Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

18 janvier 2010

Docteur Dominique et Mister Bussereau

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Les discours d’Olivier Falorni, 1er Fédéral de Charente Maritime, sont toujours agréables à entendre. Et à relire. Voici le « seul discours politique » (cf « Sud Ouest ») du meeting de Ségolène Royale à La Rochelle le samedi 16 Janvier… A déguster sans modération…

Je vais vous parler de notre adversaire, d’abord parce qu’un homme ou une femme avertie en vaut deux et surtout parce que nous avons face à nous un candidat double face, si vous me permettez l’expression, qui tente de faire oublier la brutalité de sa politique derrière l’apparence de la bonhomie.

De telle sorte que si je devais résumer le portrait de Dominique Bussereau en quelques mots, je dirais qu’il y a Docteur Dominique et Mister Bussereau.

Certes, il y a Docteur Dominique, le sympathique et débonnaire notable de Charente-Maritime, qui revient chaque week-end dans sa baronnie balnéaire de Saint-Georges-de-Didonne.

Mais derrière la masque avenant et tutoyant de Docteur Dominique, il y a Mister Bussereau, beaucoup de Mister Bussereau. C’est à dire le ministre du gouvernement Sarkozy, un gouvernement qui mène une offensive, sans précédent depuis 25 ans, contre la décentralisation, les collectivités locales et les services publics.

Offensive que je résumerai en deux formules, hélas terribles dont il est le co-auteur : recentralisation et déménagement du territoire.
Il y a six mois, Mister Bussereau ne voulait pas être candidat aux élections régionales, pour ne pas faire d’ombre à Docteur Dominique. L’UMP avait même trouvé une parfaite doublure, en la personne de l’ex-sénateur charentais Henri De Richemont.

Mais le suzerain de l’Elysée a parlé. Exit le comte De Richemont. Et donc, à l’insu de son plein gré, en bon soldat de la sarkozie, Mister Bussereau s’est retrouvé désigné chef de file de la droite pour les élections, comme on nomme un Préfet de Région.

Nous voici prévenus : si par malheur la droite l’emportait, ce n’est pas Docteur Dominique qui siègerait à Poitiers. C’est Mister Bussereau. Et nous aurions donc à la fois Sarkozy à Poitiers en plus de Sarkozy à Paris. Franchement, est-ce vraiment cela que nos concitoyens veulent pour Poitou-Charentes ?

Mais le suzerain de l’Elysée aime les courtisans. Et surtout, il n’aime pas les contre-pouvoirs. A vrai dire, il n’aime rien de ce qui ne dépend pas de lui. Comme Mazarin à l’époque de la monarchie absolue. Il a donc décidé de porter des coups décisifs à l’autonomie des collectivités locales, Région et département.
Et que ce soit un retour en arrière sur 25 ans de décentralisation ? Peu lui importe.
Dans cette bataille, le pouvoir s’est doté de deux armes de destruction massive : la réforme de la fiscalité locale et la réforme des institutions territoriales.

L’UMP, qui connaît la chanson « Plus c’est gros et plus ça passe », a composé paroles et musique : la gauche aurait fait exploser depuis cinq ans la fiscalité locale.

Mais la chanson tombe à plat ici, où sous la présidence de Ségolène Royal, la fiscalité régionale n’a pas bougé depuis 2004.

Peu importe pour la droite : on serine la chanson, ne serait-ce que pour faire oublier que Mister Bussereau est membre d’un gouvernement qui a créé 26 taxes supplémentaires en deux ans et demi et que Docteur Dominique a eu la main lourde en Charente-Maritime avec la fiscalité départementale.

Il y a une chose que nous devons rappeler et rappeler sans cesse à nos concitoyens : c’est que, contrairement à l’État, les collectivités locales doivent présenter leur budget en équilibre. C’est vrai pour les communes, pour les départements comme pour les régions.

Et si les collectivités empruntent pour préparer l’avenir, la dette des collectivités locales représente 10 % du total de la dette publique, mais leurs investissements représentent 73 % des investissements publics.

Sans les collectivités locales, pas de relance ! Sans les collectivités locales pas de perspective de sortir de la crise ! Pas de programmes qui préservent l’emploi, ne serait-ce que dans le bâtiment et les travaux publics !
La réforme de la taxe professionnelle est la première arme de destruction massive. L’UMP en a d’ailleurs tellement honte, qu’elle a fait adopter un système provisoire pour 2010. La potion amère – mais définitive – ne sera connue qu’après les élections régionales.

Mister Bussereau est donc candidat pour diriger une région qui serait privée d’une part majeure de ses recettes. Ou plus exactement, dont les recettes vont basculer lourdement des entreprises vers les ménages. Aujourd’hui, 49 % des recettes des collectivités sont versées par les entreprises, 51 % par les ménages.

