Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 janvier 2010

La « prestation » de Nicolas Sarkozy

Quel étrange langage est le nôtre ! Le fait même de commenter à l’unisson la « prestation » du Président révèle l’exercice pour ce qu’il est : une performance médiatique (ou sportive).

Peu importe que Laurent Joffrin de Libé et quelques autres « éditocrates » l’aient trouvé bon. Ce qui compte, c’est ce qu’il va changer à sa politique. Et la réponse est très simple : rien.

Nicolas Sarkozy prend même le risque de pronostiquer une baisse du chômage. Si seulement cela se réalisait ! Mais une reprise de la croissance (molle) n’y suffira pas. Il est vrai qu’il avait déjà dit, entre autres, que  » personne ne s‘apercevait désormais d’une grève », qu’il serait « le Président du pouvoir d’achat » ou « que plus personne ne dormirait dans la rue d’ici deux ans ».

Tout cette « émission » était en réalité un écran de fumée. Comme d’habitude, c’est le Figaro qui vend la mèche avec son titre : « Le nouveau Sarkozy ». Les conseillers en communication de l’Elysée avaient décidé et donc le Figaro répète, qu’il y avait « plus de sérénité, plus d’écoute, pour un débat apaisé ».

Françaises, Français savourez votre immense bonheur.

Jean-Louis Bianco pour son blog « de près, de loin« 

Voile intégral : par où en sortir ?

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

On aimerait qu’aucune femme n’ait jamais l’idée saugrenue de se cacher pour plaire à Dieu. On aimerait qu’aucun homme n’ait jamais envie de couvrir sa femme, comme une voiture ou un canapé, pour se l’approprier. On aimerait que ce débat, difficile et compliqué, se déroule dans une époque enchantée, où il n’y aurait ni polémique opportuniste sur l’identité nationale ni vote suisse contre les minarets. On aimerait vivre dans un monde où il n’existerait ni intégrisme pour nourrir le racisme ni racisme pour nourrir l’intégrisme. On aimerait…

Mais s’il suffisait de claquer des doigts pour vivre dans un monde idéal, cela se saurait. Le débat sur le voile intégral est là, il faut bien le mener. Il est là parce que des parlementaires s’en sont emparés, ce qui n’est pas absurde en démocratie, mais surtout parce que le voile intégral choque. Ce qui est plutôt rassurant pour un pays attaché à l’égalité. Il faut une sacrée dose de différentialisme,  le frère jumeau du racisme,  pour ne ressentir aucun frisson en voyant des ombres de femmes hanter certains quartiers comme si nous étions en Arabie saoudite. Espérons que l’on ne s’y habitue jamais.

Peut-on, pour autant, tout régler par l’interdit ? C’est là que le débat devient plus complexe. Il est possible d’interdire un signe religieux inégalitaire à l’école publique, au nom de sa vocation émancipatrice.  Ainsi que dans les services publics et les lieux représentant la République, à cause de cette symbolique.  Mais dans la rue ?  Ici, le choix d’un individu – fût-il aliénant – prime. Tant qu’il ne nuit pas à la sécurité ou à l’ »ordre public ».

Une loi symbolique contre le voile intégral aurait l’inconvénient d’être particulariste et prendrait le risque d’être inapplicable. Pourquoi interdire le voile intégral mais pas le port du masque en période de grippe A ? A cause de la dignité des femmes ? Mais alors, pourquoi ne pas interdire le voile simple ?  Ne porte-t-il pas atteinte à la dignité des femmes ?  Et si on interdisait le voile simple dans la rue, pourquoi ne pas interdire tout signe politique tendancieux ? Evitons ce cercle infernal, et cherchons l’efficacité.

Dans cette affaire, il faut dissocier deux choses : les raisons pour lesquelles on souhaite combattre le voile intégral  (la dignité des femmes) et celles que l’on peut invoquer pour restreindre cet uniforme sectaire (la sécurité).  C’est ce que permettrait la combinaison intelligente d’une résolution solennelle avec une série de règlements plus généraux, concernant le devoir de s’identifier. (more…)

26 janvier 2010

Privatisons l’identité nationale.

