Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 octobre 2009

Les grandes écoles veulent les 3/4 du grand emprunt pour le supérieur

Filed under: 02 - Education,09 - Evènement — iledere @ 16:07

Le fameux grand emprunt de Sarkozy aiguise les appétits et développe les fantasmes :

La Conférence des Grandes Ecoles a proposé mardi que les trois-quarts du Grand emprunt soient consacrés à accorder aux établissements d’enseignement supérieur des « dotations » ou fonds propres, dont ils tireraient des revenus sur le modèle des universités américaines.

« La Conférence des grandes écoles propose que les trois quarts du Grand emprunt soient réservés à l’investissement immatériel, pour accélérer nos compétences de recherche et la performance de l’ensemble de notre système d’enseignement supérieur. L’investissement serait affecté aux établissements sous forme de dotation capitalistique, dans l’esprit des « endowments » des universités anglo-saxonnes« , a indiqué la CGE.

« Le décalage entre nos établissements supérieurs et leurs homologues étrangers vient en large partie de l’absence de fonds propres financiers dans nos établissements. Harvard dispose de 30 à 40 milliards de dollars, Princeton de 15, ce qui représente 1,5 à 2 millions de dollars de capital par étudiant« , selon la CGE.

« Si l’on retient un grand emprunt de 100 milliards (d’euros), dont 75% irait à l’enseignement supérieur et à la recherche, un investissement de 75 milliards associé à un rendement de 4 à 6% correspondrait à des sommes disponibles de 3 à 4,5 mds par an« , alors que le budget de l’enseignement supérieur est de 12 milliards d’euros, relève la CGE.

Tous les établissements de l’enseignement supérieur long pourraient demander à bénéficier de ce grand emprunt, dans l’esprit de la CGE.

« Pour que la France change de gamme sur la scène mondiale de la formation, il y a un vrai défi« , a expliqué le président de la CGE Pierre Tapie lors d’un point presse.

Selon lui, les grandes écoles devraient demander des frais de scolarité plus élevés aux étudiants venant de pays extérieurs à l’UE afin de pouvoir en former davantage sans que cette formation coûte aux contribuables français.

« Si l’on veut participer à la formation des élites mondiales, il faut demander aux étudiants étrangers de payer la totalité de leur formation. Si on ne le fait pas, on ne peut former que peu d’étudiants étrangers« , a-t-il dit lors d’un point presse.

La Conférence des grandes écoles rassemble plus de 200 grandes écoles françaises (écoles d’ingénieurs, de management, d’agronomie…).

Révélation: comment l’Elysée va présenter le grand emprunt

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

(wfabri-flickr-cc)L’équipe présidentielle réfléchit à la manière de présenter l’opération pour qu’elle ne choque pas les parlementaires orthodoxes des finances publiques.
Le grand emprunt voulu par le chef de l’Etat embarrasse la majorité. Effrayés par la croissance exponentielle des déficits publics, les parlementaires de la majorité rechignent. Jean-François Copé dit même : « le grand emprunt, c’est la solution quand on a essayé toutes les autres ». On le voit, l’UMP ne nage pas dans l’audace.
Pour calmer la trouille des élus, l’Elysée a trouvé une présentation plus « budgétairement correcte » de son opération : l’argent du grand emprunt viendrait dans un premier temps en déduction partielle des emprunts habituels de l’Etat, et non pas en plus.

Pour prendre un exemple, si le gouvernement décidait d’une levée de fonds de 100 milliards (hypothèse improbable), une partie seulement serait dépensée, au travers d’organismes spécialement désignés. La première année, il s’agirait, au maximum, de 20 milliards d’euros, tout simplement parce que trouver, monter, valider et lancer des investissements innovants de grande ampleur demande du temps et mobilise des énergies.

Resteraient donc 80 milliards d’euros dans les caisses de l’Agence France Trésor. Ceux-ci serviraient à financer la trésorerie de l’Etat. Celui-ci prévoit d’emprunter à court, moyen et long terme 212 milliards d’euros en 2010, afin de financer le déficit (112 milliards), rembourser les anciennes créances et faire les fins de mois de ses administrations. Le programme pourrait donc devenir 212 milliards (besoin de financement de l’Etat) + 20 (le besoin de financement des premiers investissements « d’avenir ») – 80 (ce qui reste du stock du grand emprunt). Soit 232 milliards d’euros (bien moins que ce que l’Etat a emprunté en 2009, 252 milliards)… Toutes les critiques au nom de la « sauvegarde de la qualité de la signature de l’Etat français » auprès des marchés financiers seraient désarmées.

