Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

8 janvier 2010

Grandes écoles : un mauvais procès

Filed under: 02 - Education — iledere @ 21:47

Issu de l’immigration, de la banlieue (94) et d’un milieu modeste, j’ai l’impression que la République m’a beaucoup donné en m’offrant la chance de faire des études. J’ai toujours envie d’œuvrer pour que d’autres puissent à leur tour en profiter. La baisse dramatique du nombre d’enfants de classes sociales défavorisées dans les études supérieures et, pire, dans les grandes écoles, m’atterre. Et je ne peux, en voyant fonctionner le système éducatif que constater que Bourdieu reste dramatiquement d’actualité.
Le débat sur les quota dans les grandes écoles peut avoir le mérite de poser les bonnes questions. Et la réflexion d’Henry Moreigne, talentueux blogueur, me semble ouvrir convenablement un débat qui me passionne plus que les imbécilités Bessonesques sur l’Identité nationale… A vous de juger :

Le concours c’était pensait-on comme la démocratie. Pas un système parfait mais, le moins mauvais pour assurer une égalité des chances dans les études. La méritocratie est aujourd’hui remise en cause par une partie de la droite et de la gauche qui se sont trouvées comme maître à penser Richard Descoings, patron de Sciences-Po, officiellement de gauche mais très prisé par Nicolas Sarkozy pour son prosélytisme en matière de discrimination positive. Une polémique en trompe l’œil qui évite surtout de parler de ce qui fâche notamment, la faillite en amont de l’enseignement secondaire.

Une nouvelle fois, le débat se résumerait entre les anciens arc-boutés sur le principe du concours et, de l’autre, les modernes prêts à tous bousculer dans l’objectif d’assurer une mixité sociale dans les grandes écoles. L’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Le danger serait pourtant qu’au titre d’un objectif louable on ouvre une boîte de Pandore qu’il sera impossible de refermer. Commençons par remettre en cause le concours pour les grandes écoles, demain, elle s’étendra à la fonction publique dont l’égalité d’accès est justement garantie par le concours.

Ce matin, sur France Inter, Richard Descoings n’a pas caché qu’il souhaite désacraliser le concours. Basé sur l’anonymat et les seules qualités de la copie, le système a pourtant en principe l’avantage d’éviter ce qu’on dénonce : la sélection à la tête du client.

La mise au pilori médiatique de la Conférence des grandes écoles est un mauvais procès. A cet égard, on ne manquera pas de parcourir dans La Croix la position de Patrice Corre , le proviseur du lycée Henry-IV qui estime que “relancer cette polémique est intellectuellement malhonnête.” Pierre Tapie, président de la Conférence, également invité de France Inter ce matin, a indiqué qu’il partage l’objectif d’une plus grande mixité sociale mais, qu’il importe pour l’atteindre de prendre en compte le vivier qui se trouve en amont. La polémique qui se développe porte à tort sur le thermomètre sans s’inquiéter de la santé du patient éducation nationale.

Il ne faut pas avoir peur de l’élitisme républicain si celui-ci est l’aboutissement d’une école qui offre par la qualité de son enseignement, égale en tout lieu du territoire, une égalité réelle des chances.

C’est un beau débat qui est ouvert mais prenons garde à ne pas le regarder par le petit bout de la lorgnette. C’est l’ensemble de ce qui constitue la méritocratie républicaine qui doit être remis à plat.

Par Henry Moreigne pour « La Mouette« 

6 réponses à “Grandes écoles : un mauvais procès”

  1. Belgo5.0 dit :

    « promouvoir la mixité sociale », ça reste à prouver. Royal est fille de militaire, Séguin était fils de militaire, Attali fils de bourgeois bijoutier parfumeur, et on peut continuer comme ça longtemps… Je connais des gens modestes isssus de grandes écoles, ils sont plutot cadres subalternes de multinationales, cadres intermédiaires de la FP territoriale, petits chefs de bureaux à l’Académie, etc.

