Ils ont voté avec leurs tripes, hélas
Loin d’une majorité de hasard, le oui à l’initiative antiminarets claque de façon retentissante. Les Suisses ont voté avec leurs tripes contre une disposition que leurs autorités et les élites politiques, économiques et religieuses leur demandaient à l’unisson de rejeter au nom de solides arguments rationnels.
La campagne a pourtant démontré que la réalité de l’islam en Suisse est en total décalage avec l’image maudite – terrorisme, charia, burqa, lapidation des femmes – qui colle à cette religion depuis plusieurs années. Les musulmans de Suisse ne méritent donc pas l’injustice de ce vote sanction inspiré par la peur, les fantasmes et l’ignorance.
L’avenir dira si les rapports jusqu’à présent pacifiques entre Suisses et musulmans se détérioreront après ce brutal signal d’hostilité. Gardons toutefois à l’esprit que les Suisses ont voté contre les minarets et non contre les mosquées. Tous les votants ne sont pas contre l’islam, mais contre ce qu’ils interprètent comme une surreprésentation de l’islam dans la vie nationale. Confédérés chrétiens et musulmans de Suisse sont mis au défi de renouer le dialogue en respectant la liberté de l’autre. Réussirons-nous à l’avenir à assurer encore la liberté religieuse et de conscience à tous? Et à quelles conditions? Le défi est immense.
Si l’on peut tranquillement parier que la même initiative aurait récolté un résultat similaire dans d’autres pays européens, le dégât d’image pour la Suisse n’en est pas moins spectaculaire. Avec la neutralité, le respect des droits de l’homme et leur promotion sur la scène internationale sont au cœur de la politique étrangère helvétique. Or l’affront fait aux musulmans viole massivement ces principes cardinaux. Si fière de sa tradition multiculturelle, la Suisse a ce dimanche discriminé une religion minoritaire sur son propre territoire. Sa crédibilité risque de s’écrouler à la faveur d’un coup de gueule, certes de portée symbolique, mais aux conséquences incalculables.
François Modoux pour « Le temps » (quotidien Suisse) repris par « Courrier International »

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Les nanotechnologies et leur impact sur la santé, les voitures électriques et les agro-carburants de deuxième génération, la pollution par les pesticides et la maîtrise de l’irrigation pour l’agriculture, sont autant de sujets d’actualité qui préoccupent aussi bien les citoyens que les élus. Tous les principaux partis démocratiques sont favorables à une évolution des comportements d’une part et au développement de nouvelles technologies d’autre part pour faire émerger une croissance verte. La recherche, l’innovation et l’ingénierie publiques sont des composantes essentielles pour réorienter le tissu industriel. Pourtant le gouvernement est très loin de soutenir la recherche et l’ingénierie publiques. Au contraire la réduction des effectifs de la fonction publique tend à restreindre le nombre de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers spécialisés dans les laboratoires et les centres d’études. Chercheurs et ingénieurs fonctionnaires sont-ils par conséquent en voie de disparition ?
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Communiqué de presse de René DOSIERE
