Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

16 juin 2010

Karachi : nouvelle plainte pour corruption déposée contre le club de Balladur

Six familles de victimes de l’attentat de Karachi ont à nouveau déposé plainte pour corruption contre le club politique de l’ancien Premier ministre, afin qu’un juge d’instruction enquête sur d’éventuelles rétrocommissions en sa faveur en 1995.

Six familles de victimes de l’attentat de Karachi ont à nouveau porté plainte mardi 15 juin pour corruption contre le club politique d’Edouard Balladur, afin qu’un juge d’instruction enquête notamment sur d’éventuelles rétrocommissions en sa faveur en 1995, a annoncé leur avocat.

Cette plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprès du doyen des juges d’instruction à Paris. Elle vise nommément l’Association pour la réforme, club politique créé en 1995 par Edouard Balladur, pour « corruption active et passive », a déclaré Me Olivier Morice.

Ces six familles avaient déjà déposé une plainte auprès du procureur de la République de Paris le 14 décembre pour les mêmes chefs, entraînant l’ouverture en février d’une enquête conduite par le parquet.

« Puisque les conditions procédurales sont réunies, nous sollicitons l’ouverture d’une information judiciaire, afin que des magistrats indépendants du pouvoir exécutif soient désignés », a-t-il ajouté.

« Pressions » de l’exécutif
Selon l’avocat, les parties civiles se tournent vers un juge d’instruction car elles « soupçonnent le pouvoir exécutif au plus haut niveau de l’Etat de faire des pressions afin d’empêcher que ne puisse éclater la vérité, en ralentissant le cours de l’enquête préliminaire ».

La loi oblige des plaignants à d’abord déposer une plainte auprès du parquet, placé sous l’autorité du ministère de la Justice. Ce n’est que trois mois après qu’ils peuvent déposer à nouveau plainte avec constitution de partie civile, entraînant quasi-automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction.

Cette plainte est liée à une piste suivie par les juges antiterroristes dans l’enquête sur l’attentat du 8 mai 2002 qui a fait 15 morts, dont 11 salariés de la Direction des constructions navales (DCN) en poste à Karachi pour la construction de sous-marins vendus par la France en 1994.

Cette piste s’oriente vers l’hypothèse de représailles pakistanaises après l’arrêt des versements de commissions sur ce contrat soupçonné d’avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, selon des témoignages et rapports versés au dossier.

Financement occulte
Un rapport policier luxembourgeois, révélé lundi 7 juin, a notamment étayé les soupçons de rétrocommissions vers la France, lors de la vente de sous-marins au Pakistan en 1994, via une société off-shore créée avec l’aval du ministre du Budget de l’époque, Nicolas Sarkozy.

Ce rapport évoque, sans en apporter la preuve, un financement occulte de la campagne d’Edouard Balladur pour la présidentielle de 1995.

C’est par cette société off-shore que transitaient une partie des commissions sur les contrats d’armement, légales jusqu’en 2000, et dont l’arrêt du versement pourrait avoir entraîné, par mesure de rétorsion, l’attentat de Karachi en 2002 ayant fait 15 morts dont 11 salariés français de la Direction des constructions navales.

(Nouvelobs.com)

Une réponse à “Karachi : nouvelle plainte pour corruption déposée contre le club de Balladur”

  1. babelouest dit :

    La société Heine, puisque ce serait le nom de cette officine off-shore, aurait envoyé des lettres de menaces à plusieurs personnes, dont les deux derniers présidents. La police luxembourgeoise serait en possession de ces lettres. Ne nous étonnons pas si certains hauts fonctionnaires tentent tout pour circonscrire, voire étouffer l’affaire.

    La politique, en tant que telle, est déjà une affaire compliquée et sujette à bien des interprétations matières à contestation. Si en plus, les mandataires se permettent de jouer à cache-cache avec la loi, l’électeur moyen se rebute et rejette tout le monde : on ne peut même pas lui en vouloir de rester en famille.

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