Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

16 novembre 2009

Les dessous de la distribution de cash

Filed under: 05 - Presse, média, Internet,11 - société — iledere @ 6:20

Retour sur la fiasco de la distribution de cash par Mailorama. Qui est responsable ? Qui se cache derrière cette opération ?

La Chronologie
Il y a quelques semaines : Rentabiliweb (paiement audiotel) programme une distribution d’argent près de la Tour Eiffel afin de promouvoir sa nouvelle filiale, le site Mailorama.
Celle-ci dépose une autorisation auprès de la Préfecture de Police de Paris (qui est l’autorité de police administrative de la Capitale, chargée de préserver l’ordre public). L’autorisation est accordée
Mailorama fait de la publicité sur Internet pour cet évènement censé lancer son site internet.

Cependant, sentant que la manifestation pourrait engendrer un trouble à l’ordre public, la Préfecture de Police de Paris tente de faire en sorte que la manifestation ne se tienne pas. Mais au lieu de retirer l’autorisation et d’interdire l’évènement comme ils en ont juridiquement la possibilité, la Préfecture de Police de Paris a préféré seulement demander à Mailorama d’annuler la manifestation, les menaçant de poursuites pénales sur le moyen de l’article Article R642-4 du code pénal « Le fait d’utiliser comme support d’une publicité quelconque des pièces de monnaie ou des billets de banque ayant cours légal en France ou émis par les institutions étrangères ou internationales habilitées à cette fin est puni de l’amende prévue pour les contraventions de la 2e classe. […] ». Mailorama, n’en démord pas et maintient la distribution de cash.

Hier Samedi, des dizaines de milliers de personnes (5000 à 30000 selon les sources) se rassemblent attirés par l’odeur de l’argent facilement gagné.
Ils attendent pendant plusieurs heures bloqués entre des barrières installées pour l’occasion. Les esprits s’échauffent quelque peu, certains comptant sur cet argent pour pouvoir vivre mieux ce mois-ci.
Malheureusement pour eux, dépassé par son succès et craignant certainement de se faire lyncher (il n’y en aurait certainement pas eu pour tout le monde), Mailorama annule au dernier moment la distribution (sur les coups de 11h) et laisse ceux qui attendaient à leur rage.

S’en est suivi, comme souvent, des « scènes d’émeutes », certaines personnes, chauffées à blanc par l’attente déçue détruisant le mobilier urbain et les vitrines des magasins alentours (voir les images sur AgoraVox TV).
Tout cela sous les yeux des policiers en trop petit nombre pour agir (la préfecture n’ayant pas dépéché de CRS).

Les Responsabilités
La Préfecture : En autorisant la manifestation, puis en ne retirant pas son autorisation lorsqu’ils se sont aperçus du risque de trouble, a commis un manquement grave, tel que défini par l’arrêt « Doublet » ( Conseil d Etat section, 14 décembre 1962) l’inaction d’une autorité de police est entachée d’illégalité dans la mesure où « en raison de la gravité du péril résultant d’une situation particulièrement dangereuse pour l’ordre public, cette autorité en n’ordonnant pas les mesures indispensables pour faire cesser ce péril grave méconnaît ses obligations légales ».
L’Etat pourrait donc voir sa responsabilité engagée à la fois par la Mairie de Paris et par les commerçants qui ont eu à subir les émeutes.

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Mailorama : En maintenant une manifestations qu’ils savaient réprimée par la loi pénale et ce malgré les sollicitations de la Préfecture, la société Mailorama a fait preuve d’une grande irresponsabilité. Voulant faire le buzz à tout prix, ceux-ci ont fait miroiter la possibilité d’avoir de l’argent facilement en temps de crise. Avant de tout annuler au dernier moment par crainte pour leur sécurité. Et le fait de reverser l’argent au Secours Populaires n’y changera rien. Pour autant les organisateurs auront tout loisir de se retourner contre la préfecture de police, qui avait autorisé l’opération

Mais qui est derrière Mailorama ?
Derrière le « lâcher de billets »,  un entrepreneur à dreadlocks du Web, Jean-Baptiste Descroix-Vernier. Dans son carnet d’adresses, rien moins que Jean-Marie Messier, Bernard Arnault, ou BHL, dont il a fabriqué le site.
Et le dirigeant de mailorama, Stéphane Boukris, n’est pas tout à fait un inconnu pour nos internautes. C’est lui, en mars dernier, qui était à l’origine du site « faismesdevoirs.com », un site qui promettait aux élèves de leur vendre des devoirs. Tollé immédiat des enseignants, et de plusieurs politiques. Mais gros buzz…

Les jités, alléchés, se précipitent pour interviewer Boukris et faire la promo du site en question. Patatras. Dès le lendemain de l’ouverture du site, Le Post dévoile que les identités des dirigeants du site, tels qu’ils apparaissent sur la photo du blog sont totalement bidon. Il ne reste plus au site qu’à fermer piteusement, et à disparaître sous le poids de sa honte.

