Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 février 2010

Claude Allègre en Poujade du climat

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:30

Un pingouin avance sur la banquise. C’est Claude Allègre, ceint d’un costume bleu marine et fier comme un paon, qui semble marcher sur les eaux polaires. L’image fait la couverture du nouveau livre de l’ancien ministre, dont le titre clignote en lettres jaunes plaquées sur un ciel marbré : L’imposture climatique, ou la fausse écologie. Faut-il le prendre au sérieux ?

Depuis quelques années, le géophysicien a insufflé une nouvelle vie à sa carrière médiatique en devenant l’intellectuel français le plus ouvertement climato-sceptique, mettant tout à tour en cause la réalité du réchauffement de la planète et la responsabilité de l’homme dans ce dérèglement. A chaque fois, la méthode est la même: appuyer ses dires sur ses palmes académiques (Ne suis-je pas un grand chercheur? N’ai-je pas reçu le prix Crafoord?) et dénoncer l’unanimisme ambiant. En pleine crise du climat après l’échec de Copenhague, il publie à point nommé un nouveau livre pour mettre un terme à «la panique climatique» et à la «conspiration» qui «a pu imposer le mythe du réchauffement climatique». Vaste programme. Que propose Claude Allègre pour réfuter plus de vingt ans de travaux du Giec? Une enquête personnelle? Non, une enfilade de questions-réponses avec le journaliste Dominique de Montvalon, ancien directeur du Parisien, qui assaille l’ancien ministre de questions implacables: «Pourquoi? Parce que vous êtes foncièrement rebelle?», «Vous, ils n’ont pas réussi à vous “normaliser”!», «Vous êtes devenu un véritable “expert” en climat, ne vous en déplaise!», «Vous êtes décidément l’apôtre de la complexité»…

On peut prendre à la légère cet exercice, et n’y voir qu’une provocation parfaitement calibrée pour les talk-shows et les têtes de gondole des Relay. En ce cas, la lecture de cet article peut s’arrêter ici, sur un florilège des citations les plus ridicules d’un ouvrage qui n’en manque pas: «Le vrai écologiste militant ne sourit jamais» (p. 224), «Les écologistes sont contre tout. Leur but, c’est la destruction de notre monde, qu’ils abhorrent» (p. 270), «On invite (les gens, ndlr) à lutter contre un possible et supposé inquiétant réchauffement climatique: en attendant, ils meurent de froid et ils sont au chômage» (p. 16).

Copie mal corrigée

On peut aussi décider de considérer sérieusement le livre d’un ancien ministre de gauche, géophysicien de renom – reconnu pour ses découvertes en géochimie isotopique –, intervenant prolixe sur la scène médiatique et bon vendeur (Ma vérité sur la planète, première salve contre le changement climatique en 2007, s’est vendu à 90.000 exemplaires selon son éditeur). Car on peut faire le pari que ce que dit Claude Allègre sera écouté, qu’il convaincra certains lecteurs, peut-être même des parlementaires qui auront à voter la création de la contribution carbone et le deuxième volet de la loi Grenelle de l’environnement. Or le livre qu’ils auront sous les yeux n’est pas un simple pamphlet de plus sur le climat. S’y loge un discours idéologique marqué par un complotisme vivace.

A ces lecteurs sérieux de Claude Allègre, il convient d’abord de dire que l’imposture climatique est une copie mal corrigée. Il y a les petites erreurs, comme d’écrire (p. 159) que «93% des émissions de CO2» étaient exemptes de la taxe carbone votée l’année dernière avant la censure par le Conseil constitutionnel, alors que ce chiffre ne concerne que les émissions de l’industrie. Pas rien certes, mais pas autant qu’il le dit: les rejets de CO2 de l’industrie (énergétique + manufacturière) ne représentent que 40% des émissions totales de CO2 en France.

Il y a, ensuite, l’assertion selon laquelle «depuis dix ans, la température moyenne du globe a désormais tendance à décroître» (p. 18). Cette affirmation est fausse, explique Hervé Le Treut, directeur du laboratoire de météorologie dynamique et membre de l’Académie des sciences, joint par Mediapart: «L’effet du réchauffement lié aux gaz à effet de serre, qui ne fait que commencer, se superpose à celui de la variabilité naturelle, très sensible dans les Tropiques. Ainsi l’année 1998 a été particulièrement chaude, et par comparaison les années suivantes apparaissent plus froides. Mais sur trente ans, on observe des niveaux qui montent, particulièrement dans la région Arctique où on observe désormais des effets très clairs comme la fonte du Groenland ou le retrait de la banquise d’été: ces effets ont été particulièrement importants dans la dernière décennie.»