Filed under: humour — iledere @ 12:00

Le club des amis de Barro-Sarko-Berlu et des amis des amis des amis de ceux précités (c’est un peu long mais jamais assez pour n’oublier personne, un bon lèche-botte-blues ne badine pas avec la rigueur de l’exhaustivité !), or donc, notre club préféré toujours animé du plus pur esprit républicain et respectueux, sans craindre de friser l’obséquiosité, du bon vieux principe de la concurrence libre et non faussée, engagé jusqu’au oreilles dans la plus sainte des guerres saintes, caractérisée par le plus symbolique des actes de bravoure, en l’occurrence d’aller chercher avec les dents le moindre millimètre carré de » liberté, d’égalité et de fraternité « , ces fameux hiéroglyphes qui ont eu raison de la perspicacité de Champolion mais qui font quand même beaux dans une phrase et qui valent bien la plus vaillante des croisades, ce club dont on ne compte plus les victoires ô combien ensanglantées qui ont sorti l’école, la justice, la santé, l’énergie, l’eau et l’alimentation des griffes du Grand Fléau ( inscrit au panthéon et au fichier Edwige comme étant l’être démoniaque absolu, connu aussi sous cet horrible nom à la sonorité indigeste de «Service Public ») propose, par souci de sortir de l’enlisement par le haut le débat de notre très loyal frère Besson, de tout simplement, et sans arrière pensée aucune, de privatiser l’identité nationale..

D’ors et déjà, notre Saint-Père-Président qui ne veut pas être le dernier dans cette affaire a lancé les bases de ce nouveau jour en créant la SA S2I (Société d’Investissement en Identité) et a nommé son premier ministre de l’intérieur et de l’immigration (et de tout le reste même ce qui n’est pas écrit ou encore inventé), au poste de PDG de cette nouvelle société, il cumulera donc pour le bien de tous et la plus grande cohérence de l’ensemble les deux fonctions, toutefois il nous annonce dés à présent , tout à son honneur, qu’il renoncera à ses tickets restaurant.
La SA S2I aura donc pour rôle essentiel de délivrer contre un solide (très solide !) et vertueux sonnant et trébuchant une belle carte d’identité tout ce qu’il y a de plus officiel.

A l’achat du pack « carte d’identité » vous sera généreusement offert en cadeau de bienvenue :
3 gardes du corps, 12 caméras thermiques, 3 tests ADN et 200m de clôture électrifiée garanti acier inoxydable.
Mais la SA S2I se veut avant tout s’engager dans une démarche philanthropique, et outre quelques coups de canifs autorisés à la libre concurrence non faussée grâce à des prêts à taux zéro réservés aux actionnaires de la S2I et aux pauvres (comprendre ici ceux dont le château ne dépasse pas 500 m2 de surface au sol) et bien sûr les incontournables aides aux agriculteurs seront tolérées mais toutefois à la discrétion du ministère.

Outre donc ces quelques oboles, Carla Bruni-Sarkosy vient de faire l’annonce officielle qu’elle versera sur ses deniers personnels à la fondation S2I-Carla-Bruni-Sarkosy de quoi construire une église au fin du désert de Gobi, lieu choisi à l’unanimité par les actionnaires de SA S2I, par pur souci d’hygiène, pour parquer (loger à titre gracieux) tout apatride qui aurait eu cette très curieuse idée, à tort et en toute liberté bien sûr, de négliger de s’endetter jusqu’au trognon (d’investir) dans l’achat d’ une belle carte d’identité.

La main Gauche

Le monde judiciaire entre en résistance

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 6:44

 La “répudiation” tardive de Rachida Dati n’aura pas suffi à couper le feu sous la marmite du petit monde de la justice. L’exaspération n’est plus feutrée mais désormais affichée au grand jour.

Fait rarissime, l’audience solennelle de la Cour de cassation, le 14 janvier dernier, a été l’occasion pour des centaines de magistrats, avocats et fonctionnaires de clamer ouvertement leur ras-le bol. Appelé à jouer les pompiers de service dans une ambiance rappelant le congrès des maires de fin d’année dernière, François Fillon a été accueilli par un slogan des plus explicites : “Assis, debout, mais pas couchés, non à une justice aux ordres“.

Jean-Louis Nadal, procureur général auprès de la Cour de cassation soit, le plus haut représentant du ministère public en France, a sonné le tocsin en estimant que le statut du parquet doit être reconsidéré. La suppression programmée du juge d’instruction, dont les pouvoirs d’enquête doivent être transférés à des procureurs marqués par un lien de subordination avec la Chancellerie, constitue la goutte qui fait déborder le vase.

