Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

21 juillet 2010

Retraites : PS et UMP s’accusent mutuellement de saper le débat

Filed under: 13 - PS,20 - UMP — iledere @ 12:00

Jean-Marc Ayrault (Sipa)Les débats, qui ont débuté ce matin en commission, ont été houleux. Les socialistes ont demandé et obtenu une suspension de séance, dénonçant le « mépris absolu » du gouvernement.

Les députés PS et UMP se sont accusés mutuellement de saper les débats sur la réforme des retraites mardi 20 juillet en commission des Affaires sociales à l’Assemblée, lors d’une suspension de séance.

« On a vraiment le sentiment d’un jeu dont les dés sont pipés, d’une discussion pour rien, pour donner le sentiment que le gouvernement écoute les parlementaires. La vérité, c’est que le gouvernement est fermé et n’écoute pas les parlementaires, en particulier les parlementaires de l’opposition« , a déclaré devant la presse Marisol Touraine, principale oratrice du groupe PS.

La commission des Affaires sociales a entamé mardi à 15h00 l’examen du projet de loi de réforme des retraites, en présence du ministre du Travail Eric Woerth et du secrétaire d’Etat à la Fonction publique Georges Tron.

« Nous avons des ministres qui écoutent et donnent le sentiment de laisser passer le temps, comme si c’était pour eux un mauvais moment à passer, alors que pour nous, c’est une étape importante du processus démocratique parlementaire« , a ajouté Marisol Touraine, regrettant de nouveau le huis clos des débats.

La députée UMP Valérie Rosso-Debord a elle accusé le PS « de faire en sorte que la discussion n’ait pas lieu, d’avoir un débat dilatoire et de chercher le bon moment à force de provocation pour partir et faire un coup d’éclat« .

Interrogée sur cette possibilité d’un boycott, Marisol Touraine avait répondu: « J’espère que nous allons pouvoir être entendus. Nous verrons la tournure que prennent les événements. Je veux croire qu’il y aura un sursaut d’esprit démocratique dans cette commission ».

« Les députés UMP sont sereins. Le gouvernement nous écoute. Nous aimerions avancer sur le texte« , a lancé Valérie Rosso-Debord.

« Mépris absolu »
Plus tôt dans la journée, Marisol Touraine a dénoncé le « mépris absolu » dont font preuve, à ses yeux, le gouvernement et la majorité UMP dans l’organisation des débats en commission cette semaine à l’Assemblée. Les députés ont entamé ce mardi le débat parlementaire sur la réforme des retraites, chantier majeur du quinquennat, avec un examen sur trois jours en commission des Affaires sociales qui précède la vraie bataille, dans l’hémicycle, à partir du 6 septembre.

Lors d’un point presse, Marisol Touraine a protesté contre le fait qu’une trentaine d’amendements PS (sur 140) avaient été rejetés au titre d’une « lecture extrêmement stricte » de l’article 40 de la Constitution (qui empêche tout parlementaire de proposer des mesures représentant un coût pour les finances publiques), avant même d’être examinés en commission des Affaires sociales.

« L’article 40 est appliqué par un monsieur qui est président de la commission des Finances, qui s’appelle Jérôme Cahuzac et qui est socialiste« , a ironisé Valérie Rosso-Debord, principale oratrice UMP sur ce texte.

« Avalanche de pub »
« Je conseille à Mme Touraine d’en discuter avec M. Cahuzac. Certains de nos amendements ont eux aussi été rejetés« , a-t-elle déclaré.
Parmi les amendements PS rejetés figurent notamment ceux en vue d’une comptabilisation des stages de fin d’études dans la carrière professionnelle ou d’une « retraite choisie« .
« A quoi bon un débat si les socialistes ne peuvent même pas présenter leurs amendements? A quoi bon un débat si le ministre du Travail (Eric Woerth) ne nous dit pas dès maintenant (…) quelles évolutions il est prêt à acter« , notamment sur la pénibilité, a-t-elle ajouté.
« On nous renvoie au mois de septembre » et au débat en séance plénière, dans l’hémicycle. « C’est un mépris absolu pour le Parlement« , a accusé Marisol Touraine.
La députée d’Indre-et-Loire a par ailleurs dénoncé le contenu et le coût – « plus de 20 millions d’euros, selon un syndicat » – de « l’avalanche de pub du gouvernement » sur la réforme des retraites dans les médias.

« Injuste » et « brutal »
« Publicité mensongère » et « ensemble de contre-vérités » pour tenter de rassurer les Français sur cette réforme « injuste » et « non financée« , a-t-elle estimé. « Le gouvernement vend une réforme qui n’est pas votée. C’est encore une fois une façon spectaculaire de s’asseoir sur le travail des parlementaires« .
L’exécutif et la majorité UMP, a souligné Marisol Touraine, font tout pour avoir « un débat rapiécé, raccourci » et empêcher ainsi un débat « projet contre projet« .
« Mais si on ne peut pas faire valoir nos idées » dans le cadre de la commission, « nous saurons le faire à l’extérieur », a-t-elle prévenu. Le groupe PS a prévu plusieurs points presse tout au long de l’examen du texte en commission, jusqu’à jeudi.
Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a de son côté dénoncé une réforme des retraites « la plus brutale d’Europe« , faite « pour le Premier Cercle« , club de donateurs de l’UMP.
« En 2020, les hauts revenus contribueront à hauteur de 2 milliards d’euros, soit moins de deux fois l’effort qui va être demandé aux fonctionnaires« , a-t-il dit.

Le « double bras d’honneur » de Copé
Roland Muzeau, porte-parole des députés communistes, a de son côté accusé le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé « de faire un double bras d’honneur aux députés et aux Français » à propos de la réforme des retraites.
« Jean-François Copé a confirmé ce matin que son groupe avait gardé sous le coude un certain nombre d’amendements au projet de réforme des retraites. Ces amendements ne seront pas examinés en commission…. Ils seront connus début septembre » lors de l’examen du projet de loi dans l’hémicycle, écrit Roland Muzeau dans un communiqué.
C’est un « bras d’honneur aux député(es) ainsi invités à s’échiner sur une partie seulement des intentions écrites de la droite » lors de l’examen en commission qui a débuté ce mardi à l’Assemblée nationale, proteste Roland Muzeau.
C’est un « bras d’honneur aux Françaises et aux Français qui n’auront, cette fois encore, pas connaissance avant septembre de toutes les cartes que la droite entend garder en main », poursuit-il, en dénonçant une « attitude inacceptable de mépris et de dangers » et une « course à l’échalote« , de la part de la droite.
Sur France Inter, Jean-François Copé avait déclaré que certaines questions telle la pénibilité « méritent d’être débattus dans l’hémicycle et pas seulement en commission« , où les travaux pourraient se borner à « prendre la température« .

Huis clos dénoncé
Les débats ont commencé dans la matinée en commission des Lois, où Georges Tron (Fonction publique) a été entendu sur le volet fonctionnaires du projet de loi, et en commission des Finances, où les socialistes ont donné le ton en obtenant une suspension de séance.
Les députés PS protestaient contre le fait que la majorité UMP ait renvoyé au débat budgétaire d’automne tous les amendements de nature fiscale et sur le financement de la réforme. Ils ont obtenu que le ministre du Travail, Eric Woerth, qui n’avait prévu de se rendre qu’à la commission des Affaires sociales, assiste à la discussion.
Cette première séance préfigure des débats électriques, le PS entendant se battre contre une réforme « injuste » et médiatiser au maximum les débats de la commission des Affaires sociales, organisés à huis clos sur décision de son président, Pierre Méhaignerie (UMP).
Le huis clos est vivement dénoncé, notamment par le député UMP Lionel Tardy, pour qui cette décision est « scandaleuse et antidémocratique ».
En tout, une trentaine d’amendements au plus, principalement UMP, devraient être adoptés en commission : possibilité de cumul pension de réversion/emploi, actuellement interdit, prorogation de l’allocation veuvage, pénalités financières à partir de 2012 pour les entreprises qui ne discutent pas de l’égalité salariale hommes-femmes.

(Nouvelobs.com)

3 réponses à “Retraites : PS et UMP s’accusent mutuellement de saper le débat”

  1. Anonyme dit :

    Il ne reste plus que la manif du 7 septembre prochain pour nous permettre de montrer notre hostilité à cette réforme cynique et scandaleuse.

    Tant qu’à attendre 2012 avec une victoire espérée de la gauche, il est à craindre que la faillite budgétaire abyssale ne permettra pas de revenir immédiatement sur cette réforme.

    Je radote une nouvelle fois mais en  » élysant » l’homme aux talonnettes , on ne pouvait pas s’attendre à des mesures favorables au « bon Peuple ».

    C’est l’homme de la rupture, moi aussi j’aspire à une rupture mais elle est nettement plus radicale!

  2. Anonyme dit :

    C’est comme un tricot, çà se détricote ! En attendant dis-toi que nous sommes tous des « Pénélope » !

  3. La main gauche dit :

    La question qui reste est est-ce qu’en 2012, quand on aura virer cette vermine, on pourra faire péter cette réforme qui de toute façon ne sera qu’une Fouquet’erie de plus !

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