Section socialiste de l'île de Ré
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28 janvier 2010

La nouvelle chansonnette de Davos

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

WEF - Flickr - CCAvec France Inter, la chronique de Bernard Maris, qui revient sur le Forum économique de Davos. Les participants font mine d’avoir abandonné l’idée d’une compétition mondiale généralisée. Impossible, dit-il.

« Améliorer l’état de la planète : repenser, remodeler, reconstruire ». Tel est le thème proposé par Karl Schwab aux participants à la 40e édition de la Réunion annuelle du Forum de Davos du 27 au 31 janvier

Karl Schwab, un économiste, universitaire de formation, célèbre pour avoir fondé le Forum de Davos en 1971. Cinq jours pour 1400 dirigeants des 1000 premières entreprises de la planète, et pour les grands de la politique, de la société civile. Inauguration par Nicolas Sarkozy. Présence de Lula et de nombreux dirigeants. 200 personnalités médiatiques. 15% de femmes, à peine – mais en hausse ! enorgueillit Monsieur Schwab.

Tous vont se poser, je cite toujours Monsieur Schwab, la question de « La coopération internationale et de l’amélioration de l’état du monde… Et nous devons également reconstruire nos institutions ». Et d’ajouter, avec une pointe de tristesse : « Force est de constater les dysfonctionnements du système actuel de coopération internationale. Discutons du thème de la coopération internationale ».

Mais le thème de la compétition semble avoir disparu. Davos distribue en fin de forum des bons points aux pays sur leur compétitivité économique. En général la France est très mal placée, trop de fonctionnaires, trop de dépenses publiques, trop de pression fiscale, marché du travail pas assez libre etc. Mais là, il semble bien qu’on souhaite parler de coopération plus que de compétition entre pays.

Ce n’est pas encore la nuit du 4 août

Est-ce à dire que le règne du chacun pour soi s’achève au profit de la gouvernance pour tous ? Un pas qu’il ne faut pas franchir. Car ces 1000 dirigeants de grandes entreprises, sont, à peu près les mêmes : comment, du jour au lendemain, eux qui réclamaient moins d’Etat et d’impôt, réclameraient-ils plus de gouvernance et de régulation ? « Contrôlez-nous, par pitié ne nous laissez pas faire ! Voyez de quoi nous sommes capables ! » On pourrait rêver d’une nuit du 4 août…Mais que serait une nuit du 4 août en matière économique ? Quel type de privilège pourrait abandonner une multinationale ? La liberté d’une multinationale, disait ce patron, c’est d’aller chercher le travail là où il est le meilleur marché, les subventions là où elles sont les plus fortes, et les sièges sociaux là où les impôts sont les plus faibles. Une entreprise pourrait-elle abandonner le privilège de définir le partage entre profits et salaires de sa valeur ajoutée ? Non, ne serait-ce que parce qu’on ne voit pas qui pourrait redéfinir ce partage : une instance supranationale qui redistribuerait la richesse du monde ? Elle est loin d’exister.

On aurait pu penser à faire intervenir l’Etat. Il pouvait participer à ce partage dans la mesure où l’Etat-nation avait quelque pouvoir. Il devenait alors l’Etat providence, qui assurait un partage pas trop inégalitaire de la valeur ajoutée, notamment grace aux cotisations sociales et aux impôts. Mais le temps de l’Etat providence au niveau mondial n’est pas encore venu…

Bernard Maris
Retrouvez « L’autre économie » la chronique de Bernard Maris sur France Inter du lundi au jeudi à 6h50

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