Si la réforme de la taxe professionnelle va à son terme, les ¾ de la fiscalité locale seront payés par les ménages et ¼ seulement par les entreprises. Et comme la droite s’est bien gardée de toucher à la taxe d’habitation, le plus injuste et le plus archaïque des impôts, cela veut dire 50 % en plus d’inégalités, 50 % en plus d’injustices et 50 % en plus de ponction sur le pouvoir d’achat des plus modestes de nos concitoyens.

L’UMP nous dit : oui, mais l’État compensera les pertes de recettes pour les collectivités locales. C’est prévu pour 2010, mais rien pour après. D’ailleurs, l’Etat-UMP ne cesse de transférer des responsabilités aux régions et aux départements sans les compenser.

Un seul exemple : une loi de mars 2007 a confié aux départements des charges nouvelles et considérables en matière de protection de l’enfance. Sauf que le Gouvernement n’a jamais pris, depuis près de trois ans, le décret sur les mesures de compensation. Des présidents de conseils généraux, comme Arnaud Montebourg, ont dû saisir le Conseil d’État pour faire injonction au Gouvernement de prendre ce décret.

En attendant, ce sont les contribuables locaux qui paient. Et çà, Docteur Dominique s’est bien gardé de le dire aux contribuables de la Charente-Maritime.

Et comme si étrangler financièrement les régions ne suffisait pas, ils veulent aussi les asphyxier politiquement. C’est le fameux projet de réforme territoriale, qui verrait les élus du conseil général être en même temps élus au conseil régional. Le prétexte ? Faire des économies sur ces budgétivores qui gaspilleraient l’argent des contribuables…

90 % des élus locaux sont des bénévoles, qui se dévouent au service de leurs concitoyens sans la moindre indemnité. Et pour ceux qui perçoivent des indemnités, cela représente annuellement à peine 1 pour 1000 du budget des collectivités concernées !

Derrière cette réforme en trompe-l’œil, il y a le projet de délégitimer les régions : avec 80 % d’élus au scrutin uninominal, c’est une formidable régression de la parité qui se prépare !

Ce sont des assemblées pléthoriques, inefficaces et ingouvernables ! Ce sont des assemblées qui ne seront plus que l’addition d’intérêts locaux sans vision d’ensemble du développement économique et social.

Il faut le savoir, et l’expliquer à nos concitoyens : Mister Bussereau est candidat pour mettre en œuvre le projet de Nicolas Sarkozy, c’est-à-dire pour présider une Région – croupion, privée de ses moyens, privée de sa légitimité démocratique, privée de sa capacité à transformer la vie concrète des habitants en matière économique, sociale, dans le domaine de la formation ou de l’environnement.

Si par malheur ce projet venait à se concrétiser, c’est sûr, Mister Bussereau ne ferait pas trop d’ombre à Docteur Dominique. Mais à quel prix ! Nous, nous voulons que face au bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy qui protège ses amis du Fouquet’s, l’action politique de la Région puisse continuer à être un bouclier social pour protéger les plus démunis, par des services publics de qualité, par une vision d’avenir, par des choix de justice et de solidarité.

C’est pour cela que je vous invite à voter et à faire voter pour la liste menée par Ségolène Royal.

Olivier FALORNI
Premier secrétaire du PS de la Charente-Maritime
Tête de liste départementale pour les élections régionales

12 réponses à “Docteur Dominique et Mister Bussereau”

  1. Agapanthe dit :

    Alarmée par le choix du PS 17 concernant l’implantation Holcim à la Rochelle ;
    Mais qu’est-ce qu’il vous faut donc ? voici un industriel suisse, qui ne va même pas payer la taxe professionnelle , qui s’implante dans un site on ne peut plus fragile, à la densité urbaine importante, à l’attrait touristique indéniable,
    qui va faire venir du bout du monde du clinker A BAS COUT SALARIAL , qui va tout nous salir aux alentours et aucune réaction chez vous ? Je suis socialiste, je partage les valeurs humanistes mais là je dis non ; ce choix est incohérent avec vos idées . Vous allez réagir quand ?
    QUAND tout sera pollué, quand les habitants seront malades ? La politique c’est savoir s’opposer quand il le faut .
    Réagissez, si vous êtes socialistes, vous ne pouvez pas cautionner un tel projet qui va dégrader la qualité de vie de toute une région, menacer les activités artisanales liées à la mer , la qualité d’accueil du tourisme,
    Non à l’omerta qui entoure ce projet incohérent et incompatible avec vos valeurs .
    Votre silence est insupportable .

  2. la grignette dit :

    En tous cas : avec mes excuses. Et merci de la publication.

  3. la grignette dit :

    Mon commentaire vous a déplu ? J’en suis désolée.

