Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 août 2010

Gaëtan de Capèle : la voix de l’ennemi de classe

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

gdcQuand la droite donne des leçons méprisantes au peuple, bien assise sur sa juteuse position dominante

La voilà, la propagande des dominants, dans sa plus pure expression, voilà le discours de ces ennemis de classe, arc-boutés sur leur privilèges et déféquant sur le peuple, qu’il ne leur suffit donc pas d’exploiter, de toute la hauteur de leurs titres et qualités, avec une morgue insupportable.
Lisez donc cette phrase qui nous a littéralement ulcéré, citée dans la revue de presse de RFI du 21 août, sous la plume du directeur adjoint de la rédaction (Economie) du Figaro, Gaëtan de Capèle : « entre la réforme des retraites, le rabotage des niches fiscales, le gel du salaire des fonctionnaires et la baisse des dépenses d’intervention et de fonctionnement de l’Etat, il y a de quoi mécontenter beaucoup de monde dans un pays drogué à la dépense publique où l’on accepte les sacrifices que lorsque ils concernent les autres. Et il ne faudra pas compter sur un sursaut de responsabilité de la gauche et des syndicats pour accompagner cet effort de redressement. »

Est-ce donc se montrer responsable que dire amen à la spoliation de la collectivité au profit de quelques-uns ? La vocation de la gauche et des syndicats n’est-elle pas justement de défendre ceux qui souffrent ?
Et la classe des privilégiés les accepte-t-elle, les sacrifices ? Pensez-vous, tout lui est dû !

Pour mieux se goinfrer, elle les impose constamment au petit peuple, tout en s’offusquant, comme par la voix de ce journaliste bien mis à particule, que celui-ci grince des dents ! Ainsi que nous l’écrivions dans notre billet du 10 août, pour vitupérer la Déclaration ouvertement xénophobe du porte-parole du parti présidentiel, Frédéric Lefebvre, qui fabrique le bouc-émissaire de l’étranger pour mieux taire la question sociale, la confiscation des richesses par une infime minorité n’est pas pas une vue de l’esprit ni un fantasme gauchiste : « Le 1% des ménages qui gagne le plus en France a vu ses revenus augmenter plus vite que les autres entre 2004 et 2007 car les revenus du capital ont crû davantage que ceux du travail, révèle une étude publiée vendredi par l’Insee, qui décèle une hausse des inégalités, rapportait par exemple en avril dernier le site d’information économique In Business. L’Institut national de la statistique et des études économiques s’est penché sur les « très hauts revenus », le 1% de la population qui déclare le plus au fisc. » Que chouchoute l’UMP, mais son porte-parole du Figaro Capèle n’en dit mot ! « En 2007, cela correspondait à des revenus dépassant 84 500 euros par an pour une personne seule, 177 400 euros pour un couple avec deux jeunes enfants. « Entre 2004 et 2007, les revenus moyens des très hauts revenus ont augmenté plus rapidement que ceux de l’ensemble de la population  », observe l’Insee. Cela s’explique notamment par l’origine de leurs revenus. Au sein de la population générale, 99% des ménages perçoivent des revenus d’activité ou de remplacement, 40% des revenus du patrimoine (actions, obligations, foncier…) et 2% des revenus exceptionnels (plus values, dividendes…). Parmi les très hauts revenus, ces proportions sont respectivement de 99%, 93% et 27%. Autrement dit, « la quasi-totalité des très hauts revenus perçoit à la fois des revenus d’activité et des revenus du patrimoine  ». (more…)

26 août 2010

Emplois fictifs : accord en vue entre l’UMP et la mairie de Paris

Filed under: 12 - Brèves,20 - UMP — iledere @ 12:00

Ce retrait « permettrait à Chirac de se retrouver sans adversaire ni accusation face au tribunal ».

Un protocole d’accord engageant l’UMP à reverser les trois quarts de la facture des emplois fictifs qui valent à Jacques Chirac d’être renvoyé en correctionnelle a été signé et devrait être soumis au prochain Conseil de Paris, affirme Le Canard enchaîné à paraître mercredi 25 août.

Contactée par l’AFP, la mairie de Paris a confirmé mardi soir que le protocole serait soumis au vote lors du prochain Conseil de Paris des 27 et 28 septembre ou lors de celui de mi-octobre. Elle a aussi confirmé la somme révélée par l’hebdomadaire satirique : la mairie de Paris récupérera au total 2,2 millions d’euros, dont 1,65 million versés par l’UMP et 550 000 euros par l’ancien président de la République et maire de Paris Jacques Chirac.

