Point de vue
Nous avons assisté, la semaine dernière, à un échange court mais lourd de sens. Alors que Benoît Hamon expliquait qu’il ne fallait pas, selon lui, que le candidat socialiste à la présidentielle de 2012 ait le profil d’un Papandreou (l’actuel premier ministre grec, issu des rangs du PASOK, qui applique une cure d’austérité à son pays conformément aux attentes des institutions économiques internationales), Jean-Christophe Cambadélis a rapidement riposté sur son blog, parlant de « faute politique ». Non, on n’aurait pas le droit d’accuser Papandreou de « restaurer l’ordre ancien », selon Jean-Christophe, car l’ordre ancien, en Grèce, ce serait la dictature des colonels ; oui, ce serait tout à « l’honneur » des socialistes de « redresser leur pays », fut-ce en respectant les canons de l’orthodoxie libérale internationale. Étrange conception de l’histoire, qui ne conçoit « d’ordre » que celui de la dictature, et fait l’impasse sur les 20 dernières années d’hégémonie intellectuelle de la droite démocratique !
Cette montée au filet rapide n’a rien d’un hasard, pas plus que la sortie préalable du porte-parole du PS n’est anecdotique. Et il est important de voir, derrière les petites phrases, le débat de fond qui a soudainement émergé.
2008 a été un cataclysme financier, économique, mais également un cataclysme idéologique. Par l’absurde, par avec des dégâts humains et sociaux terribles, a été démontré ce que beaucoup prêchaient (dans le désert) jusque là : le caractère profondément vicié de la mondialisation ultralibérale de ces 20 voire 30 dernières années. Une mondialisation caractérisée notamment par une « émancipation » de la finance, avec des banques ne faisant plus correctement leur métier de soutien de la croissance, et par une détérioration du rapport entre capital et travail. Détérioration s’accompagnant d’une déconnexion croissante du revenu et du salaire, se traduisant, pour les classes supérieures, par l’explosion des bonus et autres stock options, et dans les catégories les plus défavorisées, par un fort développement des revenus compensatoires (RSA, etc.), sans augmentations de salaire.
La crise a balayé ces certitudes, et battu en brèche les lois d’airain que l’on nous rabâchait jusqu’alors. Elle aurait donc dû ouvrir un boulevard à la gauche, et notamment à ceux à gauche qui dénonçaient cela depuis des années. Mais il n’en a rien été. Empêtrée dans des contradictions internes, morcelée dans des considérations nationales (il n’y a plus d’Internationale Socialiste digne de nom), la gauche est restée immobile, comme paralysée par l’ampleur de l’opportunité. Elle a perdu l’initiative et laissé la droite (qui n’a – naturellement – pas tergiversé devant l’occasion de reprendre la main) camoufler ses responsabilités dans la crise en entonnant le chant consensuel de la « moralisation du capitalisme ».
Oui, la gauche européenne est pour l’instant en difficulté. Elle n’a pas su réclamer que les banques, sauvées de leur propre incurie par l’argent du contribuable, soient nationalisées. Nous avons perdu le premier round. Mais la bataille n’est pas finie. On voit bien que la colère mondiale et nationale n’est pas encore retombée contre ce système absurde, qui ne trouve rien de mieux que reprendre à pas de loup son fonctionnement antérieur, maintenant que le vent du boulet est retombé. Il y aura d’autres rounds – à commencer, en France, par l’élection présidentielle de 2012. Allons-nous enfin les assumer en tant que tels ? (Lire la suite…)

Volcan islandais, crise de l’euro, menace d’éclatement de la Belgique… Autant de phénomènes complexes sur lesquels personne, à commencer par les dirigeants européens, ne semble avoir prise.
Lorsque vous entendez parler des enfants étrangers dans notre école, on en parle souvent comme s’ils représentaient un problème ou un atout pour « nos » enfants.
Deux ans avant l’élection présidentielle de 2012, le Parti socialiste commence à avancer un projet économique et social. Rédigé sous la houlette de
La manie de
La semaine dernière, le ministre de l’intérieur s’est félicité du bilan de la lutte contre la délinquance au premier trimestre 2010. On a dû mal à comprendre pourquoi il était aussi satisfait.
Le Sénat américain a diffusé des mails montrant que banque de Wall Street se délectait, pendant la crise, de gagner tant d’argent, grâce à ses produits misant sur la chute du marché immobilier.