Avec gourmandise, Claude Allègre s’attaque à deux grands symboles de la pédagogie médiatique du climat: la disparition des neiges du Kilimandjaro et la menace d’engloutissement des îles du Pacifique. Selon lui, rien à voir avec le changement climatique. Si la calotte de neige du sommet africain fond, c’est à cause d’une modification des courants océaniques, et si Tuvalu et les Maldives craignent de s’enfoncer sous la mer, c’est à cause d’un phénomène propre aux régions côtières. «Comme chaque fois que l’on s’intéresse à un facteur local, il entre en jeu des facteurs multiples, souvent très complexes, répond Hervé Le Treut. Mais le cadre global n’est pas ambigu: le réchauffement des régions continentales est prouvé par un réseau de mesures très dense, et le relèvement du niveau de la mer est désormais mesuré de manière fiable par satellites.» A la décharge de l’auteur, la surexploitation médiatique du sort des neiges du Kilimandjaro fait tiquer les scientifiques. Quand Yann Arthus-Bertrand photographie le sommet à sec, il fabrique une icône, sans se soucier du diagnostic plus prudent et plus complexe de la science.

On voit ainsi se dessiner une tendance de Claude Allègre à inventer de fausses explications à de vrais problèmes. En d’autres endroits de son livre, il se met même à inventer de faux problèmes, en prétendant dénoncer des dogmes qui font en fait l’objet d’intenses débats entre chercheurs. C’est le cas de la fameuse courbe de Mann, en forme de crosse de hockey, reproduite par Al Gore dans son film Une vérité qui dérange. Le graphique montre l’évolution parallèle des niveaux de températures et des émissions de CO2 dans le monde. Plates pendant des siècles, elles bifurquent brusquement avec la révolution industrielle et progressent à une vitesse vertigineuse. Pour Allègre, ces courbes sont fausses. C’est donc la preuve que le lien entre gaz carbonique et réchauffement n’est pas avéré. Pour Le Treut, «la courbe de Mann a suscité de très longs débats, et plusieurs versions alternatives gomment cette discontinuité brutale au début de l’ère industrielle. Mais ces discussions sont complètement déconnectées de la prévision des modèles: les gaz à effet de serre ont surtout augmenté après les années 1950, le réchauffement n’a pu se dégager de la variabilité naturelle du climat que dans les années 1980 ou 1990. Les modèles n’utilisent absolument pas ces données anciennes».

Sus à » l’alarmisme climatique » .
Car le cœur du problème, pour Allègre, c’est bien le réchauffement climatique, ce «mythe sans fondement» et la responsabilité de l’homme dans ces dérèglements. «L’influence majeure du CO2 sur le climat n’est pas démontrée», prétend-il. C’est «une imposture» d’affirmer «au nom de la science qu’il y aurait un lien dominant entre les dégagements d’origine anthropique du CO2 et le climat».

Mais pour Hervé Le Treut, le rôle du CO2 sur le climat est établi, et celui de l’homme dans ses émissions un fait certain: « On sait que sans les gaz à effet de serre la température de la planète serait de -18°C, au lieu de 15°C, et que le CO2 contribue pour près d’un tiers à cet effet de serre naturel. Des centaines d’études montrent que si le CO2 continue d’augmenter, la planète se réchauffera de quelques degrés d’ici la fin du siècle, un effet très rapide. Trente ans de modélisation du climat, avec des modèles de plus en plus complexes, n’ont pas permis de déceler un mécanisme crédible qui puisse l’empêcher

Au passage, Allègre reprend une critique de café du commerce contre la climatologie: comment une science pourrait-elle prétendre connaître les températures du futur alors qu’on ne sait pas quel temps il fera dans trois jours. «On ne saura jamais calculer si le mois de juin 2056 sera pluvieux en France, reprend Hervé Le Treut. La notion de risque climatique futur se base sur un fait simple: un gaz à effet de serre comme le CO2 reste longtemps dans l’atmosphère. Plus de la moitié de ce que nous émettons maintenant sera encore là dans un siècle, et les modèles en évaluent les impacts partout sur la planète.»

