Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 mars 2010

Grèce: c’est un « succès » pour l’Europe puisqu’on vous le dit…

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:30

Le chef de l’État français s’est dépensé sans compter, en dépit de ses soucis domestiques (les élections régionales de dimanche), pour convaincre la chancelière allemande de venir en aide à Athènes. Nicolas Sarkozy a non seulement négocié avec Angela Merkel durant deux heures avant l’ouverture du sommet européen, jeudi après-midi, mais il a même assuré le service après-vente de l’accord auprès des journalistes, dont il sentait le scepticisme, afin d’essayer de convaincre, à travers eux, les marchés que l’accord n’était pas seulement du « window dressing », de l’habillage.

Alors que la chancelière allemande n’a pas tenu de conférence de presse (elle a donné rendez-vous à la presse allemande dans son hôtel), Nicolas Sarkozy, lui, a rencontré les journalistes à deux reprises, d’abord, vers 17 h 30, pour leur annoncer l’accord franco-allemand, puis, à 23 heures, pour leur expliquer qu’un sommet de la zone euro organisé à l’improviste avait endossé le compromis. On ne pourra pas lui reprocher de ne pas avoir mis du cœur à l’ouvrage, montrant ainsi un engagement européen qui semble, par contraste, franchement flageolant chez ses partenaires allemands.

Pour Sarkozy, l’accord obtenu à l’arraché est un « succès pour l’Europe » : « imaginez qu’il n’y ait pas eu accord entre la France et l’Allemagne », a-t-il souligné. Certes l’aide ne pourra être mise en œuvre qu’après un accord unanime du Conseil européen des chefs d’État et de gouvernement et seulement « en dernier recours ». Mais « notre objectif est de ne pas se servir » de ce plan « opérationnel et précis » dont l’annonce seule devrait permettre à la Grèce d’emprunter « sans être pénalisée par la spéculation et le comportement irrationnel des marchés » : notre « but était d’afficher notre solidarité ».

Pour le Président de la République, ce plan ne vise pas seulement à éviter une faillite de la Grèce qu’il « n’imagine pas », mais aussi à pallier une défaillance des marchés « en quantité comme en qualité. C’est-à-dire si un emprunt n’est pas totalement souscrit ou si les taux de rémunération atteignent des niveaux extravagants », ce qui laisse une sacrée marge d’appréciation. En effet, l’Allemagne estime que 350 points de base de plus que le bund allemand à dix ans ne sont pas extravagants, Athènes ayant payé avant l’euro jusqu’à 1000 points de base de plus…

Il a reconnu que l’appel au Fonds monétaire international (FMI) ne reposait pas sur une base  juridique précise puisque la Grèce n’est pas confrontée à une crise monétaire, mais budgétaire. « Il nous fallait un compromis », a-t-il simplement lâché. Il a expliqué qu’il y avait trois camps en présence : certains estimaient que le FMI n’avait pas à intervenir pour un État de la zone euro ; d’autres que le FMI devait intervenir seul ; d’autres enfin qu’il fallait mixer une aide européenne et internationale. Finalement, les prêts bilatéraux des Européens seront épaulés par des prêts « substantiels » du FMI. « Substantiels » ? « Substantiel, c’est au-delà d’un tiers », a-t-il concédé. Mais il a refusé de préciser à quels taux, pour quel montant et selon quelle répartition les Européens prêteraient de l’argent à la Grèce. (more…)

26 mars 2010

Une hausse du chômage pas si légère que ça

Filed under: 04 - Emploi formation,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

Une hausse du chômage pas si légère que çaLe baromètre Marianne du chômage décrit une réalité un peu différente de celle affichée par le gouvernement.
A 4,7 millions de personnes maintenues hors de l’emploi, la progression est 7 fois plus importante que les 0,1% officielle, soit 33 600 demandeurs d’emploi supplémentaires.