2,2 MILLIONS D’EUROS
En octobre 2009, l’ex-chef de l’Etat a été renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris des chefs de « détournements de fonds publics » et d' »abus de confiance » pour 21 emplois de complaisance présumés payés entre octobre 1992 et mai 1995 par le cabinet du maire de Paris, fauteuil qu’il occupait alors. Le procès où il doit comparaître avec neuf autres prévenus est attendu fin 2010 ou début 2011. Selon Le Canard enchaîné, « la somme (de 2,2 millions d’euros) prend en compte les salaires et les charges des salariés fantômes, les intérêts légaux et les frais d’avocats engagés par l’équipe Delanoë. En échange, la ville retirera sa constitution de partie civile« . Ce retrait « permettrait à Chirac de se retrouver sans adversaire ni accusation face au tribunal, puisque le parquet a déjà fait savoir qu’il allait requérir la relaxe« , ajoute le journal.

LEMONDE.FR avec AFP

Le salaire de la politique

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

Triomphe de l’oligarchie
Pour éviter que la politique ne soit le monopole des nantis, il a fallu qu’elle devienne une profession et que ceux qui l’embrassent puissent en vivre. Au risque de se couper de leurs mandants.

Tout travail mérite salaire… sauf le travail politique. Depuis que la démocratie se confond pratiquement avec le régime représentatif, le soupçon a toujours traversé la relation entre les élus et les électeurs : les premiers peuvent-ils véritablement représenter les seconds s’ils en tirent des intérêts propres, à commencer par une rétribution financière ? En 1789, les délégués aux Etats généraux n’avaient pas envisagé de quitter leur province pour longtemps. Pressés de dépenses à Versailles, où les logeurs saisissaient l’aubaine, bientôt bloqués à Paris par la transformation des Etats généraux en Assemblée nationale constituante, loin de leur maison, de leur famille, ils se trouvèrent dans l’embarras financier plus ou moins vite en fonction de leur condition sociale et, pour les plus modestes, de l’ampleur du pécule que leur avaient alloué leurs mandants. Dès le 1er septembre 1789, l’Assemblée vota donc une indemnité législative de 18 livres par jour, si discrètement que le vote ne fut pas enregistré dans le procès-verbal des séances…

Par la suite, le régime censitaire, subordonnant la capacité d’électeur et d’élu à l’acquittement d’un certain impôt, et donc à la richesse, excluait toute rémunération du mandat. Ce principe perdura aux débuts du suffrage universel : si le droit de vote était ouvert à tous les hommes (pas encore aux femmes), il fallait avoir une fortune pour être élu (lire « Politique et propriété » dans les extraits choisis). Comment un pauvre aurait-il pu nourrir la folle idée de représenter ? En France, c’est l’indemnité législative adoptée sans discussion en 1848, avec le suffrage universel, qui ouvrit la route à des élus issus de milieux plus modestes. Sans doute n’y eut-il jamais d’assemblées plus « populaires » que celles du début du XXe siècle. Dans les pays où la rémunération n’était pas légalisée, comme le Royaume-Uni (il fallut attendre 1911), cette « démocratisation » du recrutement politique passa par les syndicats (trade unions), qui prirent en charge les émoluments des députés du Parti travailliste.

« Baudin, sur sa barricade, mourait pour 25 francs par jour. Nos députés ont décidé hier de vivre pour 41 francs et 9 centimes »
Tous les régimes politiques ont finalement instauré une indemnité parlementaire — manière de dire que le mandat n’est pas un travail, mais qu’il mérite une compensation financière. Malgré son élémentaire logique, on aurait tort de croire que cette institution fut si facilement acceptée. En fixant immédiatement l’indemnité à 25 francs par jour, la IIe République suscita une protestation antiparlementaire, le salaire journalier d’un ouvrier parisien étant alors compris entre 2 et 4 francs. Sa suppression par le Second Empire, puis son rétablissement pour son Assemblée législative ne réglèrent pas l’affaire. Longtemps encore, les 25 francs par jour, restaurés en 1871 — sous la forme des 9 000 francs annuels —, furent un motif de raillerie, sinon d’hostilité à l’égard des députés. A tel point d’ailleurs qu’il fallut attendre 1906 et l’arrivée d’une Chambre plus populaire, avec le Bloc des gauches, pour voir augmenter cette indemnité à 15 000 francs. Là encore, la mesure fut si discrète qu’elle déclencha un tollé. Ses partisans y gagnèrent le sobriquet méprisant de « quinzemillistes ». Le 23 novembre 1906, rappelant le sort du parlementaire Alphonse Baudin, abattu alors qu’il s’opposait au coup d’Etat du 2 décembre 1851, Le Matin écrivait ironiquement : « Baudin sur sa barricade mourait pour 25 francs par jour. Nos députés ont décidé hier de vivre pour 41 francs et 9 centimes. » Il fallait donc imaginer une autre procédure pour adapter l’indemnité à l’augmentation des prix. En 1938, elle fut indexée sur les salaires de la haute fonction publique, ce qui lui permit de croître régulièrement sans que les parlementaires aient à la voter. (more…)

