Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

7 mai 2010

Une catastrophe sans doute pire que Katrina

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:30

La marée noire au large des côtes de la Louisiane traumatise une population qui craint pour son avenir.

Terrifié. C’est le mot qui revient le plus souvent chez les pêcheurs du sud-est de la Louisiane, alors que le flot de pétrole s’échappant d’une plate-forme détruite dans le golfe du Mexique se dirige vers la côte. De source officielle, on prédit que cette marée constituée de produits chimiques et de goudron pourrait durer de deux à trois mois. Le delta du Mississippi n’est pas une plage sablonneuse pour touristes ni une ligne de sable et de rochers solides, le long d’une autoroute, facile d’accès, et qui peut-être nettoyée et restaurée à l’aide de bulldozers et de camions-bennes. Il est séparé de tout axe routier par plus de 110 kilomètres de marécages, et ce n’est pas une côte à proprement parler. Le littoral ressemble à un puzzle, des centaines de kilomètres d’éléments de forme bizarre qui ne vont pas ensemble, d’herbes et de boue, de bayous, de passes, de baies, d’étangs et de lagons saupoudrés d’îlots broussailleux.

Cette gigantesque zone entre eau, herbes et boue sert de milieu au plus poissonneux et au plus giboyeux des 48 Etats continentaux. Les gens qui dépendent de cet écosystème pour vivre ou se distraire le savent. Ils savent à quel point il est important, à quel point il sera difficile d’en éliminer les millions de barils de pétrole brut qui risquent d’y déferler.

Alors, ils sont terrorisés. Et cette terreur s’est encore accrue, le 30 avril, quand l’Etat a interdit toutes les activités de pêche – amateure et professionnelle – à l’est du Mississippi, craignant que des produits de la mer contaminés ne soient capturés et consommés. A lui seul, l’impact de l’interdiction de la pêche récréative sera énorme. L’Etat évalue à 757 millions de dollars [574 millions d’euros] par an la pêche côtière – concentrée pour l’essentiel à l’extrémité sud-est de l’Etat, la région la plus menacée par la marée noire. On y trouve des dizaines de marinas et de cabanes de pêcheurs, des centaines de guides, mais aussi plus de 100 000 amateurs dont les expéditions hebdomadaires permettent aux marinas, aux marchands d’appâts et d’articles de pêche et aux loueurs de bateaux de survivre. Cette économie était sur le point d’entrer dans sa période la plus active – la saison de pêche s’étend d’avril à octobre. “Cela ne va pas juste nous faire du mal, cela va purement et simplement nous tuer, pour cette année du moins et – ce qui est encore plus terrifiant – peut-être pour bien d’autres”, explique Robert Campo, de Campo’s Shell Beach Marina. “Comment allons-nous payer nos factures ? Où allons-nous trouver l’argent pour l’hypothèque ? Comment allons-nous payer l’électricité ? Bon Dieu, comment va-t-on faire pour survivre, maintenant que, brutalement, on ne peut plus pêcher ?”

L’aide va-t-elle enfin arriver ? Robert Barham, secrétaire du département de la Faune et de la Pêche de Louisiane, a déclaré que l’Etat allait fournir un soutien financier aux pêcheurs, capitaines et propriétaires de marinas que les interdictions empêchent de travailler. D’après lui, les versements se feront à long terme pour couvrir la marée noire et ses conséquences. Mais les propriétaires de marinas et les pêcheurs sont profondément inquiets pour l’avenir. A la Nouvelle-Orléans, la Campo’s Marina est un monument culturel et halieutique depuis plus d’un siècle, période au cours de laquelle elle n’a fermé que pour Noël et à cause des ouragans. La marina et le village de Shell Beach ont été ravagés à trois reprises par des tempêtes. A chaque fois, les habitants les ont reconstruits.

Bob Marshall pour The Times-Picayune
Publié par « courrier International« 

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