Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

25 novembre 2009

Sondages régionales : la gauche profite des déboires de Sarkozy

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:30

La vie politique est décidément pleine de paradoxes. Le dernier sondage en date sur les prochaines élections régionales fait apparaître une poussée de l’ensemble des listes de gauche, et une baisse sensible de l’UMP.

Un signe que les divisions et les querelles de personnes à gauche comptent moins, dans la période actuelle, que le rejet croissant de la politique de Nicolas Sarkozy.

C’est une inversion complète par rapport aux élections européennes de juin, certes marquées par une abstention record supérieure de plus de la moitié de l’électorat, mais dont le président de la République avait tiré comme leçon qu’il était imbattable, malgré la crise économique.

Une erreur d’appréciation qui l’a sans doute conduit à penser qu’il pouvait passer en force sur ses réformes, et en particulier sur celle de la taxe professionnelle qui lui a mis à dos les élus locaux, acteurs-clé de la campagne des régionales.

La gauche mène de 13 points sur la droite
Le sondage Opinionway-Fiducial pour le Figaro et LCI (réalisé à partir d’un échantillon représentatif de 1 002 personnes), publié samedi, donne, si les élections avaient lieu ce dimanche :

  • un total de 44% des voix à la gauche (PS, Europe Ecologie, Front de gauche) dans son ensemble
  • 31% pour la droite (UMP, Nouveau Centre et Alliance écologique indépendante)
  • Le Front National obtiendrait 9%, le Modem 7%, et le NPA 4%

En moins de deux mois, selon le même baromètre, l’UMP a perdu 4 points, et le PS en a gagné 3.

A rapprocher d’un autre baromètre, Ifop-Journal du Dimanche, publié ce week-end, et qui révèle une nouvelle chute de popularité de Nicolas Sarkozy. Ce dernier ne recueille plus que 36% d’indice de satisfaction sur son action, soit -2%, contre un record de 63% de mécontents.

François Fillon baisse lui aussi, de 3%, et passe sous la barre des 50% d’opinions favorables, à 48%.

Ces deux sondages vont dans le même sens, et montrent en particulier l’impact du « trou d’air » que traverse la majorité depuis des semaines, avec, en particulier :

Les divisions de la gauche pèsent peu sur les enjeux locaux
La bonne santé sondagière de la gauche est d’autant plus surprenante que celle-ci est plus souvent dans l’actualité autour de ses divisions que de ses propositions.

Le dernier épisode Peillon-Royal n’étant que le dernier d’une longue série. Mais le baromètre du Figaro montre l’importance des enjeux locaux dans les choix des électeurs, et, de ce point de vue, confirme que la gauche, et en particulier le PS, reste une force de gestion locale considérable.

Ces résultats potentiels (il ne s’agit que de sondages, ne l’oublions pas…) devraient peser sur les stratégies des différents acteurs de la campagne, avec la prise en compte des nouveaux rapports de force : un PS qui se maintient en tête, talonné par Europe Ecologie, la force montante depuis les européennes, et un Modem qui ne retrouve que la moitié de ses suffrages du premier tour de la présidentielle de 2007.

Signe des temps, samedi, on a pu voir Daniel Cohn-Bendit et François Bayrou côte à côte à une tribune pour la première fois depuis leur célèbre clash télévisé de la campagne des européennes, pour la noble cause du climat…

Sarkozy droit dans ses bottes
Nicolas Sarkozy, pour sa part, reste droit dans ses bottes face à la fronde de son propre camp, comme il l’a montré en recevant vendredi quelque 700 maires à l’Elysée, une session de rattrapage pour le congrès qu’il avait sèchement boycotté. Il s’est montré pédagogue mais pas flexible :

« Nous avons engagé une réforme majeure et ce n’est pas mon genre de ne pas faire face à mes responsabilités. »

Le scrutin n’a lieu que dans quatre mois, les 14 et 21 mars 2010, et la campagne électorale n’en est qu’à ses balbutiements, mais on voit bien que si les scrutins se suivent, ils ne se ressemblent pas. Les régionales 2010 ne ressembleront visiblement pas aux européennes de 2009

Par Pierre Haski pour Rue89

4 réponses à “Sondages régionales : la gauche profite des déboires de Sarkozy”

  1. Belgo5.0 dit :

    ….et de disséquer à l’infini sur les potentialités éventuelles de regroupement de micro-entités sur la question essentielle du concept primordial de l’époque…

    …quand il y aura 40% de chomeurs, ils en seront toujours à se montrer le journal….

