Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

15 janvier 2010

« J’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisée ce soir sur France 2 »

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Une fois n’est pas de coutume, même si je ne crois pas en la politique de la chaise vide, il est des fois où elle s’impose :  je suis 100 % d’accord avec Vincent Peillon…

« Parce que tout mon engagement politique et citoyen est fondé d’abord sur les valeurs de la République, de la raison et de l’antifascisme, j’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisée ce soir sur France 2 et d’attirer solennellement l’attention de mes compatriotes sur les graves dérives que subit notre démocratie.

Depuis plusieurs semaines, l’ensemble de l’opposition démocratique mais aussi de nombreuses personnalités de la droite républicaine, à commencer par trois anciens Premiers Ministres, Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin ont dénoncé les conditions dans lesquelles le Ministre de l’immigration et de l’identité nationale, Eric Besson, a lancé un débat sur l’identité nationale.

Ce débat a provoqué et provoque encore des dérapages xénophobes, racistes, islamophobes qui font honte à la France, dressent les français les uns contre les autres et remettent le Front National et ses thèses de haine au coeur de notre vie politique.

De nombreuses études d’opinion ont aussi montré que dans leur majorité les Françaises et les Français, qui ont beaucoup d’autres sujets de préoccupation, l’emploi, le logement, le pouvoir d’achat, l’éducation, ne s’intéressent pas à ce débat.

Malgré cela, la direction de France 2 et Arlette Chabot n’ont pas trouvé mieux, en cette rentrée 2010, que de consacrer la seule émission politique de début de soirée à Eric Besson et de le faire dialoguer avec Marine Le Pen, prenant ainsi en otage le service public et les personnels qui y travaillent.

C’est indigne et c’est inacceptable.

Jamais une telle dérive ne s’était produite. Elle atteint gravement aux valeurs de la France et aux principes qui doivent commander aux missions de service public comme à la responsabilité du métier de journaliste.

Pour habiller le tout, on m’a demandé, en tant que responsable socialiste, de venir cautionner cet exercice d’abaissement national en voulant bien jouer les idiots utiles en deuxième partie de soirée. Et, comme on pouvait s’y attendre, on s’est déjà d’ailleurs copieusement servi de ma présence annoncée pour adresser une fin de non recevoir à des journalistes de France Télévision qui, pourtant avec raison, avaient demandé la déprogrammation de ce débat.

C’est bien mal me connaître, et bien mal connaître les socialistes, que de penser que je pouvais accepter de me prêter à une telle comédie et servir ainsi de caution républicaine à un débat et à des personnalités qui tournent le dos aux valeurs que partagent heureusement encore la grande majorité des Français.

Ainsi les masques tombent, la chaise est vide et la réalité apparaît dans sa crudité.

Que monsieur Besson, madame Le Pen et madame Chabot restent entre eux et que chacun mesure ainsi ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays et la façon dont certains veulent, à travers les médias, dévoyer le débat démocratique et nous entraîner sur une pente de haine et de division où nous refusons d’aller.

Quant à nous, même si nous allons être la cible d’intérêts puissants et de forces sans scrupule, nous n’avons pas le choix : nous devons résister.

C’est pourquoi j’appelle solennellement tous les démocrates à refuser ces dérives qui déshonorent notre pays.

C’est pourquoi je demande la démission de madame Arlette Chabot et des dirigeants de France 2 qui ont autorisé cette opération. Ils ne sont pas les propriétaires du service public, qui appartient à tous les Français, et ils ne méritent pas de le servir.

Enfin, j’adresse mes sentiments fraternels et républicains à toutes celles et tous ceux qui partagent avec moi une autre idée de la France et, en particulier, un message de solidarité aux personnels du service public de l’audiovisuel victimes de cette abjection et atteints ce soir dans leur honneur. »

Vincent Peillon

11 réponses à “« J’ai décidé de ne pas participer au débat d’indignité nationale organisée ce soir sur France 2 »”

  1. Chris dit :

    @ Steph
    D’accord avec Louis. Tu as voté à droite ? hé bien assume… Et ne viens pas nous emm… à nous donner des leçons de courage…

  2. louis dit :

    @steph
    Assez de tous ceux qui se disent socialiste mais qui sont fiers de voter à droite.
    Besson, Kouchner etc…
    Quand on vote à droite, on est à droite.
    Et venir reprocher aux autres leur manque de courage est assez grotesque dans ce cas.

  3. La main gauche dit :

    Je ne vois pas quel courage il y a à aller se rouler dans la fange avec des porcs !!

