Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

24 juin 2010

La gauche s’empare de l’affaire Woerth

Filed under: 07 - Justice,20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 12:00

L’opposition ne faiblit pas, face au refus d’explications précises d’Eric Woerth. Après que la droite a fait corps mardi derrière l’actuel ministre du travail (lire notre article), à la veille de la manifestation contre la réforme des retraites qu’il porte, la gauche a décidé de ne pas lâcher l’affaire. Et attaque même de plus belle.

La palme de l’offensive la plus brutale revient à Ségolène Royal. Dans un message adressé mercredi 23 juin en début d’après-midi aux adhérents de Désirs d’avenir (que l’on peut retrouver en ligne ici), la présidente de la région Poitou-Charentes estime que «le système Sarkozy est corrompu»: «Servile devant l’argent-roi, cette équipe gouvernementale lamentable qui nous gouverne s’est disqualifiée. On comprend enfin pourquoi Nicolas Sarkozy défend avec tant d’acharnement son bouclier fiscal qui protège les très grandes fortunes amies». Et Royal d’exprimer son «dégoût» en découvrant que «Nicolas Sarkozy (…) a dans son carnet d’adresses, une multi-milliardaire conseillée pour ses placements financiers par le ministre du budget! Nul doute qu’il pourrait lui donner de meilleures idées».

Dans le même temps, mercredi après-midi, Eva Joly a tenu conférence de presse, pour répondre à l’annonce par le ministre du travail d’une plainte en diffamation de son épouse à l’encontre de l’eurodéputée écologiste (lire ici). «Toute volonté d’arrêter le débat public par l’intimidation est malvenue», a-t-elle estimée, s’amusant presque de l’attaque en justice: «J’ai vécu six années durant menacée et protégée (durant l’instruction de l’affaire Elf, ndlr), ce n’est pas une poursuite en diffamation qui va m’arrêter…»

En outre, l’ancienne magistrate a également jugé «très inquiétantes les attaques au pénal contre la presse; dans d’autres pays, cela se répare au civil». Et de lâcher: «Si la diffamation est un moyen d’obtenir que l’on se taise, je suis prête à assumer une condamnation tout en ayant raison, rejoignant une longue liste de coupables de diffamation qui avaient malgré tout raison.»

Pour Eva Joly, soutenue par Cécile Duflot, Noël Mamère ou Yannick Jadot, «dans une démocratie normale, nous devons pouvoir être assurés que les décisions du ministre du budget ne puissent nullement être influencées par d’autres acteurs». Or, explique-t-elle, «Madame Woerth n’est pas secrétaire, mais a fait HEC et fait partie des cinq employés de la société qui gère la fortune de Mme Bettencourt. On peut donc penser qu’elle y est active. Il y a une contradiction à être ministre du budget en charge de gérer et faire rentrer l’argent dans les caisses de l’Etat, et avoir sa femme employée dans une structure qui, d’évidence, travaille à ne pas faire rentrer tout l’argent dû à l’Etat, pour le dire comme ça».

Enfin, l’eurodéputée a considéré que «dire “Mme Joly est méchante et moi je suis gentil”, ou “Je n’ai pas une tête à couvrir de l’évasion fiscale”, ça ne suffit pas à clore le débat». Avant de rebondir sur la révélation de la décoration de la Légion d’honneur de Patrice de Maistre – gestionnaire de la fortune de Mme Bettencourt – par Eric Woerth en 2008 (lire notre article): «Cela me rappelle le dossier Elf, quand j’avais menacé de perquisitionner les locaux de la Légion d’honneur, car tous les mis en examen avaient été décorés. A vous, journalistes, de vérifier les éloges qui méritaient alors décoration(more…)

Accepterez-vous, vraiment, de payer pour une crise qui n’est pas la votre ?

