Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 janvier 2010

Chômage de décembre : c’est Noël !

Filed under: 04 - Emploi formation — iledere @ 12:30

«Repli», «inversion de tendance», «bons chiffres encourageants», «embellie» : jusqu’à plus soif, le discours officiel s’évertue à nous abreuver de mensonges.
[Infographie ci-contre : Les chômeurs officiels depuis 1976, selon l'Insee.]

Fin 2009, toutes catégories confondues et DOM inclus, Pôle Emploi totalise 4,688 millions d’inscrits. La progression annuelle s’élève en réalité à 19,4% et, plus trivialement, correspond à 762.000 personnes qui, grâce à la crise, ont perdu leur gagne-pain et sombré dans la précarité, si chère à Laurence Parisot.

Les «bons chiffres» de décembre dont se félicite le secrétaire d’état à l’Emploi Laurent Wauquiez, on les connaît. Inutile de radoter : on les trouve ICI ou dans leur expression la plus consensuelle… Et, une fois passée la date fatidique, on fera en sorte d’éluder le sujet jusqu’à la fin du mois suivant.

Car entre deux, vous l’avez remarqué, le chômage n’existe plus… C’est un sujet à bannir (par exemple, un reportage sur la fusion à marche forcée de l’ANPE/Assedic a été déprogrammé hier soir du magazine « Envoyé spécial », on se demande pourquoi…), ou à survoler très vite quand on ne peut pas l’éviter en proférant des généralités proches de l’ineptie (le « Ce soir ou jamais » de mardi, confondant d’indigence). Plus il est palpable, plus on fait en sorte de l’escamoter du débat public : des téléviseurs aux programmes scolaires, le chômage est un tabou qu’il faut, par tous les moyens (sauf la réhabilitation de l’emploi et de la «valeur travail»), éradiquer.

L’effet Noël, vous connaissez ?
Pour vous dire à quel point nos grands médias sont lobotomisés, notez comment, cette fois-ci, personne n’a osé relever l’évidence : si le chômage a un peu reculé, c’est parce que le mois de décembre est connu pour son activité décuplée à l’occasion des fêtes de fin d’année. Ainsi, des chômeurs ont pu décrocher un job saisonnier… et sans lendemain : en janvier, les boîtes d’intérim n’ont plus rien à proposer. D’ailleurs, malgré cette frénésie consumériste annuellement orchestrée, qu’ils ne soient que 18.700 en moins à s’être inscrits dans la catégorie A de Pôle Emploi par rapport à novembre et, qu’en décembre, seuls 10.100 soient venus gonfler le bataillon des catégories B et C (chômeurs en «activité réduite», +17,5% sur un an) serait même assez inquiétant ! Si peu d’emplois, même précaires, pour un tel surcroît d’activité laisse songeur.

Rares, donc, sont ceux qui se sont donné la peine de creuser cette fausse bonne nouvelle…

La machine à radier, elle, n’est pas en crise
On apprend tout de même ici qu’en décembre, les «radiations administratives» (sanctions prises à l’encontre des demandeurs d’emploi qui ne répondent pas aux convocations, ne se présentent pas à un entretien d’embauche, ne justifient pas de manière suffisante leur recherche ou refusent des offres dans le secteur qui les concerne) ont augmenté de 11,1% – soit 42.200 chômeurs ainsi sortis des listes – par rapport au mois précédent, et que le nombre de «cessations d’inscription pour défaut d’actualisation» représentait 40,9% des motifs de sortie de Pôle Emploi. Passons…

Des licenciés qui ne chôment pas ?
Alternatives Economiques, dont nous saluons l’esprit critique, signale que le nombre d’inscrits dans les catégories D (+22% sur un an) et E (+32% sur un an) – soit 525.800 personnes ignorées des chiffres officiels – continue à progresser grâce aux dispositifs CRP/CTP + contrats aidés. D’un côté, on a de plus en plus de salariés fraîchement licenciés non considérés comme chômeurs, de l’autre des chômeurs jetables qui travaillent au rabais pour des employeurs archi-subventionnés. Ainsi le gouvernement freine-t-il «l’hémorragie»… (more…)

Davos : les saigneurs de la terre

Filed under: 03 - Economie,09 - Evènement — iledere @ 6:00

Quel courage ! A Davos, devant un parterre de capitalistes, Sarkozy a osé défendre le capitalisme

Il a dénoncé la « dénaturation » du capitalisme alors que, justement, aujourd’hui le capitalisme revient à son fonctionnement de toujours. Les années 1945-1975 (les « 30 glorieuses ») n’ont, en effet, été qu’une parenthèse de régulation, entre deux périodes de capitalisme sauvage où règne en maître la « concurrence libre et non faussée« .

