Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 avril 2010

Le chaos, c’est la vie !

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

IntersticesMoi qui suis un lecteur assidu d’Agnes, j’avais raté cet article. Heureusement, Thierry a attiré mon attention sur ce bijou…A vous de l’apprécier…

Interstices
Ils sont tellement domestiqués que le jour où leur chaîne virtuelle se distend, ils n’arrivent même pas à faire un pas de côté, ils ne pensent même pas à explorer cette parcelle de liberté inattendue tombée du ciel, ils ne parviennent qu’à maudire leur sort, à chercher des lampistes sur lesquels défouler leur angoisse et ne rêvent que du sempiternel retour à la normale.

Eux, ce sont les maîtres du monde, les élites du système, concentrés à jouer à saute-mouton d’un continent à l’autre, drapés de leur propre importance, convaincus que sans eux, le monde, leur monde en fait, s’écroulerait dans la minute. Eux, ce sont les naufragés du ciel, éparpillés dans tous les aéroports du monde, les sens paralysés par les derniers couinements de l’Iphone ou du Blackberry, coupé de sa base d’alimentation habituelle. Eux, c’est l’élite internationale et cosmopolite de ceux qui font le monde tel qu’il est et qui martèlent sans cesse qu’il n’est pas possible d’en changer. Parce que c’est le seul monde qu’ils connaissent, parce qu’ils n’ont aucune imagination, ni aucun sens du réel. Eux, c’est Daniel Mermet qui les décrit, goguenard, amusé, coincé à Tokyo dans un terminal aéroportuaire en train de se transformer en jungle de Calais par la grâce d’un lointain, très lointain volcan islandais.

En quelques heures, tout le système s’est grippé. En quelques heures, il a bien fallu s’adapter à un monde sans avions et brusquement, il est apparu que nombreux étaient ceux qui pouvaient s’en passer. Comme les ministres européens qui découvrent subitement les joies de la téléconférence avant de probablement se mettre à préférer le train. À l’heure où le réchauffement climatique est une préoccupation internationale, où l’on explique à longueur de temps aux citoyens que le choc pétrolier va engendrer le chaos, ceux qui nous gouvernent n’ont de cesse de se réunir, de se retrouver, de se croiser, de se renifler, empruntant sans cesse le moyen de transport le plus polluant du monde, contraints, disent-ils, par la nécessité de leur charge, par le fait qu’ils sont irremplaçables, partout, tout le temps. Jusqu’à ce que les faits, têtus, viennent les contredire.

Parce que vu du sol, un monde sans avions, c’est plutôt sympathique, vu de nos pieds de rampants assignés à résidence par des contingences économiques soi-disant indépassables, le souffle du volcan balaie bien des automatismes, bien des renoncements, et éclaire un horizon sans traces. Pour la grande majorité d’entre nous, la paralysie de l’espace aérien, c’est le chef de service qui va rester bloqué quelques jours de plus (le pauvre !) dans le cadre de ses vacances paradisiaques, c’est le patron en exil prolongé, ce sont les obsèques désertées d’un dirigeant contestable déjà victime du ciel, ce sont des clandestins qu’il n’est plus si urgent d’expulser. Pour la grande majorité d’entre nous, les cloportes dont le champ des pérégrinations est soigneusement délimité par le triangle étroit des trajets domicile-travail-courses, un monde sans avions c’est un monde dans lequel nous tournons nos regards vers le ciel et où nous plongeons avec délices nos yeux dans le bleu intense et silencieux, un bleu à s’en noyer les rétines, un bleu infini, le bleu au-dessus de la matrice habituellement tracée par leurs innombrables trajectoires indifférentes.
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25 avril 2010

Le Royaume-Uni à l’heure des choix incertains

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 12:00

Il y a quelques mois encore, le retour des conservateurs au pouvoir à l’occasion des élections générales qui auront lieu le 6 mai ne faisait de doute pour personne au Royaume-Uni. Les travaillistes au pouvoir depuis 1997 étaient épuisés et le Premier ministre Gordon Brown au plus bas dans les enquêtes de popularité. Les observateurs les plus sérieux annonçaient même « La fin du parti »[1], révélant notamment les insuffisances, les tergiversations et le mauvais caractère du successeur de Tony Blair.

A Downing Street, chacun préparait ses cartons et pensait à la suite. La question la plus courante était : « Que vas-tu faire après ? ». Aujourd’hui, même si à quelques jours du scrutin rien n’est encore joué, Gordon Brown semble bien parti pour rester Premier ministre. Si c’est le cas, il n’aura pas pour autant les mains libres car les conditions de son éventuelle « victoire » seront non seulement inédites mais potentiellement lourdes de dangers pour lui à court terme.

En effet, on semble se diriger, si l’on en croît les sondages qui donnent les trois partis au coude à coude autour de 25-30% avec des variations régulières quant à l’ordre d’arrivée, vers ce que les Anglais appellent un Hung Parliament – c’est-à-dire une Chambre des Communes sans majorité –, un comble dans un pays où le mode de scrutin (uninominal à un tour) est précisément fait pour donner à un parti les moyens de gouverner seul. Pour la première fois depuis bien longtemps, le scrutin se joue en effet entre trois partis et non deux : les conservateurs (Tories) emmenés par David Cameron, les travaillistes (Labour) du Premier ministre Gordon Brown et les libéraux-démocrates (Lib Dems) sous la houlette de Nick Clegg.

Les conditions du scrutin ne sont toutefois pas égalitaires pour les trois partis. [2] Compte tenu à la fois du découpage des circonscriptions et de la répartition du vote (concentration géographique dans certaines circonscriptions, nombre de votants par circonscription…), les libéraux-démocrates même s’ils arrivaient en tête du « vote populaire » – i.e. en nombre de voix – ne pourraient prétendre remporter le plus grand nombre de sièges. Le résultat se jouera donc certainement entre conservateurs et travaillistes – les Lib Dems pouvant se prévaloir d’un rôle d’arbitre si aucun des deux partis n’atteint la majorité absolue. Or le redécoupage électoral des années 1990 favorise le Parti travailliste. Il suffit en effet à celui-ci, pour emporter la majorité des sièges aux Communes, de devancer les conservateurs de deux points alors que ceux-ci doivent obtenir dix points d’avance pour pouvoir espérer le même résultat – les circonscriptions solidement travaillistes (dans le Nord de l’Angleterre essentiellement) ont en effet des taux de participation moins élevées et moins d’électeurs que celles des conservateurs (Sud de l’Angleterre). Au total, les conservateurs devraient le 6 mai remporter 110 sièges au moins pour avoir une majorité absolue, ce qui implique qu’ils devraient mordre largement sur les circonscriptions travaillistes des Midlands voire du Nord. Les efforts des deux partis se concentrent ainsi (notamment en termes de financement de la campagne) sur des sièges dits « marginaux », susceptibles de passer d’un camp à l’autre et situés pour la plupart dans les Midlands.[3]

Le scénario le plus probable est donc une courte victoire en sièges des travaillistes malgré leur deuxième voire troisième place en nombre de voix. Ce qui conduirait au maintien au pouvoir de Gordon Brown comme Premier ministre mais avec le soutien indispensable des libéraux-démocrates. Reste à savoir de quel type de soutien il pourrait s’agir. Un simple accord au Parlement sur les orientations politiques (Lib-Lab Pact) comme dans les années 1970 – période qui n’a pas laissé un très bon souvenir dans la mémoire collective – ou bien un gouvernement de coalition avec un cabinet associant ministres travaillistes et libéraux-démocrates, ce qui serait une première depuis la Seconde Guerre mondiale. (more…)

L’Éducation Nationale compose avec le désobéisseur Refalo

Filed under: 02 - Education — iledere @ 8:54

Déterminé. Alain Refalo, l’instituteur de Colomiers, à l’origine du mouvement de désobéissance pédagogique des enseignants du primaire persiste, comme 3000 de ses collègues signataires de la charte de la résistance pédagogique. Malgré les sanctions, il n’applique toujours pas les réformes décrétées par Xavier Darcos (lire libetoulouse du 30/12/2009).

La mise en place d’un atelier théâtre au lieu des deux heures hebdomadaires d’aide personnalisée pour les élèves en difficulté, lui avait valu l’an dernier un rappel à l’ordre assorti de 28 jours de retenue sur son salaire. Ses prises de positions publiques avaient entraîné une convocation en commission disciplinaire au mois de juillet. Il avait alors écopé d’un abaissement d’échelon.
Il récidive cette année avec la mise en place d’un atelier journal sur le temps de l’aide personnalisée. Un nouvel acte de «résistance pédagogique» que l’inspecteur d’académie a constaté lors d’un contrôle effectué au mois d’octobre dernier. Mais sans pour autant, cette fois, le sanctionner. Le mouvement de résistance pédagogique veut y voir la preuve d’un changement d’attitude de l’administration. «Sans oser le dire haut et fort, elle tolère désormais notre désobéissance», explique à Libétoulouse Alain Refalo.

Entretien
Libé Toulouse : Vous continuez donc à désobéir!
Alain Refalo :
Oui, je suis plus que jamais en résistance vis-à-vis des nouveaux programmes et du dispositif de l’aide personnalisée. Cette année, sur ces deux heures, avec deux autres collègues de l’école, nous avons mis en place un atelier journal. Les élèves y participent activement et améliorent leur production d’écrits. Les parents d’élèves, comme l’an passé, nous soutiennent dans notre démarche.

Votre inspecteur est pourtant revenu dans votre classe vous contrôler comme l’an dernier…
Alain Refalo : Il est revenu au mois d’octobre. Il a bien remarqué qu’avec mes collègues nous n’appliquions pas ce dispositif d’aide personnalisée. Mais ce coup-ci, l’inspecteur d’académie ne nous a pas sanctionnés financièrement. Alors que pour les mêmes faits, l’an dernier, j’ai eu 28 jours de retraits de salaire entre janvier et juin 2009. L’administration a donc changé d’attitude à notre égard. Elle est obligée de constater que les sanctions ne nous ont pas fait plier.

Comment expliquez-vous cette tolérance?
Alain Refalo : Le ministère, tout comme les inspections académiques, a fait le constat que son dispositif d’aide personnalisée n’est pas efficace. L’essentiel se joue dans le groupe-classe sur les 24 heures obligatoires. Le reste est de la poudre de perlimpinpin. Pour l’heure, les inspections académiques ont pour consigne de ne plus mettre la pression sur les enseignants concernant l’application stricte de ce dispositif. Elles laissent les équipes pédagogiques utiliser au mieux ces deux heures. C’est une décision de bon sens qui s’ajoute au fait que les postes de Réseaux d’aide spécialisés pour les élèves en difficulté (RASED) sont stabilisés pour l’année prochaine. (more…)

24 avril 2010

Delanoë dénonce une « régression silencieuse » face à l’homophobie

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:27

« Tout se passe comme si une nouvelle chape de plomb descendait, lentement, inexorablement, avec la morgue des intolérances sûres d’elles-mêmes et de leur histoire », affirme le maire de Paris.

Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë, deuxième homme politique français à avoir fait état de son homosexualité, met en garde vendredi 23 avril sur son blog contre un risque de « régression silencieuse » face à l’homophobie.

Dans un éditorial intitulé « Différence et indifférence« , le maire réagit notamment aux circonstances, dévoilées le jour même, de la mort de deux homosexuels disparus en mars 2009 dans un village du Cher et qui avaient été enterrés vivants. « Acte d’une incroyable barbarie« , écrit Bertrand Delanoë.

Se demandant « si nous ne sommes entrés dans une triste période de régression silencieuse« , il évoque de récentes agressions homophobes commises au coeur du Marais à Paris. « Tout se passe comme si une nouvelle chape de plomb descendait, lentement, inexorablement, avec la morgue des intolérances sûres d’elles-mêmes et de leur histoire« , poursuit le maire socialiste.

« Parfois, ce sont les religions qui y contribuent, en sacralisant des normes ou en alimentant des amalgames : il y a quelques jours, le porte-parole du Vatican établissait ainsi, du haut de l’autorité morale qu’il exerce sur plus d’un milliard d’êtres humains, un lien entre homosexualité et pédophilie. Cette somme de méconnaissance, d’ignorance, de ressentiments et de préjugés, pèse lourd, et en profondeur, sur nos sociétés fatiguées« .

Le degré de civilisation d’une société « se mesure à sa capacité de regarder ces différences avec indifférence« , conclut Bertrand Delanoë.

(Nouvelobs.com)

Les habits neufs de l’idée communiste

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:30

Résumé : L’idée du communisme connaît un regain d’intérêt soudain, des philosophes confirmés proposent ici chacun leur vision d’une idée aux facettes multiples.

Le communisme serait-il devenu à nouveau un objet de culture pop ? Tout comme Mao et les maoïstes avaient pu se réincarner – sous prétexte d’un docu-fiction original – en un générique yé yé dans le film « La Chinoise » de Godard, les anciens philosophes hérauts de l’idée du communisme sont devenus les superstars d’un capitalisme en mal de fondement, fasciné par ces thuriféraires passionnants et exigeants que sont Badiou (le platonicien fulgurant) et Žižek (l’hégélien agité). C’est en tous les cas ce que semble suggérer la récente hypervisibilité médiatique de ces deux penseurs (il suffit de circuler sur internet ou de consulter les articles qui leur ont été consacrés dans des journaux francophones). A vrai dire, les contributeurs ne sont pas des débutants mais des penseurs confirmés. Leur mise en avant brutale sur la scène médiatique contribue à faire connaître des travaux comme ceux de Badiou et de Jacques Rancière qui s’écrivent depuis bientôt quarante ans, et dont le monde intellectuel francophone a mis du temps à mesurer les enjeux réels et les apports inédits pour le débat public1. Prétexte donc éminemment utile que de mieux faire connaître ces pensées complexes et stimulantes par le biais d’un colloque mondial et retentissant sur l’idée du communisme.

Le communisme comme « opération intellectuelle »
C’est lors de ses discussions avec son ami Slavoj Žižek que Badiou décide donc de convoquer une sorte de colloque philosophique autour du mot “ communisme”, mot dont la réapparition soudaine combinée à un regain d’intérêt vivace avait fait frémir la presse internationale lors de la crise. Dans ce colloque tenu en 2009, se bousculent aux premières loges des philosophes d’envergure, de Rancière à Badiou en passant par Toni Negri ou encore Gianni Vattimo, qui viennent ainsi dessiner les contours d’une sorte de conglomérat international de penseur aux couleurs politiques bigarrées (quoi de commun entre le maoïsme de Badiou et le communisme spinozisto-deleuzien de Negri par exemple, ou encore le matérialisme dialectique lacaniano-hégélien d’un Žižek). Deux conditions étaient ainsi exigées pour intégrer cet arc de cercle royal, “ parler strictement en son propre nom”, Etre convaincu que le mot communisme peut, et doit conserver […] une valeur affirmative”2. C’est autour de ce pacte symbolique que se déroulent les vives discussions contenues dans ce livre, qui incarnent chacune une pluralité de définition possible de ce que « peut » le communisme. (more…)

23 avril 2010

Le gouvernement belge d’Yves Leterme démissionne

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Un conseil des ministres a acté, jeudi 22 avril à mi-journée à Bruxelles, la démission du gouvernement de coalition dirigé par Yves Leterme. Le premier ministre chrétien-démocrate flamand est parti, peu avant 14 heures, pour le palais de Laeken, où il devait rencontrer le chef de l’Etat, le roi Albert II. Ce dernier va prendre un délai de réflexion avant toute initiative.

La perspective de nouvelles élections se profile. Le scrutin pourrait avoir lieu au mois de juin, peut avant que la Belgique prenne, le 1er juillet, la présidence tournante de l’Union européenne. Autre hypothèse : le roi ferait traîner les choses afin de permettre au gouvernement de trouver en quelques jours un accord sur le dossier institutionnel qui l’a fait chuter.

La nouvelle démission de M. Leterme a été causée par l’Open VLD, le parti des libéraux flamands. Il a décidé, jeudi midi, de quitter la coalition en évoquant une rupture de confiance au sein de la coalition à cinq qu’il formait avec les chrétiens démocrates flamands et trois partis francophones (socialistes, centristes humanistes et libéraux réformateurs).

SCISSION DE BRUXELLES-HAL-VILVORDE
L’Open VLD exigeait une solution aux problèmes institutionnels et, notamment, la scission de la circonscription électorale et de l’arrondissement judiciaire bilingues de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Les francophones s’y opposent toujours mais avaient accepté le principe d’une négociation, sur la base d’une note rédigée par le commissaire royal chargé des réformes institutionnelles, Jean-Luc Dehaene. Ce dernier a annoncé la fin de sa mission mardi soir et passé la main au premier ministre. Jeudi midi, les partis francophones, soulignant le caractère déraisonnable d’une crise politique, ont répété qu’ils étaient prêts à négocier.

Les libéraux flamands n’ont pas été convaincus. Comme d’autres partis flamands (et y compris des députés du CD&V, le parti de M. Leterme) ils proposent désormais le vote par la majorité flamande, en séance publique de la chambre des députés, d’une proposition organisant la fameuse scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Des députés réclamaient un tel vote dès jeudi après-midi, quitte à aggraver les tensions.

Les partis francophones disposent encore de moyens de recours pour empêcher temporairement le vote mais une telle procédure condamnerait, irrémédiablement cette fois, le gouvernement Leterme. Elle marquerait surtout le début d’une véritable crise de régime qui pourrait conduire à une rupture définitive entre Flamands et francophones.

Jean-Pierre Stroobants pour « Le monde.fr »

Flambée des taux, déficit record : la Grèce se rapproche de la faillite

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:30

Voilà un chiffre qui risque d’agiter encore les marchés, au moment où les préparatifs du plan d’aide à Athènes entrent dans leur dernière ligne droite: le déficit public de la Grèce a atteint 13,6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, selon une révision provisoire annoncée jeudi 22 avril par Eurostat. L’Office européen des statistiques a même encore des réserves et pourrait à l’avenir augmenter ce déficit de 0,3 à 0,5 point de pourcentage.

Ce chiffrage se situe au-dessus des 12,7 % avancés depuis cet automne. A l’époque, au lendemain des élections générales, l’évaluation avait déjà doublé : le gouvernement du socialiste Georges Papandréou avait décidé de faire la vérité sur le déficit budgétaire du pays. Une « transparence » après des années de maquillage des comptes publics qui a précipité la crise obligataire grecque.

Cette fois, la révision est due pour l’essentiel à une récession plus profonde que prévu l’an dernier. Elle fait suite à des semaines de tractations discrètes entre Bruxelles et Athènes. Les Grecs ont, en effet, notifié début avril un chiffre de l’ordre de 12,9 %, que les autorités européennes ont refusé de valider en l’état.

CONTEXTE TENDU
Tandis que l’homme malade de la zone euro – dont l’endettement atteint aussi 115,1 % du PIB – est placé sous haute surveillance par ses voisins, Eurostat émet de surcroît de nouvelles réserves sur les comptes du pays, dans un contexte de plus en plus tendu.

Mercredi, la flambée des taux d’intérêt des obligations grecques s’est poursuivie, à plus de 8 % pour les emprunts d’Etat à dix ans, soit plus de 5 points de pourcentage par rapport à l’Allemagne.

Alors que l’étau se resserre autour de la Grèce, l’activation du plan de soutien semble se préciser. Mercredi, la France a formalisé le cadre de son aide financière. Le budget a été modifié afin de pouvoir débloquer dès cette année 3,9 milliards d’euros, sur les 6,3 milliards que représente la contribution française.

En cas de nécessité, les Etats de la zone euro ont convenu de prêter 30 milliards d’euros à Athènes, en plus de l’assistance du Fonds monétaire international (FMI) – pour un montant attendu entre 10 et 15 milliards d’euros.

« On est dans le cadre de prêts bilatéraux coordonnés avec d’autres Etats, on n’est pas en train de faire un cadeau à la Grèce« , a souligné la ministre de l’économie, Christine Lagarde, soucieuse de démontrer à l’opinion que ce geste de solidarité ne va pas « pénaliser la France« . Le prêt sur 3 ans se ferait au taux de 5 % environ, comme convenu au sein de la zone euro. (more…)

22 avril 2010

Des hackers tuent Hadopi avec un bout de code…

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 12:00

Quand la loi iPred (1) a été votée en Suède, les administrateurs du fameux tracker Torrent, The Pirate Bay, avaient émis l’idée d’inonder les trackers Torrent de fausses adresses IP. Ce n’est plus une promesse, c’est maintenant une réalité. A l’heure où on attend toujours les spécifications du logiciels de sécurisation sensé permettre de prouver votre bonne foi, un code souce pour le moins original a récemment son apparition sur le Net.

L’information a été initialement révélée sur le blog Hack45. Pas de soucis…. Baptisé Seedfuck, le code source propose d’injecter plusieurs centaines d’adresses IP, aléatoires ou prédéfinies dans les trackers Torrent, semant ainsi un certain chaos et rendant plus difficile l’identification formelle des internautes se trouvant derrière ces IP. Peu importe que vous ne sachiez même pas ce qu’est le peer to peer, votre propre IP peut ainsi se retrouver collectée et identifiée par la HADOPI. Il ne semble pas que ce code soit une réponse à l’HADOPI vu son origine, son auteur ne semblant pas être d’origine française (le concept du code lui même n’est d’ailleurs pas nouveau).

Ce code d’exploitation est à double tranchant, certains s’inquièteront à juste titre de voir leur propre IP générée aléatoirement. S’il génère aujourd’hui des adresses complètement aléatoires, une très légère modification lui permet de ne cibler que des adresses IP françaises et même des adresses prédéfinies ( »comme par exemple celles de ministères » se raillent beaucoup d’internautes). Une fois compilé et pesé à 5 kilo octets tout mouillés, le code pourrait même être inoculé sous forme de chevaux de Troie, rendant ainsi la localisation des plaisantins encore plus complexes.

On ne sait donc pas s’il faut en rire ou en pleurer, mais en tout cas, une chose est maintenant sûre, TMG, la société mandatée par les ayants droits pour faire la traque aux téléchargeurs, va devoir sur pencher plus sérieusement sur la validité des preuves qu’elle recueille pour confondre les internautes partageurs.

La technique employée par SeedFuck (le Torrent Poisoning) n’est pas indécelable mais la surveillance devra aussi prendre en compte le Peer Exchange en plus des adresses IP collectées dans le swarm, ce qui pourrait engendrer un coût supplémentaire).

Du coup, quelques questions se posent :

* Les sociétés mandatées par les ayants droit prendront elles le risque de présenter devant un juge un dossier qui risque de présenter une IP générée aléatoirement ?†
* Comment sans une saisie physique se rendre compte si oui ou non le fichier a effectivement été téléchargé ou non (SeedFuck serait capable de simuler les évènements comme la complession d’un téléchargement ou le nombre d’octets qui restent à télécharger)
* Combien va coûter une collecte de preuves plus aboutie ?
* Combien de vrais téléchargeurs la HADOPI pourra t-elle effectivement confondre si des dizaines de millions de faux positifs sont générés chaque jour
* A quoi s’attaquera HADOPI 3 ?
* Ce proof of concept ne va t-il pas donner naissance à des évolutions plus élaborées ? (more…)

L’ère technologique ou la fin du politique.

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

On se souvient des souffrances que portait l’âge industriel : la dureté de l’usine, le harassement des gueules noires, l’angoisse déjà à l’apparition des premiers chemins de fer mais aussi l’enthousiasme devant ce monde nouveau que célébraient Cendras et les futuristes, relayé par l’idéologie du Progrès et revendiquée par le Socialisme.

On n’a sans doute pas mesuré combien l’entrée dans l’Ère technologique nous coupait de ce modèle ancien, que, par exemple, la politique, ne pouvait plus être ce qu’elle était depuis le Siècle des Lumières. Et pourtant nous ne possédons aucun autre modèle identifiable d’un système politique. Voici ce qui devrait pourtant être le centre des préoccupations de nos philosophes et sur lesquelles devraient réfléchir ceux qui nous gouvernent.

Car le monde occidental en s’aliénant toujours d’avantage à la technologie souffre de ne plus être arrimé à un réel perceptible par l’homme. L’écart s’accroît entre notre capacité d’imaginaire et la vitesse des sciences qui nous donnent ce sentiment de ne plus rien maîtriser, surtout quand le réel revient en force dans nos vies par l’impact de la nature ou du social.
Le virtuel supplante le réel, l’avenir lui-même est corrodé par les supputations, le vertige des possibles quand l’humain et la nature demeurent cette réalité ultime qui s’impose, fragile et de plus en plus frappée d’angoisse au fur et à mesure que les technologies deviennent plus pointues et échappent à toutes nos tentatives d’interprétation, d’anticipation et même de représentation.

Historiquement, le point de rupture intervint sans doute avec l’énergie atomique et cette intuition que désormais l’homme pouvait être dépassé, voire anéanti, par ce qui germait dans ses éprouvettes. D’où ce réflexe de peur dont l’écologie fut le symptôme. Une peur d’autant plus mesurable qu’elle n’était plus liée à un au-delà mais bien à une réalité tangible qui, paradoxalement, nous échappait de plus en plus: la relation de l’humain à la nature.

Un certain nombre d’événements récents traduisent l’incapacité des politiques à gérer les conséquences d’une technologie qui leur est devenue a-synchronique.
Ils peuvent s’en servir, il peuvent, écologistes ou pas, en discuter les bienfaits ou les dangers, ils sont tous déroutés, hors circuit quand la réalité s’impose : Les tremblements de terre, les tsunamis et le volcanisme sont hors contrôle et les désordres climatiques, liés ou non à la pollution, sont de peu d’importance par rapport aux caprices de la Terre. Quid d’une éruption par rapport à la destruction de la couche d’ozone ?
La nature n’a que faire de nos programmations et de notre orgueil technologique. Elle nous renvoie le miroir de notre humanité refoulée dans un individualisme dévastateur, celui des écrans, des tablettes tactiles, des codages et des flux.
Le « Tout communiquant » n’apparaît plus que comme une cellule d’isolement dans laquelle nous somme confinés dans une sociabilité virtuelle, où le buzz fait fonction de discours politique, où le fond disparaît devant la puissance de la forme, les coups de butoir de la marque, du look, du paraître.
Impossibilité de penser désormais en terme de société mais seulement en terme de groupes individuels, de tribus, de lobbies. Comme si la culture était fractionnée par l’assaut de ces communautarismes et nous interdisait désormais tout idéal commun, tout intérêt collectif.

Nos politiques traduisent parfaitement cet affolement par rapport à un futur sur lequel ils n’ont plus aucune prise sauf à utiliser la peur de l’avenir en disant n’importe quoi pour servir les intérêts bien présents de quelques-uns. Le débat faussé sur les retraites nous en fournit l’exemple.
Mais on pourra remarquer leur désarroi et leur mutisme quand la technologie menace et que la nature se rappelle à eux. Gesticulations verbales ou surréaction sont les seules réponses qu’ils apportent. (more…)

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