En 2011, rebelote, 20 milliards d’investissements, 60 milliards de trésorerie. Et ainsi de suite, jusqu’à épuisement. En fait ce serait comme si l’Etat augmentait ses émissions de dette de 20 milliards pendant cinq ans. Et avec un peu de chance, la reprise économique, générant des recettes fiscales, restreindrait le besoin de financement public.

Evidemment, pour mettre le plus de chances de réaliser une bonne affaire, il faut emprunter en 2010 le moins cher possible, c’est-à-dire auprès des marchés financiers, et donc renoncer à l’aspect « politique » d’un emprunt « populaire » qui viendrait plébisciter l’action économique de Nicolas Sarkozy. Mais dans ses discours, le président semble déjà s’être fait une raison.

Hervé NathanMarianne2

Le mythe de la désinformation sur internet

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,13 - PS — iledere @ 6:15

CC DreamsjungL’un des paradigmes de l’internet, c’est l’égalité entre les internautes. Sur internet, tout le monde peut s’exprimer publiquement sans aucunes barrières si ce n’est celle de disposer d’une connexion à internet. De nombreux services gratuit favorisent d’ailleurs cela, et notamment les blogs (et cela devient de plus en plus facile avec des outils comme posterous ou Tumblr). En un mot, internet favorise la liberté d’expression.

Cette idée, plutôt positive au départ, fait pourtant peur à de nombreuses personnes. En effet, si l’on donne la parole à tout le monde (et donc n’importe qui), n’y a-t-il pas des dérives possibles? C’est en tout cas le discours d’un certains nombres de détracteurs (et  bien souvent non-usagers) du net, Séguéla, Finkielkraut, Olivennes en tête, qui pensent qu’ internet est le paradis de la désinformation et de la diffamation. (bouh!)

Sans aller aussi loin, un ami m’a récemment fait part de ses réflexions sur le sujet :

(…) je pense qu’internet présente aussi des dangers, celui d’une part de pouvoir dire tout et n’importe quoi sans presque craindre de sanction, d’accusation de diffamation surtout si on fait ça anonymement, et d’autre part, tu parles parfois de « blogueurs influents », et de là vient aussi un danger: Peut être qu’au fur et à mesure, internet va se structurer et des leaders d’opinion, comme en politique, vont émerger, peut être sans toujours dire la vérité! Internet pour moi présente surtout un danger contre la liberté: Le fait qu’une vidéo puisse être vue par des millions de personnes en moins de 24h est très dangereux: Une minorité de blogueurs peuvent détruire quelqu’un juste parce que ce dernier n’a pas les mêmes idées qu’eux.

Je suis persuadé que ces inquiétudes sont infondées, et je vais essayer de vous montrer pourquoi.

Prenons l’exemple d’un blogueur qui écrit un pamphlet infondé contre un homme politique connu. Que se passera-t-il?

Ecrire, c’est bien, être lu, c’est mieux …
Tout d’abord, si le blog est récent ou peu connu, il y a de fortes chances pour qu’il sera totalement ignoré et/ou que le billet ait très peu d’impact. En effet, tout blogueur ne naît pas « influent »! Et j’irai même plus loin : la plupart des blogs n’appartiennent même pas à la blogosphère! En effet, un blog en fait réellement partie à partir du moment où ce blog est lu, commenté, repris par d’autres etc. Si ce n’est pas le cas, la tentative d’intox ne sera ni plus ni moins qu’un coup d’épée dans l’eau. (more…)

27 octobre 2009

Chirac, la littérature tchèque et un non-lieu « abracadabrantesque »

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 12:00

L’ancien président français avait un jour présenté Le Brave Soldat Svejk comme son roman préféré. L’hebdomadaire pragois Respekt commente ses péripéties judiciaires à la lumière de cette référence littéraire.
Alors qu’il était encore président, on avait demandé un jour à Jacques Chirac, lors d’une interview radiophonique, quel était son livre préféré. Sa réponse, spontanée, a dû en surprendre plus d’un. Les présidents français citent d’habitude de grands auteurs classiques nationaux : Victor Hugo, Marcel Proust, Gustave Flaubert. Or, contre toute attente, le chef de l’Etat a cité Le Brave Soldat Svejk.