Filed under: 03 - Economie,10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Même si le gouvernement a mis en marche sa machine à communiquer. Les Français sont toujours : « 56% à être hostiles à la réforme des retraites»
Cerise sur le gâteau, ces « ingrats », qui refusent de comprendre la « réforme du capitalisme », arguant qu’elle reste un vain mot, sont  » 67% à considérer que la politique économique du gouvernement est «mauvaise», selon le baromètre BVA-Absoluce-Les Echos-France Info publié mardi

 » Concernant la manifestation du 24 juin contre la réforme des retraites, à l’appel de la plupart des syndicats, une large majorité (64%) pense que ce mouvement est «plutôt justifié» ou «totalement justifié» contre 34% d’avis contraires.

En effet, selon cette enquête :  » 42% des personnes interrogées jugent la politique économique du gouvernement «plutôt mauvaise» et 25% «très mauvaise», tandis que 26% la qualifient de «bonne» et 2% de «très bonne». Le pic de mécontentement avait été atteint en mars avec 70% de personnes jugeant mauvaise la politique économique du gouvernement … / …  » – Source Libération

Car, si le Président et ses soutiens nous expliquent que la crise est une situation totalement déconnectée de leur action passée, beaucoup de Français savent parfaitement qu’il n’en est rien.

Ces Français qui sont révoltés par le fait qu’on puisse les pénaliser alors que les marchés financiers et les agences de notation, coupables de la crise actuelle puissent s’en sortir « haut la main », comme le rappelait Gérard Filoche lors d’une une conférence à Pau le 28 Avril 2010

[dailymotion=http://www.dailymotion.com/swf/video/xdn3u3]
Si le Président et ses soutiens prétendent nous distiller des mots savants et « pédagogiques » pour nous expliquer comment ils vont « sauver » les retraites, ils ne sont, par contre, pas très éloquents auprès des Français, sur la totalité des mesures d’austérité qu’ils vont appliquer au pays !

A tel point que le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant a choisit le… Financial Times pour annoncer le fruit des cogitations du gouvernement, comme nous l’explique Le Figaro

 » … / … 50 milliards d’euros, proviendra de la baisse des dépenses publiques et de hausses d’impôts. Comment l’Etat compte s’y prendre? … / … le gouvernement s’apprête à confirmer son objectif de 100.000 nouvelles suppressions de postes de fonctionnaires entre 2011 et 2013, après les 100.000 déjà obtenues ces dernières années. Par ailleurs, le gouvernement prévoit de geler ses dépenses entre 2011 et 2013, de maintenir les transferts vers les collectivités locales et d’augmenter seulement légèrement les dépenses de santé. L’Etat devrait également supprimer les niches fiscales afin de récupérer 5 milliards d’euros par an et créer une nouvelle taxe sur les plus aisés pour lever 3,7 milliards d’euros … / …  » (more…)

23 juin 2010

La retraite à 67 ans

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

On parle beaucoup de «la fin de la retraite à 60 ans». Mais on ne dit pas qu’il va s’agir, pour un salariat de plus en plus confronté au chômage et à la précarité, de travailler jusqu’à 67 ans.

Bien que les médias aient «déjà entériné la réforme, […] avalisé la communication du gouvernement et anticipé sur ce que celui-ci escompte», dénonce Acrimed qui fustige ce «journalisme d’anticipation» à la botte de l’UMP, les jeux ne sont pas encore faits.

Cependant, derrière la future «retraite à 62 ans» et les débats plus ou moins superficiels auxquels on assiste, se cache une réalité autrement consternante pour celles et ceux dont les parcours professionnels subissent une discontinuité. Réalité que l’on pointe peu et qu’il est donc nécessaire de rappeler.

En effet, le symbole des 60 ans est celui de l’âge légal, qui donne le droit de partir en retraite et toucher une pension. A cet âge, tout salarié justifiant du nombre de trimestres/annuités requis peut choisir de cesser son activité et bénéficier d’une retraite à taux plein. Avec ce projet de réforme qui, si elle est votée, entrera en vigueur le 1er juillet 2011, même s’il a commencé à travailler tôt et cotisé amplement, le salarié sexagénaire devra trimer chaque année un peu plus, jusqu’à l’apogée des deux années supplémentaires fixée en 2018 [1], offrant ainsi son surplus de cotisations au système [2].

En ce qui concerne le salarié qui, arrivé à 60 ans, ne totalise pas le nombre de trimestres/annuités requis, soit il choisit de partir avec une retraite à taux réduit (ou décote), soit il poursuit son activité pour afficher une carrière complète afin de bénéficier, le moment venu, d’une pension à taux plein. Celles et ceux qui sont loin du compte sont de plus en plus nombreux. Dans le système actuel, pour ces salariés au parcours morcelé — femmes, chômeurs et/ou précaires, handicapés —, 65 ans sonne l’heure de la délivrance : c’est l’âge du taux plein où l’on peut liquider sa retraite avec les droits acquis, même incomplets, sans décote. Or, la réforme prévue par le gouvernement va repousser ce seuil de 65 à 67 ans en 2018 [3] alors que l’espérance de vie en bonne santé atteint 63,1 ans pour les hommes et 64,2 ans pour les femmes.

De surcroît, à cause du chômage, de la précarisation de l’emploi et d’un marché du travail qui rejette les jeunes et les seniors, le nombre d’annuités accumulées par les salariés ne cesse de baisser : 36,5 ans en moyenne dans le privé comme dans le public, alors que cette réforme scélérate prévoit qu’il faudra en totaliser 41,5 en 2020… Alors qu’à 54 ans, 60% des actifs sont déjà licenciés, inaptes, malades ou chômeurs, et que deux tiers des partants ne sont plus en emploi au moment où ils liquident leur retraite !

Cette réforme, outre voler ceux qui ont « la chance » d’avoir un boulot, infligera deux années de calvaire supplémentaire à ceux que le marché du travail frappe d’ostracisme. Et s’ils ne sont pas morts en route après avoir subi la crise, c’est le minimum vieillesse qui les attend.

SH pour « Actuchomage »

[1] L’âge légal de la retraite doit être porté à 62 ans en 2018 et concernera les générations nées après le 1er janvier 1956. Mais, si la réforme est votée, cette augmentation de la durée de cotisation s’appliquera dès l’année prochaine au rythme de 4 mois par an pour les salariés nés après le 1er juillet 1951. Lire ici…

[2] Le gouvernement a privilégié cette solution qui est la plus lucrative, puisqu’elle rapportera 20 milliards d’€ sur les 30 escomptés par Eric Woerth à l’horizon 2020.

[3] Calqué sur le même principe que le recul progressif de l’âge légal, l’âge d’annulation de la décote sera relevé de 4 mois par an à partir du 1er juillet 2011, pour atteindre 66 ans en 2019 et 67 ans en 2023.

WoerthGate : après la droite snif-snif, voici la droite sans gêne.

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 6:23

WoerthGate : après la droite snif-snif, voici la droite sans   gêne.Il y a deux ans, on la surnommait la droite snif-snif. La multiplication des annonces antisociales du gouvernement Sarkozy avait révélé l’ampleur de la rupture. La crise est arrivée, et Sarkozy fut contraint de renoncer à certaines d’entre elles, et de jouer les gauchistes sur toutes les tribunes internationales qui s’offraient à lui. Depuis l’automne dernier, une autre séquence s’est ouverte, plus grave, plus décisive pour le président français : des accusations de népotisme aux privilèges cachés des ministres, des interventions présidentielles dans les médias au cumul des mandats de ses collaborateurs, le camp présidentiel est devenu la caricature d’une «droite sans gêne», qui ne voit pas, ne comprend pas quel mal il y a à continuer d’agir comme elle le fait.>

De l’affaire Bettencourt au WoerthGate
La défense d’Eric Woerth repose sur 3 axes : primo, dénoncer un complot. Durant tout le week-end, des responsables du camp présidentiel se sont ainsi succédés pour dénoncer la tentative de déstabilisation dont ferait l’objet le ministre Eric Woerth, alors qu’il dévoilait les contours de la réforme des retraites. Tous ont répété la même défense. L’avocat de Mme Bettencourt, Me Kiejman, a même accusé son confrère Me Mezner d’être le « le cerveau d’un complot organisé de longue date ». «Est-ce que j’ai une tête à couvrir la fraude fiscale ? » s’est encore exclamé Eric Woerth dimanche.

Deuxième axe, louer l’efficacité d’Eric Woerth dans sa lutte contre la fraude fiscale. Dès vendredi matin, François Baroin louait les efforts de son prédécesseur au ministère du Budget dans la lutte contre l’évasion fiscale. Il promettait la prochaine publication d’un rapport sur le sujet. Un milliards d’euros auraient été récupérés. Incroyable !

Troisième et dernier axe, minimaliser la réalité. Où serait le problème ? L’affaire Bettencourt serait une affaire privée; Mme Woerth vit sa vie professionnelle en toute indépendance, et n’a pas besoin du soutien de son mari («Il n’y a aucune confusion d’aucune sorte entre ce que fait mon épouse et ce que je faisais comme ministre du Budget»); les dotations de Mme Bettencourt à des responsables de l’UMP sont tout à fait légales, etc. Bref, il faut normaliser à tous prix ces étranges relations entre le pouvoir et la plus grande fortune française.

Trésorier de l’UMP
Si Eric Woerth était ministre aux Etats-Unis ou eau Royaume Uni, il aurait déjà démissionné. S’il travaillait dans une grande entreprise, il aurait été viré. Les actionnaires n’aiment pas la confusion des genres. Car quel est le problème de fonds ? Personne n’accuse Eric Woerth de malversations. Mais l’information, connue depuis longtemps, que son épouse conseille des fortunes privées quand lui-même oeuvre en tant que trésorier de l’UMP et ministre du Budget, et donc du fisc, était déjà gênante. Qu’on apprenne aujourd’hui que des soupçons d’évasion fiscale se confirment, et la gêne laisse place au trouble.

On se souvient d’Eric Woerth, alors simple trésorier de l’UMP, se rendant en Suisse en mars 2007 démarcher quelques généreux donateurs, sans regarder si ces citoyens français, exilés en Suisse, sans se soucier de situation fiscale. En mai 2007, les membres du comité UMP Suisse s’affichaient célébrant la victoire de leur candidat. A l’époque, la délégation suisse de l’UMP était la plus importante hors de France, avec quelques 150 000 inscrits, dont 70 000 à Genève.

On se souvient aussi des dîners à l’hôtel Bristol, en face du Palais de l’Elysée, où Nicolas Sarkozy président venait remercier les gros donateurs privés de l’UMP. Ces rencontres étaient organisées par Eric Woerth.  Interpelé en décembre dernier à l’Assemblée nationale, Eric Woerth n’y voyait aucun problème de conscience : «il n’y a aucune incompatibilité entre la fonction de trésorier d’un parti politique et la fonction de membre du gouvernement». Celui qui est en capacité de diriger des contrôles fiscaux gère les comptes (et les donations) du parti politique du Président. La confusion des genres est à son maximum. (more…)

22 juin 2010

Brutalité, provocation, injustice !

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:05

La contre-réforme Sarkozy-Woerth sur les retraites est brutale, provocatrice et injuste.

Brutale : Par exemple pour les jeunes (d’ici 2016, un million d’emplois ne seront pas libérés pour eux car leurs parents devront travailler plus longtemps). Mais aussi pour tous ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans et qui devront le faire 44 ans ! Brutal aussi pour les femmes quand on sait qu’aujourd’hui 30% des femmes salariées sont obligées de travailler jusqu’à 65 ans pour avoir le taux plein (pas de décote). Elles devront le faire 2 ans de plus (67 ans).

Provocatrice : le gouvernement refuse de reconnaître la pénibilité de certains métiers alors que 15% au moins des salariés occupent des emplois de ce type (port de charge lourde, travail de nuit, m étiers du bâtiment…). Ce sera au cas par cas (premier scandale), et il faudra être au moins à « 20% invalide » (deuxième scandale)…pour pouvoir partir à 60 ans et non avant comme le réclament tous les syndicats(troisième scandale).

Injuste : les « économies » réalisées sur le dos des salariés seront 5 fois plus importantes que la (faible) mise à contribution des hauts revenus et du capital.

Et l’on pourrait donner d’autres exemples : les cotisations salariales des fonctionnaires vont augmenter amputant leur pouvoir d’achat…mais, dans le privé, on ne touche pas aux cotisations patronales qui stagnent depuis 30 ans !

Avec un argumentaire précis et détaillé mesure après mesure, il nous faut maintenant convaincre qu’il est possible de faire échec à ce gouvernement et qu’il retire son projet. Il nous faut convaincre que d’autres solutions sont possibles pour assurer un financement pérenne des retraites par répartition, passant par une autre répartition des richesses entre le capital et le travail, et s’appuyant d’autres chois économiques en faveur de l’emploi.

Le Parti Socialiste, par la voix de sa première secrétaire Martine Aubry, s’est engagée à revenir sur cette contre-réforme, et à rétablir le droit à la retraite à 60 ans en cas de victoire en 2012. Rien ne s’oppose donc à une unité de toute la gauche dès à présent sur ce sujet. Fort du soutien d’une gauche politique unie, le mouvement social va pouvoir se développer grâce à l’unité d’action syndicale.

Ensemble, tous ensemble : on peut, on doit gagner !

Les terroristes sont des ratés comme les autres

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Terrorists RTFMEt si les terroristes islamistes étaient d’abord et avant tout des “cornichons“, souvent bien plus stupides et maladroits que véritablement dangereux ?

C’est la thèse esquissée par deux chercheurs américains dans The Atlantic Magazine, où ils pointent du doigt les nombreux ratés de ceux qui sont souvent présentés comme la principale menace terroriste mondiale, susceptible de provoquer un “choc des civilisations” menaçant les démocraties occidentales, le Moyen Orient, les pays musulmans, voire l’ordre mondial :
Ils se font exploser les uns les autres par erreur. Ils arrivent à foirer même les plans les plus simples. Nos ennemis les terroristes tablent sur le fait que nous pensons qu’ils sont bien entraînés, mais en réalité, la plupart sont stupides, pervers, bien moins organisés et sophistiqués qu’on ne peut l’imaginer.

La moitié des kamikazes explosent tout seul
Nos” ennemis ? Les deux auteurs de l’article, Daniel Byman et Christine Fair, ne sont pas journalistes, mais chercheurs, et clairement impliqués dans le conflit : anciens de la Rand Corporation, l’un des principaux think tank néocon(servateur), le premier a fait partie de la commission d’enquête officielle sur le 11 septembre 2001, la seconde enseigne le contre-terrorisme à West Point, et tous deux émargent au Center for Peace and Security Studies (CPASS) de la Georgetown University. Leur analyse n’en dresse pas moins une évolution notable dans la perception que peuvent se faire les “neocons” américains de la guerre au terrorisme.

Il suffit ainsi, écrivent-ils, de voir ce qui se passe en Afghanistan pour prendre la mesure de l’écart de perception entre le stéréotype médiatique du “terroriste“, et sa réalité “ridicule“, soulignent les deux auteurs, pour qui “il faut bien reconnaître que les talibans emploient les pires kamikazes que l’on puisse trouver, dans le monde entier : la moitié d’entre-eux se débrouillent pour ne tuer qu’eux-mêmes“… un taux de réussite qui n’aurait guère progressé depuis cinq ans qu’ils organisent ce genre d’attentats suicides, et ce malgré des centaines voire des milliers d’attentats à moitié ratés.
“En Afghanistan, comme dans beaucoup d’autres cultures, la tradition veut que les combattants échangent une étreinte virile avant de partir au combat. Nombreux sont ainsi les kamikazes qui ne franchissent même pas les portes de leurs camps d’entraînement, ou de leur maison : ces câlins de groupe actionnent les détonateurs de leurs ceintures d’explosifs.”

Les “terroristes cornichons” n’oeuvrent pas seulement en Afghanistan : Umar Farouk Abdulmutallab, le terroriste au slip qui, en voulant faire exploser la bombe qu’il avait bricolé dans son slip, n’a réussi qu’à se brûler la jambe, et à se faire arrêter par les autres passagers de son avion. Présenté comme un terroriste lié à Al Quaeda, il s’agissait aussi d’abord et avant tout d’un homme voyageant sans bagage, qui avait acheté un ticket aller sans retour, et qui figurait sur l’une des listes noires de terroristes potentiels à surveiller… Il n’en a pas moins réussi à faire tellement peur aux dirigeants du monde entier qu’il en a entraîné plus d’un à décider d’installer des scanners corporels dans nos aéroports (voir Scanners : terrorisme, sexe et démagogie). (more…)

21 juin 2010

République irréprochable ? Les 18 affaires qui contredisent Sarkozy.

Filed under: 20 - UMP,21 - Mensonges de Sarko — iledere @ 19:00

Les affaires et révélations de combines, petites et grosses, sont si nombreuses ces derniers temps, qu’elles donnent le tournis. Voici une liste non exhaustive de 18 affaires mêlant argent, pouvoir et souvent les deux, qui empoisonnent la vie présidentielle depuis janvier dernier.

1. Le Karachigate, vaste affaire qui mérite un blog à elle toute seule.

2. Le Woerthgate, vaste affaire qui méritera un blog à elle toute seule.

3. L’affaire Clearstream, une vaste affaire qui n’a pas eu son blog.

4. Les légions d’honneur de Sarkozy.

5. Le dérapage des frais de l’Elysée.

6. Le classement sans suite des enquêtes sur des détournements de fonds en Françafrique.

7. La mission de Christine Boutin, ex-ministre, payée 9 500 euros en sus de sa retraite de parlementaire. Une somme qu’elle a abandonné sous la pression médiatique.

8. Le cumul salaire/retraite de 10 ministres.

9. Le cumul des salaires de ministre et d’élu local, malgré un absentéisme nécessaire.

10. L’utilisation de jet privé par deux ministres au moins, Estrosi puis Joyandet.

11. Les deux logements de fonction de Christian Estrosi.

12. L’entreprise de distribution de bateaux en bois précieux africain d’Alain Joyandet.

13. Les services secrets mobilisés pour une rumeur d’adultère présidentiel.

14. Le piston ordinaire de l’UMP à … EDF.

15. Les cadeaux (sans contreparties ?) offerts à Nicolas Sarkozy.

16. 8 500 euros de cigares payés à Christian Blanc sur les comptes de son secrétariat d’Etat.

17. Un permis de construire jugé illégal pour une maison d’Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération, à Saint Tropez.

18. L’intervention de Nicolas Sarkozy dans la vente du Monde.

Une liste… inter-minable comme dirait Torapamavoa.