«Alarmisme climatique», dénonce Claude Allègre, en se moquant des spécialistes du climat qui s’inquiètent d’un réchauffement après avoir tenté d’alerter le monde, dans les années 1970, sur le refroidissement du globe, et le risque de nouvel âge glaciaire. Le géophysicien défend depuis longtemps l’idée que c’est le soleil qui pourrait faire changer le climat. C’est l’hypothèse défendue par Vincent Courtillot, successeur de Claude Allègre à la tête de l’Institut de physique du globe. Or, ce que Claude Allègre ne dit à aucun moment du livre c’est que l’Académie des sciences convoqua un débat sur le sujet en 2007. A huis clos, Hervé Le Treut et Edouard Bard, professeur au Collège de France, réduisirent en miettes l’hypothèse d’une variation de la température à cause du soleil (retrouvez-en le récit ici). Une cuisante défaite scientifique pour le camp Allègre.

Qu’est-ce que l’«imposture climatique» dénoncée par Claude Allègre? Difficile de cerner la question avec précision. Il écrit que «le changement climatique est réel et, quel qu’il soit, demain, qu’il faudra s’y adapter». Alors mythe sans fondement ou réalité? Il se contredit d’une page à l’autre, et plus on avance dans le livre, plus «l’imposture» devient confuse et se dégonfle. Pour un chercheur, il cite bien peu de revues scientifiques – quelques-unes quand même. Se réfère abondamment à des articles de la presse généraliste, des best-sellers (L’Ecologiste sceptique de Bjorn Lomborg par exemple). Et rend hommage à Laurent Cabrol, présentateur de la météo sur Europe 1 – qui lui-même cite Allègre dans ses écrits, dans un éternel renvoi d’ascenseur de l’un à l’autre.

Parmi les climato-sceptiques auxquels il se réfère, figure le physicien américain Richard Lindzen, dont Mediapart avait raconté en décembre les accointances avec les lobbies pétroliers (retrouver ici l’article). Autre erreur: il ne cesse d’assimiler les écologistes à la décroissance, alors que d’Europe Ecologie à Jean-Louis Borloo, en passant par bien des économistes du climat, les exemples abondent de personnalités dénonçant les risques du changement climatique, tout en acceptant le cadre de la croissance verte.

La «Résistance» face au «totalitarisme» climatique
Quel est au fond le message de Claude Allègre ? Il prétend lancer une controverse scientifique, mais ses arguments sont, on l’a vu, facilement démontables. En fait, la portée de son discours dépasse le seul enjeu du climat. Par son raisonnement, ses références et son vocabulaire, il construit et défend une vision du monde. Cet imaginaire politique repose sur des schémas de pensée peu démocratiques. D’abord, un complotisme caractérisé, motif lancinant du livre: «Il est maintenant établi que quelques individus, agissant de façon discrète et coordonnée, ont les moyens de manipuler l’opinion, en tout cas de l’orienter» (p. 257). Qui sont ces dangereux conspirateurs? Al Gore, pour son film et son prix Nobel de la paix, le climatologue Jean Jouzel, Nicolas Hulot, et surtout le Giec, véritable «système mafieux», «machine de guerre construite par l’Occident pour l’Occident». voir notre photo : le Giec lors de la remise de son prix Nobel de la Paix en 2007)

Aux yeux de Claude Allègre, ce réseau de chercheurs internationaux est coupable d’«intégrisme scientifique», et façonne de «l’imposture» et de l’«intrigue». Car «on cherche à nous imposer une vérité officielle au forceps» (p. 24). Heureusement, un petit cercle d’initiés a su se préserver du lavage de cerveaux collectif: «Beaucoup me disent en privé leur accord avec mes thèses, et certains d’entre eux occupent dans la République des postes très importants.» Dommage qu’on ne les entende pas, mais le fond du problème n’est pas là: l’institution Giec, supposée puissante, est honnie. Elle truque ses données, prétend Allègre sans jamais en apporter la preuve, et censure les chercheurs dissidents, ce qu’il ne démontre pas non plus.

