Pessimisme croissant au sommet de Copenhague
La conférence de Copenhague entre dans sa phase finale du pied gauche. Un accord semble compromis, notamment en raison des réticences de la Chine.
L’arrivée des chefs d’Etat pour la clôture, vendredi pourrait donner un dernier souffle aux négociations, alors qu’aujourd’hui, les Etats-Unis sont entrés plus largement dans le jeu.
Les Etats-Unis s’engagent
La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, a annoncé que les Etats-Unis contribueront à une enveloppe de 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 pour lutter contre le réchauffement climatique. Les principales économies participeront à cet effort et apporteront « toute la transparence nécessaire à la mise en œuvre des réductions d’émissions de gaz à effet de serre.
Un accord, quel accord?
En début de soirée, le Japon a proposé 19,5 milliards de dollars, dont 15 milliards d’argent public, sur trois ans pour aider les pays les plus vulnérables à faire face aux impacts du changement climatique. L’aide immédiate nécessaire, dès 2010 et jusqu’en 2012, aux pays les plus vulnérables a été estimée à 30 milliards de dollars sur trois ans (10 milliards de dollars par an). La presse évoquait jusqu’alors une contribution de 10 milliards de dollars et cette initiative nippone « vise à contribuer au succès » de la conférence, a précisé le gouvernement japonais dans un communiqué.
ette initiative a pour but de faciliter les relations entre pays industrialisés et ceux en développement, qui ne parviennent toujours pas à s’entendre sur qui doit réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), ni sur le montant de ces réductions ou sur l’effort financier des plus riches en faveur des plus défavorisés pour les aider à s’adapter au réchauffement climatique.
L’Union européenne reste elle sur sa promesse de 3,5 milliards de dollars par an sur trois ans, soit un total de 10,5 milliards, pour alimenter un fonds qui devrait atteindre 100 milliards de dollars annuels. Les Etats-Unis se sont engagés sur 1,2 milliard annuel.
L’Afrique, de son côté a revu ses exigences financières à la baisse. Le Premier ministre éthiopien Meles Zenawi a évoqué le chiffre de 100 milliards de dollars par an à partir de 2020, nettement en retrait aux demandes formulées jusqu’ici par l’Union africaine.
L’Inde a qualifié mercredi de « décevants » les chiffres avancés par les pays riches pour lutter contre le réchauffement, avant le départ pour le Danemark du Premier ministre indien Manmohan Singh qui participera aux discussions finales.
« Nous avons souligné que les pays développés devaient présenter des chiffres ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre« , a déclaré la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Nirupama Rao.
Les engagements annoncés pour l’heure par les pays industrialisés à l’horizon 2020 représentent, mis bout à bout, une baisse d’environ 12% à 16% de leurs émissions par rapport à 1990, loin de la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques.
L’Inde a elle-même annoncé quelques jours avant la conférence viser un objectif de réduction de son intensité carbonique (émissions polluantes par point de PIB) de 20% à 25% d’ici 2020, par rapport à 2005. Mais le pays, gros pollueur, a rejeté tout objectif contraignant de réduction d’émissions. Pour ce pays de 1,1 milliard d’habitants, les pays riches sont historiquement responsables du réchauffement climatique et doivent financer les efforts des pays en développement.
« Les pays en développement craignent toujours le coup de force des pays industrialisés, tout cela entraîne beaucoup de tensions« , a commenté l’ambassadeur de France pour le climat, Brice Lalonde.
Menace chinoise
La perspective d’un accord s’éloigne à la veille de la clôture du sommet de Copenhague sur le climat par les chefs d’Etat du monde entier. La Chine, un des principaux pollueurs au monde, se montre particulièrement pessimiste et pourrait contribuer à faire échouer les négociations.