Contrairement à ce qu’il a affirmé, ce n’est pas une crise de « dénaturation du capitalisme » que nous subissons, mais bien une crise d’un capitalisme qui s’est libéré de ses entraves et à retrouvé sa vraie nature, à l’aide de toutes les politiques néolibérales mises en œuvre par des gouvernements comme celui de Nicolas Sarkozy aussi bien que par l’Organisation Mondiale du Commerce, le FMI ou l’Union européenne.

Il dénonce l’obsession de la finance pour le « tout, tout de suite« , mais il n’a jamais proposé de changer quoi que ce soit de sérieux à cet état de chose en supprimant (par exemple) l’effet levier, la titrisation ou les produits dérivés qui avaient démultiplié les effets de la crise bancaire de 2008-2009. Il a accepté, sans mot dire, la comédie qui consistait à légitimer des paradis fiscaux à condition qu’ils passent des accords de transparence avec d’autres paradis fiscaux. Il a polarisé le débat sur les bonus des traders qui ne sont qu’une manifestation de la volonté des banquiers de continuer comme avant la crise. En pire même, pour rattraper l’argent perdu. Loin d’imposer la séparation entre banques d’affaires et banques de dépôt pour empêcher les banques de spéculer avec l’argent de leurs déposants, il a, au contraire, encouragé les banques à continuer dans la voie de la spéculation la plus éhontée. Il leur a, en effet, accordé une garantie de l’Etat de 320 milliards d’euros avec comme seule contrepartie un taux de 6 % d’intérêt à verser à l’Etat. Mais que pèsent ces 6 % pour les dirigeants d’une banquent qui escompte un retour sur investissement de 40 % ?

Il oppose le capital financier au capital industriel alors que l’osmose est complète entre ces deux types de capitaux et que c’est cette osmose qui a permis au taux de profits d’atteindre des sommets rarement atteints dans l’histoire du capitalisme.

Il affirme que le libre-échange, la concurrence ne sont pas « des fins en soi » mais il fait voter à la hussarde par le Parlement, au mépris du résultat du référendum de 2005, le traité de Lisbonne qui impose le libre échange des marchandises, des services, des capitaux aussi bien que la « concurrence libre et non faussée« . (more…)

30 janvier 2010

Bienvenue dans le monde libéral

Filed under: 09 - Evènement,10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:30

D’après le « Canard enchaîné, Sarkozy était tout heureux de faire dire à Kouchner, lors du dernier conseil des ministres que le nouveau président chilien était son ami et que Sarkozy était son modèle… En effet, l’élève est au niveau du maître quand il s’agit de se goinfrer avec l’argent du contribuable !
Ainsi, à peine élu, Sarko avait plus que doublé son salaire de président, touchait ancien salaire de ministre de l’intérieur, tout en étant intéressé aux résultats du cabinet d’avocat où il était associé.
L’élève et admirateur (dixit Sarko) Piñera, marche sur ses brisées comme le signale l’hebdomadaire « The Clinic » repris par Courrier International :

Le milliardaire Sébastián Piñera, élu président du Chili le 10 janvier dernier, vient, lui, de relancer la polémique sur le conflit d’intérêts entre ses activités d’homme d’affaires et ses nouvelles responsabilités de chef d’Etat en déclarant : « J’ai des engagements financiers, je dois rembourser les crédits avec lesquels j’ai financé ma campagne, je dois payer les frais de fondations comme Futuro, Mujer Emprende, Tantauco. Tout cela nécessite de gros  moyens. Il y a beaucoup de projets, et le salaire de président n’y suffit pas« ,  rapporte l’hebdo satirique chilien The Clinic.

Avec ces déclarations, Piñera « prépare le terrain pour annoncer qu’il ne tiendra pas entièrement sa promesse, toujours repoussée, de se défaire du portefeuille de participations qui reste en sa possession« ,  commente The Clinic.