Comment, lesté de ce pedigree, Boukris a-t-il pu obtenir de la préfecture de police l’autorisation de procéder à son lâcher de billets? Mystère. Mais le Boukris d’aujourd’hui pèse un peu plus lourd que le Boukris de mars dernier. Moins d’une semaine après le fiasco de faismesdevoirs, Boukris a été embauché par un drôle d’oiseau du Web, un cyber-entrepreneur qui porte des dreadlocks (toujours), un kilt (parfois) vit (par intermittence) sur une péniche à Amsterdam, et a fait fortune dans la « monétisation des audiences » : Jean-Baptiste Descroix-Vernier, dit JBDV. On notera d’ailleurs, à la lecture du communiqué d’embauche, que JBDV, avant d’embaucher Boukris, a pris soin d’exiger la fermeture définitive de faismesdevoirs.com, et la vente du nom de domaine (on n’est jamais trop prudent).

A la base de la « petite entreprise » de JBDV, baptisée Rentabiliweb, et société-mère de notre start-up distributrice, une intuition géniale :la pub ne suffira jamais à rentabiliser les sites web. Il importe donc, dès que possible, de multiplier les systèmes de micro-paiement, et tous les autres modes de financement : par exemple, la vente de fichiers spécialisés d’internautes.
Bien qu’il affecte la plus grande discrétion, JBDV, depuis quelques années, sur les conseils de la « grande prêtresse » de la communication Anne Méaux, a laissé filtrer bien des éléments de sa « success story » (comme dans cet article de Marianne, mis en ligne par JB lui-même). Nul n’ignore que Bernard Arnault, Jean-Marie Messier (dont JB est le parrain du dernier enfant), mais aussi l’ancien ministre libéral Alain Madelin, ou le producteur de télé-réalité Stéphane Courbit, figurent parmi ses associés, ou ses administrateurs. Il ne se fait pas prier pour dire tout le mal qu’il pense de Hadopi, loi conçue par des ministres qui « n’ont aucune idée de la manière dont on consomme Internet« . Et surtout, encore plus chic, JBDV s’est introduit dans le saint des saints de l’establishment, en se liant d’amitié avec Bernard-Henri Lévy, dont il a conçu le site, et qu’il a amplement aidé dans la dernière campagne victorieuse de ce dernier, contre l’accession à la tête de l’UNESCO de l’ancien ministre de la culture égyptien Farouk Hosni.

Mise à jour, Dimanche 22 h : le gouvernement ne poursuivra pas Rentabiliweb
La garde des Sceaux, Michèle Alliot-Marie, a affirmé que les casseurs interpellés à la suite des incidents provoqués samedi par la distribution annoncée de billets de banque à Paris allaient subir des « sanctions » et que le site Rentabiliweb, organisateur, ne pourrait être poursuivi que par les victimes de dégâts.

« Il ne s’agit pas du gouvernement qui poursuit » le site Internet, a-t-elle précisé, lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, ne confirmant pas comme cela avait été évoqué que le ministère de l’Intérieur porterait plainte. « Ce sont les personnes qui ont été victimes, ce n’est pas le gouvernement qui intervient dans le cadre de la réparation civile », a-t-elle ajouté.

Alliot-Marie a précisé qu‘ »il sera éventuellement possible de poursuivre la société pour qu’elle rembourse par exemple les véhicules qui ont été détruits si on établit un lien de cause à effet entre l’action qu’elle a engagée et ce qui s’est passé ».
« Neuf personnes ont été interpellées. Elles sont actuellement pour une part en garde à vue, d’autres vont être jugées d’ailleurs dès demain en comparution immédiate et elles subiront les sanctions qui sont encourues par les actes qu’elles ont menés », a ajouté la ministre.