Signes de l’ébullition du monde judiciaire, trois syndicats de magistrats ont appelé dernièrement au boycott de l’audience solennelle de rentrée de la cour d’appel de Paris en protestation “contre une reprise en main de la magistrature et une paupérisation de la justice”. De leur côté, le Conseil national des barreaux (CNB) qui représente les 50.000 avocats de France, et l’Union syndicale des magistrats ont créé un groupe de travail sur la réforme de la procédure pénale.

Dans ce climat “pré- insurrectionnel”, les acteurs de la justice appellent à la tenue d’états généraux de la justice pénale. Ce qui est principalement en cause, c’est certes la question de l’indépendance du parquet, gage du non étouffement des affaires politico-judiciaires, mais au-delà, l’indépendance de la justice dans son ensemble au moment où se multiplient des nominations de plus en plus ouvertement politiques. (more…)

25 janvier 2010

Un bonus pour les chômeurs !

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:30

Près d’un million de chômeurs vont arriver en fin de droits cette année. J’avais tiré la sonnette d’alarme ici-même le 17 décembre. Pourquoi tant de chômeurs vont-ils arriver en fin de droits ? Parce qu’il y a plus de chômeurs. Parce qu’il y a peu d’embauches. Parce que les durées d’indemnisation ont été réduites par le régime d’assurance – chômage en particulier pour les contrats courts.

Le gouvernement continue à renvoyer la balle aux partenaires sociaux.

Que faire?
Il faut tout de suite prolonger la période d’indemnisation. C’est en effet, en principe, l’affaire des partenaires sociaux. Mais à défaut d’accord rapide, il faudra que l’État prenne ses responsabilités, Il faut aussi financer l’amélioration de l’indemnisation des chômeurs par un système de bonus-malus : plus il y a de précarité dans une entreprise d’un secteur donné, plus elle devra contribuer à la solidarité nationale. Et inversement . Il y a urgence. Si le gouvernement reste immobile, on va assister à une explosion du RSA et l’État va une nouvelle fois se défausser sur les conseils généraux. Comme l’a dit Gaëtan Gorce : « Il y a des bonus pour les traders, nous demandons un bonus pour les chômeurs ! »

Jean Louis Bianco pour son blog « De près, de loin »

Les socialistes sonnent le tocsin contre la télé-Sarkozy

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:30

Les chevau-légers du PS (…et tant pis si certains d’entre eux ne font pas toujours dans la finesse) se sont lancés à l’assaut de la citadelle de la télé-Sarkozy.
Dans l’édition du Monde datée 24-25 janvier, Vincent Peillon persiste dans sa charge contre le service public. Dénonçant « la servilité » des dirigeants de France Télévision, il assure ne rien regretter du lapin posé à Arlette Chabot le 14 janvier sur France2 et assure apporter des éléments à sa décharge. De son côté, la direction de France Télévisions s’est dite « indignée des propos injurieux et mensongers » tenus par l’eurodéputé.

En fait, une émission chasse l’autre. L’ire socialiste se mobilise désormais contre ce grand moment de télévision que devrait être, lundi 25 janvier, la participation de Nicolas Sarkozy, sur TF1, à l’émission spéciale, « Paroles de Français » quelques jours avant le début de l’amorce du décompte des temps de parole pour les élections régionales.
Le président de la République devrait passer une soirée pas trop difficile sur la chaine de son ami Martin Bouygues qui a délégué pour le mettre sur le grill l’impertinente Laurence Ferrari et la légende de la profession qu’est Jean-Pierre Pernaud. Le porte-parole du PS, Benoît Hamon en appelle au CSA et ironise en considérant que le président de la République étant supposé « être intégré dans le temps de parole du gouvernement pour tout ce qui concerne la politique intérieure » il ne « devrait pas y avoir en théorie beaucoup de (membres du) gouvernement sur TF1 pendant un mois ». Reste à savoir s’il parlera tant que cela de politique intérieure. Patrick Bloche, député de Paris et secrétaire national du PS chargé des médias, considère dans une interview au Post qu’une « nouvelle fois, la communication présidentielle bénéficie d’un relais complaisant de la part de TF1 ». Selon lui, « on retrouve les liens coupables entre Sarkozy et les groupes industriels qui contrôlent les grands groupes de médias ».

