Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 mars 2010

Remaniement: Sarkozy ressucite quatre droites

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Nicolas Sarkozy espérait fédérer l’électorat de droite sous sa seule bannière. Raté. Désormais quatre leaders politiques misent sur la chute de l’empire sarkoziste. Revue de détails.
Jamais remaniement ne fut plus microscopique. A la veille de la journée d’action sur les retraites, le président a offert en pâture aux grévistes la tête du bon Xavier Darcos, déjà humilié la veille par un score riquiqui en Aquitaine. Voilà un honnête homme qui ne sera pas déçu du voyage en Sarkozie : voici deux ans on l’annonçait déjà à Matignon, hier on le supposait recasé à un autre poste ministériel et aujourd’hui, il devra attendre le prochain remaniement.
Le bon Darcos sera donc remplacé par un inspecteur des finances plus retors, Eric Woerth, ce qui permettra de simuler une ouverture nouvelle, à droite celle-là comme l’avait suggéré au début du septennat un grand ami du président, Patrick Devedjian. Voici donc François Baroin le chiraquien et Georges Tron le villepiniste intronisés, le premier au Budget et le second au secrétariat d’Etat à la Fonction publique. Le procès Clearstream s’éloigne et le gouvernement de François Fillon compte donc à présent deux affidés de l’ennemi personnel numéro un de sa Majesté. C’est un peu comme si le Président téléphonait indirectement au procureur Marin pour lui suggérer de lâcher le « nonos » Clearstream…

Le remaniement n’a donc qu’une seule fonction : suggérer à la hâte l’idée d’une droite plurielle mais rassemblée. Un signal encore modeste mais qui indique bien que si l’Elysée rechigne à entendre le message des Français, il a au moins compris celui des députés UMP et du Figaro : on oublie l’ouverture et on rassemble la bonne vieille droite.

Ce qui marque la fin d’une séquence politique. Nicolas Sarkozy avait réussi ce qu’aucun chef de la droite n’avait pu faire depuis De Gaulle : rassembler toutes les composantes de la droite. Au passage, le bulldozer sarkozyste avait écrasé les restes de la chiraquie, les compagnons de la villepinie, la droite catho de Christine Boutin et la droite anti-européenne de Villiers. Seul le brave Dupont-Aignan imaginait de reconstruire un gaullisme populaire.

Quant aux rescapés du grand chelem sarkozyste, ils étaient obligés, tels Copé, de manifester des ambitions pour 2017, ce qui, comme chantait le regretté Reggiani, lui donnait le temps d’apprendre la belote…

En une élection, tout cet éminent édifice est en train de s’écrouler. Dès que l’on a su, à droite, que l’UMP ne ferait guère plus de 30%, la stratégie d’unification de la droite s’est avérée un échec des plus angoissants : avec qui s’allier pour gagner au second tour ?

La politique craignant le vide comme la peste, les sarkozystes disposent d’ores et déjà de quatre alliés. Le problème est que cette toute nouvelle prolifération peut relancer autant de guerres au sein de la droite.

Branchouille, jeune et libérale, la droite Copé
Il a été l’un des premiers prêt à déterrer la hache de guerre. Jean-François Copé, président du groupe UMP à l’Assemblée, banni du gouvernement, a immédiatement parlé d’une « réelle défaite » après le premier tour des élections régionales, comme pour montrer qu’il ne s’embarrassait pas des fameux « éléments de langage » de la majorité. Reçu dès lundi matin à l’Elysée, il compte miser sur les fissures internes du camp présidentiel. Son credo : le libéralisme, la modernité et le « retour aux fondamentaux ». Un Sarkozy qui serait resté Sarkozy, sans Carla ni Guaino…
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Pour l’heure, aucun événement prévu officiellement pour le faire mousser. Mardi 23, il réunira comme toutes les semaines les députés UMP à huis clos pour faire le debriefing des régionales. C’est que les motifs de mécontentement sont légion. De l’ouverture aux clins d’œil aux écolos. Il possède déjà ses propres réseaux, des députés fidèles comme le chiraquien Christian Jacob ou des « jeunes » comme Franck Riester… Il a aussi son club de fans, « href= »http://www.generationfrance.fr/web/index.php »>Génération France ».

