Chômage de décembre : c’est Noël !
«Repli», «inversion de tendance», «bons chiffres encourageants», «embellie» : jusqu’à plus soif, le discours officiel s’évertue à nous abreuver de mensonges.
[Infographie ci-contre : Les chômeurs officiels depuis 1976, selon l'Insee.]
Fin 2009, toutes catégories confondues et DOM inclus, Pôle Emploi totalise 4,688 millions d’inscrits. La progression annuelle s’élève en réalité à 19,4% et, plus trivialement, correspond à 762.000 personnes qui, grâce à la crise, ont perdu leur gagne-pain et sombré dans la précarité, si chère à Laurence Parisot.
Les «bons chiffres» de décembre dont se félicite le secrétaire d’état à l’Emploi Laurent Wauquiez, on les connaît. Inutile de radoter : on les trouve ICI ou LÀ dans leur expression la plus consensuelle… Et, une fois passée la date fatidique, on fera en sorte d’éluder le sujet jusqu’à la fin du mois suivant.
Car entre deux, vous l’avez remarqué, le chômage n’existe plus… C’est un sujet à bannir (par exemple, un reportage sur la fusion à marche forcée de l’ANPE/Assedic a été déprogrammé hier soir du magazine « Envoyé spécial », on se demande pourquoi…), ou à survoler très vite quand on ne peut pas l’éviter en proférant des généralités proches de l’ineptie (le « Ce soir ou jamais » de mardi, confondant d’indigence). Plus il est palpable, plus on fait en sorte de l’escamoter du débat public : des téléviseurs aux programmes scolaires, le chômage est un tabou qu’il faut, par tous les moyens (sauf la réhabilitation de l’emploi et de la «valeur travail»), éradiquer.
L’effet Noël, vous connaissez ?
Pour vous dire à quel point nos grands médias sont lobotomisés, notez comment, cette fois-ci, personne n’a osé relever l’évidence : si le chômage a un peu reculé, c’est parce que le mois de décembre est connu pour son activité décuplée à l’occasion des fêtes de fin d’année. Ainsi, des chômeurs ont pu décrocher un job saisonnier… et sans lendemain : en janvier, les boîtes d’intérim n’ont plus rien à proposer. D’ailleurs, malgré cette frénésie consumériste annuellement orchestrée, qu’ils ne soient que 18.700 en moins à s’être inscrits dans la catégorie A de Pôle Emploi par rapport à novembre et, qu’en décembre, seuls 10.100 soient venus gonfler le bataillon des catégories B et C (chômeurs en «activité réduite», +17,5% sur un an) serait même assez inquiétant ! Si peu d’emplois, même précaires, pour un tel surcroît d’activité laisse songeur.
Rares, donc, sont ceux qui se sont donné la peine de creuser cette fausse bonne nouvelle…
La machine à radier, elle, n’est pas en crise
On apprend tout de même ici qu’en décembre, les «radiations administratives» (sanctions prises à l’encontre des demandeurs d’emploi qui ne répondent pas aux convocations, ne se présentent pas à un entretien d’embauche, ne justifient pas de manière suffisante leur recherche ou refusent des offres dans le secteur qui les concerne) ont augmenté de 11,1% – soit 42.200 chômeurs ainsi sortis des listes – par rapport au mois précédent, et que le nombre de «cessations d’inscription pour défaut d’actualisation» représentait 40,9% des motifs de sortie de Pôle Emploi. Passons…
Des licenciés qui ne chôment pas ?
Alternatives Economiques, dont nous saluons l’esprit critique, signale que le nombre d’inscrits dans les catégories D (+22% sur un an) et E (+32% sur un an) – soit 525.800 personnes ignorées des chiffres officiels – continue à progresser grâce aux dispositifs CRP/CTP + contrats aidés. D’un côté, on a de plus en plus de salariés fraîchement licenciés non considérés comme chômeurs, de l’autre des chômeurs jetables qui travaillent au rabais pour des employeurs archi-subventionnés. Ainsi le gouvernement freine-t-il «l’hémorragie»… (Lire la suite…)

Quel courage !
D’après le « Canard enchaîné, Sarkozy était tout heureux de faire dire à Kouchner, lors du dernier conseil des ministres que le nouveau président chilien était son ami et que Sarkozy était son modèle… En effet, l’élève est au niveau du maître quand il s’agit de se goinfrer avec l’argent du contribuable !
Grandeurs et misères du journalisme. Le journal envisageait de faire un papier sur les multiples activités de Rachida Dati, ex-Garde des Sceaux tombée en disgrâce et envoyée en exil au Parlement européen. Sa prestation de serment, comme avocate, prévue demain, était l’occasion de faire un point sur celle
L’aveu est «hénaurme». On savait déjà que la France avait battu ses propres records (578.000 gardes à vue en 2008 ; + 72% depuis 2001) sous l’effet de la «culture du résultat» imposée aux policiers par Nicolas Sarkozy. On sait désormais que les statistiques officielles étaient très largement biaisées: quelque 200.000 mesures de gardes à vue manquent à l’appel, selon l’aveu passé ce mercredi matin par le porte-parole du ministère de l’intérieur, Gérard Gachet. Il y aurait donc eu près de 900.000 mesures de gardes à vue en France, l’an passé.
Dominique de Villepin a salué, juste après avoir eu connaissance de sa relaxe dans le procès Clearstream, le « courage » du tribunal correctionnel de Paris. Dans une courte déclaration à la presse à sa sortie de la salle d’audience, l’ancien premier ministre a expliqué qu’il souhaitait désormais se « tourner vers l’avenir pour servir les Français ».
La proposition de loi déposée par le groupe « socialistes, radicaux et citoyens » visant à étendre le régime de retraite complémentaire obligatoire aux conjoints et aides familiaux de l’agriculture a été rejeté le 26 janvier 2010 par le groupe UMP lors du vote à l’Assemblée nationale. L’UMP est aujourd’hui d’autant plus isolé que même les députés du groupe Nouveau Centre ont voté pour cette proposition de loi !
Avec France Inter, 