Le journaliste n’ayant pas relancé le président après cette réponse pour le moins surprenante, il est difficile de dire en quoi ce roman a pu toucher le président français. Peut-être partageait-il le goût prononcé du héros pour la bière : on connaît son penchant pour la Corona. Plus sûrement, son oreille a dû être flattée par la langue truculente, truffée de mots d’argot, du romancier. Et la mésaventure de Putim [de passage dans cette bourgade du sud du pays, le héros est pris pour un espion] a peut-être rappelé à Chirac un épisode de sa jeunesse, lorsque, pendant quelques mois, abandonnant ses études, il a importé du charbon africain de Dakar vers Le Havre.

Notons toutefois que, s’il avait attentivement lu le chef-d’œuvre de Jaroslav Hasek sur l’incommensurable bêtise des hommes, leur vanité, leur soif de pouvoir, leur ruse, leur arrogance et les ambitions démesurées qu’ils nourrissent, Jacques Chirac n’aurait jamais pu devenir président de la République. En effet, Svejk n’est pas ce petit Tchèque lâche et un peu idiot que l’on dépeint parfois à tort, mais bien l’incarnation extraordinaire de la capacité à refuser un système et un ordre à première vue infaillibles, édifiés et mus, justement, par les caractéristiques humaines mentionnées ci-dessus. A y regarder de près, l’ancien président a su faire sienne la célèbre expression du curé militaire Otto Katz [rencontré en chemin par le héros] : il vaut toujours mieux « nier, nier, et quand bien même la vérité éclate, nier encore« .

Le 28 septembre, une nouvelle nous est parvenue de France. Le parquet de Paris a requis un non-lieu à l’encontre de l’ancien chef de l’Etat, mis en examen pour « détournement de fonds publics » dans l’affaire des emplois présumés de complaisance au profit de son ancien parti, le RPR [ancêtre de l’actuelle UMP]. Jacques Chirac a nié sans relâche ces accusations, les qualifiant avec désinvolture d' »abracadabrantesques« . Un vocable que seuls les fins connaisseurs d’Arthur Rimbaud ont su apprécier à sa juste valeur, puisque c’est sous la plume du poète que ce néologisme imposant est apparu pour la première fois…

Jaroslav Formánek pour Respekt repris par Courrier International

Le coup de vice électoral de Sarkozy

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Luc Rosenzweig, ex-journaliste au Monde et l’un des fondateurs du site-salon Causeur analyse la réforme du mode de scrutin prévue par Sarkozy, ce que certains ont qualifiée de “putsch électoral”.

Un p’tit tour et c’est dans la poche pour l’UMP !

À première vue, la réforme des collectivités territoriales présentée en cette fin octobre par Nicolas Sarkozy semble frappée au coin du bon sens : pour la première fois depuis la création de la Ve République, on essaie de mettre un peu d’ordre et de rationalité dans l’empilement séculaire des structures de la démocratie locale. Communes, intercommunalités, cantons, communautés urbaines, départements, régions, tout cela avait un urgent besoin d’être simplifié et adapté à l’évolution démographique et sociologique de notre beau pays.

La méthode pour faire avancer le schmilblick était aussi respectable qu’habile : on envoie tout d’abord un chevau-léger, en l’occurrence Jacques Attali, à l’assaut des conservatismes provinciaux. L’ancien conseiller de François Mitterrand, missionné par l’Elysée pour imaginer des réformes permettant de relancer la croissance économique, propose, entre autres, la suppression des départements.

Tollé dans les campagnes, car ce rejeton administratif de la Révolution française est plutôt aimé par le peuple, surtout celui qui vit hors des grandes villes, comme on a pu le constater lors de la modification des immatriculations des automobiles. Le conseiller général est un élu de proximité, qui cajole les petits maires et pratique la bobologie sociale avec les électeurs de son canton.

Pour calmer le jeu, on réunit une commission de “sages”, présidée par Edouard Balladur, à laquelle participent d’éminents membres de l’opposition socialiste, Pierre Mauroy et André Vallini. Ses travaux aboutissent à la formulation de vingt propositions dont les plus importantes – suppression de la taxe professionnelle et création de “conseillers territoriaux” remplaçant les actuels conseillers régionaux et généraux pour siéger tout à la fois à l’assemblée départementale et régionale – sont reprises par Nicolas Sarkozy. C’est la “fusion douce” des départements et des régions.

Présentée ainsi, et moyennant quelques ajustements pour amadouer les sénateurs et les notables locaux, cette réforme aurait pu faire l’objet d’un consensus dépassant les clivages politiques, car elle répond aux préoccupations des élus locaux de toutes tendances. Elle pourrait mettre fin à l’enchevêtrement des structures, aux conflits de compétences et aux coûts inutiles engendrés par la multiplication des syndicats intercommunaux et de leurs exécutifs pléthoriques.