Les montées au créneau des socialistes contre la télé pro-Sarkozy n’ont rien d’inhabituel. La question est de savoir si, cette fois, une phase nouvelle s’ouvre. Depuis quelques semaines – en particulier depuis le lancement du débat sur « l’identité nationale » – les rapports entre la télévision et le pouvoir ont-ils franchi un échelon supplémentaire ? Enregistrent-ils un « saut qualitatif » ? (more…)

24 janvier 2010

Clash Sarkozy/Fogiel: c’est du brutal!

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

p^pSouvenez-vous, il y a un mois, quelques échos de presse avait signalé que le président de la République s’en était pris violemment à Marc-Olivier Fogiel lors de la cérémonie de remise de la Légion d’honneur à l’inoubliable auteur de la mouche qui pète.
Ces échos avaient inquiété l’animateur et son entourage, à quelques mois du changement de tête présidentielle à France Télévisions.
Ce que l’on vous a dit à l’époque est loin, très loin de la vérité brute. C’est un peu comme l’affrontement entre l’actuel chef de l’Etat et Dominique Strauss-Kahn en marge du G20. Il faut plusieurs salves d’échos avant d’avoir le fin mot de l’histoire.
Hasard de la vie, j’ai croisé hier le chemin de deux témoins qui ont assisté à la scène qui s’est jouée à cinquante centimètres d’eux, il y a un mois au palais de l’Elysée. Ils ont tout vu, tout entendu, mieux que d’autres qui ont raconté aux échotiers ce qu’ils avaient vu et entendu de plus loin.

Plantons à nouveau le décor.
Nous sommes dans la salle des fêtes de l’Elysée. Le président décore Dominique Farrugia, après avoir prononcé le petit discours de rigueur. Il se tient sur une petite estrade, pour les besoins des caméras qui immortalisent le moment, face à un parterre d’invités, tous des copains ou proches de Farrugia. Il y a là Lescure, Chabat et compagnie, le Canal historique comme dirait l’autre.
La décoration accrochée, le président quitte la petite estrade, au pied de laquelle se tiennent mes témoins. Et c’est là que sous leurs yeux se joue la fameuse scène.
La voici telle qu’ils me l’ont narrée:
Au pied de l’estrade, Marc-Olivier Fogiel attend le chef de l’Etat. Tout sourire, il se rue sur lui et lui demande la permission de faire une photo en sa compagnie. Le président est surpris, esquisse un rictus de gêne, de contrariété, mais il accepte.
Fogiel sort alors un appareil photo de sa poche, et demande à un ami de prendre un cliché de sa personne et du président de la République ensemble. C’est l’affaire de quelques secondes, mais visiblement, selon mes témoins, cela agace le président. (more…)

Que risquent Villepin… et Sarkozy ?

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 6:30

Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin (Sipa)Le tribunal de grande instance de Paris rendra son jugement, jeudi 28 janvier, dans l’affaire Clearstream. Nouvelobs.com dresse l’inventaire des scénarios possibles.

Trois mois après le procès Clearstream, le tribunal de grande instance de Paris rendra son jugement, jeudi 28 janvier, sur ce qui a été sans conteste le feuilleton politico-judiciaire de la décennie. Un verdict très attendu par Dominique de Villepin, assis sur le banc des prévenus, et Nicolas Sarkozy, sur celui des parties civiles, qui ont transformé en un duel sans merci cette affaire de listings bancaires sur lesquels ont été ajoutés des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, afin de faire croire qu’ils étaient corrompus.
Dominique de Villepin a-t-il tenté de gêner Nicolas Sarkozy dans sa course à l’Elysée en se rendant coupable de dénonciation calomnieuse ? Difficile de parier sur la réponse que donnera le tribunal, d’autant que le procès, qui s’est tenu du 21 septembre au 23 octobre, n’a pas permis de lever toutes les zones d’ombres de l’affaire.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la décision qui sera rendue aura un impact direct sur le destin politique de Dominique de Villepin.

Inventaire des différents scénarios possibles.

