Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 avril 2010

Les nuages s’accumulent au dessus de Goldman Sachs

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

Lloyd Blankfein, PDG de Goldman Sachs.Le Sénat américain a diffusé des mails montrant que banque de Wall Street se délectait, pendant la crise, de gagner tant d’argent, grâce à ses produits misant sur la chute du marché immobilier.

L’affaire Goldman Sachs a franchi, le week-end des 24 et 25 avril, une nouvelle étape politique avec la publication par le Sénat américain de courriels embarrassants pour la banque, accusée de s’être enrichie, en 2007, en pariant sur la baisse de produits financiers que la banque avait parfois elle-même vendus à ses clients.

Larry Summers, conseiller économique du président Obama, a refusé dimanche de commenter l’affaire Goldman Sachs, si ce n’est pour préciser : «Voilà qui souligne ce qui est au cœur de la vision du président (dans la réforme de la finance): l’importance de la transparence.»

Choquée de ce déballage avant l’ouverture d’auditions publiques lundi, au Congrès, Goldman Sachs nie catégoriquement avoir violé la loi. Elle maintient que son rôle d’intermédiaire au service de clients institutionnels aux vues divergentes sur la tendance du marché immobilier l’obligeait à spéculer à la baisse sur certains titres de manière à couvrir ses risques pris par ailleurs sur d’autres positions.

S’ils ne prouvent rien de frauduleux, les mails rendus publics, samedi, par le Sénat montrent que la banque de Wall Street se délectait, pendant la crise, de gagner tant d’argent, grâce à ses produits dérivés misant sur la chute du marché immobilier subprime, alors que ses propres clients – dont des banques européennes – s’appauvrissaient dans des opérations inverses.

« On va faire un gros paquet d’argent ! »
En juillet 2007, David Viniar, directeur financier de Goldman Sachs, apprenant que la banque avait déjà gagné 51 millions de dollars en pariant sur la chute des subprime réagissait ainsi dans un mail : «Ça donne une idée de ce qui pourrait arriver à ceux qui n’ont pas une grande position courte.»

En octobre 2007, alors que le marché immobilier plongeait, un trader de la banque envoyait un mail à son collègue : «On dirait qu’on va faire un gros paquet d’argent !» La réponse : «Oui, nous sommes bien positionnés…» En 2007, la banque dirigée par Lloyd Blankfein a réalisé des profits records de 11,6 milliards de dollars qui lui ont permis d’empocher un bonus record de 67,9 millions de dollars. Au cours de la même période, les banques rivales, comme Morgan Stanley, subissaient des dévalorisations massives de leurs actifs.

Lundi, Lloyd Blankfein et six de ses collaborateurs sont sommés de s’expliquer devant la sous-commission du Sénat chargée de l’enquête sur la ­crise financière. Parmi eux, Fabrice Tourre, un Français de 31 ans, accusé de fraude par la SEC, le gendarme des marchés financiers américains. Il n’y a théoriquement pas de lien entre les deux enquêtes. Mais elles portent sur même sujet : les conflits d’intérêt de Goldman Sachs sur les marchés de produits dérivés de créances ­hypothécaires. Un mail signé par Fabrice Tourre en 2007 révèle son pessimisme sur les produits qu’il élaborait : «Ce marché est complètement mort et les ­pauvres petits emprunteurs sub­prime ne vont pas faire long feu.» Fabrice Tourre va même ­jusqu’à se comparer à Franken­stein pour avoir créé des produits qui se retourneront contre leurs détenteurs, en précipitant l’éclatement de la bulle immobilière américaine et de la crise financière mondiale.

Par Pierre-Yves Dugua

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