Un président milliardaire
Certes, le président à quelques crédit sur le dos car une campagne, même au Chili, cela coûte cher. Il n’en n’est pas réduit pourtant à toquer à la porte de des resto du coeur…
Sebastian Piñera figure au classement de la revue Forbes des personnes les plus riches du monde. Sa fortune, estimée à 1,2 milliard de dollars, est pour moitié composée d’actions de grandes entreprises chiliennes cotées en Bourse. Le cours des actions de son groupe Axxion s’est envolé depuis sa victoire à l’élection présidentielle. Les déclarations de Piñera surviennent au moment où le président de la Chambre nationale de commerce (CNC) appelle à réviser le salaire minimum à la baisse, note, perfide, The Clinic.

Un salaire de président, même doublé ne constituerait donc, au mieux qu’un peu d’argent depoche… Mais à l’instar de nos gros bourgeois franchouillards qui se gavent en se plaignant, le nouveau président chilien n’a aucune vergogne à plonger les mains dans la caisse tout en imposant une régime sévère aux travailleurs de son pays…
Bienvenue dans le beau monde libéral…

Alain Renaldini

Les dangereux délires d’Ubu Besson

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,20 - UMP — iledere @ 6:30

Eric Besson assiste à un débat sur l'identité nationale, 15 janvier 2010Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale a proposé, le 15 janvier, de faire signer à tous les jeunes Français, à leur majorité, une « charte des droits et des devoirs« . L’idée, aussi aberrante qu’elle soit, ne fait que refléter les dérives xénophobes d’une partie de la droite européenne, en pleine crise économique.

Un peu d’imagination, voyons ! Le stade Charléty est politiquement trop connoté, depuis qu’en 1968 la gauche y a rêvé à des lendemains qui chantent. Pourquoi pas la place de la Concorde ou l’esplanade des Invalides? Les Françaises et les Français âgés de 18 ans, dûment authentifiés comme tels, y seraient alignés au cordeau face à une tribune où le président de la République, flanqué de son ministre de l’Immigration, leur remettrait en les priant de la signer une « charte des droits et devoirs du citoyen« . Pour éviter les couacs, un texte de La Marseillaise aurait été au préalable distribué à chaque participant. Vrai, une sorte de première communion civique.

Peut-être la nouvelle a-t-elle échappé à l’attention du lecteur bouleversé par les images venues d’Haïti? Eric Besson, chef d’orchestre du débat sur l’identité française, envisage de saisir Nicolas Sarkozy d’une idée de son cru: souder la communauté nationale en couchant sur le papier des principes « moraux et politiques » censément partagés par tous les enfants de la patrie. La proposition est de la même farine que si le Père Ubu l’avait rédigée lui-même. Demander aux jeunes Français de parapher ces tables de la loi avant d’être admis à approcher l’autel du local de vote est une aberration. On ne s’étonne pas de l’entendre dans la bouche d’un personnage déjà dépeint dans Napoléon-le petit par Victor Hugo quand il y parle de « tous ces hommes qui passent si facilement d’un bord à l’autre quand il n’y a à enjamber que de la honte« .

Il reste que cette énormité a été avancée par un membre actuellement très en vue du gouvernement et qu’elle n’a pas suscité l’ombre d’une indignation dans les rangs de la majorité. C’est qu’elle correspond à une résurgence dans la droite européenne – mais pas dans la droite seulement – de thèmes qui firent les turbulentes années du nationalisme préfasciste. Peur du terrorisme, de la grippe, du réchauffement climatique, du chômage, d’une rechute dans les folies boursières. Peur, surtout, de l’autre, cet étranger attiré par le Vieux Continent quand l’agriculture manquait de bras et que la machine industrielle tournait à plein. Qu’il s’en aille maintenant! (more…)

29 janvier 2010

Comment je me suis fait jeter par Rachida Dati

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Grandeurs et misères du journalisme. Le journal envisageait de faire un papier sur les multiples activités de Rachida Dati, ex-Garde des Sceaux tombée en disgrâce et envoyée en exil au Parlement européen. Sa prestation de serment, comme avocate, prévue demain, était l’occasion de faire un point sur celle qui ne cache guère qu’elle siège à Bruxelles à contrecœur.
J’avais déjà collecté pas mal d’éléments sur ses activités (en un mot, il y a eu pire comme député européen et elle apprend) et un rendez-vous s’imposait pour lui soumettre les faits que j’avais recueillis. La rencontre au sommet a eu lieu ce matin, au bar du troisième étage du Parlement européen de Bruxelles, à 12 h 20. Et elle s’est terminée à 12h22’30’’ très précises par un départ en fanfare de la dame, sous l’œil rigolard de diplomates et de fonctionnaires de mes connaissances qui assistaient de loin à la scène…

Quelques minutes avant le début de l’entretien, Pascal Virot, chef adjoint du service politique de mon journal, m’appelle pour me lire une dépêche qui vient de tomber : la prestation de serment de Rachida Dati est reportée sine die, le Conseil de l’ordre considérant que la société de conseil qu’elle a fondée en juillet 2009, « La Bourdonnais consultants », doit d’abord être totalement dissoute, ce qui est en cours, car un avocat ne peut en même temps diriger une société. Le papier est donc reporté, mais l’enquête continue. Après avoir salué la députée UMP tout juste débarquée de son Thalys et nous être installés autour d’une table, je l’interroge sur cette nouvelle.