La droite Villepin, à la hussarde bien sûr…
Un autre rival de Sarkozy a son propre club politique. C’est Dominique de Villepin. Mais l’ex-Premier ministre veut voir plus loin et a d’ores et déjà annoncé la création d’un « mouvement au service des Français ». Il tiendra jeudi 25 mars une conférence de presse qui s’annonce comme un grand événement médiatique. Rusé ou bien conseillé, l’animal a convoqué la réunion dans un local trop exigu : les caméras donneront l’impression d’un grand succès en montrant des dizaines de journalistes entassés pour écouter le sauveur de la droite, non, de la France…

L’ex-secrétaire général de l’Elysée cultive aussi ses réseaux. Selon nos informations, Hugues Reanson, conseiller de Jacques Chirac pour les affaires intérieures, donnerait quelques conseils politiques précieux au Club Villepin.

Chez les sarkozistes, on s’inquiète un peu. « Est-ce-que vous pensez que cette semaine les Français, pour réponse aux messages qu’ils ont pu nous faire passer à l’occasion des élections, attendent la création d’un mouvement complémentaire? Personnellement j’en doute », s’est interrogé Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l’UMP, lors du point de presse du parti lundi 22 mars.

Fillon, Mister Nobody se pompidolise

La troisième droite puise son inspiration dans les tréfonds de l’histoire gaulliste, lorsque Pompidou, après mai 68, quitta Matignon avec l’idée de se préparer à succéder au Général. François Fillon s’est propulsé dans le sillon de ce glorieux itinéraire. Devenu le chouchou des médias et des « gens sérieux » – on s’étonne que Minc n’ait pas encore sonné à sa porte -, Le Monde lui accorde, au lendemain de sa défaite électorale, une prestigieuse page 3 sous cette formule efficace mais ridicule : « Le Premier ministre ressort remarquablement indemne de ces élections ». Commentateurs et sondologues glosent sur son avenir présidentiel. Il dispose aussi de l’appui de tous ses ministres épuisés par Sarkozy mais qui ont trouvé agréable de travailler avec lui. Malgré la défaite de la majorité, Nicolas Sarkozy a choisi de le maintenir à son poste tout en annonçant son départ à la fin de l’année. Une feuille de route qui peut lui rendre service : François Fillon a neuf mois pour peaufiner son image de Mendès de la droite auprès de tous les Aphatie de France et de Navarre. Déjà, il a probablement laissé « fuiter », lundi après-midi, qu’il aurait été partisan d’un remaniement plus important, comme s’il était, davantage que son patron hors sol, « à l’écoute de Français ».

La droite Marine
Le Front National est un revenant politique qui doit beaucoup au Président. Après avoir consciencieusement siphonné son électorat, voilà que ce dernier lui a offert un formidable tremplin pour revenir au premier plan. Lundi soir, Marine Le Pen était encore toute à sa jubilation des résultats du second tour : « Notre score du deuxième tour est historique : pour la première fois depuis sa création, le Front National progresse entre les deux tours », claironne le futur chef du Front, qui ajoute être persuadée que le FN est en train de devenir un parti de gouvernement. Suivez son regard : beaucoup de ses dirigeants anciens se contentaient d’en faire un parti de témoignage, elle veut en faire un parti d’alternance. L’alliance avec l’UMP ? Marine Le Pen ne l’écarte pas d’emblée, elle affirme que Sarkozy est un type trop orgueilleux pour  imaginer une alliance avec le Front.
L’agenda de Marine Le Pen n’est pas tout à fait clarifié, son père et elle-même ayant annoncé des dates différentes pour le congrès du Front qui doit marquer son intronisation. Elle veut capitaliser au plus vite et organiser la chose cet automne; son père penche pour le printemps 2011. Un petit cafouillage qui serait dû au fait que le père et la fille n’ont pas pu se parler depuis dimanche. De toute façon, le scénario est clair : il y aura une campagne interne « démocratique », avec un vote. Le candidat du front « Canal historique » sera Gollnisch, qui a dû se contenter d’un modeste 15% en Rhône-Alpes. Lui-même la désignera sans doute comme une candidate « Canal familial ». Peu importe : quoi qu’elle en dise, Marine Le Pen est sûre de gagner. Et le message subliminal sera de montrer un Front National modernisé et plus pluraliste que l’UMP qui avait intronisé l’actuel président avec un score soviétique…

Philippe Cohen, T.Andriamanana  pour Marianne2.fr

Une réponse à “Remaniement: Sarkozy ressucite quatre droites”

  1. MKL dit :

    5 millions de chômeurs.
    900.000 de + en 1 an et demie…

    Et rien à ce sujet dans le dernier discours de M. Sarkozy !

    Sur quelle planète vit le gouvernement ?

    Réagissons :
    http://www.etatsgenerauxemploiecologie.net/

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