« Le chômage sera en très légère hausse, mais en stabilisation (…) en décembre on a eu une toute petite hausse, en janvier on eu une hausse un peu plus soutenue», se félicitait hier matin, mercredi 24 mars, Christine Lagarde au micro de RMC. Le ministre de l’économie avait comme à l’ordinaire les yeux rivés sur le chômage officiel qui progresse de 0,1 %. Notre baromètre la contredit. Il s’inscrit en hausse de 0,7 %, soit 33 600 personnes supplémentaires. L’écart s’expliquent par une hausse sensible du chômage caché, + 1,5%.

Une hausse du chômage pas si légère que ça<

«Le chômage va augmenter tout au long de l’année 2010. En 2011 il devrait se stabiliser, mais à un niveau très élevé. Si vous êtes chômeur, la crise est devant vous », déclarait Eric Heyer économiste à l’Office français des conjonctures économiques, à notre confrère Mediapart.
Notre baromètre ne dit pas autre chose.

Emmanuel Levy pour Marianne2.fr

Après la vague rose, les cinq clés de la présidentielle de 2012

Filed under: 13 - PS,18 - UDF-MoDem-Centre,20 - UMP — iledere @ 6:30

2012 commence aujourd’hui. C’est certes une grande tradition de penser à l’élection suivante dès le dernier bulletin compté, mais en l’occurrence, c’est bien la réalité. La présidentielle de 2012 est déjà dans tous les esprits, après ce scrutin régional qui a pris des allures de séisme politique. En cinq grandes questions, le parcours du combattant qui nous sépare de l’élection présidentielle.

1 Les abstentionnistes
Passer de la participation record de la présidentielle de 2007 à l’abstention record des régionales de 2010 montre la désillusion massive des électeurs. Deux ans pour réconcilier les Français avec leur classe politique, avec la politique tout court, ne sera pas de trop.
George Frèche a poussé le bouchon un peu loin en lançant sur TF1 qu’on avait assisté à la mort « des partis politiques tels qu’on les a connus au XXe siècle ».
Pourtant, il est clair que droite et gauche ont leur part de responsabilité dans la montée du désintérêt des électeurs pour les derniers scrutins, les uns en raison des promesses non tenues, les autres ont fini d’écoeurer leurs partisans par leurs querelles et leur absence du terrain programmatique.

2012 n’aura de sens que si les électeurs retrouvent le chemin des urnes. Au-delà des questions tactiques, le défi est lancé à l’ensemble des partis politiques.

2 Le (ou la) candidat(e) de la gauche

Gagner les régionales pour mieux perdre la présidentielle, la gauche connait : c’est le scénario de 2004 et 2007. Les socialistes ont déjà choisi le système des primaires pour départager leurs présidentiables, et créer une dynamique positive pour l’emporter en 2012. Cela n’élude pas toutes les questions.

Les questions de personnes et d’égos, qui ont pollué l’atmosphère au PS depuis 2007, sont loin d’avoir disparu. Le score impérial de Ségolène Royal dans sa région, faisant de la présidente sortante de Poitou-Charentes l’une des mieux élues de France, lui permet de se remettre en selle, face à une Martine Aubry qui a pourtant gagné son pari en menant le PS à la victoire, comme le rappelle Pascal Riché dans son éditorial.

Le passage par les primaires devrait théoriquement permettre un affrontement encadré entre tous les prétendants à la candidature en 2012. A condition que tout le monde joue le jeu, ce qui est loin d’être acquis.

Le choix d’un (ou d’une) bon candidat est nécessaire mais pas suffisant : reste à la gauche à définir son projet, à réinventer un programme crédible et motivant pour une société mal en point. Là non plus, ce n’est pas gagné.

3 L’attitude des écologistes
Europe Ecologie a réussi à s’imposer comme la deuxième grande force de la gauche, après sa percée aux élections européennes de l’an dernier. Les écolos ont également réussi leur stratégie d’alliance avec le PS et le Front de gauche au deuxième tour (Bretagne mise à part), qui leur permettra d’être associés aux exécutifs régionaux.

Pour autant, leur stratégie pour 2012 est loin d’être claire. Participeront-ils aux primaires à gauche ? Auront-ils leur candidat (Cécile Duflot ? ) à la présidentielle, au risque de reproduire la division à gauche au premier tour, comme en 2002, alors que le Front national a tout sauf disparu de la scène ? (more…)

25 mars 2010

Santé : enfin une victoire pour le président Obama

Filed under: 08 - Santé-Services publics — iledere @ 12:00

Par 219 voix contre 212, la Chambre des Représentants vient d’adopter le projet de réforme du système de santé voté quelques mois plus tôt par le Sénat. Prétextant qu’il était ruineux, tous les élus républicains ont voté contre (34 parlementaires démocrates les ont rejoints), ce qui signale au moins l’échec des interminables tentatives de la Maison Blanche visant à cajoler et à séduire une fraction d’un parti adverse fanatisé par ses militants les plus extrémistes.

Même si la loi n’entrera en application qu’en 2014, le président Obama va la signer sans délai. « Ce n’est pas une réforme radicale, mais c’est une réforme majeure », vient-il de conclure à l’issue d’une procédure interminable qui aura absorbé l’essentiel de son énergie depuis son entrée à la Maison Blanche.

De fait, si la nouvelle loi oblige la plupart des Américains à disposer d’une assurance médicale (grâce à une subvention publique pour ceux qui ne sont pas assez pauvres pour être assurés par l’Etat, et pas assez riches pour se payer une assurance privée), elle n’est pas « radicale ». En effet, elle ne remet nullement en cause la puissance parasitaire du lobby des assureurs. Dès lors que le président Obama a dû renoncer à créer un nouveau système d’assurance publique, ou « public option » (les Américains plus pauvres et les personnes âgées sont déjà couverts par l’Etat), le gouvernement fédéral vient de garantir des millions de nouveaux clients aux assureurs privés. Par ailleurs, le vote n’a été acquis qu’au prix de concessions importantes faites aux adversaires de l’avortement, nombreux chez les élus démocrates du Sud : un décret présidentiel va interdire que l’argent public finance une procédure d’interruption volontaire de grossesse. Enfin, selon le bureau du Budget, plus de 20 millions d’Américains, en particulier les immigrés clandestins, demeureront encore sans assurance en 2019.

La réforme est néanmoins « majeure ». Près de 32 millions d’Américains ne vont plus vivre dans la hantise d’une maladie qui les ruinerait. Et, contrairement à leurs habitudes délicates, les compagnies d’assurance n’auront plus le droit de refuser de couvrir un enfant ou un adulte lorsqu’ils tombent malades…

Certains républicains, qui prétendent redouter que les Etats-Unis ne deviennent socialistes, voire pire, promettent déjà de revenir sur cette loi s’ils remportent la majorité aux élections de mi-mandat, en novembre prochain.

La valise diplomatique

La féodalisation des régions : un caillou dans la chaussure du PS

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Des pieds en béton mais une tête en argile. A défaut de réussite nationale le PS confirme son implantation locale. Martine Aubry a salué hier soir une victoire “sans précédent”, des “listes de la gauche rassemblée” avec 53,85 % des voix. Un record depuis les législatives de 1981 qui constitue son deuxième meilleur résultat depuis 1958. Le plus dur n’est pourtant pas de gagner, c’est de ne pas décevoir. L’ancrage de l’abstention à un niveau élevé (48,8 %) tout comme la montée en puissance d’un Front National (17,81%) qui capte un électorat populaire désorienté donne à la gauche une lourde responsabilité. Plus que jamais, le changement de logiciel, notamment au PS constitue un impératif faute de quoi le scénario de 2007 pourrait se reproduire en 2012.

Première erreur à ne pas réitérer, ne pas laisser se constituer sous prétexte d’un socialisme de terroir une féodalisation du territoire. Plus que la mise en avant de particularismes régionaux sympathiques, le dernier mandat a été l’occasion pour un certain nombre de personnalités de se constituer des fiefs à partir desquels il devient aisé de défier ou de s’opposer aux structures nationales.

C’est cette dérive qui doit aujourd’hui être abandonnée. Le défi est de taille pour la Première secrétaire du PS : réussir la synthèse entre ses strates locales et ses sphères nationales. Un succès en 2012 passera par la capacité de Martine Aubry à s’imposer non comme le général en chef des régions par une caporalisation brutale mais plutôt, comme son chef d’orchestre naturel grâce à une main de fer dans un gant de velours.

Fortes de leur autonomie, les régions doivent constituer le laboratoire de la gauche en termes de dispositifs innovants articulés dans un cadre national qui privilégie le partage d’expériences et alimente un corpus idéologique à rénover.

Nombre de présidents de régions sont réticents à voir Solférino mettre le nez dans leurs petites affaires. Dès hier soir, le sénateur-maire socialiste de Lyon, fervent défenseur “des grans élus”, a multiplié les déclarations, reprenant en boucle le leitmotiv selon lequel la victoire est à mettre au crédit des élus locaux et non pas des stratèges parisiens. Un son de cloche partagé par Ségolène Royal et par celui qui incarne le mieux la féodalisation d’un territoire et ses dérives, l’indéboulonnable Georges Frêche.

Les nouveaux exécutifs régionaux devraient pourtant méditer l’avertissement lancé le 27 janvier dernier par Aquilino Morelle dans les tribunes de Libération. Pour l’ancien conseiller de Lionel Jospin,  ” trop souvent, la gauche s’est engluée dans une fascination gestionnaire qui a fini par l’immobiliser dans le conformisme et à stériliser son action“. Si le propos vise le niveau national, il trouve largement à s’appliquer à l’échelon local.

Le sentiment d’une impuissance du politique face à l’Économie se nourrit, de l’idée et parfois du constat que droite et gauche, c’est pareil. Comme si, une fois aux manettes, la gauche responsable n’avait d’autre choix que de se glisser dans les habits d’une gestion conforme aux canons de la doxa libérale. Il n’y aurait pas de gestion de droite et de gestion de gauche mais seulement une bonne gestion des affaires, incolore. (more…)

24 mars 2010

Remaniement: Sarkozy ressucite quatre droites

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Nicolas Sarkozy espérait fédérer l’électorat de droite sous sa seule bannière. Raté. Désormais quatre leaders politiques misent sur la chute de l’empire sarkoziste. Revue de détails.
Jamais remaniement ne fut plus microscopique. A la veille de la journée d’action sur les retraites, le président a offert en pâture aux grévistes la tête du bon Xavier Darcos, déjà humilié la veille par un score riquiqui en Aquitaine. Voilà un honnête homme qui ne sera pas déçu du voyage en Sarkozie : voici deux ans on l’annonçait déjà à Matignon, hier on le supposait recasé à un autre poste ministériel et aujourd’hui, il devra attendre le prochain remaniement.
Le bon Darcos sera donc remplacé par un inspecteur des finances plus retors, Eric Woerth, ce qui permettra de simuler une ouverture nouvelle, à droite celle-là comme l’avait suggéré au début du septennat un grand ami du président, Patrick Devedjian. Voici donc François Baroin le chiraquien et Georges Tron le villepiniste intronisés, le premier au Budget et le second au secrétariat d’Etat à la Fonction publique. Le procès Clearstream s’éloigne et le gouvernement de François Fillon compte donc à présent deux affidés de l’ennemi personnel numéro un de sa Majesté. C’est un peu comme si le Président téléphonait indirectement au procureur Marin pour lui suggérer de lâcher le « nonos » Clearstream…

Le remaniement n’a donc qu’une seule fonction : suggérer à la hâte l’idée d’une droite plurielle mais rassemblée. Un signal encore modeste mais qui indique bien que si l’Elysée rechigne à entendre le message des Français, il a au moins compris celui des députés UMP et du Figaro : on oublie l’ouverture et on rassemble la bonne vieille droite.