25 août 2010

Valérie Hortefeux est un phénomène.

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Valérie le Phénomène.Peu de monde connaît , hormis le beau Monde. Cet industriel français fait dans le Tourisme de luxe. Son groupe est détenu à hauteur de 51% par la famille Desseigne-Barrière. Le Hôtel & Casinos compte 37 casinos, 15 hôtels de luxe, 90 restaurants et le célèbre hôtel Fouquet’s Barrière à Paris.
Le week-end dernier, Lucien a ouvert son premier hôtel implanté à l’étranger, le Naoura Hôtel & Ryads, et a organisé une merveilleuse garden-Party pour son inauguration. Le décor a été mis en place par le mari de Mireille Darc, Pascal Desprez. L’actrice Caterina Murino en a été la marraine. Sous le feu d’artifice inaugural, BiBi a reconnu parmi les invités les frères Hermès, Jacques Chancel, Marianne James, Laurent Gerra (qui prend surement des notes pour ses futurs textes corrosifs), Alain Chamfort (une voix des faubourgs du XVIième), Laurent Ruquier (qui fait si peur aux Puissants), Marc-Olivier Fogiel (coquelet revenu de son Pavillon de la Volaille à Rungis), Fabien Galthié et sa tête ovale, PPDA qui joue au Mélancolique et bien sûr les deux inséparables copines : et .
Arrêtons-nous un peu sur la sublime Valérie et sur son incroyable emploi du temps. La Fête de Marrakech a eu lieu le week-end du 7-8 mars. BiBi, qui la suit à la trace, l’avait déjà vue en semaine au , ancien Maxim’s Business Club. BiBi trouve ça quand-même extraordinaire… Il se demande quand Madame Plan Com de la Caisse d’Epargne prend le temps de travailler (et trouve le temps de récupérer de tous ces efforts de présence inouïe). BiBi rappelle que Valérie a trois beaux enfants qui sont scolarisés, (dure, dure l’éducation de trois petits si rapprochés), que Papa Brice est bien occupé à pondre de grandes réformes sociales et voilà qu’en quatre jours, Madame fête les 40 ans du (présidé par le Prince démocrate Poniatowski dont la fille Sarah est mariée au chanteur ex-communiste ), que Madame s’en va s’amuser follement deux jours après, au Ryad Naoura de la Médina. Incroyable et infatigable Valérie : BiBi admire.

A Paris, avec l’aide précieuse de Charlotte, elle a du tenir la conversation à Ernest-Antoine Seillères (beurkk), à Nino Cerruti et à David de Rothschild, elle a du parler chiffons avec les Princesses Napoléon (si, si, ça existe) et de Savoie, elle a du supporter la présence du Duc d’Orléans (si, si, ça vit encore), saluer Bernadette Chirac qui ne parle que de la remise prochaine de sa légion d’honneur et a regardé avec une pointe de jalousie Delphine Arnault (en magnifique robe noire à froufrous). Tout ce petit Monde l’a fatigué mais cette fatigue, Valérie la garde pour elle. Elle reconnaît qu’avec les fêtes au , celles du Cercle de l’Union interalliée, de l’Automobile Club de France, les organismes sont dernièrement très sollicités. Mais elle a bien ri lorsque Jean s’est étendu sur la naissance du Club qui date de 1968 «un peu comme une plaisanterie en réaction à la contestation ambiante». C’est tellement… tellement vrai, n’est-ce pas ? Et cette autre plaisanterie : tout le monde sait que le MBC n’a pas de siège localisé. Eh bien Jean (Poniatowski) a osé lâcher devant le parterre d’invités : «Nous sommes les SDF des Clubs ». SDF ! SDF ! Ah ! Ah !
Valérie soupire car, deux jours après le MBC au Fouquet’s : direction Marrakech. Heureusement, là-bas, le cadre est sublime et plus reposant (Valérie l’avoue : elle en a un peu marre du Fouquet’s). Au bord de la piscine marocaine, détendue, elle se surprend à verser à boire à Christian Bîmes, ex-président «malheureux» du Tennis français, à donner du grain à moudre au coquelet Marc-Olivier, à parler chansonnette avec Alain (Chamfort). Comment fait-elle ? Est-ce l’air de l’Auvergne de son mari ? Est-ce la perspective de la Reprise économique pour 2010 ? Sont-ce les bonnes nouvelles venues du chaud Soleil mexicain données par les SMS de Carla ?