«C’est une méconnaissance complète de ce qu’est le Giec et de comment il fonctionne», réagit auprès de Mediapart Jean Jouzel, ancien vice-président du groupe de travail du Giec sur les principes physiques du changement climatique. «Le Giec, c’est quoi? Un secrétariat d’une dizaine de personnes. Et des scientifiques qui se retrouvent et échangent par emails mais comme le font tous les chercheurs qui travaillent ensemble. Croire que ces scientifiques aient le moindre pouvoir de pression sur les gouvernements est ridicule. C’est Allègre l’imposteur!»

Le scandale du Climategate – provoqué par la fuite organisée d’emails échangés entre chercheurs de l’un des principaux laboratoires du Giec – tisse la toile de fond du livre de Claude Allègre. Mais il ne prend même pas la peine de rappeler les faits, ni d’exposer l’interprétation qu’il en donne. Lui suffit la petite musique de fond que la polémique fait résonner. Tout à sa haine du Giec, l’auteur prête à son ennemi des pouvoirs insoupçonnés. Et s’attribue du même coup un comportement héroïque. Car, c’est un autre leitmotiv du livre, il s’évertue à construire le mythe de la «résistance» climato-sceptique au totalitarisme vert. Ça peut paraître énorme mais c’est écrit en toutes lettres: face au «totalitarisme climatique», «nous, les résistants, nous avons été longtemps apparemment seuls, comme l’étaient hier les opposants au régime soviétique» (p. 140). Et encore plus clairement, p. 130: «Mes parents ont été des résistants de la première heure. Ils ont attendu quatre ans pour voir leur engagement récompensé. Pour moi, c’est un peu la même chose» (il précise quand même «dans des conditions éminemment moins dangereuses»). Allègre, en Jean Moulin du climat?

Tous ces propos en rappellent d’autres: «A chaque contestation, n’est opposé que le silence, dans le meilleur des cas, l’opprobre la plupart du temps (…) On occulte toutes les causes du réchauffement climatique étrangères à l’activité humaine. (…) Que la preuve qu’un trucage organisé des données officiels soit apportée, comme l’affaire du Climategate nous l’a montré, n’y change rien, puisqu’il s’agit d’un dogme qui se passe de toute explication rationnelle.»

Qui parle? Un climatologue dissident? Un responsable politique se confiant à Allègre sous le sceau du secret? Loin de là. C’est Jean-Marie Le Pen, clôturant en public une journée de conférence organisée par le conseil scientifique du Front national, en janvier dernier. Vous pouvez en voir ci-dessous les principaux extraits (montés par Mediapart, pour retrouver la vidéo de l’allocution du président du Front national, vous pouvez cliquer ici).

A entendre le dirigeant du FN, le changement climatique est «un dogme», qui succède à «la mode catastrophiste du refroidissement», et occulte «les problèmes environnementaux plus sérieux comme l’eau potable». Sa véritable cause est à rechercher dans «l’activité solaire». Vaclav Klaus, le président tchèque, a dénoncé «l’alarmisme écologique comme menace pour la liberté». Chacun de ses arguments figure dans le livre de Claude Allègre, qui a dénoncé l’année dernière l’inutilité de la taxe carbone, puis avancé que la France ne représente que 1% des émissions mondiales. Le géophysicien est d’ailleurs cité par Jean-Marie Le Pen.

Qu’en conclure? Claude Allègre n’est pas d’extrême droite. Mais la proximité de son discours avec celui du Front national sur le climat est le symptôme d’un poujadisme immodéré. La liberté critique de l’ancien ministre et sa part de doute scientifique s’abîment dans l’obsession du complot et l’hypertrophie moralisatrice.

Si Claude Allègre a raison, rien de tout cela n’est très grave. Et la postérité lui reconnaîtra peut-être son mérite. Mais s’il a tort ? Il nous fait perdre un temps précieux. En retardant la mise en place de mesures qui permettraient dès aujourd’hui de réduire les gaz à effet de serre, il prend la responsabilité de mettre des vies humaines en péril.

Par Jade Lindgaard pour « Mediapart« 

16 réponses à “Claude Allègre en Poujade du climat”

  1. babelouest dit :

    (décidément) en particulier la science justement devient un enjeu alors qu’elle n’était qu’un sujet d’études.

    Sur le climat, l’Honnête Homme en arrive à ne plus très bien savoir quels sont les vrais faits, quelles sont les vraies conséquences. L’Honnête Homme laissera au garage le 4×4 qu’il n’a pas, prendra le bus s’il le peut, et emportera un parapluie et une ombrelle, pour le cas où…. Que peut-il faire d’autre ?