Elle se crispe immédiatement et me répond en évitant soigneusement mon regard : « je ne suis pas au courant« . Moi, surpris : « vous ne savez que votre prestation de serment est reportée » ? Elle : « non et de toute façon je ne suis pas là pour parler de cela, mais de mes activités européennes ».
Je lui fais remarquer que c’est lié. Je précise : toutes ces activités, est-ce bien compatible ? Avocate, députée européenne, maire du 7ème arrondissement de Paris, cela fait beaucoup pour une seule personne, non ? Elle, de plus en plus glaciale (c’est possible, je l’ai vu): « je ne suis pas là pour parler de cela. Et votre consœur parisienne (qui enquête sur ses activités en France) m’a déjà posé ces questions ». J’apprendrais quelques minutes plus tard que ma consœur s’est aussi fait proprement envoyer aux pelotes, ce qu’hélas je ne savais pas avant l’entretien.

Pour détendre l’atmosphère, je lance : « je ne sais pas comment vous faites pour faire tout ça : moi qui suis les activités européennes depuis 20 ans, je suis encore débordé ». Elle me lance, agressive: « c’est votre vie, pas la mienne ». Ben justement, j’insiste lourdement, comment fait-elle, quel est son secret ? « Je n’ai pas à vous répondre ». Moi, étonné : « je peux vous poser des questions, non ? ». « Sur mes activités ici ».
Bon, très bien, car au fond, je ne suis pas un mauvais garçon : « combien de jours par semaine passez-vous à Bruxelles ? » Elle de plus en plus agacée par cet emmerdeur, même pas en costume-cravate: « vous n’avez qu’à consulter les listes de présence ». (more…)

Le gouvernement avoue une sous-évaluation monumentale des gardes à vue

Filed under: 09 - Evènement,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

L’aveu est «hénaurme». On savait déjà que la France avait battu ses propres records (578.000 gardes à vue en 2008 ; + 72% depuis 2001) sous l’effet de la «culture du résultat» imposée aux policiers par Nicolas Sarkozy. On sait désormais que les statistiques officielles étaient très largement biaisées: quelque 200.000 mesures de gardes à vue manquent à l’appel, selon l’aveu passé ce mercredi matin par le porte-parole du ministère de l’intérieur, Gérard Gachet. Il y aurait donc eu près de 900.000 mesures de gardes à vue en France, l’an passé.

Interrogé sur France Info, le représentant de la Place Beauvau a dû admettre l’évidence, après les déclarations du Contrôleur des lieux de privation de liberté, en décembre (ici sur Mediapart), et avant la parution d’un livre rédigé par l’un des journalistes de la radio, Matthieu Aron. Les chiffres avancés par le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, lors de sa conférence de presse du 14 janvier, étaient tout faux: 580.108 mesures de gardes à vue en 2009, indiquait alors le ministère de l’intérieur. Deux semaines plus tard, ce chiffre qui constituait déjà un record est donc revu à la hausse. Drastiquement.

Dans son ouvrage à paraître, le journaliste de France Info indique que 300.000 gardes à vue auraient été oubliées des statistiques officielles. Ce qui correspond principalement à des «GAV» pour des infractions routières et, pour une plus petite partie, aux chiffres de l’outre-mer. A l’antenne, M. Gachet a reconnu que les statistiques officielles ne prenaient pas en compte, jusqu’à aujourd’hui, les délits routiers… et que les chiffres ultramarins ne sont «pas encore connus». Avant de commenter: «Il y a deux comptabilités distinctes», dont l’une concerne les placements en GAV de personnes interpellées sur les routes, notamment en état d’ébriété.