Seule réponse de BiBi : Valérie-de-Neuilly est un sacré phénomène.

Par BiBi pour son blog « pensez BiBi » : « To BiBi or not to Bi »

Le sondage qui inquiète l’Elysée : l’été d’enfumage n’a servi à rien

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

La cote de popularité de Sarkozy remonte ...Et si Nicolas Sarkozy avait définitivement perdu la main ? C’est ce que laisse penser la dernière cote de popularité, mesurée par l’Ifop, qui ne montre qu’une très légère remontée pour le chef de l’Etat, 2 points seulement, de surcroît classique en période estivale.

2 petits points, à 36%, malgré un été « paroxystiquement sarkozyste ». Nous entendons par là que l’été fut l’occasion pour le président de la République et ses conseillers en communication d’appliquer avec une ardeur jamais connue avant les ficelles du sarkozysme : de l’enfumage, des discours, des opérations médiatiques musclées, pour faire croire qu’on agit et qu’on s’occupe des problèmes des Français.

Jamais Nicolas Sarkozy n’avait lu des discours sécuritaires qui étaient allés aussi loin (le lien immigration/délinquance a été fait pour la première fois). Des mots sur la déchéance de la nationalité, une offensive verbale contre les Roms, tout a été tenté pour remettre à flots un président bien mal en point. Nicolas Sarkozy a même eu la chance de pouvoir compter sur une gauche qui a largement joué le rôle qu’il attendait d’elle, celui de l’idiot utile, toujours prêt à s’indigner et à valider ainsi la stratégie de communication de l’Elysée.

Au vu du sondage de l’Ifop, faut-il comprendre que le président ne parvient plus à tromper, que les Français ont, peut-être définitivement, compris que derrière le verbe dur, se cache encore et toujours une main molle ?

Les Français ne sont manifestement pas tombés dans le piège électoraliste estival. Ils ont compris que Nicolas Sarkozy depuis 8 ans est en charge de l’insécurité, et que ses résultats sont pour le moins négatifs (violences aux personnes +30%). Ils ont flairé les écrans de fumée, sur la déchéance de la nationalité notamment, dont ils savent bien qu’au-delà des mots il ne subsistera pas grand chose, si ce n’est quelques exemples ultra-médiatisés qu’on ne manquera pas d’infliger aux télespectateurs de TF1 le jour venu.

Quant aux Roms, il s’agit de la plaisanterie de l’été. Comment peut-on, comme l’UMP, le PS et Nicolas Sarkozy, défendre en permanence l’Union européenne et ses principes de libre circulation généralisée, comment peut-on avoir soutenu l’adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007, et feindre de s’indigner de l’arrivée massive de Roms ?…Voilà qui n’est pas sérieux. (more…)

24 août 2010

Quelques vérités sur l’insécurité

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:00

Lionel Jospin, ancien premier ministre

Depuis huit ans, je me suis gardé d’engager des polémiques contre le pouvoir. Ce n’était pas pour moi une bonne manière de participer au débat politique. Mais j’ai dû répliquer plusieurs fois à des attaques.

La droite, en effet, n’a pas fait preuve de la même réserve. Les dirigeants de l’Etat comme les chevau-légers de la majorité ont tenté avec constance de disqualifier l’action conduite par mon gouvernement de 1997 à 2002. En vérité, leur ferions-nous de l’ombre ? Et craindraient-ils que les Français ressentent trop fortement le contraste entre l’action menée par nous pendant cinq ans avec sérieux et rectitude et l’inefficacité, l’iniquité, la fébrilité, voire la vulgarité actuelles ? Est-ce une raison suffisante pour dénaturer le passé ?

Le dernier exemple en est donné par un texte, signé dans Le Monde [daté du vendredi 20août] par quelques élus de la majorité en soutien aux égarements de M. Estrosi en matière d’insécurité. J’y relève, parmi d’autres, deux contrevérités.

