Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 mai 2010

A l’ombre des stades fleurit la misère

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:00

A cinq semaines du Mondial, les autorités ont fait le ménage pour offrir aux touristes une image policée de la nation “arc-en-ciel.” Les exclus s’entassent dans des ghettos sordides qui rappellent ceux de l’apartheid.

un adolescent brave les mouches et l’odeur nauséabonde des toilettes extérieures pour chercher de l’eau. L’air absent, il fixe les rangées de taudis en tôle rouillée. Ici, il n’y a pas d’arbre ni le moindre brin d’herbe. Ici, rien ne pousse. Zone de relogement temporaire pour le maire du Cap ou camp de concentration pour ses habitants, vous êtes à Blikkiesdorp ! Ses habitants disent avoir été expulsés de force de leurs anciens logements et installés ici contre leur gré. Pour eux, c’est la faute à la Coupe du monde de football qui aura lieu du 11 juin au 11 juillet 2010. “Ici, c’est une décharge, lance Jane Roberts. Ils ont chassé les gens des rues parce qu’ils ne voulaient pas les voir pendant la Coupe du monde. Maintenant on vit dans un camp de concentration. La police vient la nuit pour nous rouer de coups ! L’Afrique du Sud ne veut pas montrer comment elle traite son peuple. Il n’y a que la Coupe du monde qui compte !”

Pour le gouvernement du président Jacob Zuma, cet événement sportif profite déjà à l’ensemble du pays : création d’emplois, rénovation des infrastructures existantes et amélioration de l’image du pays à l’étranger. L’Afrique du Sud a dépensé sans compter pour les stades qui accueilleront les matchs et le Stade du Cap est sans doute la plus grande réussite. Pour les associations, cet endroit sinistre dans la township de Delft est la preuve que la première Coupe du monde organisée en Afrique est surtout destinée à impressionner les riches étrangers. D’après les habitants de Blikkiesdorp, la situation est pire qu’au temps de l’apartheid. Blikkiesdorp a été construit en 2008 pour la somme de 32 millions de rands [2,8 millions d’euros] afin de fournir des “logements d’urgence” à environ 650 personnes. Mais, selon les habitants, environ 15 000 personnes y vivraient et de nouveaux arrivants ne cesseraient d’y déferler. La municipalité rejette ces chiffres, mais, dans certains cas, six ou sept personnes s’entassent dans des espaces de trois mètres sur six. La chaleur y est accablante en été et le froid glacial en hiver. Le bacille de la tuberculose et le virus du sida y prospèrent. Quant aux bébés nés ici, ils n’ont même pas d’existence officielle. Les allées qui séparent ces abris de fortune sont tirées au cordeau et les bicoques sont toutes identiques. Les maisonnettes ont beau être équipées de l’électricité, les allées sont pleines de chiens errants, de détritus et de sable gris qui tourbillonne.

Sandy Rossouw, 42 ans, faisait partie des 366 personnes expulsées du foyer Spes Bona, dans le quartier de Athlone. Avec sa famille, ils dorment à cinq dans le seul lit de sa bicoque de Blikkiesdorp. “Nous avons été expulsés de notre foyer à cause de la Coupe du monde, fulmine-t-elle. Il se trouvait à 200 mètres du stade. Nous ne voulions pas partir, mais ils ont menacé de faire intervenir la police. Ici, tout le monde crève de faim ! Les gens marchent trois heures pour aller à Athlone s’acheter une miche de pain. Huit familles se partagent un seul WC, c’est scandaleux ! Il y a quelques semaines, des hommes nous ont menacés avec un fusil d’assaut. Il faut annuler la Coupe du monde ! Ils rénovent les bâtiments du Cap pour des centaines de millions de rands. Pourquoi ne pas dépenser cet argent ici ?” (Lire la suite…)

Martine et les cumulards

Filed under: 13 - PS,14 - Refondation du PS — iledere @ 6:30

Les militants en ont rêvé, Martine l’a fait adopter. A 72% lors du référendum d’octobre 2009 sur la rénovation, les militants socialistes ont plébiscité l’application de la règle du non-cumul. Forte de ce vote sans appel, symbole d’une rénovation annoncée, la patronne du PS rappelle aux récalcitrants que “la question du non-cumul est derrière nous, les militants ont tranché.

L’argument ne suffit pas à fermer le ban. Après l’affaire Frêche ce nouveau dossier souligne l’antagonisme entre un PS des barons repliés sur leurs terres, facilement enclins à s’asseoir sur les statuts de leur parti et de l’autre Solférino et de nombreux militants exaspérés par une fronde devenue quasi-permanente.

Plus que la Chambre du seigle et de la châtaigne, la Haute assemblée incarne même pour les élus socialistes une façon d’exercer le pouvoir à l’ancienne, où l’on estime qu’il est nécessaire pour être efficace politiquement de concentrer tous les leviers en cumulant un maximum de mandats.

De nombreux citoyens et militants pensent  pourtant l’inverse, ne voyant dans cette course au pouvoir qu’un verrouillage territorial par la multiplication des obligés et une professionnalisation de la politique devenue au fil des ans un moyen, sinon de faire fortune au moins de vivre confortablement .

Fidèles à leur image, les sénateurs ne sont pas pressés de se voir appliquer une mesure qui va leur rogner les ailes. Les plus téméraires s’y opposent frontalement, les autres louvoient en proposant de renvoyer à plus tard au motif que le PS a devant lui, en 2011, la chance historique de faire basculer la Chambre haute à gauche .

Principes et exemplarité contre enjeux électoraux et intérêts personnels, le match s’annonce serré. “Bien faire de la politique, ce n’est pas avoir toujours plus pour soi-même” juge la Première secrétaire qui ne manque pas de souligner que la décentralisation a rendu lourd et complexe  l’exécution d’un mandat local. Aubryment dit : la gestion des collectivités locales est un job à plein temps. La fonction de parlementaire également n’a de cesse de rabâcher Thomas Legrand sur France Inter.

Observateur averti de la chose politique le journaliste relève qu’il appartient au parlement de faire la loi et de contrôler l’exécutif notamment dans l’exécution des dépenses publiques. Deux secteurs dans lesquels on ne peut pas dire que le travail réalisé soit très efficient. S’y ajoute un troisième : le suivi de l’application des lois. Un volet largement négligé en grande partie du fait du cumul des mandats.

Pas de désarmement unilatéral” rétorquent les récalcitrants, soutenus dans cette position par Lionel Jospin. La rengaine est connue, non à l’autolimitation, mais oui à une loi anticumul qui mette droite et gauche sur un pied d’égalité. Une pirouette intellectuelle qui permet de renvoyer aux calendes grecques toute remise à plat.

Arnaud Montebourg, secrétaire national du PS justement en charge de la rénovation a l’expression juste en comparant  la question du cumul à une “nouvelle frontière” que tous les socialistes ne sont pas décidés à franchir. Rendez-vous est d’ores et déjà pris le 3 juillet prochain lors d’une convention du parti sur la rénovation et  la procédure des primaires. (Lire la suite…)

26 mai 2010

Convention nationale du 29 mai

Filed under: 09 - Evènement,13 - PS — iledere @ 12:18

La Convention nationale pour un nouveau modèle de développement aura lieu le 29 mai prochain.

Les militants qui le souhaitent sont invités à participer aux travaux de la Convention nationale du 29 mai aux cotés des délégués des fédérations.

Inscrivez vous sur l’événement coopol.

Le programme:

>> 10h00 : Accueil des participants, présentation des travaux de la Convention
>> 10h10 : Ouverture des débats par Pierre Moscovici 10h20 : 1er débat : « Que produire ? Pour un nouveau modèle productif »,
>> 11h40: 2e débat: «Comment produire? Vers la social-écologie»
>> 13h00: Pause déjeuner sur place
>> 14h30: 3e débat: «Comment distribuer ? La justice et la solidarité au coeur du nouveau modèle»
>> 16h30: Adoption du texte de la Convention et conclusion de Martine Aubry

Lettre ouverte à ceux qui n’ont rien à cacher

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

nothing_to_hide_thumbApportez-moi deux lignes du plus honnête homme et j’y découvrirai de quoi le faire pendre.
Louis-Benoît Picard, inspiré de cette citation attribuée au Cardinal de Richelieu : “Avec deux lignes d’écriture d’un homme, on peut faire le procès du plus innocent“.

On entend souvent dire que “seuls ceux qui ont quelque chose à se reprocher ont quelque chose à cacher“, remarque “de bon sens” allègrement utilisée par ceux que ne dérangent pas -voire qui défendent- l’extension des mesures, contrôles et lois sécuritaires, et des technologies de surveillance qui leur sont associées.

Il fut un temps où la peine de mort relevait elle aussi du “bon sens“, tout comme auparavant l’interdiction faite aux femmes d’aller voter, ou encore le fait que les “nègres” et “bougnoules” ne pouvaient pas avoir les mêmes droits que ceux qui les avaient colonisés.

L’abolition de la peine de mort, tout comme le droit des femmes à aller voter, sans parler du droit des peuples à l’auto-détermination, ont été adoptés alors même que le “peuple” y était pourtant majoritairement opposé, par des hommes politiques ayant compris qu’il en allait des droits et libertés inhérents à ce que l’on appelle une démocratie.

En attendant de savoir jusqu’où notre société ira vers une prolifération de “Big Brothers“, ou si nous parviendrons à enrayer cette mécanique infernale, et à trouver les parades et arguments susceptibles de mettre un terme à la paranoïa sécuritaire de ceux qui nous gouvernent.

In fine, ou en résumé : le problème, c’est le voyeur, pas celui dont l’intimité ou la vie privée est ainsi violée. Les paranoïaques ne sont pas ceux qui s’étonnent d’être surveillés, mais ceux qui veulent surveiller tout le monde à tout prix. La question n’est pas de savoir si nous avons quelque chose à cacher, mais de renvoyer la question à ceux qui veulent nous “protéger” à l’insu de notre plein gré.

Dans une démocratie, c’est à l’accusation d’apporter les preuves de la culpabilité des suspects, pas à ces derniers d’apporter les preuves de leur innocence. Le problème des atteintes à la vie privée est éminemment politique, voire idéologique. Ce qu’il convient de démontrer, et ce que la presse “people” révèle relativement bien, par ailleurs.

Car ce qui pose problème aux “people“, ce n’est pas d’être exposé au regard du public : ils en vivent ; ce qui leur pose problème, c’est l’intrusion dans leur vie privée : ils voudraient juste avoir le “droit d’être laissé seul“, pour reprendre la fameuse définition de la vie privée que donna Louis Brandeis, avocat et membre de Cour suprême des États-Unis, à la fin du XIXe siècle :

“Ceux qui ont rédigé notre constitution entendaient sécuriser les conditions favorables à la poursuite du bonheur. Ils reconnaissaient l’aspect spirituel de la nature humaine, de ses sentiments et de son intelligence. Ils savaient que seulement une part des peines, plaisirs et satisfactions de la vie sont à trouver dans les choses matérielles. Ils cherchaient à protéger les Américains dans leurs croyances, leurs pensées leurs émotions et leurs sensations. Ils ont donné contre le gouvernement le droit d’être laissé seul – le plus étendu des droits et le plus estimé pour les êtres civilisés”

Quand on cherche, on trouve
Le secret d’une autorité, quelle qu’elle soit, tient à la rigueur inflexible avec laquelle elle persuade les gens qu’ils sont coupables“.
– Raoul Vaneigem
Il existe de très nombreuses façons d’attenter à la vie privée de quelqu’un, et que même ceux qui n’ont “rien à cacher” peuvent en faire les frais. (Lire la suite…)

25 mai 2010

Pavot, coca, cannabis… Comment changer de cultures

Filed under: 03 - Economie,11 - société — iledere @ 12:54

Les paysans abandonnent volontiers leurs cultures illicites dès lors que leur quotidien s’améliore via des écoles, l’accès aux soins, la sécurité et des débouchés pour leurs produits. Pourtant, le développement reste le parent pauvre de la lutte contre la drogue et la répression continue de prévaloir.

La guerre contre la drogue ? Les Etats la mènent sur trois fronts: consommation, trafic, production. Mais avec l’ambition, surtout, de couper le robinet à la source, tant il est difficile d’agir en aval. Le fait qu’on punisse les consommateurs ou – plus rarement – qu’on leur offre un accompagnement et que l’on conduise des politiques de prévention n’empêche pas que 18 à 38 millions de personnes dans le monde ont un problème d’addiction à une substance illicite, selon l’ONUDC, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (1). Décourager la demande est d’autant plus difficile que celle-ci, relativement stable au Nord, progresse rapidement dans les pays du Sud dont les moyens d’action sont incomparablement plus faibles.

Mêmes difficultés côté trafic: pour l’héroïne par exemple, les saisies aux différents maillons de la chaîne permettent bon an, mal an de réduire d’un cinquième à un quart les quantités disponibles pour le marché. Qui progressent encore: 370 tonnes en 2002-2004, 592 en 2007.

Réformer avant de détruire
Dans ce contexte, l’éradication à la source est un objectif prioritaire des Etats. Mais ils savent depuis longtemps qu’il est peu efficace de détruire les cultures si les paysans – dont le nombre est estimé aujourd’hui à 5 millions dans le monde – ne se voient pas offrir des moyens de subsistance alternatifs. Dès les années 1950, rappelle le chercheur Pierre-Arnaud Chouvy (lire p. 74), la Chine s’était engagée dans une destruction à marche forcée du pavot. Mais dans les zones moins contrôlées par le pouvoir central et où l’opium pouvait représenter l’essentiel du revenu de la population, les communistes ont préféré assouplir leur politique répressive et commencer par lancer des réformes économiques: redistribution des terres, création de coopératives… De même, les Occidentaux, Etats-Unis en tête, ont dès les années 1970 appuyé des programmes de développement rural dans le Triangle d’or (Birmanie, Laos, Thaïlande) ou dans les Andes, parallèlement aux campagnes d’éradication.

Aujourd’hui, fournir des « moyens d’existence alternatifs » (alternative livelihood, disent les Anglo-Saxons) aux producteurs est le mot d’ordre de toutes les parties engagées dans la lutte antidrogue: Etats occidentaux, gouvernements du Sud dont le territoire est concerné, Nations unies. Rares aujourd’hui sont les opérations d’éradication non assorties, du moins sur le papier, d’une offre de programmes de reconversion. Mais le bilan est plus que mince. En Colombie, le recul de la coca (150 000 ha en 1999-2000, autour de 75 000 ha depuis 2003) est surtout l’effet du coup de massue des épandages aériens d’herbicide (lire p. 70). Et cette évolution a été en bonne partie compensée par la hausse des superficies au Pérou et en Bolivie, malgré l’existence dans ces pays également de projets de développement à destination des cocaleros. Même constat en Asie, où le recul du pavot en Birmanie et au Laos a été contrecarré par son envolée en Afghanistan, où afflue l’aide étrangère mais qui concentre environ 80% de la superficie mondiale aujourd’hui. (Lire la suite…)

Royal a-t-elle voulu sanctionner son ex-mentor Dominique Besnehard?

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Ségolène Royal, à Paris, le 30/11/2009.Selon Sud Ouest, elle aurait fait cesser le financement régional du Festival du film organisé par l’ex-agent des stars.

C’est une vendetta !
Ca ressemble fort à une vendetta… Ségolène Royal, président de la Région Poitou-Charentes, est en pleine rupture avec l’ex-agent des stars Dominique Besnehard. Elle a décidé de aimerait même bien faire couper les fonds de son festival de cinéma d’Angoulème. Qui conservera tout de même sa subvention cette année…

Selon Sud-Ouest, « sur ordre de Ségolène Royal », la conseillère régionale PS Madeleine Ngombet a demandé de mettre un terme au financement de 224 000 euros du Festival du film francophone d’Angoulême, crée par Besnehard.

Madame Ngombet est connue dans tout le Poitou-Charentes pour être une des fidèles de Ségolène Royal

Editrice du blog Désirs d’Avenir Charente, elle est une des collaboratrices les plus proches de Royal dans la Région. Le fait que ce soit Madame NGombet et non pas les autres conseillers régionaux socialistes qui demandent la suppression du financement du Festival est le signe que c’est une action avant tout personnelle.

Et ce n’est qu’un énième épisode dans ce que le journal Sud-Ouest qualifie de « rupture d’adolescents« . Selon le journal, les « arguments développés par Madeleine Ngombet étaient plutôt maladroits, sans réelle consistance, basés sur un audit moins inquiétant qu’il n’en a l’air » et donc nous pouvons douter de la sincérité de Ségolène Royal. Veut-elle arrêter de financer un festival mal en point ou n’est-ce qu’une autre démonstration de la rupture entre Ségolène Royal et Dominique Besnehard?

Et pourtant Dominique Besnehard s’était donné beaucoup de mal pour transformer Ségolène Royal en une candidate présentable. Que de chemin parcouru grâce à lui. Car c’est bien lui et lui seul qui avait imaginé la grande fête populaire que fut la fête de la Fraternité au Zenith de Paris. Ségolène Royal lui avait d’ailleurs reconnu toute son entière place dans son livre « La Femme debout »:   »Dominique Besnehard, sans lui, il n’y aurait pas eu de Zénith ».

Si leurs relations s’étaient distendues, personne ne pouvait s’imaginer que Ségolène Royal mette au chômage tous les intermittents du spectacle qui travaillent sur ce festival. conteste une subvention apparemment vitale pour le festival et ses employés (Modification suite un signalement du blogueur Dagrouik. Cette somme représente près de 50 % du budget total du festival, selon Sud-Ouest). Comment pourrait-on organiser un festival sans cet appui l’appui de la Région? L’organisation se demandait d’ailleurs récemment comment elle allait boucler son budget, notamment en raison du manque de soutien financier du conseil régional en direct, selon Sud-Ouest.

Au final… la subvention de 224 000 euros a tout de même été maintenue, malgré le vote contraire des élus de la Région (3 sur 4 ont voté contre, parmi les élus de la Région siégeant au conseil syndical du « pôle image » Magelis, qui octroie la subvention).

Dominique Besnehard ne souhaite pas « polémiquer » dans le journal Sud-Ouest. Pourtant la ligne politique de Ségolène Royal était claire. Ségolène Royal ne s’attaque jamais aux personnes, Elle semble avoir oublié cette fameuse ligne politique pour une vengeance « d’adolescente » par dépit amoureux.

Parr micklo pour « le  Post »

(Source: Sud Ouest)

24 mai 2010

Les cumulards du CAC 40

Filed under: 11 - société — iledere @ 9:23

39 des 40 entreprises du CAC 40 ont au moins un administrateur en commun les unes avec les autres. Certains administrateurs siègent même dans six conseils à la fois. Malgré les promesses et les réformes, la consanguinité du capitalisme français est toujours aussi prégnante. Démonstration en images.

Malgré tous les codes de conduite et autres principes de « corporate governance » les conseils d’administration du CAC 40 sont toujours largement consanguins. Toutes les sociétés du CAC sauf une (Unibail Rodamco) partagent des administrateurs avec une autre[1]*. Ainsi, Total et Lafarge partagent quatre administrateurs, de même que Alstom et Bouygues. Les deux tiers des membres du conseil d’administration de Total sont également administrateurs d’une autre société du CAC. Et 94 dirigeants du CAC 40 exercent des fonctions d’administrateur dans une autre entreprise.

Au niveau de leurs conseils d’administration, Total, GDF-Suez et BNP Paribas sont les plus connectées avec chacune 19 liens avec d’autres entreprises du CAC 40. Puis viennent Saint-Gobain avec 18 liens, et AXA avec 17. Tandis que Lafarge et Sanofi-Aventis ont chacune 15 liens avec d’autres sociétés. Les sociétés qui comptent le moins d’administrateurs cumulards sont Unibail-Rodamco (zéro lien) ainsi que Peugeot, Arcelor-Mittal et STMicroelectronics (deux liens chacune). Les cumuls d’administrateurs relèvent souvent de l’échange de bonnes manières : Patrick Kron, PDG d’Alstom, siège chez Bouygues, tandis qu’Olivier Bouygues, directeur général de la société du même nom, est chez Alstom.

La palme des cumulards revient à Michel Pébereau qui siège à six conseils d’administration : Total, AXA, BNP Paribas, Saint Gobain, Lafarge et EADS. Puis vient Jean-Martin Folz, l’ancien patron de PSA, qui siège dans cinq sociétés. Trois autres dirigeants cumulent quatre sièges chacun : Thierry Desmarest, le PDG de Total, Jean-René Fourtou, président de Vivendi, et Gérard Mestrallet, le patron de GDF Suez. Depuis la Loi dite des nouvelles régulations économiques (NRE) de 2001, le nombre des mandats de direction et d’administration dans des sociétés cotées ayant leur siège social en France est limité à cinq. Michel Pébereau est membre au total d’une dizaine de conseils d’administration, mais seules cinq de ces sociétés sont cotées et ont leur siège en France (EADS, bien que cotée à Paris, a son siège au Pays-Bas).

Le « code de gouvernement d’entreprise » publié en octobre 2008 par l’AFEP (Association française des entreprises privées) et le MEDEF précise pourtant que « lorsqu’il exerce des fonctions exécutives il [l'administrateur] ne doit, en principe, pas accepter d’exercer plus de quatre autres mandats d’administrateur dans des sociétés cotées, y compris étrangères, extérieures à son groupe ». Loïc Dessaint, directeur associé de Proxinvest, observe malgré tout un changement : « ce qui est nouveau, c’est que les gens envoient maintenant leur femme ou leurs enfants à leur place pour moins éveiller les soupçons. Voilà comment on voit Amélie Oudéa chez Lagardère ou Nicole Bouton chez Pernod-Ricard. »

Le progrès est en marche…

Jean-Marc Delaunay pour « Alternatives économiques »

  • (1) Selon un relevé effectué le 15 avril 2010

22 mai 2010

Baroin joue les Yes man chez Elkabach

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:00

Baroin joue les Yes man chez ElkabachLe nouveau Ministre du Budget était aussi terne que possible vendredi matin pour prôner la rigueur, un rôle qui tranche avec son image de jeune pousse du chiraquisme. Mais il faut bien grandir un jour….

C’est presque du chamanisme. Au contact de Nicolas Sarkozy, tout personnage politique normalement constitué se change invariablement en clone de Frédéric Lefebvre, capable de plaider avec la dernière des mauvaise foi la cause présidentielle. 
Dernier mutant en date, l’ex chiraquien François Baroin. Invité ce matin de Jean-Pierre Elkabbach sur Europe 1, le ministre du budget, des comptes publics et de la réforme de l’Etat a conjugué, atone, langue de bois et contrevérités. Augmentation de l’âge légal du départ en retraite ? « La seule piste écartée (par le gouvernement), c’est la baisse des pensions. » Autrement dit, il y aura bel et bien une augmentation. 

La révision constitutionnelle visant à modifier la gouvernance des finances publiques ? « Tout premier ministre sorti des urnes (SIC) devra dire à la fin de la législature, à la fin des cinq années, où on en est ». Et si les socialistes refusent de voter en congrès cette réforme qui selon Baroin « va dans le sens de l’histoire » (!!), ils se retrouveront « en face des Français ».

Reste que pour réformer la constitution, une majorité des trois cinquièmes est requise au Congrès, ce qui, de l’aveu même du Figaro, ne semble pas gagné. Gêné, Baroin botte en touche. « Le PS devra expliquer pourquoi il est contre. Alors, quand on voit ses propositions sur les retraites, on peut imaginer que n’ayant d’autre idée, à l’exception singulière de Strauss-Kahn, qui est un homme à l’évidence un peu plus structuré, dans la mesure où ils ne veulent pas toucher à l’âge légal de la retraite et qu’ils veulent uniquement faire un choc fiscal, on peut comprendre que sur la question des déficits ça leur brûle un peu les doigts et ils ont un sparadrap ». 
Quant au risque pour la croissance encouru par cette réforme drastique, la encore, Baroin répète sa leçon. « La matrice qui est proposée, la cadrage du premier ministre, le gel des dépenses de l’Etat, des collectivités locales et la maîtrise des dépenses d’assurances maladies, ça nous permet de répondre à cette discipline budgétaire sans passer sous la ligne de flottaison qui pourrait en effet casser la croissance ». 
Or, en 2008 (mais Baroin à cette époque n’imaginait pas un instant avoir un jour à s’exprimer au nom de Sarkozy) le chef de l’Etat avait, contre l’avis des centristes, refusé d’inscrire l’objectif des équilibres budgétaires dans la constitution. Il pensait au contraire que seule la croissance permettrait de résorber les déficits. La crise est passée par là et la France, finalement, se trouve, selon le gouvernement, contrainte de se doter, à l’instar de l’Allemagne, d’une règle budgétaire draconienne. Pour voir le nouveau Baroin en action, c’est ici: (Lire la suite…)

21 mai 2010

Sarkozy s’agace sur tout

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

Sarkozy s'agace sur toutOn s’interroge sur les contreparties accordées par la France pour la libération de Clotilde Reiss. Un ouvrage sort sur l’affaire du Karachigate. Le Brésil hésite à choisir le Rafale. Le Mexique refuse d’extrader Florence Cassez vers la France. Autant de contrariétés qui agacent Nicolas Sarkozy

Le Karachigate agace
L’ouvrage sort aujourd’hui. Le Contrat. Karachi, l’affaire que Sarkozy voudrait oublier . , écrit par deux journalistes de Mediapart, Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, agace l’Elysée. C’est normal. 360 pages d’enquête sur cette affaire du Karachigate, à deux ans des élections… c’est agaçant. Les auteurs ne démontrent pas que (1) Nicolas Sarkozy ait touché des commissions, (2) ni qu’il y ait un lien direct entre l’attentat du 8 mai 2002 et la vente de sous-marins français au Pakistan en 1994. Il y a beaucoup d’indices : «Mis bout à bout, ils montrent que Nicolas Sarkozy a joué un rôle dans cette affaire de 1993 à 2007», a indiqué Fabrice Lhomme.

Canal+ agace
C’est le Canard enchaîné qui le dit. Le président français se serait plaint publiquement devant quelques présidents d’entreprises du CAC40, lors d’un déjeuner à l’Elysée. A Canal je me fais allumer en permanence. C’est devenu une habitude, c’est vraiment pénible. «Quand c’est pas Les Guignols , c’est le Grand Journal ; quand c’est pas le Petit journal, c’est les Guignols. C’est systématique et y en a marre».

L’affaire Reiss agace
L’étudiante française Clotilde Reiss, retenue en Iran depuis près d’un an, a pu revenir en France. La Présidence de la République s’est félicitée, mais Sarkozy est resté modeste. Ses proches s’agacent qu’on puisse voir autre chose qu’une réussite française dans cette libération. La presse étrangère n’est pas dupe : «le gouvernement français ne sort pas grandi de l’affaire Clotilde Reiss» écrit Charles Bremer dans le Times. Il a dû payer une amende de 285 000 dollars, et, surtout, a été complètement manipulé par l’Iran : la France a rejeté une demande d’extradition américaine contre Majid Kakavand, un homme d’affaires recherché aux Etats-Unis, et a autorisé le 17 mai la libération conditionnelle de Ali Vakili Rad, l’un des trois membres de l’équipe des services secrets iraniens qui a assassiné Chapour Bakhtiar. Pire, le président sénégalais accuse la France d’avoir fait capoter une médiation de sa part en novembre dernier. (Lire la suite…)

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