Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 mars 2010

Après la vague rose, les cinq clés de la présidentielle de 2012

Filed under: 13 - PS,18 - UDF-MoDem-Centre,20 - UMP — iledere @ 6:30

2012 commence aujourd’hui. C’est certes une grande tradition de penser à l’élection suivante dès le dernier bulletin compté, mais en l’occurrence, c’est bien la réalité. La présidentielle de 2012 est déjà dans tous les esprits, après ce scrutin régional qui a pris des allures de séisme politique. En cinq grandes questions, le parcours du combattant qui nous sépare de l’élection présidentielle.

1 Les abstentionnistes
Passer de la participation record de la présidentielle de 2007 à l’abstention record des régionales de 2010 montre la désillusion massive des électeurs. Deux ans pour réconcilier les Français avec leur classe politique, avec la politique tout court, ne sera pas de trop.
George Frèche a poussé le bouchon un peu loin en lançant sur TF1 qu’on avait assisté à la mort « des partis politiques tels qu’on les a connus au XXe siècle ».
Pourtant, il est clair que droite et gauche ont leur part de responsabilité dans la montée du désintérêt des électeurs pour les derniers scrutins, les uns en raison des promesses non tenues, les autres ont fini d’écoeurer leurs partisans par leurs querelles et leur absence du terrain programmatique.

2012 n’aura de sens que si les électeurs retrouvent le chemin des urnes. Au-delà des questions tactiques, le défi est lancé à l’ensemble des partis politiques.

2 Le (ou la) candidat(e) de la gauche

Gagner les régionales pour mieux perdre la présidentielle, la gauche connait : c’est le scénario de 2004 et 2007. Les socialistes ont déjà choisi le système des primaires pour départager leurs présidentiables, et créer une dynamique positive pour l’emporter en 2012. Cela n’élude pas toutes les questions.

Les questions de personnes et d’égos, qui ont pollué l’atmosphère au PS depuis 2007, sont loin d’avoir disparu. Le score impérial de Ségolène Royal dans sa région, faisant de la présidente sortante de Poitou-Charentes l’une des mieux élues de France, lui permet de se remettre en selle, face à une Martine Aubry qui a pourtant gagné son pari en menant le PS à la victoire, comme le rappelle Pascal Riché dans son éditorial.

Le passage par les primaires devrait théoriquement permettre un affrontement encadré entre tous les prétendants à la candidature en 2012. A condition que tout le monde joue le jeu, ce qui est loin d’être acquis.

Le choix d’un (ou d’une) bon candidat est nécessaire mais pas suffisant : reste à la gauche à définir son projet, à réinventer un programme crédible et motivant pour une société mal en point. Là non plus, ce n’est pas gagné.

3 L’attitude des écologistes
Europe Ecologie a réussi à s’imposer comme la deuxième grande force de la gauche, après sa percée aux élections européennes de l’an dernier. Les écolos ont également réussi leur stratégie d’alliance avec le PS et le Front de gauche au deuxième tour (Bretagne mise à part), qui leur permettra d’être associés aux exécutifs régionaux.

Pour autant, leur stratégie pour 2012 est loin d’être claire. Participeront-ils aux primaires à gauche ? Auront-ils leur candidat (Cécile Duflot ? ) à la présidentielle, au risque de reproduire la division à gauche au premier tour, comme en 2002, alors que le Front national a tout sauf disparu de la scène ?

Entre le noyau dur des Verts, et ses nouveaux partenaires d’Europe Ecologie, ces questions stratégiques n’ont pas été tranchées. Les prochains mois seront, chez les écolos, ceux des choix, du mode d’organisation comme des options politiques pour 2012 : la victoire de la gauche en dépend en partie.

4 Qui sera le candidat de l’UMP ?
Nicolas Sarkozy et sa majorité ont subi une défaite cuisante, même si l’Alsace et La Réunion ont permis de limiter la casse. Le rejet du président de la République et de sa politique sont massifs, mais il faut se garder d’enterrer trop vite un homme qui a montré plus de talent à conquérir le pouvoir qu’à l’exercer.

Néanmoins, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP, faisait triste mine dimanche soir, après avoir réaffirmé que le gouvernement maintiendrait le cap, en se voyant envoyer au visage un sondage montrant que 71% des Français réclament un changement de politique.

Au-delà des ajustements tactiques des prochains jours, notamment au sein d’un gouvernement malmené dans ces élections, la question qui va se poser à droite, pour les ténors de l’UMP comme pour chaque député souhaitant être réélu en 2012, est de savoir si Nicolas Sarkozy est un atout, ou un handicap, pour les prochaines échéances.

Si on ne change pas une équipe qui gagne, que fait-on d’une équipe qui perd ? Ce sera le débat des prochains mois à droite, si ceux qui laissent régulièrement filtrer leur frustration et leur impatience, finissent par sortir du bois. Nicolas Sarkozy sera-t-il vraiment le candidat de l’UMP en 2012 ? Les paris sont ouverts…

5 Le poids retrouvé du FN
C’est l’élément le plus dérangeant du scrutin de dimanche : le Front national, donné moribond en juin 2009 après être tombé à 7% des voix nationalement, a cette fois réalisé d’excellents scores dans les régions où il avait pu se maintenir, avec la famille Le Pen, père et fille, dépassant les 20% dans leurs régions respectives.