    Il suffit de revisionner la série « le Prisonnier » pour comprendre qu’on peut difficilement « à gauche » organiser un appareil politique crédible…

    « le Belge »

  2. pierregarrat dit :

    Revizor, si on en croit les précédentes élections, les électeurs du MoDem ont eu tendance à se reporter à 40/40 vers les listes de droites et de gauche, le reste allant vers l’abstention. Pour le NPA, c’est environ les 3/4 vers la liste de gauche, les reste vers l’abstention. Pour le FN, plus surprenant, une nette majorité va vers l’UMP et vers l’abstention mais une partie va vers les listes de gauche. Enfin pour le PCF, cela doit être 80 ou 90 % vers les listes de gauche, et notamment quand il y a accord ou fusion.

    Il faut être lucide, si ces chiffres se confirmaient le jour des élections, ce serait presque sans précédent : 44 % pour la gauche « parlementaire » contre 31 % pour la droite « parlementaire », ce fait 13 points d’écart, le double de 2004 (40/34). Mais l’autre différence par rapport à 2004 c’est que si l’UMP baisse, le FN, lui aussi, baisse, et cela fait moins de réserves de voix. Au total, les listes de gauche de second peuvent compter sur une potentialité de 48 % des voix (contre 44 en 2004), c’est considérable. La droite, seulement 40 % (contre 51 en 2004 !).

    Donc je crois que vous faites une analyse assez malhonnête revizor, un peu comme quand aux européennes on a dit que la droite était victorieuse alors que l’addition des listes de gauche arrivait largement devant elle. Ici, quand vous dites que le PS doit rallier 28 % pour le second tour contre seulement 19 pour l’UMP, c’est malhonnête. Il faut, évidement, prendre en compte les trois forces de l’ancienne « gauche plurielle » qui dirigent ensemble la quasi-totalité des régions.

  3. revizor dit :

    Si l’on attache à l’analyse détaillée de ce sondage la situation ne m’apparaît pas très bonne pour la gauche.

    En effet le PS n’obtiendrait que 22 % des voix alors que les VERTS seraient à 16 % et le Front de Gauche(Parti Communiste plus Mélanchon) 6%.

    C’est à dire qu’on a un différentiel de 9% entre la droite et le PS.

    Je rappellerai que ce différentiel était de 6 % toujours en faveur de la droite au 1er tour des présidentielles de 2007.

    En outre pour obtenir 50 % le PS doit rallier au 2éme tour 28 %en plus alors que pour l’UMP c’est 19 %.

    En outre comment se reporteront les électorats du NPA, du MODEM, du FN.? et même celui du PC?

  4. Belgo5.0 dit :

    « l’alternance gauche-droite » ne permet pas la mise en place de mesures socialistes donc républicaines.

    C’est ainsi que le régime National, antiRépublicain, découpe les institutions en un mille-feuilles de compétences.
    MEME SI « la gauche » serait capable d’emporter des majorités à 80% dans les Régions, le pouvoir National dispose des moyens de priver les Régions de leurs compétences. C’est d’ailleurs ce qu’il prévoit avec « la réforme des collectivités territoriales » et la suppression de « la claude générale de compétence »‘ (notamment économique…puisqu’ici en Nord la Région est intervenue au niveau des entreprises) des Régions.

    C’est ça « les traditions » en France : c’est le quotidien d’un pouvoir de proximité à la Potemkine.

    Pierre Larcin dit « le Belge » de Lille

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