Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

1 avril 2010

Les stigmates d’une nouvelle religion ?

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

Suite aux résultats des dernières élections régionales confirmant à quelques choses près les européennes de l’an dernier, force est de constater que l’écologie est « politiquement » en vogue, ne pas confondre d’ailleurs avec l’écologie politique prônant la rupture avec le capitalisme et qui fut étrangement absente des débats.

Tiens ? Pourquoi avons-nous ajouté : « politiquement » ? Et bien tout simplement parce qu’en grattant un peu nous ne pouvons que constater que les politiciens, mais surtout les « politicards » professionnels de tous partis confondus, font de la récupération. C’est devenu comme un leitmotiv : penser à sa planète, essayer de la sauver, l’économiser, ces préoccupations que l’on veut majeures seront-elles devenues les poncifs d’une mode médiatisée ? Médiatisée ! Le terme est lâché.
Il y a déjà plus de dix ans, on jetait en prison un José Bové soi-disant altermondialiste écologiste qui avec encore un semblant de foi menait une croisade active contre les OGM. Pendant ce même temps, au Mexique, le commandant Marcos devait vivre caché comme un guérillero, lui était aussi un altermondialiste, il était pourtant presque ignoré…

Alors pourquoi, désormais, cette résurgence forte de l’écologie, cette prise de conscience soudaine, et qui se transforme peu à peu en une nouvelle forme de religion ? Car souvenons-nous qu’aux dernières présidentielles les écologistes avaient obtenu 1,57 % des suffrages. La réponse est simple : Nicolas Hulot, Yan Arthus Bertrand et … Daniel Cohn Bendit ! Médiatisation des apparats, quand tu nous tiens. Médiatisation capitaliste qui ne nous montre que la décomposition de la planète, et qui ne nous donne pas la solution. Loin s’en faut, et pour cause…

Ceci dit, il est indéniable que l’on ne peut aller contre le fait d’avoir envie de sauver ce qui nous fait vivre. Mais là où nous ne sommes pas d’accord, c’est sur les méthodes employées.
Des faux-semblants, des caches misère, et la mise à contribution du peuple sous diverses formes que ce soient sont les seuls remèdes que la pensée unique nous propose.
Cela va de l’insistance à la prise de responsabilité personnelle, qui pour beaucoup est la panacée, pourtant ce n’est que soigner superficiellement comme le font aussi un certain nombre d’actions ponctuelles, plus collectives certes mais pas forcement plus efficaces, de surcroit fortement médiatisées en attrape gogos par les tenants de l’écologie spectacle, mais en réalité rien sur le fond, qui est le consumérisme au service du productivisme. Alors, comme pis-aller, on nous propose aussi des taxes, dont la taxe carbone à laquelle on vient d’échapper provisoirement.

Comme ce n’est que partie remise, alors vous allez nous dire : mais comment gérer dans une société capitaliste l’écologie autrement que par des taxes ? Axiome basé sur un système voulant que la production soit facteur de richesse et que l’on va mettre à contribution lors de la consommation pour reconstruire des richesses à l’instar de la fumeuse croissance verte ! C’est la couleuvre verte qui se mord la queue croyant avoir inventé la ronde perpétuelle…

Voilà, le problème est posé. Bien que la taxe ne soit pas une solution en soi, pourquoi pas, après tout, vu que nos dirigeants ne souhaitent pas instaurer une alternative au capitalisme destructeur, au contraire, ils vont vers encore plus d’ultralibéralisme et que pour faire bonne figure il est de bon ton de taxer les pollueurs, mais lesquels ?
Mais là où ça nous dérange encore plus, ce sont les victimes de ces taxes. Car NON, le consommateur n’est pas responsable de la pollution ; et OUI, l’acheteur, devenu consommateur par la force du système, est victime de la productivité et du marketing au service de ce consumérisme qui nous l’emballe pour la présenter en papier cadeau dans les publicités forcées, créant une forme de consentement inconscient à des produits qui ne sont pas forcement utiles pour « l’usage ».

Pour ce faire on prélève ou on va prélever les taxes lors de la distribution, on ponctionne ainsi sans vergogne le prolétaire qui n’est pas le véritable responsable de la pollution, d’autant qu’en plus il en est la principale victime. Il est évident que l’on ne peut pas être d’accord avec cette conception inique de percevoir les écotaxes, taxes carbone, taxes au recyclage, voire à la destruction. Par contre, oui, on pourrait envisager qu’elles fussent perçues à la production. Car en effet, en toute logique pour un produit fini mis sur le marché il ne sert à plus rien de le taxer, la pollution étant produite à sa fabrication! Taxer à ce niveau revient juste à définir qui va payer ? Alors qu’une taxe à la production, et donc envers les véritables responsables, serait non seulement plus juste, mais aussi plus efficace.

Nous vivons dans une société de consommation, et quoiqu’on essaye de vous faire croire, on nous l’impose. Consommer est devenu, un ordre imposé par l’outil productif, un impératif sociétal incontournable, pour ne pas être largué, mis à l’écart, oublié sur le banc de touche.

On nous force à l’achat, et d’un autre côté, on veut nous faire culpabiliser. Alors oui, on accepte les taxes malgré nous, oui, on gobe le package écolo, et on paye.

On paye le droit de polluer en bon bobo écolo, (comme certains vont se repentir dans un confessionnal en faisant pénitence avec trois « je vous salue Cécile », et deux « notre père Dany »), en somme, la reconnaissance éternelle à la croissance verte, avant d’aller, soulagés et lavés, recommencer à pécher.

Par Chien Guevara avec la participation de Michel Mengneau pour « le ragondin furieux »

3 réponses à “Les stigmates d’une nouvelle religion ?”

  1. la grignette dit :

    <post-scriptum : c'est nous les couillons, parce qu'on y va et on ACHETE !

  2. la grignette dit :

    Fais gaffe, Bab, un ragondin quand c’est furieux çà tient tête même à un chien de chasse, je l’ai vu.

    La question de l’eau n’est pas la consommation des humains, mais plutôt la consommation des cultures intensives et la surconsommation d’eau d’arrosage. Cela a épuisé les nappes phréatiques et ce ne sont pas les pluies d’hiver et de printemps de deux ou trois années qui les referont, ile leur faut dix ans au moins.

    En ce qui concerne les taxes « à la pollution », il est vrai que l’on est entrés dans une ère de surconsommation et de gaspillage. Maintenant avec les moyens de communication, les échanges -produits-monnaies se font en un clin d’oeil et les profits se font en cascade. Je considère les actionnaires comme des robots agencés sur un seul programme vendre, revendre et revendre et à chaque fois faire du profit et plus il y a de production, plus on suscite la demande donc des échanges donc des profits. Et au bout de cela, tu as le mec dans son champs qui, lui ne pense qu’à produire plus et plus et dessous il y a LA TERRE qui est épuisée, alors on la bourre d’engrais, on éradiques des espèces entières d’insectes et de petites bêtes du bon dieu qui n’avaient rien demandé à personne et avec les oiseaux qui bouffent les petites bêtes et on n’en finit pas. Ouf, j’ai presque fini.

    Quand est-ce qu’on fera sauter les grandes surfaces ?

  3. babelouest dit :

    Le Ragondin Furieux est un ami, de mon coin béni du Marais Poitevin. L’écologie est là-bas une nécessité peut-être encore plus vitale que dans bien des endroits, tant ce milieu est fragile. En raison de la maladie de ma chère moitié, il y a 20 ans que je n’y ai plus mis les pieds.

    L’équilibre de la nature est simple quand on le met en pratique tous les jours avec des gestes simples. L’agriculture intensive est son poison. Les sources qui enchantaient les étés d’autrefois sont taries. Dans mon village, quatre lavoirs étaient opérationnels même en été. Même l’hiver ils sont presque à sec. Oh, ils ont été restaurés grâce à Ségolène Royal, mais que pouvait-elle contre l’épuisement des sources ? Rien. Le château d’eau de Prin-Deyrançon (je suis précis) les a toutes pratiquement taries dans un rayon de 10 ou 15 kilomètres. L’eau au robinet, c’est bien. Avant, il fallait pomper à la main. La belle affaire ! Et encore, le petit moteur que mon grand-père avait fait poser nous donnait la même commodité sans les autres inconvénients…. jusqu’à ce que la source de notre puits soit polluée par des purins d’élevages de plus en plus nombreux.

    L’écologie ? Un atout essentiel, dont les données se rient des clivages politiques, mais pas de l’imbécillité de certains politiciens qui décident sans savoir les conséquences de leurs actes. Et qui s’y tiennent mordicus, s’ils correspondent à la doxa néolibérale.

Laisser un commentaire

Plate-forme de blogs du Parti socialiste | Propulsé par Wordress Mu | Articles (RSS) et Commentaires (RSS)
Sauf mention contraire, le contenu de cette page est sous contrat Creative Commons Creative Commons