Ce qui marque la fin d’une séquence politique. Nicolas Sarkozy avait réussi ce qu’aucun chef de la droite n’avait pu faire depuis De Gaulle : rassembler toutes les composantes de la droite. Au passage, le bulldozer sarkozyste avait écrasé les restes de la chiraquie, les compagnons de la villepinie, la droite catho de Christine Boutin et la droite anti-européenne de Villiers. Seul le brave Dupont-Aignan imaginait de reconstruire un gaullisme populaire.

Quant aux rescapés du grand chelem sarkozyste, ils étaient obligés, tels Copé, de manifester des ambitions pour 2017, ce qui, comme chantait le regretté Reggiani, lui donnait le temps d’apprendre la belote…

En une élection, tout cet éminent édifice est en train de s’écrouler. Dès que l’on a su, à droite, que l’UMP ne ferait guère plus de 30%, la stratégie d’unification de la droite s’est avérée un échec des plus angoissants : avec qui s’allier pour gagner au second tour ?

La politique craignant le vide comme la peste, les sarkozystes disposent d’ores et déjà de quatre alliés. Le problème est que cette toute nouvelle prolifération peut relancer autant de guerres au sein de la droite. (more…)

Avec sa victoire aux régionales, Aubry s’ouvre la voie pour 2012

Filed under: 13 - PS — iledere @ 6:30

Qui aurait cru l’été dernier que le PS ferait aussi bonne figure en ce mois de mars 2010 ? A l’époque, souvenez-vous, les quadras du PS perdaient confiance. Manuel Valls grognait, Vincent Peillon couinait, Arnaud Montebourg menaçait de démissionner…

Les militants étaient déprimés, et la rébellion était en marche. « Le PS de Martine Aubry est en danger » en concluaient les chroniqueurs.

A voir les mines détendues que les socialistes affichaient ce dimanche soir -sauf en Alsace- cette page est tournée. La reconquête des sympathisants socialistes, engagée fin août à La Rochelle, a porté ses fruits.
Le rejet de la politique du gouvernement et du Président a certes bien aidé. Mais le résultat est là : la première secrétaire a réussi son pari, remettre la gauche en état de marche. La voie vers 2012 n’est plus obstruée.

Faire rêver tout en défendant l’économie de marché

La marche vers l’Elysée ne sera pas facile pour autant. Le PS a encore plusieurs défis à relever. Le premier est de comprendre la vague protestataire et abstentionniste constatée lors de ces élections régionales : de trop nombreux Français ne se reconnaissent dans aucun parti de gouvernement, ce qui ne doit pas être pris à la légère. Le score du FN est la nouvelle la plus déprimante de ces élections.
Le second défi, c’est de finir le travail engagé au sein du PS : bâtir un programme enthousiasmant autour d’une gauche « solidaire et consolidée », comme Martine Aubry l’a désignée dimanche soir. C’est dans ce chantier-là que le PS est le plus embourbé.
Comment faire rêver d’une société meilleure tout en défendant l’économie de marché ? Jospin avait résolu le problème en 1997 avec les « 35 heures ». Qui, avec le recul, ressemble plus à une ficelle qu’un projet de société.

Après la grave crise économique vécue depuis deux ans, les Français demandent plus que des ficelles : ils veulent un nouveau modèle de développement.

Aubry-Royal : une paire de dames pour la présidentielle
Martine Aubry, malgré son faible charisme (qu’elle a encore démontré dimanche dans son discours d’après-résultats), a renforcé sa légitimité, et peut désormais prétendre porter les espoirs de la gauche. Les autres candidats potentiels, pour 2012, s’effacent l’un après l’autre.

Laurent Fabius, Bertrand Delanoë ou Dominique Strauss-Kahn n’ont plus beaucoup d’espace s’il veulent se glisser dans la course. Strauss-Kahn, par exemple, aurait aujourd’hui du mal à se démarquer d’Aubry, dont le positionnement politique et le parcourt sont proches.
Martine Aubry n’est pas la seule à sortir renforcée de cette élection : avec 60,6% des voix, Ségolène Royal triomphé dans son fief le Poitou-Charentes, face à un membre du gouvernement, le secrétaire aux Transports Dominique Bussereau : elle réalise l’un des plus beaux scores de cette élection, et ne s’écartera pas facilement du chemin.
Dans la partie de poker de la présidentielle 2012, le PS redémarre avec, en main, une paire de dames et un conflit de légitimité qu’il faudra bien trancher.

