Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 mai 2010

Pour en finir une bonne fois pour toutes avec le cumul des mandats

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:53

dessin : RodhoPhilippe Baumel, membre du Conseil national du PS, dénonce une fois de plus le cumul des mandats. Cette pratique est selon lui en train de tuer le débat politique, en empêchant l’émergence de nouvelles personnalités et d’idées neuves.

« Touche pas au grisbi » ! Les tontons flingueurs adeptes du cumul de mandats ont dégainé. Martine Aubry est en ligne de mire et derrière elle l’idée d’une adaptation de la vie politique de notre pays aux nécessités de sa démocratisation et de sa revitalisation. L’idée d’aboutir à une règle générale sans délai et sans dérogation gêne. Elle gêne peu de monde mais elle gêne ceux qui, depuis plusieurs décennies, accaparent les mandats et accumulent les sièges.

La décentralisation appliquée sans limitation du cumul des mandats a sans doute été une erreur : Au lieu d’enrichir le débat national des expériences locales, au lieu d’irriguer la démocratie locale d’une plus grande compréhension des enjeux qui déterminent notre devenir, le cumul a – au contraire – réduit le débat politique à une longue suite de conflits quasi-féodaux sans vision ni pensée dépassant les différents fiefs concernés. L’appauvrissement du « débat d’idées » au sein de notre démocratie ne doit-il pas à cette passion irraisonnée pour l’accumulation de mandats par un nombre restreint de personnes ?  Le cumul c’est, d’abord, la stérilisation du débat politique !

Le cumul des mandats à un effet indirect qui rejoint celui précité : empêcher à la fois le renouvellement politique et l’émergence d’idées nouvelles. Un cumulard n’a qu’une peur : ne plus cumuler, ce qui équivaut dans son esprit à ne plus exister. Aussi excelle-t-il dans l’art d’écarter les concurrents et prétendants potentiels à sa succession, dans l’exercice de désignation de candidat de son parti inoffensifs pour lui dans son orbite immédiate. Guy Carcassonne l’a d’ailleurs démontré : nombre d’élus favorisent l’ascension de femmes ou d’hommes assez médiocrement préparés à l’exercice de mandats et dont le talent politique est loin d’être avéré. Le cumul c’est, aussi l’émergence de personnalités interchangeables et sans vraie envergure.

Le cumul est donc un frein à l’émergence de nouveaux responsables politiques en France : combien d’élus sont-ils issus du monde ouvrier ? Combien de jeunes élus comptons-nous ? L’hypocrisie relative à la « parité » ou à la « diversité » sert le plus souvent de paravent à un accaparement des postes clés de la démocratie locales ou des circonscription législatives et sièges de sénateurs au bénéfice d’une caste de plus en plus réduites d’élus dont on s’aperçoit qu’ils ont commencé leur carrière dans les années 1970… Haro sur les concurrents potentiels ! Haro sur les idées nouvelles !

Tout cela se nourrit de l’argument le plus fameux : être élu national pour défendre sa collectivité locale ! Toute grande ville, toute métropole aurait droit à son député-maire ou à son sénateur-maire, dont la population serait « fière » (sic). C’est en fait une conception assez détestable de la République et de la décentralisation que de considérer que les citoyens seraient traités différemment selon qu’ils seraient représentés par un édile parlementaire ou non… Le cumul c’est donc aussi une potentielle atteinte à l’esprit républicain.

Trop de professionnels du cumul et trop peu de professionnalisme en politique ? La question pour la République est de revivifier son débat national et de faire vivre sa démocratie locale. La question pour la Gauche est d’anticiper cette évolution en faisant émerger nouveaux responsables et nouvelles idées, cela passe – entre autres – par un changement de fonctionnement, par de nouvelles règles. La rénovation en cours, largement soutenue par les militants, doit maintenant se concrétiser au sein du Parti Socialiste avant d’irriguer en 2012 l’ensemble de la société française.

Philippe Baumel pour « Marianne 2″

Une réponse à “Pour en finir une bonne fois pour toutes avec le cumul des mandats”

  1. Chris dit :

    En complément aux propos du camarade Baumel, voici un article du Nouvel Obs qui montre bien l’apreté au gain de nos élus :

    Le Parlement refuse la réduction des indemnités des ministres cumulards
    Un amendement en ce sens avait été proposé par un député apparenté socialiste. Rapidement rejeté.

    La réduction du train de vie des ministres cumulards Français n’aura pas lieu. Pas pour l’instant. Un amendement proposé par un député PS allant en ce sens a été rejeté vendredi 28 mai, sans aucun commentaire de la part de la majorité ni du gouvernement.
    Alors que plusieurs Etats européens ont décidé de réduire le train de vie de leurs ministres pour accompagner les plans de rigueur, le député de l’Aisne René Dosière, qui connait bien les comptes du gouvernement, a demandé vendredi une augmentation « zéro volume » de ses dépenses, ainsi qu’une réduction des salaires des ministres qui sont aussi élus locaux.

    Le député note une augmentation des dépenses de l’Elysée de 2,5% en 2009 à 114,287 millions d’euros.

    « La progression réelle des dépenses s’établit à +2,5% (soit +2,855 millions). Si cette progression est plus faible que l’année précédente, il convient de souligner qu’elle demeure six fois supérieure à celle des dépenses de l’Etat (+0,4%) », écrit René Dosière dans un document remis à la presse.

    « Six fois plus, on ne peut pas dire que cela soit la rigueur« , a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse, demandant une progression « zéro volume » (sans tenir compte de l’inflation) du budget de l’Elysée d’une année sur l’autre, sur le modèle du budget de l’Assemblée nationale.

    Ministres cumulards
    René Dosière a par ailleurs demandé que les membres du gouvernement qui sont aussi maire ou élu local ne perçoivent « au titre de ses mandats locaux aucune rémunération, aucune indemnité, et aucun avantage ».

    Les ministres peuvent « cumuler jusqu’à 1,5 fois leur traitement » qui est de quelque 14.000 euros mensuels, soit « 21.000 euros », a souligné René Dosière.

    Un amendement en ce sens avait été présenté devant de nombreux journalistes en conférence de presse. Quelques minutes plus tard, cet amendement défendu dans le cadre de la réforme des collectivités était rejeté dans l’hémicycle, sans aucun commentaire de la part de la majorité ni du gouvernement.

    René Dosière veut aussi ramener le plafond des indemnités des élus locaux au niveau de l’indemnité parlementaire de base (5.487 euros).

    « Montrer l’exemple »
    Comme l’année précédente, l’élu de l’Aisne a envoyé des questions écrites aux ministères pour connaître leur train de vie (frais de représentation, de communication…).

    « A partir du moment où les Français doivent se serrer la ceinture, les responsables politiques doivent montrer l’exemple« , affirme le député de l’Aisne, qui se défend de faire de « l’antiparlementarisme ou du poujadisme : je n’oublie pas que des gens modestes ont pu accéder aux responsabilités politiques parce qu’elles étaient rémunérées ».

    Les Verts ont, de leur côté, dénoncé ce rejet, affirmant dans un communiqué qu’ »au lendemain de la manifestation sur les retraites et peu de temps après l’annonce d’un plan de rigueur qui ne dit pas son nom, la majorité a montré que pour la droite, ce sont toujours les mêmes qui doivent se serrer la ceinture ».

    « Cette décision est emblématique d’une ligne politique qui donne toujours plus aux privilégiés au détriment des plus fragiles. Ce vote a une portée symbolique importante. Il ne fera que rompre encore un peu plus la confiance entre les citoyens et le monde politique« , poursuit le communiqué signé des porte-parole nationaux du parti, Jean-Louis Roumégas et Djamila Sonzogni.

    (Nouvelobs.com, avec AFP)

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