Mais on l’aura peut-être déjà remarqué, Nicolas Sarkozy n’est pas un homme qui recherche systématiquement l’harmonie générale, dans une République apaisée où les décisions importantes pour l’avenir de la nation sont élaborées dans un esprit de coopération avec ceux qui pensent autrement. (more…)

26 octobre 2009

Le MoDem part seul aux régionales

Filed under: 18 - UDF-MoDem-Centre — iledere @ 16:30

Le Mouvement démocrate (MoDem) partira seul aux élections régionales, renvoyant la question des alliances au second tour, faute d’avoir pu encore concrétiser sa politique d’ouverture à gauche.

Le conseil national du MoDem, qui regroupe les cadres du parti, s’est prononcé samedi à l’unanimité en faveur de la présentation de listes autonomes au premier tour des régionales.

Il a également jeté les bases de son projet politique qui sera débattu début décembre en congrès à Arras.

« Le conseil national a voté à l’unanimité le principe de la présence d’une liste MoDem dans toutes les régions de France. En même temps, nous avons manifesté notre volonté d’ouverture mais, évidemment, cette ouverture ne peut en aucun cas être ralliement ou effacement », a expliqué à la presse le président du parti, François Bayrou.

Il a dit vouloir « un projet différent pour les régions« , comme il avait défendu lors de la campagne présidentielle de 2007 « un projet différent pour le pays« .

« Notre choix, c’est de dire: l’Etat ne peut pas tout et toute décision politique doit avoir pour but le développement humain. Nous nous démarquons en cela de ceux qui veulent une société où le capital prime et de ceux qui veulent que l’Etat soit l’acteur principal« , a-t-il résumé.

Le premier chapitre du projet MoDem, consacré aux valeurs, prône notamment la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, une justice fiscale, éducative et sociale, et la nécessité d’un développement durable et écologiste. Des valeurs dont le parti estime que « la majorité actuelle les remet en cause », a dit l’eurodéputé Robert Rochefort, qui a coordonné l’élaboration du texte. (more…)

Clearstream, un dérapage d’Etat

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Oubliez le cirque médiatique, regardez les faits ! Alors que le procès touche à sa fin, le quotidien belge Le Soir tire les leçons d’une affaire qui, selon lui, va au-delà du simple règlement de comptes politique.

Après avoir suivi le procès Clearstream, on serait d’abord tenté d’en rire. Des rendez-vous secrets sous les lambris de la République, des services spéciaux qui gobent les élucubrations d’un mythomane (Imad Lahoud), l’as des as du renseignement [le général Rondot] qui se cache dans un bois [celui de Meudon] pour tenter de pirater, à l’ombre des feuillus, le système informatique d’une chambre de compensation financière luxembourgeoise censée être une plaque tournante du blanchiment, un président de la République qui en perd son sang-froid.
Et tout cet étalage de combines, assorti d’un concerto de mensonges, attirant au tribunal le gratin du paysage médiatique, de Jean-Pierre Elkabbach à Ivan Levaï en passant par Philippe Labro, venus voir comment le grand escogriffe de la chiraquie [Dominique de Villepin] s’en sort face à l’actuel locataire du Château [Nicolas Sarkozy] !

A la réflexion, c’est pourtant l’effarement qui domine.
Le procès Clearstream a révélé des dysfonctionnements d’ampleur au plus haut sommet de l’Etat. Services de renseignements, circuits de commandement politiques, contrôle des enquêtes sensibles, séparation des pouvoirs politique et judiciaire : combien de points noirs révélés par ce Watergate à la française ? Qu’en aurait-il été si les services secrets, transformés en officines au service de quelques-uns, avaient dû échouer à déjouer une menace, bien réelle celle-là ? Après coup, le scénario fait froid dans le dos.

Le plus hallucinant est de voir que, cinq ans après, la haine entre deux clans de la droite attise encore autant de passions alors même que la rivalité entre Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin n’est plus ce qu’elle était, le second n’étant plus en mesure d’inquiéter le premier.
Comme si les amertumes rances et les répliques vachardes restaient obsessionnelles et empêchaient toute autopsie sereine d’un dérapage d’Etat.

Si le jugement ne devait pas dépasser cette dimension, le procès n’aura été que la revanche judiciaire d’une guerre politique. Sans aucune leçon pour l’Histoire.

