Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

10 novembre 2009

Pierre (Sarkozy) qui roule n’amasse pas mousse

Quelques jours à peine après l’autocritique informelle du Président sur l’affaire de l’EPAD, il récidive, sans doute à l’insu de son plein gré, avec son deuxième fils… Quand ça veut pas, ça veut pas.

L’autocritique était en filigrane du fameux entretien dit « off » du Président avec quelques journalistes : il reconnaissait avoir commis une erreur en poussant son fiston à prendre la tête de l’EPAD. Quelles que soient les qualités dudit fiston, l’accusation de népotisme est la pire qui soit pour l’image du Président, voilà ce qu’on avait compris.
Or, à peine quelques jours plus tard surgit sur le net le buzz autour de Pierre Sarkozy, révélé par le site electronlibre.

En deux mots, le deuxième fils Sarkozy (le premier par l’âge) s’est vu refuser une subvention de moins de 10 000 € au titre de l’aide à la création par la Société civile des producteurs phonographiques (SCPP). Une subvention à laquelle, contrairement à ce qui a été dit ici ou là, il pouvait prétendre. Simplement, l’usage veut que la SCPP sélectionne en priorité ses membres (dont Pierre Sarkozy ne fait pas partie) pour ses dotations. Jusque là, pas de quoi casser trois pattes à un canard.

Ça se complique quand l’Elysée s’en mêle. Eric Garandeau, conseiller culture et communication à l’Elysée, a alors contacté le patron de la SCPP, M. Guez. Pour pistonner Pierre ? C’est ce que l’on pense immédiatement.

Mais évidemment, il y a la version officielle, qui après quelques recadrages, est sortie du chapeau élyséen, immédiatement relayée par lefigaro.fr : il s’agissait simplement, pour le conseiller de l’Elysée « de savoir pourquoi le dossier avait été refusé ». Guez a même précisé que le nom de Pierre Sarkozy n’avait pas été prononcé. Il a même ajouté qu’Eric Garandeau « a précisé explicitement qu’il n’était pas question de demander un traitement de faveur ». Mais dans ce cas, pourquoi Pierre Sarkozy ne pouvait-il appeler lui-même la SCPP pour se rencarder sur les raisons de ce refus ?

Comme d’habitude dans ce genre d’affaires, plus les explications sont abondantes, moins elles sont convaincantes. D’abord on imagine mal le conseiller de l’Elysée monter au créneau sans expliquer pour qui il se renseignait. Et quand bien même il ne l’aurait pas mentionné, le simple fait de recevoir un coup de fil d’un conseiller est suffisamment stressant en soi pour que l’on puisse parler. Ce coup de fil aurait-il été moins inquiétant si le renseignement demandé concernait une autre star de l’entourage du Président, par exemple Carla Bruni-Sarkozy ?

Bref, tout se passe comme si, malgré ses protestations de bonne foi, le Président persistait dans son népotisme familial. Le pire étant que cette fois-ci, il s’agit probablement moins d’une intervention du Président que de la bonne volonté dont a tenté de faire preuve un conseiller de l’Elysée….

Bien entendu, l’affaire Pierre Sarkozy n’ira pas aussi loin que celle de l’EPAD. D’abord parce qu’alors que Jean était quasiment déjà nommé à l’EPAD, Pierre n’a touché aucune subvention. Ensuite parce que l’intervention du papa était moins patente. Enfin parce que la répétition fait perdre de la saveur à la dénonciation. C’est bien le risque que fait courir le Président à son opposition : le renoncement par la lassitude….

Marianne 2

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