  4. stef dit :

    quel courage !!!! a ben je regrette pas d’avoir voté à droite , c’est pas le courage qui vous etouffe, le sort de notre pays vous importe donc si peu ? il n’y a que pour les elections que vous vous reveillez …. et je suis pourtant socialiste dans mon coeur mais pas avec une telle équipe si courageuse !

  5. louis dit :

    Toujours pareil dans ce type de cas, il faut distinguer le fond et la forme, puisque le fond illustre la forme.
    Vincent Peillon ne supporte pas les racistes et xénophobes (et on ne peut que l’en féliciter) et ne veut pas non plus servir de caution à Besson, puisque dans la forme de cette émission, c’est nécessairement ce dernier qui serait apparu comme le terme médian, donc raisonnable. Pour dire cela, il « sèche » l’émission, refusant le débat.
    C’est à mon sens un erreur.
    Si sur le fond il n’était pas d’accord, ce n’est surement pas à quelle heures de cette émission qu’il faut le dire, mais bien avant: « on m’a proposé de…., mais je ne le ferai pas car … ». Accepter le principe de participer à l’émission, c’était déjà accepter la forme,connue, de cette émission.
    Dès lors, et d’autant plus qu’à la télé il n’aura jamais le dernier mot (Arlette Chabot s’en charge, elle même relayée par les autres médias), refuser le débat en faisant la politique de la chaise vide permet désormais de présenter Vincent Peillon comme un personnage versatile, ayant peur du débat. Il n’a donc pas les qualités nécessaires pour être un grand politique : sang froid et gout du combat. C’est ainsi qu’il apparait dans la presse ce matin.
    C’est lui qui sort perdant de cette situation qu’il a créée.

  6. revizor dit :

    Le problème c’est que les absents ont souvent tort.
    Par ailleurs il ne faut pas se plaindre que le PS ne passe pas assez à la télé pour ensuite refuser de participer à une émission, notamment sur ce thème de la Nation.
    Il me semble en outre que ce n’est pas tant le sujet qui est en cause mais plutôt la présence de Monsieur Eric BESSON considéré comme un « traître « par les dirigeants socialistes et qu’ils ne veulent plus rencontrer.
    Je n’aime pas d’ailleurs l’utilisation de ce terme de « traître » qui s’applique plutôt à des gens qui pactisent avec des occupants étrangers et non à des gens qui changent de Parti, ce qui est assez courant et normal en démocratie.

  7. La main gauche dit :

    il y a en fait assez peu de différences entre le petit écran et la bombe atomique, du moins en terme de puissance dévastatrice, si ce n’est que pour le premier les codes d’accès sont à portée de main d’un tas d’Arlettes Chabots et qu’on fini par avoir 53% des Français qui procurent les codes d’accès de la seconde à des SarkoBessonistes !!

  8. doriginehumaine dit :

    Servitude volontaire et droit de résistance

    Doit-on discuter,débattre dans une enceinte républicaine avec les représentants d’une formation ouvertement raciste,antisémite,nourrissant une sincère nostalgie pour le régime vichyste du Maréchal Pétain ?
    Doit-on échanger des propos qui se voudraient « républicains » avec les dirigeants d’un mouvement « politique » dont le fond de commerce est l’apologie du crime contre l’humanité,la discrimination raciale ou la haine de l’Autre ?
    Pour un démocrate comme pour un républicain la question se pose. Et Vincent Peillon, à travers ce « coup d’éclat », pose la question de façon un peu « bruyante ». Nous sommes encore nombreux, dans ce pays, à penser que la réponse était non hier (que l’on songe à l’attitude de Jacques Chirac il y a peu), qu’elle est toujours non aujourd’hui et qu’elle sera encore non demain. Le sarkozisme n’a pas totalement émoussé nos réflexes démocratiques.
    Pourquoi le service public d’information offre-t-il à une des formations d’extrême-droite les plus rétrogrades, obscurantistes comme des plus ouvertement racistes du monde une tribune d’expression ?

  9. Serge dit :

    La seule ligne qui devrait être respecté par tous nos dirigeants c’est de refuser tout débat face à besson, un traître qui fait preuve d’un cynisme à vomir.
    Il est vraiment bien assorti avec son vénéré maître.
    Comment notre mouvement ait pu accepter en son sein un tel individu !

  10. Belgo5.0 dit :

    blabla. Ce type est un grand philosophe, et il est « de gauche ». Sa place n’a jamais été au PS mais au PRG, seulement voila, au PRG il ne serait pas élu.

  11. L'ami aytrésien dit :

    Je n’ai pas vu l’emission. J’étais désolé de la présence de Peillon à débat. Je suis maintenant rassuré. Pas bête stratégiquement. Et surpris qu’un des membres du PS ait eu cette audace : C’est qu’on deviendrait de moins en moins mauvais en com…

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