    J’aimerais qu’on n’oublie pas que les « grandes écoles » servent à l’instrumentalisation des classes populaires…et des territoires…dans le cadre de la pensée « saint-simonienne », qui « les développe »….ou les exploite (c’est selon le point de vue, s’pas ?)…au profit d’une élite…càd..de « la Nation » !
    L’intrication des grandes entreprises privées et des grandes entreprises publiques, avec des cadres qui passent de l’un à l’autre et inversément, est tout à fait illustrative de mon propos… Reste à savoir si les grandes entités travaillent …pour « nous des Territoires' » (je ne veux pas etre polémique 🙂 sur le racisme et les discriminations…de territoire…en France) …ou pour elles !

    Qu’on aie de « grands serviteurs de l’Etat » type Fabius, Migaud, Seguin, qui « réforment l’Etat et la Fonction publique » (notamment la LOLF), CERTES.
    Reste à savoir s’ils subordonnent leur action à de grands principes républicains explicites, définis, ou si leur action vise à pérenniser la prédominance des élites…Nationales…je vous laisse juges à cet égard ! Et vous dirai que moi, j’attends toujours la subordination desdites élites à une éthique républicaine explicite (non cumul des mandats, publication des revenus, mixité sociale, décroissance, etc, etc).

    « le Belge »

  2. Pour connaître aussi les grandes écoles, je trouve que c’est un mauvais procès à leur encontre : il y en a d’autres à leur faire, mais pas celui sur la capacité à promouvoir la mixité sociale. Les concours sont fondés sur la base du principe républicain et en modifier leur fonctionnement serait une erreur.
    Ce qui en revanche, est à revoir, comme le précise Vincent M., c’est le cursus qui permet l’accession des élèves aux classes préparatoires dans les lycées, de toute origine et de toute formation. En d’autres termes, revoir la mixité sociale au sein des lycées d’enseignement général qui alimentent les classes préparatoires : le décalage est frappant entre la population des collèges et celle des lycées, qui peut en outre, sur un territoire, créer des tensions entre ces populations, avec l’apparition de castes de privilégiés.

  3. Belgo5.0 dit :

    Richard Descoings est attaqué pour son soutien à Anyss Arbib. Il sont courageux. Toutefois, le principe des Grandes Ecoles doit etre révisé comme participant à l’élitisme des Nationaux (antiRépublicains).

  4. La main gauche dit :

    mixité, racisme, antisémitisme, pieds-noirs etc, etc.. c’est mots ont si peu de sens au final, ils me donnent tous quelque part cette impression qu’ils ont été inventés et sont pérennisés souvent par ceux qui n’ont aucun intérêt à ce que les choses soient vu sous un autre angle.. pour autant il faut tirer toujours vers plus d’intelligence, du moins au sens que je donne à ce mot, et là, je crains qu’il y a au moins autant à faire dans le 93 que dans le 92 !!.. c’est pas gagné !!..

  5. La main gauche dit :

    La mixité, elle devrait surtout être entrée dans le crâne à la sortie de ces grandes écoles, ça élimine d’un seul coup ce pseudo débat à l’entrée, je parle ici mixité sociale, intellectuelle et mixité des richesses, y a pas forcément plus de mérite à faire une grande école qu’un bac pro, et puis, si tout ça ne sert qu’à fabriquer de nouvelles sortes de noblesse, autant revenir au temps des chevaliers !.. enfin, si tout ça ne sert qu’à fabriquer des masques empreints d’une respectabilité dégoulinante pour faire avaler les couleuvres du genre qu’il n’y a rien d’autre à faire qu’à lâcher du lest à l’Europe libérale façon Barroso et à savoir mieux que personne de combien doit se contenter à la fin du mois un conducteur de charriot élévateur, je tiens à préciser que la calculette, c’est en CE2 qu’on apprend à s’en servir !!

  6. Vincent M dit :

    Tout à fait raison.
    Ce n’est pas aux Grandes Ecoles de changer pour atteindre une plus grande mixité, mais aux collèges/lycées de reformer correctement les élèves qui souhaiteront y accéder.

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