  4. la pecnaude dit :

    Son discours, bien structuré, percutant, a bien expliqué pourquoi la gauche doit gagner ces élections. La politique centralisatrice, incohérente de Sarkosy ne fait que nuire gravement à l’ensemble de la population (tiens, bien plus que les cigarettes !).
    De plus, il a été correct, sans les grimaces et les jeux-de-mots-laids de l’ex-premier-ministre-chef- laitier- du- poitou-charente. Quant à son accolyte, avec ses airs bonhomme il vous emberlificotte et vous raconte des histoires de n’importe quoi pourvu que çà lui serve. Ils feraient mieux de retourner en Chine jouer les Tintinophiles ou diffuser la musique de « Johnny » qui nous pompe l’air et notre fric.
    Il est à noter que le ralliement des modem-progressistes ne s’est pas fait sans gnons divers et variés, il s’est dit que cela s’était terminé sur le trottoir de notre bonne ville de Rochefort. Y aurait-il une supériorité des socialistes encartés sur le reste des électeurs de bonne volonté ?

  5. JML dit :

    je rectifie ;) :

    « … est souvent annonce de grand beau temps »

    car il peut aussi bien boucher le paysage toute la journée … :(
    mais ça me semble arriver plus rarement

    Bonne soirée

  6. JML dit :

    Bonjour

    Ma réaction est que le brouillard est annonce de grand beau temps

    mais bluffé-je ? ;)

  7. Marion dit :

    Il n’y a pas que Mme Royal qui pique les hommes de Bayrou- de Sarlevez, en Maine et Loire, Mr Bergeau (Modem) a quitt e ce Mr de Pau ( manque de pot…) pour rejoindre Mr Artuis

  8. Made dit :

    MMe de Sarnez est-ce celle qui fricote avec peillon ?

    Je comprends que cette personne soit gênée par un front Républicain en Poitou-Charentes…Car celui-ci d’adresse aux électeurs et pas à des politicards.

    Ségolène Royal a fait un discours très politique puisqu’elle a parlé de la vie de tous les jours des habitants de Poitou-Charentes mais la politique c’est doute destinée uniquement à « l’élite ».

  9. patrick dit :

    Un article ? voici celui du Monde…
    Royal se trompe « en confondant débauchage et rassemblement »

    La vice-présidente du Mouvement démocrate (MoDem) Marielle de Sarnez a estimé dimanche que Ségolène Royal se trompait « en confondant débauchage et rassemblement » après le ralliement de militants MoDem à la présidente socialiste de Poitou-Charentes.

    Des responsables du MoDem de Charente-Maritime ont voté samedi à Rochefort en faveur de la main tendue par la présidente socialiste de la région, acceptant son offre de cinq places éligibles sur ses listes au premier tour (deux en Charente-Maritime et une dans chacun des trois autres départements).

    « Ces adhérents se sont mis d’eux même en dehors du parti, dont ils ne peuvent plus revendiquer l’étiquette, en ne respectant pas la décision unanime du Conseil national du MoDem en faveur de listes démocrates autonomes au premier tour« , a précisé à l’AFP la numéro deux du parti de François Bayrou.

    « Ségolène Royal se trompe et fait une erreur en confondant débauchage et rassemblement« , a estimé l’eurodéputée, constatant que l’ex-candidate à la présidentielle « pratique dans sa région ce qu’elle n’a cessé de reprocher à Nicolas Sarkozy au plan national, à savoir une politique de débauchage individuel« .

    « C’est choquant et pas respectueux de la part de quelqu’un qui explique qu’elle entend faire de la politique autrement. C’est aussi le contraire de la transparence parce que cela tourne le dos aux électeurs à qui il revient de choisir les majorités futures et le point d’équilibre de ces majorités », a-t-elle expliqué.

    « A l’inverse de Ségolène Royal, je crois que les rassemblements futurs ne peuvent se construire que dans le respect mutuel des uns et des autres« , a-t-elle ajouté.

    Mme de Sarnez a minimisé la portée des « ralliements individuels de militants » du MoDem, qui a-t-elle précisé « n’étaient pas retenus sur les listes du parti démocrate et sont attirés par les avantages personnels qu’on leur a fait miroiter« .

    « L’ensemble du Mouvement démocrate en Poitou-Charentes est rassemblé derrière Pascal Monier, jeune professeur d’économie, ex-directeur de l’IUT d’Angoulème et vice-président de l’université de Poitiers qui fait tandem avec Elisabeth Delorme, conseillère régionale de Charente-Maritime« , a-t-elle fait valoir.

  10. Le cas des 5 ralliés est en cours d’analyse.. Mais nous sommes preneurs de vos réactions… ;-)

  11. JML dit :

    tiens, pas un mot du ralliement de 5 de chez nous à Ségolène ce WE …?!

    je compatis ;)

    courage les gars !

    Bonne journée

    JML

Laisser un commentaire

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons