Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

28 avril 2010

Frédéric Mitterrand ne connaît qu’une chanson: les copains d’abord

Filed under: 11 - société,20 - UMP — iledere @ 6:29

Frédéric Mitterrand - capture d'écranLa manie de Frédéric Mitterrand de nommer tous ses proches aux postes clés de son ministère a le don d’agacer Philippe Bilger.
Frédéric Mitterrand à l’usage
On a beaucoup parlé ces derniers jours de la conductrice au niqab et de son conjoint qu’il va être difficile de déchoir de la nationalité française. On a compris que le président de la République et le gouvernement souhaitaient faire voter le plus rapidement possible une loi d’interdiction du port du voile intégral dans l’espace public. Autant ce débat est légitime, cette volonté affichée justifiée, autant cette focalisation, aussi nécessaire qu’elle soit, donne une importance démesurée à des phénomènes somme toute marginaux et mécontente la majorité des musulmans qui respectent nos lois et les usages de notre démocratie (Marianne 2). Il ne suffit pas de dire : il n’y a qu’à !

Après mon dernier billet sur Alain Finkielkraut, qui fait apparaître quelques réserves quand mes posts précédents ont globalement admiré cet intellectuel – c’est une totalité à lire et qui me semble cohérente -, je me suis interrogé sur ma passion des personnalités et mon goût, autant que je peux, d’entrer dans des univers intimes pour déchiffrer des mystères, analyser mes engouements ou expliquer mes hostilités. Chez moi, il me semble que l’être humain est premier et que les idées ne prennent véritablement une importance, positive ou négative, qu’au regard de l’homme ou de la femme qui les exprime. J’ai conscience que ce privilège donné à la vie et qui met au second plan le débat intellectuel pourrait m’entraîner à adhérer à n’importe quelle thèse à partir du moment où elle serait offerte avec conviction et talent par quelque personnalité que ce soit, toutes tendances politiques confondues évidemment. Toutefois, je ne crois pas être menacé par une telle dérive dans la mesure où, par des miracles au quotidien, l’existence vient proposer des justifications intellectuelles aux choix personnels. On trouve toujours, quand on n’aime pas immédiatement quelqu’un, de quoi argumenter pour se prouver que son instinct a raison et l’inverse est vrai aussi :  la sympathie viscérale et instantanée n’a pas de mal à se démontrer, sur le fond, qu’elle est légitime.

C’est en lisant une interview de Frédéric Mitterrand par Cécile Amar dans Le Journal du Dimanche que je me suis engagé dans cette modeste introspection. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai jamais apprécié ce neveu de François Mitterrand alors qu’au contraire, au fil du temps et par comparaison, j’ai nourri une dilection de plus en plus forte pour l’oncle, le président. Les péripéties sexuelles tarifées de Frédéric ont aggravé mon antipathie mais ne l’ont pas créée. Il y a quelque chose de « too much » chez cet être-là sur tous les plans et le ministre qu’il est devenu, par la grâce du milieu mondain et de l’épouse du président de la République, m’énerve avec son mélange de feinte modestie et de vraie arrogance.

Dans cet entretien excellent grâce aux questions posées avec politesse mais sans complaisance, on apprend que FM « déteste les soupçons » mais qu’en même temps, pour qui lit attentivement ses réponses, il est clair que ces « soupçons » ne viennent pas de rien et qu’ils sont suscités par sa politique, notamment par les nominations qu’il décrète et qu’il défend tant bien que mal, gêné aux entournures. Le ministre débutant est bien loin qui jouait à l’homme naïf égaré dans la politique, arrivé là presque par hasard. Maintenant, FM affirme son autorité, ses choix et quand on lui oppose l’exemple positif  et contraire de pays étrangers, il déclare qu’on est « en France et que c’est comme cela ». Il y a un tantinet de vanité dans cette attitude. Pour être sûr de dominer dans le domaine culturel, FM proclame sa domination et ne s’embarrasse pas du reste.

Le plus choquant est de l’entendre, à chaque fois qu’il est mis en difficulté par Cécile Amar sur des points précis, vanter les « usages souples » contre les procédures. Les premiers sont à la discrétion du ministre. Avec eux, il fait ce qu’il veut. L’arbitraire et le subjectif sont privilégiés. Pour les secondes, on est obligé de les respecter et pour peu qu’on les viole, qu’on y porte atteinte, il y a au moins le risque de recours et de tintamarre politique et médiatique. On a rarement été le témoin d’une telle théorisation de la toute-puissance de l’ego. Contre ce qui, en démocratie, est heureusement prescrit pour la limiter. Il ne faut pas que les nominations deviennent le dernier et dévastateur refuge du pouvoir personnel.

Il se dégage de ces échanges une impression trouble et ambiguë. Tout semble être dans la main du ministre, à sa disposition. Les amis, les copains, les réseaux paraissent faire la loi. Le comble, c’est que FM se vante de « parler vrai » quand au contraire, sur tous les plans, bon petit soldat chargé de rameuter un peu de droite vers une culture majoritairement à gauche, il enfourche les dénégations et les apologies comme il convient. Sans l’ombre d’une liberté politique. Inconditionnel comme tous les autres.

Je sais pourquoi, d’emblée, il n’était pas mon genre.

Par Philippe Bilger pour son blog

Une réponse à “Frédéric Mitterrand ne connaît qu’une chanson: les copains d’abord”

  1. babelouest dit :

    FM est simplement un digne neveu, en pire.

    Tonton était Machiaveli, Neveu en est le croisement avec Pantalone.

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