Nicolas Sarkozy s’était vanté un peu vite d’avoir siphonné les voix de Le Pen en se présentant comme l’homme de la sécurité et de l’ordre. Le débat sur l’identité nationale n’explique pas tout ce regain d’audience du FN, qui profite également du vote protestataire des déçus du sarkozysme.

Ce poids retrouvé du FN à droite de la majorité présidentielle complique une nouvelle fois la tâche du futur candidat de l’UMP, qui sera tenté de leur rejouer le coup d’un durcissement politique pour amadouer les électeurs de la droite extrême. Brrrr.

Par Pierre Haski pour Rue89

4 réponses à “Après la vague rose, les cinq clés de la présidentielle de 2012”

  1. Raoul dit :

    Si le challenger était DSK, pas d’alliance possible du style décrit par Hibou : moi présidente toi 1er ministre. C’est ce qui avait été suggéré à Ségolène en 2007 et elle s’y était farouchement opposée. Préférant courtiser Bayrou…

  2. babelouest dit :

    @ hibou17
    Compte tenu du contexte, si le ou la candidat(e) de la gauche ne s’appuie pas sur un programme solide, je crains que les électeurs ne boudent les urnes. Vu ce qu’on peut craindre des deux ans qui restent du mandat en cours, il faudra vraiment renverser la vapeur pour intéresser, et ramener les français sur le chemin des urnes.

    En tout cas, si c’est DSK, tout le monde aura compris : c’est peut-être encore pire que Sarkozy.

  3. hibou17 dit :

    Je relis avec un peu de retard, mais aussi de recul, ces hypothèses.
    Le temps qui passe et la lecture des évènements me font envisager une autre hypothèse.
    Ségolène n’ira pas aux primaires du PS, elle est perdante à tous coups. Elle trouvera une bonne raison bien communicante à cela !
    Les rapprochements que l’on a vu et que l’on voit (Ségo, ex-MoDem encartés CAP21 après leur exclusion, Lepage et « les amis d’Europe-Ecologie », encore récemment en Aquitaine) me font imaginer un scénario de primaires ouvertes dans ce rassemblement. Les pro-Ségo ajoutés aux prétendus centristes humanistes royaux, aux « Terre démocrate » ou toute autre formation en création (octobre 2010) de Lepage, et aux Europe-Eco non verts battent Duflot, car Cohn-Bendit n’ira pas. Et qui, démocratiquement désignée par le peuple dans une brillante démonstration de démocratie participative, sort vainqueur ? Ségo soit-même, qui après négociation avec le challenger PS sur le partage des rôles (moi présidente, toi 1er ministre, ou l’inverse) aura repris la main sur le PS. Plausible, non ? Too bad…

  4. babelouest dit :

    Stratégie, stratégie ! C’est à coups de stratégie qu’on oublie l’essentiel. On peut être un Napoléon sur le terrain, si l’on ne sait pas pourquoi l’on se bat, cela ne sert à rien. En politique bien ordonnée, pour battre un adversaire il est nécessaire de proposer plus acceptable que lui.

    La gauche (et là je ne parle pas que du PS) ne nous dit pas clairement, de façon unitaire ou non, ce qu’elle compte faire si c’est elle qui a la main la prochaine fois. Jusqu’à présent, en jugeant à ses actes, elle n’a pas vraiment donné l’impression de vouloir se démarquer du néolibéralisme ambiant. De petites actions ponctuelles opérées par le NPA en conjonction avec des associations de précaires aux abois. Une idée d’ensemble ? Sauf erreur, elle pèche par son absence.

    Je rappelle ce qui me paraît indispensable, parce que le reste en découle. Il faut au plus vite sortir de l’UE, il faut abroger le bouclier fiscal, remonter à 65 ou 70% les tranches d’impôt supérieures, baisser la TVA sur certains produits en dénonçant l’accord inutile et cher avec les restaurateurs. Il faut reprendre un recrutement de fonctionnaires utiles, en éliminant par des démissions forcées les plus hauts salaires les plus inutiles (ce sont souvent les mêmes). Il faut refaire les nationalisations, en refusant d’indemniser les plus gros porteurs d’actions (en particulier les fonds de pension). A la suite de cela, il faut supprimer la notion même d’action, remplacée par la part sur la base un porteur, une voix. Il faut rendre à la Banque de France son statut d’émetteur de monnaie que lui avait enlevé l’article 123 du traité de Lisbonne.

    Une fois cette base établie, et les caisses se remplissant à nouveau au lieu de payer des intérêts aux banques privées, celles-ci sont nationalisée (banques de dépôt et de crédit) ou mises de côté ou même supprimées (banques d’affaires, désolidarisées des banques de dépôt). Les assurances redeviennent des vraies mutuelles, ou doivent disparaître (la notion de profit est bannie).

    La chose paraît entendue. Alors, qui propose quoi ? L’électeur futur attend.

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