  2. babelouest dit :

    Un scientifique reste un scientifique :
    1 ) s’il énonce les faits observés, tous les faits observés, rien que les faits observés
    2 ) s’il se contente de cela, et n’en rajoute pas une couche d’interprétation, de supputation qui n’engage plus que lui, et non les faits

    Malheureusement, ce n’est pas ainsi que les choses se passent, ce qui peut provoquer des polémiques dont personne ne sort indemne, en particulier l

  3. surmely dit :

    M.Allègre appartient, malheureusement, à cette mince couche de pseudo intellectuels disposant de gros pouvoirs politiques et financiers,de vrais pouvoirs d' »influence »,à base de réseaux et de lobbies.Une seule chose les effraie:les Lumières,les Lumières de la raison,de la vérité et de l’intelligence.Ces imposteurs,du calibre de M.Allègre,souvent bien en cours,s’inscrivent dans une tradition violemment hostile à l’esprit humain en liberté.Ils ont tourné le dos à la science parce que trop peu rémunératice et n’offrant pas assez d’honneurs en tous genres pour se compromettre avec les pouvoirs politiques ainsi que les pouvoirs de l’argent.Ces intellectuels de pacotille,appartenant à cette tradition,refusant toute éthique, ont,par le passé,conduit Etienne Dolet et Giordano Bruno sur le bûcher puis se sont réclamés,quelques siècles plus tard,de la génétique eugéniste,résolument criminelle,avant de se perdre dans les absurdités du lyssenkisme triomphant,nouveau canon de la science « officielle ».M.Allègre est devenu le cauchemar de tous ceux et toutes celles qui croient dans le progrès humain et dans la force des idées appuyées sur des démonstrations étayées par des arguments recevables et des expériences valables.En suivant M.Allègre il n’est plus question d’enrayer le déclin de l’Humanité mais de hâter sa décadence.

  4. Etienne dit :

    @Louis

    Bonjour,
    Voyez comme le sujet est délicat: vous dites « il est certain que si la quantité de CO2 augment, la température augmentera ». Pourtant, les scientifiques, contributeurs du GIEC ou pas, disent qu’il est « possible » qu’il y ait un effet de saturation, cad qu’à partir d’une certaine quantité, l’effet est « maximum » et ne s’aggrave plus.
    J’insiste bien: Tous les scientifiques admettent cette éventualité. Cela montre que le GIEC n’est pas une imposture scientifique, d’une part, et que beaucoup instrumentalisent cette institution, d’autre part.

  5. Etienne dit :

    @Renaud Fortuner

    Vincent Courtillot n’est évidemment pas un tricheur, MM. Bard et Le Treut non plus! Ces gens polémiquent, se disputent sur des sujets de haute volée scientifique et se respectent. Soyons précis: la discussion a l’académie des sciences ne s’est pas arrétée, il y en a eu plusieurs, et comme le dit bien Jean Jouzel, la discussion est ouverte et continue.
    Le GIEC a fait un excellent travail sur la physique du climat (partie1), mais ses travaux sur les possibles conséquences, sont, eux, entachés de parti-pris politiques. Un seul exemple, parmi beaucoup d’autres: le niveau prévisible des océans; cette partie du rapport 2007 du GIEC est si fantaisiste que les rédacteurs ont dû admettre des « erreurs ». Quand on est aussi péremptoire depuis tant d’années, cela fait désordre. Il y a plein d’autres « erreurs » comme celle-là. Lisez-le, ce foutu rapport, lisez-le!

