. Laquelle exerce son contrôle depuis fort longtemps… Je vous mets au défit de trouver un rapport montrant que les « socialo » (sic) auraient dévalisés la cave de l’Elysée.
    Par contre j’en ai sous le coude concernant les dépenses somptuaires des balkany.
    Je ne parlerais pas des frais de bouches de Chirac.
    Vos accusations sont infondées et ne s’appuient pas sur autre chose que la volonté poujadiste de répondre à des accusations précises émanant d’une autorité relativement impartiale par des ragots de bas étages….

  15. robert dit :

    C’est honteux mais vous avez la mémoire courte, à l’époque de « Tonton », les socialos ont vidé les caves de l’Elysée. Les salopards comme Charasse, Mauroy ont pris des kilos à vu d’oeil à force de se goinffrer. Que pensez vous pas de Dumas et toute sa clique. Remarquez, vous critiquez le »roi » actuellement au pouvoir mais vos pôtes rejoignent ce dernier les uns après les autres. Nous, pauvres citoyens, nous finirons comme disait mon grand père, « tout juste avec de quoi manger ».

  16. iledere dit :

    @la grignette
    Y a qu’à demander… C’est fait…

  17. La main gauche dit :

    Bon, ok, pour 245 000 euros, le salon était offert avec la douche, les artisans du Roi sont généreux..!

  18. Exec T dit :

    Hé bé, c’est du propre!

  19. la grignette dit :

    Est-ce qu’on pourrait voir le tableau en grand format s.v.p. ?

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