Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

17 mars 2010

Mars 2014 : miracle, l’UMP remporte les 22 régions métropolitaines

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:30

C’est un succès inespéré que vient de remporter l’UMP aux élections régionales. En dépit de la crise qui ferme les usines et gonfle le chômage, en dépit des réformes qui tardent ou qui patinent, en dépit du solide discrédit dont pâtit Nicolas Sarkozy dans l’opinion, en dépit d’un score national calamiteux, en dépit de tous ces vents mauvais, le parti du président a remporté… les vingt-deux régions métropolitaines.

On lui prédisait une déroute. Il vient non seulement de sauver l’Alsace et la Corse, mais de reconquérir plusieurs régions, et non des moindres : Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne, Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Centre. Grands et petits chefs de la droite jubilent de ce miracle soigneusement préparé depuis quatre ans.

Arrêtons là la plaisanterie, puisque ce n’en est pas vraiment une. Mais simplement l’application aux résultats du 14 mars 2010 du nouveau mode de scrutin régional qui – si la réforme envisagée va à son terme – sera inauguré en 2014.

Comparaison n’est pas raison, objecteront immédiatement les esprits rigoureux. A juste titre. Si elle fait l’objet d’un projet de loi approuvé par le conseil des ministres du 21 octobre 2009, cette réforme électorale n’a même pas encore été discutée par le Parlement et encore moins examinée par le Conseil constitutionnel, qui pourrait y trouver de sérieux motifs de censure.

En outre, elle chamboule complètement le paysage régional et départemental et invente le « conseiller territorial », élu commun à ces deux collectivités locales. Enfin, elle instaure un mode de scrutin totalement baroque, à un seul tour, au terme duquel 80 % desdits conseillers territoriaux seront élus au scrutin uninominal dans le cadre des cantons, tandis que les 20 % de sièges restants seront attribués à la proportionnelle en fonction des suffrages obtenus par les candidats affiliés à des listes départementales. Un véritable « scrutin Shadok », conforme à la devise « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? », selon la formule de Laurent Fabius.

Ces objections sont évidemment fondées. Il n’empêche : l’objectif affiché de cette réforme est de permettre aux candidats arrivés en tête au premier et unique tour de scrutin de remporter la victoire, même avec moins du tiers ou à peine plus du quart des voix.

Appliquée, dans son esprit, aux résultats du 14 mars, elle permettrait donc à la droite parlementaire de faire bonne figure. Quand bien même elle a réalisé, avec 26,18 %, le plus mauvais score de son histoire depuis le début de la Ve République.

En résumé, malgré un vote sanction cinglant sur le plan national, ce nouveau mode de scrutin régional aurait rendu possible un joli hold-up électoral au niveau régional. Espérons simplement que, lors de son examen au Parlement, chacun saura soit s’y opposer, soit l’amender suffisamment pour éviter une telle arnaque démocratique.

Par Yannick Serrano

4 réponses à “Mars 2014 : miracle, l’UMP remporte les 22 régions métropolitaines”

  1. GRACQUES dit :

    Tous ceux qui ont accomplis une première année en Droit ou en Sciences po connaissent par coeur les arguments pour et contre de chaque système électoral ….mais il en est un qui me parait majeur…que le mode de scrutin apparaisse comme la règle du jeux légitime par les électeurs et un des moyens d’y parvenir qui en vaux beaucoup d’autre est le temps et la familiarité…
    Conclusion : le mode majoritaire a deux tours malgré ses imperfections (notamment le découpage des circonscriptions) est celui qui est a peu près accepté par les français, changer la règle impliquera toujours un soupson de « cuisine ». AMHA bien sur ;0)

  2. louis dit :

    @erwann
    Tout système de désignation est imparfait. Je connais les défauts du bipartisme, le principal étant son effet réducteur pour l’émergence d’idées nouvelles. C’est pour cela qu’à côté d’un système politique de ce type, il faut favoriser tous les moyens d’information pluraliste, ce qui n’est guère le cas à l’heure actuelle en France puisque l’information est tenue par des groupes puissants et proches du pouvoir.
    La désignation des députés à la proportionnelle a déjà fonctionné en France, il y a longtemps désormais, mais à fait le lit de la V ième République et du mode de scrutin actuel, tellement les électeurs ont été lassés par les jeux d’appareils et de pouvoirs.
    Cependant, il serait assez simple d’avoir un mode de scrutin mixte.
    a) Chaque circonscription désigne un député (découpage à revoir pour équilibrer les circonscriptions)). Pour ma part je souhaiterais que cela soit fait en un seul tour.
    b) Chaque bulletin de vote est pris en compte pour permettre que des députés soit désignés sur des listes, assurant ainsi la représentation de toutes les sensibilités (même , hélas, le FN).
    Le bulletin de vote servirait deux fois, et il y aurait deux types de députés. Mais je ne pense pas que cela pose un problème quelconque.