Sources « Arrêt sur image »
Pieyre Biagini pour Agoravox

Pour récompenser ceux qui ont lu jusqu’au bout, un petit bijou récemment recyclé par une pub Renault : « Jerk it out » the Caesars
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Le groupe Caesars est d’origine suédoise. Créé en 1995 par deux amis Cesar Vidal et Jocke Ahlund. Ils sont vite rejoints par David Lindqvist et Jens Orjeheim. Ce dernier quitte rapidement le groupe et est remplacé par Nino Keller, l’actuel batteur du groupe. Ils sortent plusieurs albums : Fourth is wasted on the young en 1998, Cherry kicks en 2000, Love for the streets en 2002 et 39 Minutes of bliss en 2003. Si le succès est vite au rendez-vous dans leur pays d’origine, l’accueil reste mitigé partout ailleurs jusqu’à la sortie de leur second album. Leurs tubes ont souvent été repris pour des publicités, en particulier Jerk it out et Kick you out.

3 réponses à “Les dessous de la distribution de cash”

  1. David dit :

    Mouai, le résultat qui restera c’est tout de même une bande de délinquants qui voulait le bordel et casser… Après il faudra pas se plaindre du racisme qui augmente, ils se tirent une balle dans le pied ces jeunes… Ils ont rien compris. C’est un peu gentil de dire , ils avaient attendus trop longtemps.
    Ceux qui ont gagné ce sont les extrémistes de droite dans cette affaire…( mais peut être cela avait été calculé en vue des Régionales qui ne porte plus que sur les programmes dans l’ actu mais sur l’insécurité…).

  2. polirTY dit :

    moi je trouve bizarre à lire tout ça que la préfecture de police de paris ait donné son accord pendant dix jours et l’ait retiré le jour même ! Si on avait voulu leur savonner la planche, on aurait pas fait autrement.

  3. ilederé dit :

    Quelle bonne idée de vouloir donner de l’argent aux passants dans la rue…

    Croyez-moi ou pas, mais vouloir distribuer de l’argent dans la rue, c’est formidable… Ca a fait se lever de bonne heure des tas de gens, beaucoup de jeunes, notamment, dont on dit qu’ils sont incapables d’être debout avant midi… Vous voyez que c’est faux… Samedi, à Paris, ils étaient là et c’est bien… On a enfin vu cette France qui est capable de se lever tôt, dont nous parle le président depuis deux ans et demi et qu’on pensait être un mythe… Pour la motivation, c’est remarquable… En plus, ça a fourni une petite séance d’entraînement pas trop compliquée aux CRS… Il faut toujours qu’ils entretiennent leur forme, en attendant le grand soir… Là, c’était l’occasion rêvée, à peu de frais, sans risquer de matraquer un syndicaliste ou un leader altermondialiste… Sur ce coup-là, c’était parfait…

    Alors maintenant, évidemment, ça polémique… Est-ce qu’il fallait laisser faire l’opération ou est-ce qu’il fallait l’interdire ? Quand on examine de près la situation, on peut comprendre les organisateurs de l’arnaque… D’abord, c’est qui ? C’est un ancien avocat d’affaires français, installé aujourd’hui sur une péniche à Amsterdam… Ce qui fait qu’il est sûrement quelque peu déconnecté de la réalité française… Donc, il s’est renseigné… Il a voulu savoir s’il était possible, en France, de distribuer de l’argent à certaines catégories de la population en parfaite légalité… Et il a vu que c’était parfaitement possible… Ca fonctionne depuis deux ans, ça s’appelle le bouclier fiscal… Donc il s’est dit, on va faire pareil… Et c’est là, l’erreur, parce que le bouclier fiscal, c’est beaucoup plus discret…

    Vous n’avez encore jamais vu, et pour n’êtes pas près de voir, Christine Lagarde et Eric Woerth se balader dans un bus aux abords du Champ-de-Mars et brailler dans un mégaphone : tous ceux qui payent l’ISF, rendez-vous en bas de votre immeuble pour toucher votre enveloppe… Remarquez, ça serait pas complètement idiot, puisque c’est exactement dans les mêmes quartiers que ça se passe et que se trouvent les gens concernés… Autour du Champ-de-Mars, il y en a beaucoup… De toute façon, c’est pas dans la rue qu’on peut gagner de l’argent sans rien faire… Ou alors pas au Champ-de-Mars, plutôt du côté de la Bourse… Mais on ne gagne pas non plus à tous les coups…

    Ah, à propos, pendant que j’y pense, n’oubliez pas qu’aujourd’hui, c’est à votre tour de distribuer l’argent de votre taxe d’habitation… Rendez-vous devant Bercy avant minuit et là, ça m’étonnerait qu’on envoie les forces de l’ordre pour vous en empêcher, mais évidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire…

    Chronique « Il était une mauvaise foi » de JP Gauffre sur france info chaque matin. Pour commencer la journbéee sur un bon pied… Pub gratuite…

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