Listé par Juan de Sarkofrance

Les traitres

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:00

Leur seule manière d’être une équipe, ce n’est pas quand ils jouent, mais quand ils refusent de s’entraîner

L’indignité a donc fini par rejoindre la nullité. En refusant de s’entraîner, ce dimanche après-midi, à deux jours d’Afrique du Sud-France, après avoir déjà refusé de jouer face à l’Uruguay (0-0) et au Mexique (0-2), les joueurs de l’équipe de France ont dépassé les bornes de la décence et de la bêtise, sous les yeux d’un management dépassé.
Ils sont obsédés par le traître qui parle à la presse, bouffis par leurs principes de cour de récréation ? Ils devraient être obsédés par le match qu’il leur reste, par la chance infime de qualification qu’ils doivent aux supporters qu’ils ont trahis, ce dimanche, en montant dans le bus au lieu de continuer à représenter la France à l’entraînement. Mais ils continuent d’avoir seulement envie de représenter eux-mêmes, autrement dit pas grand-chose.
Même quand ils cherchent une taupe, ils sont affligeants et ne se rendent compte de rien. Cette manière de penser qu’il s’agit de l’essentiel, de savoir qui a parlé, alors qu’ils n’ont pas fait passer un gramme d’émotion en deux matches ratés, étale au grand jour leur insondable vanité. Comment peuvent-ils placer au centre de leurs préoccupations la chasse d’un seul quand ils n’ont cessé de se trahir mutuellement sur le terrain, au fil de leurs caprices, de leurs insuffisances et de leurs égoïsmes ? Comment peuvent-ils penser une seconde que l’outrage fait au groupe soit plus important que celui qu’ils infligent depuis deux semaines aux Français qui aiment le foot et sont conscients, eux, que la Coupe du monde revient tous les quatre ans?
L’idée de l’équipe de France n’avait jamais été à ce point piétinée. Ils en sont responsables. Et ce mardi, à Bloemfontein, ils feront la grève et ne mettront un short que si le coupable se dénonce ?
Leur comportement est une insulte. Personne, au sein du groupe, n’a été capable de leur dire que porter le maillot de l’équipe de France consistait à incarner une histoire dans la continuité. En refusant de s’entraîner au coeur de la Coupe du monde, à deux jours d’un match qui leur laisse une chance infime mais mathématique de se qualifier, ils ont trahi ce maillot et bafoué cette histoire. Ils vivent ensemble, meurent ensemble et trahissent ensemble. Désormais, ils peuvent arrêter de chercher.

Vincent DULUC
pour l’Equipe.fr

Eurosatory : le grand pince-fesses des VRP de la mort

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

A quoi ressemble un marchand d’armes ? Est-ce que le mal est inscrit sur ses traits, transparent ? Ou bien arbore-t-il au contraire une ganache de pékin moyen ? Question d’importance. La tenue du salon de l’armement terrestre Eurosatory (Villepinte, 14-18 juin), summum du genre, semblait l’occasion parfaite d’enquêter sur le sujet. Plongée dans l’univers boueux des VRP de la mort.

Dans toutes les allées, les mêmes faces rubicondes et satisfaites, les mêmes uniformes – chemise blanche, costume passe-partout, coiffure bien dégagée sur les côtés et/ou dégarnie, peau luisante – , les mêmes rires gras. Un verre de champagne à la main, un attaché-case à l’autre, une naïade plus ou moins peinturlurée pendue au bras (pour les plus éminents), ils s’agglutinent devant les stands, ravis d’être là, paradant parmi leurs pairs. En grappes, ils échangent force commentaires sur les merveilles présentées, du Taser XREP/X12 à la grenade assourdissante Splinterless SV-135, en passant par les nouvelles joyeusetés balistiques made in Israël et les bon vieux Renault-trucks des familles, yeux gourmands, ravis de tant de puissance de feu.

Ils sont à la fête. C’est que le grand raout de l’armement n’est pas seulement commerce de mort, il est aussi l’occasion pour les représentants ès grande faucheuse de tous les pays de se rencontrer dans une ambiance décontractée. C’est là qu’ils discutent des nouveaux petits bijoux semeurs de morts, présentent leurs nouveautés et signent de juteux contrats. Normal, dans ces conditions, que l’atmosphère soit à la bonne humeur et à la courbette servile : il y en aura pour tout le monde. Quelques gradés – médailles et uniformes en bandoulière – déambulent l’air grave, détonnent presque dans le paysage. Les autres, qu’ils soient brésiliens, russes, français, américains, bulgares ou saoudiens, se ressemblent tous : VRP funèbres fabriqués en série, un peu minables, un peu beaufs, un peu grandes-gueules. La grande foire à la saloperie humaine ressemble à une FIAC du pauvre, voire à un salon de l’électro-ménager (si on fait abstraction des marchandises présentées, évidemment). Perturbant.

Pour le Rouletabille naïf égaré au salon Eurosatory, l’expérience est plutôt éprouvante [1], voire carrément effrayante. Horreur à la mesure de nerfs de géant [2] ! Difficile de s’imaginer la chose, l’ampleur du désastre : 50 000 professionnels du secteurs attendus sur quatre jours, 1 300 exposants qui tous ont placé leurs billes (ou une partie d’icelles) dans l’armement terrestre, de Dassault à Taser, de Lockhead Martin (le roi du missile) à EADS, affichant leurs marchandises rutilantes comme d’autres leurs tapis. Opulents et joyeux. Il faut dire, comme le rappelle Philippe Leymarie sur son blog du Monde Diplo (ici), qu’ils auraient tort de faire la gueule, tant leur industrie est plus que jamais florissante :

« En dépit de la crise, les dépenses militaires mondiales – toutes spécialités – ont atteint un nouveau record pour 2009, selon le rapport de l’Institut de recherche pour la Paix de Stockholm (SIPRI) publié le 2 juin dernier : 1531 milliards de dollars ont été consacrés au secteur militaire (+ 6 % par rapport à 2008, et + 49 % par rapport à l’année 2000). »

Alors, d’un stand à l’autre, c’est le même spectacle : champagne et petites pépées, rires et claques dans le dos. Les affaires tournent, l’heure n’est pas à la sinistrose. Dehors, un petit train touristique [3] permet aux plus impotents d’aller jeter un coup d’oeil à la ribambelle de tanks s’étalant sur un parking immense, chenille vicieuse. Pas loin, une escouade d’officiels allemands s’engouffre dans un gigantesque véhicule blindé, visite guidée ponctuée d’exclamations enthousiastes. Allée F4, des yeux égrillards suivent les croupes des hôtesses d’accueil, quelques blagues fusent en polonais. Devant un stand, un type à l’accent belge, manifestement bourré, s’adresse à son interlocuteur japonais dans un anglais hésitant : « Cette roquette, mon vieux, elle te défonce un tank d’un claquement de doigt. Notre grande fierté. » Un temps. « Bon, on va la boire cette bière ? » À deux pas, un ricain excité, l’air ado, s’empare des mitraillettes d’un stand, l’une après l’autre, méthodiquement, pour les soupeser et mimer l’assaut furieux, l’œil en érection. Plus loin, les représentants de Taser tentent de m’expliquer que jamais au grand jamais l’on n’a pas pu faire état d’un lien direct entre un décès et l’utilisation d’une de leurs merveilles. Litanie déprimante.

De cette plongée de quelques heures dans le raout des marchands de mort, je ne retiendrai finalement pas grand chose. Quelques instantanés mentaux saisis au vol. Quelques photos parlantes (ci-dessous). Une impression de dégoût omniprésent – gerbe en embuscade. Et, en fond neuronesque, ce vieux refrain sur la « banalité du mal » qui tambourine à l’esprit. Vus comme ça, ils ont presque l’air normaux. Est-ce vraiment une excuse ?

Par Lemi pour Article XI qui propose des photos édifiantes…

Notes

[1] En fin de journée, on le ramassera à la petite cuillère.

[2] Malcolm Lowry, in Au-dessous du volcan.

[3] Disney Reich, again :

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