Le liève avait donc été soulevé par le Contrôleur général des lieux de privation de libertés, Jean-Marie Delarue. «Toute privation de liberté, même de quelques heures, est une expérience traumatisante, relevait M. Delarue en décembre dans un entretien au Journal du Dimanche. Or nous avons découvert que le nombre de gardes à vue est minoré. Les 578.000 gardes à vue de 2008 ne comptabilisent pas la plupart des infractions liées au code de la route; des personnes arrêtées passent la nuit au commissariat ou dans la gendarmerie parce que la préfecture est fermée et qu’on ne sait pas combien de points vont être retirés sur leur permis. Dans les gendarmeries, ces personnes sont enregistrées dans un registre particulier. D’après nos estimations, cela peut représenter de 20 à 25%, voire 30% des effectifs des gardés à vue. On arrive à 750.000 gardes à vue, ce qui est beaucoup, d’autant que la plupart ressortent sans aucune poursuite.»

Les statistiques de la délinquance, à l’avenir, feront «mieux ressortir» l’ensemble des chiffres sur ces mesures privatives de liberté qui, décidément, concernent de plus en plus d’habitants de l’Hexagone – alors que la France est, de loin, la lanterne rouge de l’Europe en la matière.

Erich Inciyan pour Médiapart

28 janvier 2010

Clearstream : Villepin salue « le courage du tribunal »

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 16:20

Dominique de Villepin a salué, juste après avoir eu connaissance de sa relaxe dans le procès Clearstream,  le « courage » du tribunal correctionnel de Paris. Dans une courte déclaration à la presse à sa sortie de la salle d’audience, l’ancien premier ministre a expliqué qu’il souhaitait désormais se « tourner vers l’avenir pour servir les Français ».

« Après plusieurs années d’épreuve, mon innocence a été reconnue », s’est réjoui M. de Villepin, qui était accusé de complicité de dénonciation calomnieuse. « Je salue le courage du tribunal, qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique. Je suis fier d’être le citoyen d’un pays, la France, où l’esprit d’indépendance reste vivant. Je n’ai aucune rancœur, aucune rancune« , a-t-il dit devant les caméras. « J’ai été blessé par l’image que l’on a voulu donner de la politique, de l’engagement qui a été le mien pendant trente ans, et c’est vers l’avenir que je veux me tourner pour servir les Français et contribuer, dans un esprit de rassemblement, au redressement de la France », a ajouté l’ex-chef de gouvernement, qui depuis quelques mois ne cache plus ses ambitions présidentielles pour 2012.

Son avocat, Me Olivier Metzner, a déclaré à l’issue de la relaxe de son client : « Je me réjouis que la justice l’ait emporté, qu’on ait enfin reconnu l’innocence de Dominique de Villepin, innocence longtemps bafouée par la plus haute autorité de l’Etat. Ce jugement a démonté toute hypothèse possible, il a tout envisagé et, à l’issue de cette longue démonstration, le tribunal reconnaît qu’il n’existe aucun élément, quel qu’il soit, contre Dominique de Villepin, que Dominique de Villepin a rempli la mission qui lui était alors confiée comme ministre. Voilà un homme qui, malheureusement, a été précondamné, pour être aujourd’hui innocenté. Je ne redoute rien dans la mesure où le jugement qui a été rendu est un jugement extrêmement clair, extrêmement limpide et écarte toute hypothèse de culpabilité quelle qu’elle soit et donc la Cour d’appel ne pourrait faire que la même chose que le tribunal, donc peut importe un appel éventuel. »

Nicolas Sarkozy s’est refusé à commenter la relaxe de Dominique de Villepin par le tribunal correctionnel de Paris, estimant qu’il fallait « attendre les éléments avant de les commenter ». « Je pensais que vous preniez la parole pour me souhaiter un bon anniversaire, ça ne m’étonne pas de vous, je vous en remercie infiniment », a répondu M. Sarkozy à l’interpellation d’un journaliste après son allocution concluant la conférence sur les déficits. « Pour le reste, attendons de connaître les éléments avant de les commenter. Merci », a ajouté le chef de l’Etat, qui fête, jeudi, ses 55 ans. Nicolas Sarkozy était partie civile dans ce procès. (more…)

Retraites agricoles : une scandaleuse trahison de la part de l’UMP

Filed under: 09 - Evènement,20 - UMP — iledere @ 12:00

La proposition de loi déposée par le groupe « socialistes, radicaux et citoyens » visant à étendre le régime de retraite complémentaire obligatoire aux conjoints et aides familiaux de l’agriculture a été rejeté le 26 janvier 2010 par le groupe UMP lors du vote à l’Assemblée nationale. L’UMP est aujourd’hui d’autant plus isolé que même les députés du groupe Nouveau Centre ont voté pour cette proposition de loi !