Le spectre d’un échec, brandi par plusieurs ministres à deux jours de la clôture des débats, semble plus que jamais présent comme le confirmait le ministre britannique de l’Energie et du Climat, Ed Miliband. « Certains risquent de tuer ce processus, de tuer un accord en avançant des arguments sur la procédure. Le danger est désormais très grand », a-t-il affirmé, sans fournir les noms de ceux qu’il visait par ses propos.
La Chine a vivement critiqué le manque de transparence de la conférence de Copenhague mercredi, accusant la présidence danoise de vouloir imposer un texte d’accord au mépris des négociations menées depuis deux ans.
Arrivée des chefs d’Etat
Dans ce contexte, la venue de Barack Obama qui doit s’exprimer vendredi au dernier jour du sommet, est attendue avec une forme d’espoir. Le porte-parole de la Maison blanche, Robert Gibbs, a entretenu cette lueur en déclarant mercredi qu’Obama espère que sa présence à la conférence puisse contribuer à un « accord opérationnel » fiable. Copenhague accueillera demain 120 chefs d’Etat du monde entier, qui tenteront d’arracher un accord.
La présidente de la conférence quitte son poste
Démission ou « disposition technique »? Le Premier ministre danois Lars Loekke Rasmussen a pris mercredi la présidence de la conférence sur le climat à Copenhague en remplacement de Connie Hedegaard.
Officiellement, Connie Hedegaard va se consacrer exclusivement aux consultations informelles des ministres pour aboutir à un accord. Officieusement, il s’agit d’une démission de la part de celle qui a été plusieurs fois vivement critiquée pour son mode de gestion des travaux, notamment par les pays en développement.
Sur place, le chaos
Dans la journée de mercredi, alors que plusieurs centaines de manifestants étaient rassemblés pour tenter de pénétrer par l’arrière de l’enceinte clôturée du Bella Center, site de la conférence, au moins 250 personnes ont été arrêtées. Depuis l’aube, la station de métro desservant le centre était fermée, des restrictions ont été mises en place à l’entrée des ONG et un hélicoptère a été placé en vol stationnaire au-dessus du bâtiment.
La coalition Climate Justice Action (CJA) et Climate Justice Now avaient organisé toute la journée la mobilisation aux abords du centre avec l’idée de perturber les travaux et de « reprendre le pouvoir » pour dénoncer « 15 ans de négociations ratées sur le climat ».
L’ONG Les Amis de la Terre, pourtant accréditée, n’a pas pu entrer dans l’enceinte du centre. « On ne peut pas dire pendant des années que les Nations unies et la société civile discutent ensemble et, au dernier moment, expulser la plus grosse ONG qui travaille sur ces questions », a estimé le député européen José Bové.
La journée a été marquée par d’incessantes querelles de procédure, dans un climat tendu, limitant les débats sur le fond: l’élaboration d’une riposte internationale aux dérèglements climatiques qui menacent. « La situation est toujours complètement bloquée. Nous avons quasiment perdu deux journées de négociations », a déploré la secrétaire d’Etat française à l’Ecologie, Chantal Jouanno.
La Tribune.fr



La durée des mandats politiques se compte en années, la vie des hommes en dizaines d’années, les mouvements climatiques en siècles voire en millénaires.
Que penser de la gesticulation des Chefs d’Etats?
La sagesse commanderait à se fier aux expériences déjà vécues dans d’autres domaines?
A-t-on par exemple tiré des leçons du vingtième siècle?
les tueries de masses, les déportations, les massacres pour des raisons religieuses, idéologiques ou aitres ont ils cessés?
Se préoccupe t on d’éradiquer la faim? Ce qui tout de même semble du domaine de l’humain et de la volonté des politiques.
« Si vis pacem, para bellum ». En d’autres termes : seuls les paranoïaques survivent.
Les changement(bouleversements climatiques ont déjà commencé, seulement les effets sont encore limités, acceptables.
Il n’y a rien à attendre des hommes politiques, nous ne devons compter que sur nous-même et nous organiser en conséquence.