    Sur le plan politique, je crois que les français ne font pas l’effort de remonter à la création de cet organisme, pourquoi est-il né, qui en a les clés, qui encourage les recherches alarmistes. Très rapidement, car je passais juste deux minutes, il faut savoir que dans les pays anglo-saxons, il n’y a pas d’opposition politique de gauche institutionnelle. Les gens « de gauche », gauche idéologique comme nous la connaissons en France n’existent politiquement que dans des batailles écologiques, tiers-mondistes, sociétales, comme on le dit laidement maintenant.
    Vous suivez? Bon! Alors, la création du GIEC a la fin des années 80 fut une bénédiction pour beaucoup de gens de gauche en Angleterre, aux Etats-Unis et au Canada. Dans ces pays, le GIEC et les grands laboratoires qui traitent le sujet sont devenus des sortes de partis politiques bien difficiles à imaginer en France. Je prendrai deux exemples: Phil Jones, directeur du CRU, est un grand météorologue anglais et fournisseur exclusif pendant de nombreuses années des températures de notre planète. Il est aussi, et là cela se gâte quant à l’impartialité scientifique, un idéologue communiste (quand on pouvait encore l’être!), et Michael Mann, canadien, responsable des erreurs énormes sur la reconstruction des températures passées. Je ne m’étends pas sur lesdites erreurs, le dossier existe, allez voir! Michael Mann est lui aussi un idéologue d’extrème gauche, qui ne cache pas sa joie de casser le système capitaliste. Il n’y a rien de mal là dedans, c’est une opposition politique qui s’exprime. C’est politique, on se bat avec tout ce qui tombe sous la main et c’est bien normal. Normal aussi de « réchauffer » la conscience du bon peuple de façon osée – pour le moins – si celle-ci exprime des doutes. J’ajoute notre Jean Jouzel, scientifique incontestable lui aussi, qui se montre avec ses amis politiques, soigneusement choisis.
    Cet environnement de plus en plus politique entraîne des sympathisants, parmi les journalistes, les gouvernants intéressés, etc. Jane Lingaard qui signe l’articel mentionné tombe dans le piège, relisez sa dernière phrase! Effarant de légèreté! Comme si une augmentation de trois degrés de la température moyenne de la Terre sur un siècle allait spécifiquement « mettre des vies humaines en péril »! Allègre et ses mauvaises manières ont de l’espace disponible, avec des « commentateurs » aussi sots.

    Pas le temps d’aller plus loin, merci de m’avoir lu. Si quelqu’un veut engager une discussion, je le veux bien, mais si cela reste sérieux.

  6. Claude Mardelet dit :

    Je comprends que Monsieur Lionel Jospin en veille beaucoup à Claude Allègre de lui avoir fait fait perdre l’election présidentielle .

  7. louis dit :

    Certes on ne sait pas tout, mais cependant les scientifiques savent que le CO2 est un puissant gaz à effet de serre, tout comme le méthane, et bien d’autres gaz. Si le taux de CO2 augmente dans l’atmosphère, il est certain que la température de la Terre augmentera. Pour mémoire, sans gaz à effet de serre , la température sur Terre serait de -18°, alors qu’elle est proche de 15° actuellement. Il est certes difficile de prévoir avec précision cette augmentation, et le malheur veut que quelques degrés de plus ou de moins change considérablement la face de la Terre. Cela est connu puisqu’il a les traces géologiques de périodes glaciaires et de périodes chaudes. L’équilibre est très fragile semble t-il. La Terre y survivra , mais l’Homme , c’est bien moins sur. La simple hypothèse de la fonte des glaces du Groenland, c’est le niveau de la mer qui augmente considérablement (+ 80 m je crois !. Adieu La Rochelle et l’Aunis) Or, de façon mécanique, à moins de supposer une diminution du nombre d’habitants, ce qui laisse supposer quelques grands malheurs (épidémies, guerre etc.) il est plutôt intelligent d’envisager une réduction des activités qui génèrent inutilement du CO2. Le pillage des ressources naturelles de la planète n’est en aucun cas une bonne idée. Elle est cependant en contradiction avec le mode de vie des occidentaux, et du modèle qu’ils exportent par la voie de la télévision et d’internet, et que de nombreux pays du globe souhaitent connaitre à leur tour.
    L’austérité énergétique n’est pas qu’une bonne idée, c’est une nécessité.

  8. dufourg dit :

    Je pense qu’il faut laisser la parole aux scientifiques des deux camps. Claude Allègre est un scientifique reconnu pas ses pairs il a tout autant le droit de parler qu’un Nicolas Hulot ou un Yann Arhus Bertrand qui eux pour le compte ne sont pas scientifiques. Et y’en a raz le bol d’être culpabilisé. La température globale de la planète à augmenté de 0,8° en 150 ans, la belle affaire. Certifier qu’elle va augmenter de plusieurs degrés en moins de 100 ans c’est ridicule. C’est possible mais on n’en sait rien! Croire qu’on va diminuer les rejets de CO2 c’est tout aussi stupide. Personne ne peut imaginer qu’on ne va pas bruler jusqu’au dernier centilitre de pétrole ou de gaz. Si ce n’est pas nous, ce seront les Chinois, les Indiens ou les Africains. Donc d’ici 2100 le CO2 dans l’atmosphère aura doublé et on n’y peut rien. Et s’il fait un peu plus chaud est-ce vraiment si dramatique? L’homme comme les animaux sont tout à fait capable de s’adapter.