Ce que Villepin risque

Les peines maximales encourues par Dominique de Villepin et ses quatre co-prévenus vont jusqu’à cinq ans de prison et dix ans d’inéligibilité. Lors de ses réquisitions, le ministère public a réclamé, le 20 octobre dernier, 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d’amende contre l’ancien Premier ministre, mais pas son inéligibilité. Le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin a estimé que Dominique de Villepin s’était rendu « complice » de dénonciation calomnieuse « en cautionnant par son silence les agissements de Jean-Louis Gergorin« , l’ancien vice-président d’EADS. Mais si « des présomptions permettent légitimement de s’interroger sur le comportement de Dominique de Villepin » à cette époque, « il manque des preuves tangibles de son implication consciente et délibérée« , a-t-il néanmoins concédé. Vu ces réquisitions et le spectacle cacophonique qui nous a été offert par le procès où tout s’est quasiment joué parole contre parole, il est probable que le tribunal n’aille pas faire du zèle.

L’intéressé, lui, déclarait, sur BFM Radio, le 14 janvier dernier, attendre le délibéré « avec la tranquillité de quelqu’un qui n’a rien à se reprocher« , persuadé que quelque soit le verdict, il en sortira gagnant. Le procès lui-même était déjà, à l’entendre, une victoire en soi. « Clearstream est le plus beau cadeau politique » qu’on lui ait jamais offert, prétendait-il, plein d’emphase, en octobre, comme le racontait à l’époque un article du Nouvel Obs. Selon la thèse – très orgueilleuse – qu’il a choisie d’afficher dans les médias, Nicolas Sarkozy lui « a offert une légitimité bien plus grande encore que celle des urnes. Je suis celui qui lui résiste. Le seul, le dernier. Sarkozy m’a ressuscité« . (more…)

23 janvier 2010

Peut-on réformer les Etats-Unis ?

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:39

Bilan d’étape pour M. Obama
Le combat politique fait parfois la part trop belle à des oppositions personnalisées, à des rejets obsessionnels. Les nécessités de la lutte frontale enfantent alors des regroupements hétéroclites motivés par le seul désir de détruire la même cible. Sitôt l’ennemi à terre, les ennuis commencent. Et avec eux la question : que faire à présent ? Au fil des choix politiques, les équivoques qui favorisaient l’ancien cartel des opposants doivent être levées ; le désenchantement s’installe. Avant longtemps, l’adversaire détesté revient au pouvoir. Sa halte dans l’opposition ne l’a pas rendu plus aimable.

Un tel schéma s’est déjà appliqué à l’Italie de M. Silvio Berlusconi. Vaincu en 1995 par un centre-gauche à la fois pâlichon et sans projet, il triomphait à nouveau six ans plus tard. Ces temps-ci, dans la France de M. Nicolas Sarkozy aussi, les alliances de circonstance se multiplient, tantôt entre partis (écologistes, centristes, socialistes), tantôt entre personnalités (M. Dominique de Villepin côtoie le temps d’un appel antigouvernemental M. Olivier Besancenot, dont presque tout le sépare). Une seule cible, le chef de l’Etat. Bon, mais après ?

Le triptyque coalition de rencontre, proposition politique incertaine, déception programmée renvoie également à l’actualité américaine. Il y a un an, la déroute des républicains et la fin de la présidence de M. George W. Bush ont provoqué un moment de liesse. Même si une partie de l’électorat, dont le sort ne s’est pas amélioré, continue de faire confiance à M. Obama (lire « Detroit, la ville afro-américaine qui rétrécit »), cet enthousiasme paraît révolu. L’intensification de la guerre en Afghanistan désole les pacifistes, la réforme du système de santé se situe en deçà des espérances raisonnables, tout comme la politique environnementale. Le jugement « moins que bien, mais mieux que rien » se propage et génère un climat maussade. La passion politique change à nouveau de camp.

Une telle spirale de l’enlisement conforte le poids des lobbies en même temps qu’elle oblige à s’interroger sur le pouvoir réel du président des Etats-Unis. L’actuel n’est pas M. Bush, c’est entendu ; M. Romano Prodi ne fut pas M. Berlusconi non plus. Mais ce n’est pas assez pour savoir où va M. Obama et pour donner envie de le suivre. Or le pays souffre : le taux de chômage s’est envolé, des quartiers entiers sont constitués de maisons saisies par leurs créanciers. Le président ne manque pas de parler, de s’expliquer, d’essayer de convaincre ; ses discours s’enchaînent, éloquents souvent. Qu’en reste-t-il ? Il condamne, au Caire, les colonies israéliennes ; de nouvelles s’implantent, il s’y résigne. Il promet une réforme ambitieuse du système de santé ; les parlementaires l’édulcorent, il s’en satisfait. (more…)

« Page précédentePage suivante »

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons