Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

1 avril 2010

Juppé relance son club et pense très fort à 2012

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:18

Si ce n’est lui, c’est donc son frère. Quand ce n’est pas Dominique de Villepin qui jette le trouble en Sarkozie, c’est celui dont il fut le directeur de cabinet au Quai d’Orsay (1993-95), Alain Juppé. Lundi 29 mars, sur BFM-TV, l’ancien premier ministre a carrément fait acte de candidature pour 2012 en cas de sortie de route de Nicolas Sarkozy.

«S’il arrivait, pour des raisons qui lui appartiennent, qu’il ne soit pas à nouveau candidat, moi je pense qu’il faudra des primaires au sein de l’UMP. Je n’exclus pas à ce moment là d’être candidat à la candidature», a-t-il déclaré. Sur RTL, quelques heures plus tard, il persiste et signe. «J’ai dit simplement que je n’exclus pas d’être candidat (à des primaires UMP) si je peux apporter quelque chose en fonction du contexte du moment (…) C’est bien de montrer que le parti a des ressources humaines!» Du coup, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP, a cru bon de rappeler, dans la foulée, que «le candidat à la présidentielle serait choisi par les militants (…) qu’il soit ancien président ou pas».

Sur France Info, mardi matin, il en a même remis une couche, demandant qu’on «s’interroge» sur le bouclier fiscal. Il ne serait «pas choqué» qu’«on demande aux très riches de faire un effort de solidarité supplémentaire vis-à-vis de ceux qui souffrent dans la crise».

Présidentiable, Alain Juppé? «La présidentielle? J’en ai rêvé. Je m’y suis préparé tout au long de ma vie politique. Mais une épreuve m’a coupé les pattes (…) Dois-je encore y penser? La vie le dira», confiait Juppé en septembre 2008 au Nouvel Observateur. La vie, ou une éventuelle déroute d’un président moins populaire que son premier ministre. Lundi, le chiraquien n’a fait que s’engouffrer dans la brèche ouverte, la semaine dernière, par les proches du président et le flou artistique régnant à droite.

Carla Bruni-Sarkozy, la première, a donné son avis, dans le Figaro Madame: «En tant qu’épouse, je ne souhaite pas vraiment (qu’il se représente en 2012). Peut-être ai-je peur qu’il y laisse sa santé, peut-être ai-je envie de vivre ce qui nous reste à vivre dans une certaine paix.» Même son de cloche chez Sarkozy père: «Personnellement, je pense qu’il aura une vie beaucoup plus tranquille et plus confortable s’il ne se représente pas

Mais là où Dominique de Villepin a choisi de contourner la majorité, le maire de Bordeaux, lui, se voit en alternative au sein de l’UMP. «Juppé, lui, est dans la ligne!, explique à Mediapart Hugues Martin, son adjoint qui lui avait succédé à la mairie et à l’assemblée lors de son inéligibilité. Il met les formes, et il le fait dans le cadre du mouvement, selon des statuts qu’il a d’ailleurs lui-même créés lorsqu’il était président de l’UMP.»

Et ce fidèle juppéiste d’assener: «Lui ne crée pas de parti, il ne fait pas de fractures. Quand on a des choses à dire, on les dit à l’intérieur du parti. Villepin est un vecteur de divisions, il est motivé par la vengeance et la haine. Ce n’est pas comme ça qu’on fonde le contrat gaulliste entre un homme et une nation dont il parle.»

Chez Alain Juppé, pas d’opposition systématique à la politique du gouvernement, mais des désaccords ponctuels… qui deviennent de plus en plus nombreux. La «rupture»? «Je ne crois pas que cela existe», avait-il lâché en mars 2009. Le débat sur l’identité nationale? «Tout ce qui peut dresser les communautés les unes contre les autres, et en particulier les musulmans contre les autres, est détestable.» Le bouclier fiscal? «Il faut s’interroger sur sa pérennité.» La réforme territoriale? «Il faut se donner un peu de temps.»

Juppé «veut exister»
La justice sociale? Il réclame des mesures en faveur des «chômeurs en fin de droit», des «logements pour les travailleurs pauvres». L’abandon de la taxe carbone? «La France ne doit pas renoncer» et «chapeau» à Chantal Jouanno (la secrétaire d’Etat à l’écologie qui s’est dite «désespérée de ce recul, désespérée que ce soit l’écolo-scepticisme qui l’emporte»).

Comme Villepin le 25 mars, Juppé lance des pistes. Dans un billet intitulé «Réformer, oui, mais pourquoi et comment?», il invite à des réformes «à la fois utiles et justes», et insiste sur la nécessité de «montrer clairement le but poursuivi, et donner du sens au changement». Il faut «écouter, expliquer, débattre», souligne-t-il, souhaitant, comme DDV, davantage de justice sociale. Les «efforts» pour réduire le déficit, oui, mais seulement «s’ils sont équitablement partagés. Or, en ce moment, les Français éprouvent un sentiment d’injustice».
Jusqu’ici, il se contentait de répondre présent à des colloques et réunions publiques. Des dîners à l’Assemblée nationale avec des députés chiraquiens. Un colloque «Optimisme en politique et politique de l’optimisme» organisé par le club Réforme & Modernité du député villepiniste Hervé Mariton.

Aujourd’hui, voici qu’Alain Juppé projette de (re)lancer un think tank. «J’ai toujours eu du goût pour cet exercice et j’envisage donc de m’y relancer, avec ceux qui partagent le même intérêt», écrivait-il le 25 mars sur son blog. «Je souhaite réactiver un laboratoire d’idées ou un cercle de réflexion sur un certain nombre de sujets», a-t-il expliqué sur RTL lundi. Selon nos informations, l’ancien premier ministre devrait réactiver « France Moderne », son association, créée en 1997, qui est en sommeil depuis plusieurs années. «Son think tank n’est que la prolongation de toute une série d’ateliers, assure Hugues Martin. Il va s’entourer de toute une série de gens pour approfondir le débat, et pourquoi pas aboutir à de vraies propositions.»

Chantal Bourragué, députée UMP de Gironde, qui côtoie Alain Juppé à Bordeaux, est plus réservée. «Il vaut mieux débattre que faire des déclarations de candidatures. Ce genre de phrase, ça n’apporte pas grand-chose, l’important aujourd’hui, c’est de répondre aux problèmes des Français», explique-t-elle à Mediapart. D’autant que les prétendants en cas de non candidature de Nicolas Sarkozy sont «nombreux». «Copé et Fillon n’ont pas démérité. Fillon a pris une vraie dimension. Ils sont plus jeunes, une génération en dessous.» Elle ajoute: «Il veut exister! Dès qu’il y a un pet de travers, il faut qu’il dise: “J’aurais fait mieux.” Il a toute la légitimité, mais son départ de Matignon ne s’est pas très bien passé et ça a marqué les Français.»

Une chose est sûre, aucun ticket entre Villepin et Juppé n’est envisageable. Si un même mentor les lie (Chirac), les deux hommes «n’ont pas d’affection particulière» et cultivent «des rivalités», explique Chantal Bourragué.

Marine Turchi pour Médiapart

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