  9. Bourgon dit :

    Je n’ai pas d’avis sur la question en général (vraiment pas), mais cela m’amuse que, dans votre conclusion, vous réinventiez le pari de Pascal: nous qui croyons à l »effet climatique », si nous nous trompons, ce n’est pas grave, on va quand même dans le bon sens; et si nous avons raison, c’est le salut de l’humanité qui est en jeu. A tous les coups l’on gagne, quand on est dans le camp des élus.Quant à l’autre camp, s’il a raison, c’est insignifiant; s’il a tort, ils seront tous damnés. D’ailleurs, ils ont déjà des arguments communs avec le diable.

  10. Perplexus solaris dit :

    Le doute oui, mais pas l’affirmation de contre-vérités. Je propose qu’on laisse Claude Allègre sur son glaçon pour qu’il puisse vérifier que la banquise ne fond pas.

  11. Bravo pour cette excellente mise au point. Un détail : quand vous parlez de Vincent Courtillot, vous parlez bien du Vincent Courtillot qui a été accusé de manipulation de données par Edouard Bard, professeur au Collège de France (Voir le Monde des 19/20 décembre 2007 et 15 janvier 2008) et par R. Pierrehumbert, professeur de géosciences à l’université de Chicago, qui se demandait sur RealClimate le 18 décembre 2007, si les travaux de Courtillot « franchissent la ligne séparant l’erreur simple de la tromperie active » ? Savez-vous si Courtillot a été blanchi de ces graves accusations ? Je suis étonné d’apprendre qu’il se trouve à la tête de l’institut de physique du globe.
    Renaud Fortuner

  12. revizor dit :

    Quand on voit comment les rapports du GIEC sont truffés d’erreurs ou d’approximations et que certains se qualifient de scientifiques à tort on ne peut qu’écouter Monsieur Claude Allègre avec attention.
    Je crois qu’il faut être prudent avec cette nouvelle religion qu’est l’écologie politique.
    En matière scientifique le doute est de mise et nombre d’hypothèses doivent d’abord être vérifiées.

  13. La main gauche dit :

    Au moins y a t-il une chose de prévisible sur cette planète,.. c’est Claude Allègre !

  14. Bernard dit :

    Voici le point de vue de l’académie des sciences:

    http://www.academie-sciences.fr/actualites/textes/points_vue_25_11_09.pdf

    C’est un libre point de vue montrant que la « science » n’est pas figée dans le domaine de la compréhension du climat et que rien n’est certain.

  15. Apres avoir nié le réchauffement, M.Allègre nierait il le rôle des activités humaines . On n’arrive pas a saisir ou il nous mène
    Ce qui est certain, c’est: si l’activité humaine y est pour quelque chose, c’est le seul facteur sur lequel on peut agir. L’autre c’est le soleil… laissez le a sa place et précisez nous , si vous en êtes certain, la part de ces différents facteurs pour qu’on puisse passer aux actes dans un domaine « qui dépend de Nous », selon le précepte d’Epictète.
    Monsieur Allègre, Vous jetez par vos affirmations le trouble et le doute dans l’esprit de gens qu’il faut convaincre d’agir ensembles .
    Vous savez pourtant qu’il y a des décisions a prendre et pas seulemnt des dissertations philosophiques sur un sujet qui vous conforte dans une notoriété que vous aviez déjà !
    J’oserai vous faire remarquer en outre que les incertitudes règnant sur la météorologie ne sont pa de meme nature que celles sur le climat. En d’autres termes en qualité de « scientifique », ne confondez pas deux sciences aléatoires que sont la météorologie et la <Climatologie ».
    Clodius

  16. Bienavous dit :

    « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures ».
    Oui et c’est bien dit!
    Mais qu’est-ce que la vérité sans le doute.
    Je vous laisse la réponse.

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