  3. Erwan Lehoux dit :

    Louis,

    Votre réponse est sinon absurde, du moins anti-démocratique. Ainsi, chacun sait que l’élection à la proportionnelle permet aux plus petits partis de gagner davantage de sièges qu’une élection uninominale, puisque les listes peuvent fusionner. Cela permet une véritable représentation de l’échiquier politique, de gauche à droite.
    A l’inverse, le scrutin uninominal renforce les grands partis et la bipolarisation de la politique. Elle empêche ainsi la pluralité et la diversité des opinions. C’est pour cela que c’est une réforme attendue par l’UMP.

    Il suffit de s’intéresser à la représentation des petits partis à l’assemblée nationale, qui est quasi nulle. Seuls quelques fiefs communistes ou écologistes permettent à ses partis de récupérer quelques sièges.

    D’ailleurs, bien que cette élection se déroule sur deux tours, ce qui permet à la gauche de s’unifier au deuxième tour, et de conserver un débat démocratique pour le premier, on constate souvent que l’expression populaire n’est pas respectée. Ainsi, aux dernières législatives, la gauche est arrivée en tête en nombre total des voix. Mais le système uninominal présente deux défauts : celui expliqué ci-dessus (la dispersion des voix à gauche), et celui qui consiste à donner trop de poids à certaines circonscription qui ont mon d’habitants que la moyenne, favorisant souvent la droite. C’est ainsi que l’UMP est majoritaire à l’assemblée nationale malgré l’expression populaire.

    Enfin, votre insensibilité à l’humour m’impressionne. Il fallait prendre le début de ce communauté au second degré !

    Bref, la gauche est plurielle et a parfois du mal à s’unifier… La gauche est donc peut être gauche, mais au moins, de part sa diversité, elle fait vivre la démocratie et permet à chacun de faire entendre sa voix !

  4. louis dit :

    Si comparer deux choses non comparables est sans fondement, alors projeter les résultats d’un scrutin en changeant le mode électoral est tout simplement absurde.
    Si le mode de scrutin change, la stratégie électorale changera , ou alors c’est que les candidats sont trop stupides et rien qu’à ce titre, ils ne méritent pas d’être élus.
    Dans le scrutin uninominal à un tour les accords entre partis s’effectue AVANT l’élection, obligeant les candidats à faire des compromis AVANT , ceux ci étant connus des électeurs, tandis que dans le scrutin proportionnel (à un tour aussi), les compromis s’effectuent APRÈS l’élection, entre élus, et les électeurs ont le sentiment, assez justifié, que la politique menée ne correspond pas à ce qui a été promis lors des campagnes électorales.
    En général, les grands partis sont favorables à la première forme de scrutin, puisque, en position de force à priori, ils la conforteront dans la négociation pré électorale, tandis que les petites formations préfèrent le scrutin proportionnel, qui bien souvent donne une position très forte aux forces marginales qui permettent, ne fussent qu’avec un très faible pourcentage d’obtenir la majorité nécessaire pour la gouvernance. Il suffit d’observer par exemple le poids des partis religieux en Israël pour s’en rendre compte.
    Le premier type de scrutin tend au bipartisme, le second au pluripartisme. Voilà le choix qui est proposé. Chacun d’eux à des qualités, mais aussi des défauts. Pour ma part, je trouve que les défauts du second sont bien plus graves que ses qualités, à l’inverse du premier, qui à mon sens , est plus respectueuse de l’électeur.
    Cela m’énerve au plus haut point, d’entendre tous ceux qui se réclament de « LA GAUCHE », et de n’avoir qu’une seule ambition : se montrer différents de leurs autres voisins « DE GAUCHE » (mais pas vraiment, puisque bien évidemment, eux seuls incarnent  » LA GAUCHE »). L’effet dans l’opinion est désastreux, et détourne nombre de sympathisants  » DE GAUCHE » des urnes.
    Et les réconciliations d’entre les deux tours passent mal : pourquoi des candidats qui n’ont eu de cesse que de s’étriper pendant plusieurs mois de campagne réussissent à s’entendre en deux jours ?
    La victoire de la « GAUCHE » dimanche prochain ne change en rien cette analyse, car on peut être certain, que si l’union à GAUCHE s’était faite avant, la victoire aurait été éclatante dès dimanche dernier.
    Et en prime, on n’aurait eu droit au triste marchandage et autre manipulation comme on le voit aujourd’hui.

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