Par Pascal Riché pour Rue89

23 mars 2010

J.L Mélenchon : « France Télévisions piétine le pluralisme politique »

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:30

Si ces élections régionales ont permis au Front de Gauche de s’inscrire dans le paysage politique français, son leader ne décolère pas du traitement médiatique que subit sa formation. Littéralement écarté des débats électoraux dimanche soir, J.L Mélenchon dénonce des « méthodes de voyous »…

1) Ce soir, vous avez eu un véritable coup de colère sur France 3, quelles en sont les raisons ?  Vous avez pourtant pu vous exprimer ?
J’étais en effet invité à m’exprimer à 20 heures sur France 2 et à partir de 20h30 sur France 3. A partir du moment où j’avais accepté, j’ai été obligé de refuser toutes les autres invitations des autres médias. Aujourd’hui, en raison de la grève d’une partie du personnel de France Télévisions, on me demande si je peux venir dans les studios situés en banlieue parisienne, à Boulogne-Billancourt. J’accepte.

A 17 heures, France 3 m’appelle pour me dire que le dispositif est complètement modifié et qu’il est désormais impossible que je puisse m’exprimer. Dès lors, je me retrouve devant le fait accompli, n’ayant aucune possibilité de me retourner vers d’autres médias vu l’horaire avancé.

Je me rends donc à Boulogne-Billancourt comme convenu à 20 heures pour le plateau de France 2. On commence par m’indiquer que je suis « trop en avance » et que je ne pourrai passer qu’à 20h30. En vérité, on me fait patienter durant plus de 45 minutes  dans un petit duplex alors que sur le plateau, on pouvait observer la présence de 4 invités (2 PS et 2 UMP) mais également 2 chaises vides. Daniel Cohn-Bendit et moi-même ne sommes considérés que comme des agréments de la soirée et nous ne pouvons intervenir que de manière ponctuelle lorsque les débats sont clos. Au final, je n’aurai pu m’exprimer que 3 minutes.

Au bout d’un moment, à force de me faire patienter, j’ai fini par partir. Ce qui est marquant, c’est la méthode : à aucun moment, il ne m’ont averti que je ne pourrais pas reprendre la parole. Au final, ils m’ont bloqué durant une heure pour rien et sans m’avertir. Personnellement, je trouve que ce sont des méthodes de voyous. Ils ne sont pas du tout respectueux de la dignité de la personne.

2) Est-ce que vous pensez que c’est lié à l’accrochage que vous aviez eu avec Arlette Chabot ?
C’est lié en partie à cela mais j’avais justement accepté de venir sur France Télévisions pour enterrer la hache de guerre. Mais ce nouvel incident s’ajoute à une triste succession. Après m’avoir éliminé de ses écrans pendant toute la campagne électorale jusqu’au 1er tour, et avoir annulé à  4 reprises mon invitation à sa matinale des 4 Vérités, France 2 a, une nouvelle fois (la 5ème), annulé ma participation à cette matinale mercredi dernier, alors même que celle-ci m’avait été confirmée par écrit. Quant aux antennes régionales de France 3, elles avaient également éliminé les candidats du Front de Gauche de leurs débats contradictoires dans plusieurs régions, aussi bien pendant la campagne que lors des soirées électorales.