Pour les députés UMP, et alors que la droite s’était déjà opposée à la mise en place de la RCO en 2002, cette mesure de justice sociale semble irrecevable. Un tel effort coûterait au budget de la Nation 130 millions d’euros, soit un montant trois fois inférieur au bouclier fiscal.

Entre 1997 et 2002, la gauche majoritaire avait conduit une politique de revalorisation du niveau des pensions de retraites du secteur agricole. Cet engagement s’était concrétisé par la mise en place du statut de conjoint collaborateur et la création d’une retraite complémentaire obligatoire (RCO) pour les non-salariés agricoles. La proposition de loi du groupe SRC soumise au vote à l’Assemblé nationale le 26 janvier prévoyait d’étendre à 363 000 conjoints et aides familiaux le bénéfice de la RCO, afin que tous les retraités de l’agriculture puissent en bénéficier. Cette extension concernerait essentiellement des femmes conjointes d’agriculteurs.

Alors que le pouvoir en place protège les plus privilégiés, en permettant par exemple pour un seul homme de cumuler double fonction, double salaire et une colossale retraite-châpeau à la tête des plus grandes entreprises, l’UMP ignore avec insolence des retraités dont les niveaux de pension sont parmi les plus faibles de notre pays, n’atteignant souvent pas le minimum vieillesse !

Pour le Parti socialiste, ce vote illustre le double langage scandaleux de l’UMP et de Nicolas Sarkozy, qui avait pourtant promis au début de son mandat de « réduire les poches de pauvreté » dans le monde agricole, et qui reconnaissait lui-même le 25 janvier sur TF1 des pensions de retraites « trop basses » pour l’ensemble des Français ! Une fois de plus, l’UMP et le président de la République prouvent à quel point il leur est si difficile de passer de la parole aux actes.

Communiqué de Germinal Peiro, Secrétaire national ruralité et mer

La nouvelle chansonnette de Davos

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

WEF - Flickr - CCAvec France Inter, la chronique de Bernard Maris, qui revient sur le Forum économique de Davos. Les participants font mine d’avoir abandonné l’idée d’une compétition mondiale généralisée. Impossible, dit-il.

« Améliorer l’état de la planète : repenser, remodeler, reconstruire ». Tel est le thème proposé par Karl Schwab aux participants à la 40e édition de la Réunion annuelle du Forum de Davos du 27 au 31 janvier

Karl Schwab, un économiste, universitaire de formation, célèbre pour avoir fondé le Forum de Davos en 1971. Cinq jours pour 1400 dirigeants des 1000 premières entreprises de la planète, et pour les grands de la politique, de la société civile. Inauguration par Nicolas Sarkozy. Présence de Lula et de nombreux dirigeants. 200 personnalités médiatiques. 15% de femmes, à peine – mais en hausse ! enorgueillit Monsieur Schwab.

Tous vont se poser, je cite toujours Monsieur Schwab, la question de « La coopération internationale et de l’amélioration de l’état du monde… Et nous devons également reconstruire nos institutions ». Et d’ajouter, avec une pointe de tristesse : « Force est de constater les dysfonctionnements du système actuel de coopération internationale. Discutons du thème de la coopération internationale ».

Mais le thème de la compétition semble avoir disparu. Davos distribue en fin de forum des bons points aux pays sur leur compétitivité économique. En général la France est très mal placée, trop de fonctionnaires, trop de dépenses publiques, trop de pression fiscale, marché du travail pas assez libre etc. Mais là, il semble bien qu’on souhaite parler de coopération plus que de compétition entre pays.

Ce n’est pas encore la nuit du 4 août

Est-ce à dire que le règne du chacun pour soi s’achève au profit de la gouvernance pour tous ? Un pas qu’il ne faut pas franchir. Car ces 1000 dirigeants de grandes entreprises, sont, à peu près les mêmes : comment, du jour au lendemain, eux qui réclamaient moins d’Etat et d’impôt, réclameraient-ils plus de gouvernance et de régulation ? « Contrôlez-nous, par pitié ne nous laissez pas faire ! Voyez de quoi nous sommes capables ! » On pourrait rêver d’une nuit du 4 août…Mais que serait une nuit du 4 août en matière économique ? Quel type de privilège pourrait abandonner une multinationale ? (more…)

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