Le tribunal de grande instance de Paris rendra son jugement, jeudi 28 janvier, dans l’affaire Clearstream. Nouvelobs.com dresse l’inventaire des scénarios possibles.
Trois mois après le procès Clearstream, le tribunal de grande instance de Paris rendra son jugement, jeudi 28 janvier, sur ce qui a été sans conteste le feuilleton politico-judiciaire de la décennie. Un verdict très attendu par Dominique de Villepin, assis sur le banc des prévenus, et Nicolas Sarkozy, sur celui des parties civiles, qui ont transformé en un duel sans merci cette affaire de listings bancaires sur lesquels ont été ajoutés des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, afin de faire croire qu’ils étaient corrompus.
Dominique de Villepin a-t-il tenté de gêner Nicolas Sarkozy dans sa course à l’Elysée en se rendant coupable de dénonciation calomnieuse ? Difficile de parier sur la réponse que donnera le tribunal, d’autant que le procès, qui s’est tenu du 21 septembre au 23 octobre, n’a pas permis de lever toutes les zones d’ombres de l’affaire.
Ce qui est sûr, en revanche, c’est que la décision qui sera rendue aura un impact direct sur le destin politique de Dominique de Villepin.
Inventaire des différents scénarios possibles.
Ce que Villepin risque
Les peines maximales encourues par Dominique de Villepin et ses quatre co-prévenus vont jusqu’à cinq ans de prison et dix ans d’inéligibilité. Lors de ses réquisitions, le ministère public a réclamé, le 20 octobre dernier, 18 mois de prison avec sursis et 45.000 euros d’amende contre l’ancien Premier ministre, mais pas son inéligibilité. Le procureur de la République de Paris Jean-Claude Marin a estimé que Dominique de Villepin s’était rendu « complice » de dénonciation calomnieuse « en cautionnant par son silence les agissements de Jean-Louis Gergorin« , l’ancien vice-président d’EADS. Mais si « des présomptions permettent légitimement de s’interroger sur le comportement de Dominique de Villepin » à cette époque, « il manque des preuves tangibles de son implication consciente et délibérée« , a-t-il néanmoins concédé. Vu ces réquisitions et le spectacle cacophonique qui nous a été offert par le procès où tout s’est quasiment joué parole contre parole, il est probable que le tribunal n’aille pas faire du zèle.
L’intéressé, lui, déclarait, sur BFM Radio, le 14 janvier dernier, attendre le délibéré « avec la tranquillité de quelqu’un qui n’a rien à se reprocher« , persuadé que quelque soit le verdict, il en sortira gagnant. Le procès lui-même était déjà, à l’entendre, une victoire en soi. « Clearstream est le plus beau cadeau politique » qu’on lui ait jamais offert, prétendait-il, plein d’emphase, en octobre, comme le racontait à l’époque un article du Nouvel Obs. Selon la thèse – très orgueilleuse – qu’il a choisie d’afficher dans les médias, Nicolas Sarkozy lui « a offert une légitimité bien plus grande encore que celle des urnes. Je suis celui qui lui résiste. Le seul, le dernier. Sarkozy m’a ressuscité« . (Lire la suite…)