3) Sur votre blog, vous aviez indiqué que vous aviez déjà essayé de vous réconcilier avec Arlette Chabot en déjeunant avec elle, mais qu’elle ne vous avez pas adressé la parole du repas.
Oui elle s’était comportée de manière très vulgaire en me lançant de but en blanc : « Vous êtes mal élevé ». Je lui avais alors répondu : « Si vous le voulez bien, laissons les parents en dehors de cela, j’ai 58 ans. »

Lors du fameux débat des élections Européennes, on n’a retenu que la phrase que j’ai lancée, alors que le cadre de l’émission était proprement scandaleux. A.Chabot avait organisé des pugilats, des duels d’hommes politiques pour faire du spectacle…

4)Lors de votre dernier entretien avec des blogueurs, vous aviez indiqué que le « système médiatique était perverti, qu’il produisait un métadicours qui n’était in fine qu’une subversion de la sphère publique ». Dès lors, votre intérêt n’est-il pas d’adopter la tactique de Mitterrand en 81, à savoir délégitimer au maximum le média télévision que vous jugez biaisé et orienté ?

C’est précisément ce que je suis en train de faire avec vous, en dénonçant ces pratiques. Le problème, c’est que je suis le seul qui proteste, les autres préfèrent le silence.  D.Cohn-Bendit était furieux lui aussi de la tournure des évènements mais il ne dira rien.

Aujourd’hui, je veux que ça se dise, que ça se sache. Ce sont des manipulateurs d’opinions, ils m’ont en quelque sorte privés de paroles, non seulement chez eux mais sur les autres médias. Ce n’est pas acceptable. Au final, un homme politique est capturé, on le garde au chaud durant une heure pour qu’il ne puisse aller nulle part ailleurs.

Ils entretiennent le bipartisme et piétine le pluralisme politique. Il y a d’un coté le grand PS et de l’autre coté le grand UMP, tous les autres partis ne servent qu’au décorum. Dans la soirée, ils ont parlé 20 fois du Front National et de son score et pas une seule fois du Front de Gauche alors qu’on a fait presque 20% dans le Limousin.

5) Justement, pour revenir aux élections, vous vous étiez fixé un ordre de mission : déplacer le centre de gravité à gauche, pari réussi avec le déclin du Modem. Second objectif que vous vous étiez assigné : le retour d’une gauche solidaire, ce qui semble être le cas. Dès lors, le Front de Gauche a t-il encore une raison d’être après cette réorientation du PS ?
C’est certain que ça renforce notre stratégie auprès de l’autre gauche. Pour une gauche solidaire, lorsque j’entends les propos de P.Moscovici sur les retraites, je me dis que ce n’est pas forcément pour tout de suite…
Lors du premier tour, Daniel Cohn Bendit appelait, en me montrant du doigt, à l’alliance des rouges, des roses et des verts. C’était précisément le mot d’ordre de mon courant, il y a 15 ans, au Parti Socialiste avec Julien Dray. Mais personne ne s’en souvient…

Ce que l’on a montré dans le Limousin, c’est que désormais si nous ne sommes pas d’accord avec les idées du PS, nous sommes en capacité de résister et dans des proportions auxquelles ils ne s’attendaient pas. Il faut bien se rendre compte qu’à Tulle, la ville fief de François Hollande, on a fait 17% au second tour. C’est une démonstration magistrale.

Quel est le scénario historique ? Ca ne se résume pas aux 3 conventions programmatiques du PS suivis des primaire et en avant pour 2012 ! Ce qu’il faut observer, c’est la situation de blocage au sein de notre pays. La droite vient de connaitre la pire défaite de son histoire depuis 1958 et elle continue à faire comme s’il ne s’était rien passé. C’est un déni total du réel. S’il y avait des légistlatives ce soir, il faut savoir qu’il y aurait que 45 députés UMP.
Pendant ce temps là, France 2 et France 3  nous jouent la comédie actuelle. Ils ne se rendent pas compte de la gravité du moment. Ce qu’ils m’ont fait n’est même pas de nature politique, c’est l’industrie du spectacle et de la communication, qui ont fusionné. S’ils ne parviennent pas à comprendre que dans une forteresse de la social-démocratie, on s’implante avec près de 20% de voix, qu’est-ce qu’ils peuvent comprendre ?

