Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

1 mars 2010

Test écologiste

Filed under: 13 - PS — iledere @ 12:00

Peut-être par superstition, les écologistes ont conservé la bannière « Europe Ecologie » pour les élections régionales. Une fidélité qui trahit leur volonté de confirmer, en mars, leur spectaculaire performance du scrutin européen de 2009. Recueillant 16,3 % des suffrages exprimés, la liste écologiste avait talonné celle du PS (16,5 %). L’histoire électorale prouve cependant qu’un succès aux élections européennes est parfois sans lendemain. Charles Pasqua, Bernard Tapie ou encore Philippe de Villiers ont eu leur heure de gloire sans parvenir à s’implanter durablement sur l’échiquier électoral.

Au cours des dernières décennies, les écologistes eux-mêmes ont enregistré des succès européens qu’ils n’ont pas su transformer ultérieurement en influence durable. En 1989, la liste d’Antoine Waechter s’était propulsée à 10,5 % des votes sans que les Verts réussissent à sortir de leur marginalité électorale. Le succès de Daniel Cohn-Bendit, capitalisant 9,7 % des suffrages dix ans plus tard, n’avait pas non plus permis aux écologistes de se hisser au rang de parti majeur.

Les Verts avaient sans doute en tête ces précédents lorsqu’ils ont avalisé la poursuite, pour les régionales, de la stratégie de rassemblement qui leur avait été si profitable aux européennes. De fait, les enquêtes d’opinion laissent augurer une consolidation de l’influence écologiste à un assez haut niveau. L’illusion d’une recomposition radicale de l’opposition s’est certes évanouie. Le puissant parti d’élus locaux qu’est devenu le PS domine superbement son actuel rival et futur partenaire écologiste.

Mais les sondages créditent actuellement Europe Ecologie d’un score national à deux chiffres, ce qui situe ce courant à ses sommets historiques en France. Avec de 11 % à 14 % des intentions de vote selon les instituts, les écologistes se profilent comme de redoutables alliés et néanmoins concurrents pour les socialistes.

En Ile-de-France, Cécile Duflot a sans doute commis l’erreur de proclamer lourdement son intention de s’installer dans le fauteuil de Jean-Paul Huchon. Avec sa somme de problèmes environnementaux couronnés par le casse-tête des transports, la région capitale était une cible de choix pour les écologistes. La dernière enquête TNS-Sofres (1) donne cependant la liste Europe Ecologie loin derrière celle du Parti socialiste (14 % contre 26 %). Les écologistes souffrent sans doute de la relative inexpérience de leur jeune chef de file. Ils subissent aussi les contradictions d’une alliance passée et future avec un PS vivement critiqué le temps d’une campagne.

Une déception des écologistes en Ile-de-France pourrait être compensée par de bons résultats dans d’autres régions. En Alsace, une enquête Ifop (2) place les écologistes (21 %) devant les socialistes (18 %) avec de réelles chances de l’emporter au second tour. Ici aussi, c’est une large stratégie d’union des diverses sensibilités écologistes qui s’avère payante. Une ouverture symbolisée par la présence d’Antoine Waechter, champion historique du « ni droite ni gauche », sur les listes.

Europe Ecologie pourrait également devancer le PS, déchiré par le cas Frêche, en Languedoc-Roussillon. Selon BVA (3), la liste conduite par Jean-Louis Roumégas est créditée de 10 % des intentions de vote contre seulement 9 % à celle du PS emmenée par Hélène Mandroux. Dans d’autres régions, comme en Rhône-Alpes, les écologistes pourraient réaliser un bon score tout en arrivant derrière les socialistes.

Une étude réalisée par OpinionWay auprès d’un panel d’électeurs d’Europe Ecologie des européennes, réinterrogés en janvier et février (4), révèle une très forte approbation de la stratégie adoptée pour ces régionales. La marque Europe Ecologie semble s’installer dans les esprits. L’ouverture de ses listes à des personnalités issues d’horizons différents est appréciée.

Europe Ecologie profite encore de deux phénomènes marquants de la période. Il y a, bien sûr, l’urgence écologique ressentie par une part importante de la population, particulièrement dans ses franges les plus éduquées. Mais aussi la méfiance persistante à l’égard d’un Parti socialiste qu’une fraction de l’électorat de gauche modérée souhaite bousculer. Surreprésenté dans les catégories sociales favorisées, l’électorat écologiste marquera d’autant plus facilement de son empreinte le scrutin régional que celui-ci est promis à un fort taux d’abstention.

Par Eric Dupin pour son blog « Les murmures d’Eric Dupin »
Article publié dans Les Echos du 26 février 2010.

(1) Enquête TNS Sofres-Logica-France Télévisions-Radio France-« Le Monde », 15-16 février.
(2) Enquête Ifop-« Paris Match »-« L’Alsace »-Public Sénat, 28-30 janvier.
(3) Enquête BVA-« La Gazette de Montpellier », 18-19 février.
4) Enquête OpinionWay présentée à Paris le 24 février.

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