Joëlle Meskens pour Le Soir, repris par Courrier International

The cure « boys don’t cry«  (more…)

Plutonium à Cadarache : une affaire « sérieuse », selon les experts

Filed under: 21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:00

A-t-on frôlé l’accident pendant des années au centre nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône) ? La question se pose crûment après la découverte, en juin, d’une sous-estimation de la masse de plutonium dispersé sous forme de poudre dans des recoins inaccessibles de l’Atelier de transformation du plutonium (ATPu), géré par Areva sur ce site du Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Au lieu des 8 kg estimés, les opérations de démantèlement de l’ATPu ont révélé que les « boîtes à gants », des enceintes confinées où était fabriqué du combustible MOX mêlant oxydes d’uranium et de plutonium, en contenaient 22 kg. Mais le CEA évalue à environ 39 kg la masse totale de plutonium qui pourrait s’être insinuée dans l’installation.

La question centrale est de savoir si ces accumulations auraient pu conduire à un accident de criticité, une réaction en chaîne susceptible de conduire à un « flash » très irradiant, voire mortel, pour les personnels de l’installation à proximité.

Mardi 20 octobre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a été auditionnée par la commission du développement durable de l’Assemblée nationale, les députés souhaitant être éclairés sur cette affaire inédite. Marie-Pierre Comets, commissaire à l’ASN, l’a qualifiée de « sérieuse ». Et a précisé le déroulé des faits : le 1er octobre, l’administrateur adjoint du CEA informe oralement la direction de l’ASN de la sous-estimation de l’inventaire de plutonium. L’incident est officiellement déclaré par le CEA le 6 octobre, qui propose son classement au niveau 1 sur l’échelle des événements nucléaires (graduée de 0 à 7).

Le 9 octobre, l’ASN conduit une inspection sur place, accompagnée d’experts de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Il apparaît alors que la sous-évaluation était connue depuis juin. Le 14 octobre, l’IRSN remet à l’ASN un avis sur l’incident. L’ASN décide aussitôt de dresser procès-verbal, le CEA étant tenu de déclarer « sans délai » tout incident significatif. Elle reclasse celui-ci au niveau 2 et suspend les opérations de démantèlement. Le parquet d’Aix-en-Provence s’est saisi de l’affaire, afin de déterminer les raisons du retard dans la déclaration de l’incident.

Les députés ont constaté que bien des points restaient à éclaircir. « Comment expliquer une telle différence dans la comptabilité des matières radioactives ? Quelle était la marge par rapport à un accident de criticité ? Y a-t-il matière à sanctions ? », s’est interrogé Serge Grouard (UMP). (more…)

25 octobre 2009

Montebourg: « 25 départements français sont au bord de la faillite »

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

Arnaud Montebourg, président du Conseil général de Saône-et-Loire, a traduit le gouvernement en justice afin de récupérer 800.000 euros, facture due au transfert de compétences aux départements dont les recettes ont été asséchées par la crise. Le député PS s’en explique et critique vivement la suppression de la taxe professionnelle.

Quel est l’état des finances du département de Saône-et-Loire ?
La crise nous a mis dans le fossé. Les recettes des droits de mutation ont diminué de 10 millions d’euros en 2008 et de 22 millions cette année. Et pendant ce temps, les dépenses sociales (RMI, RSA, APA, protection de l’enfance, etc.) explosent. Résultat, il me manque aujourd’hui 25 millions d’euros pour boucler mon budget.

Le Premier ministre François Fillon a exhorté le mois dernier les collectivités locales à réduire leurs dépenses. Que lui répondez-vous ?
C’est déjà fait ! En 2008, quand j’ai pris la présidence du Conseil général, j’ai pris de nombreuses mesures pour réduire le train de vie de la collectivité. Ce plan nous a permis d’économiser 10 millions d’euros. Cette année, nous avons réduit de 30% les aides aux communes rurales, nous avons supprimé les subventions aux clubs sportifs professionnels ainsi qu’à de trop nombreux programmes culturels. Nous avons également transféré aux communes les subventions des cantines des écoles puisque c’est de leur responsabilité. A ce rythme, je ne suis pas sûr que le transport scolaire reste gratuit encore très longtemps…

Ces coupes dans les subventions ne sont pas très « sociales »…
Je n’ai plus le choix, car je n’ai plus d’argent ! En France, 25 départements sont actuellement en cessation de paiement, au bord de la faillite. Cette situation nous oblige à couper dans les dépenses non obligatoires, malheureusement y compris dans les dépenses sociales. La conséquence est que nous, élus, nous portons atteinte à nos valeurs, a nos convictions et au contrat passé avec les électeurs. Cette perte de liberté signifie la fin de la décentralisation. (more…)

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