Posté par David Doucet pour « Reversus« 

Changer la politique pour changer de politique

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

Ce n’est pas franchement ma tasse de thé. mais tout le monde en parle, alors autant le lire : L’appel de Daniel Cohn-Bendit
C’est un tournant historique. Des européennes aux régionales, l’écologie politique s’installe désormais comme un espace autonome dans le paysage politique français. Mais devant l’ampleur des défis auxquels doivent répondre nos sociétés, la consolidation est une nécessité absolue. Il faut nous inscrire dans la durée et honorer ce rendez-vous avec l’histoire sous peine de disqualifier notre critique de l’irresponsabilité de ceux qui ne font rien, à Copenhague ou ailleurs, parce qu’ils sont incapables de dépasser leur petits intérêts particuliers.
Nous avons besoin d’une structure pérenne et souple à la fois, capable d’élaborer des positions collectives et de porter le projet écologiste, sans s’abîmer dans la stérilité des jeux de pouvoir ou la folle tempête des égos en compétition.

Soyons clair : il est hors de question d’abandonner aux appareils de parti, cette dynamique de renouvellement politique et social. Cela reviendrait à nous installer au cimetière, déjà bien encombré, des espérances déçues. Je reconnais d’ailleurs que sous la pression des échéances électorales, nous avons trop longtemps repoussé la question de la forme de notre mouvement, au point de laisser le rêve en friche. Entre simple marque électorale et réseau purement virtuel, Europe Écologie est restée une projection, où chacun pouvait voir midi à sa porte. D’ailleurs, les résultats contrastés de nos listes au premier tour des régionales soulignent le succès de ceux qui ont respecté l’esprit du rassemblement face à ceux qui se sont contentés d’en appliquer formellement la lettre, le réduisant à une simple tactique d’ouverture. Sans en renier l’histoire récente, il est temps d’incarner l’écologie politique dans un corps nouveau, une forme politique largement inédite, décloisonnée, pour mener la transformation de la société

Abstention, populismes, clientélisme… Cette élection le prouve encore : depuis des décennies, le fossé n’a cessé de se creuser entre la société et le politique. Le divorce démocratique est profond entre des logiques partidaires complètement déracinées qui fonctionnent en hors-sol et une société active, diverse, créative mais sans illusion sur la nature et les formes du pouvoir qui s’exerce sur elle. Les partis politiques d’hier étaient de véritables lieux de socialisation et d’apprentissage de la cité. Mais aujourd’hui ils se réduisent le plus souvent à des structures isolées de la société, stérilisées par de strictes logiques de conquête du pouvoir, incapables de penser et d’accompagner le changement social, encore moins d’y contribuer.

Parti de masse caporalisé ou avant-garde éclairée de la révolution, rouge voire verte : ça, c’est le monde d’hier. Celui de la révolution industrielle et des partis conçus comme des machines désincarnées, sans autre objet que le pouvoir. Comme des écuries de Formule 1, ces belles mécaniques politiques peuvent être très sophistiquées et faire de belles courses entre elles, mais elles tournent en rond toujours sur le même circuit, avec de moins en moins de spectateurs.

Le mouvement politique que nous devons construire ne peut s’apparenter à un parti traditionnel. Les enjeux du 21e siècle appellent à une métamorphose, à un réagencement de la forme même du politique. La démocratie exige une organisation qui respecte la pluralité et la singularité de ses composantes. Une biodiversité sociale et culturelle, directement animée par la vitalité de ses expériences et de ses idées. Nous avons besoin d’un mode d’organisation politique qui pense et mène la transformation sociale, en phase avec la société de la connaissance. J’imagine une organisation pollinisatrice, qui butine les idées, les transporte et féconde d’autres parties du corps social avec ces idées. En pratique, la politique actuelle a exproprié les citoyens en les dépossédant de la Cité, au nom du rationalisme technocratique ou de l’émotion populiste. Il est nécessaire de « repolitiser » la société civile en même temps que de « civiliser » la société politique et faire passer la politique du système propriétaire à celui du logiciel libre. (more…)

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