La première tient en cette phrase: « L’insécurité n’est pas un fantasme des Français, comme le pensait le gouvernement de Lionel Jospin. » Bien loin de cela, mon gouvernement a, dès ma déclaration de politique générale, puis au colloque de Villepinte organisé par le ministre de l’intérieur, avec ma participation et celle de plusieurs ministres, placé la lutte contre l’insécurité au premier rang de ses priorités.

Certes, nous n’avons pas pu endiguer la montée déjà ancienne des actes de délinquance. Mais nous avons conduit une politique de sécurité cohérente. Nous avons affirmé le principe que l’ordre public est d’abord une responsabilité de l’Etat. Et loin d’accuser sottement et injustement les maires, comme le fait M. Estrosi, nous les avons associés à notre action en signant avec eux des contrats locaux de sécurité. Nous avons cherché à donner à chaque acte délictueux sa sanction judiciaire, fondée sur la responsabilité personnelle, en écartant bien sûr l’idée perverse de la responsabilité collective, celle qui aujourd’hui stigmatise des quartiers, des communautés ou des catégories de Français particuliers.

Nous n’avons pas négligé la prévention, en développant les politiques de la ville. Nous avons lutté contre le chômage, réduit les injustices et gouverné l’Etat en respectant les règles de la République. Car nous savions bien que la garantie de la sécurité dépend aussi des conditions de vie de la population, des valeurs qui lui sont transmises et des exemples qui lui sont donnés.

Quant aux agents de l’Etat chargés de la sécurité, nous ne les avons pas formés pour mener une « guerre », nous nous sommes gardés de les exposer comme cibles, mais nous les avons soutenus, dans le respect du droit. Notre but étant la sécurité quotidienne des Français, nous avons mis en place la police de proximité réclamée aujourd’hui par tous.

LA POLITIQUE ACTUELLE DE LUTTE CONTRE L’INSÉCURITÉ EST UN ÉCHEC
La deuxième contrevérité éclate dans une autre phrase : « Le gouvernement renforce les moyens consacrés à la lutte contre la délinquance. » C’est le contraire qui est vrai. Certes, le président et ses ministres ne sont pas avares de proclamations. La majorité a voté une cascade de textes législatifs dont la succession même souligne l’inefficacité. En pleine surenchère aujourd’hui, l’exécutif annonce même des projets qu’il reconnaît comme non constitutionnels et dont il sait qu’ils seront censurés !

Mais le gouvernement n’augmente pas les moyens de lutte contre la délinquance : il les réduit. Il a supprimé en trois ans neuf mille postes de policiers et de gendarmes (alors que, sous mon gouvernement, outre les vingt mille adjoints de sécurité, les effectifs des seuls policiers avaient augmenté de plus de cinq mille).

Le constat actuel est accablant, et il accable d’ailleurs les personnels de sécurité, inquiets déjà de la façon dont on les emploie. Une telle réduction des effectifs, dictée sans doute par une idéologie hostile au service public, est incompréhensible, car la sécurité ne peut progresser quand le nombre des policiers et des gendarmes régresse.

Le pouvoir n’a pas tiré les leçons des émeutes urbaines de 2005. Il a continué à négliger les quartiers difficiles. Il s’est enfermé dans une stratégie de tension. Il cherche moins à assurer la tranquillité publique par une présence régulière des forces de sécurité sur les terrains sensibles qu’il ne privilégie les opérations coups de poing menées de l’extérieur, avec peu de résultats judiciaires.

La politique actuelle de lutte contre l’insécurité est donc un échec. La montée des agressions contre les personnes en est le signe le plus grave, mais il n’est pas le seul. Nos forces de police sont de plus en plus exposées, et elles sont inquiètes du fossé qui se creuse entre elles et certaines couches de la population. Or, faute de résultats, nos autorités se livrent à une nouvelle escalade verbale dont les accents deviennent douteux.

Faudrait-il croire alors que pour le pouvoir et son chef, si contesté, l’objectif est moins de réduire l’insécurité que de l’exploiter ? Le président s’effacerait-il derrière le candidat ? L’espoir d’une réussite électorale reposerait-il en dernier recours sur cette exploitation ? Si ce jeu devait se poursuivre, il serait peut-être hasardeux pour le candidat, mais à coup sûr dangereux pour le pays.

Lionel Jospin, ancien premier ministre

Discriminations à l’école : l’arroseur arrosé

Filed under: 02 - Education — iledere @ 6:30

tibooks (Flickr, cc)Un rapport sur les préjugés envers différentes catégories (homosexuels, handicapés, noirs, arabes) au sein de l’Education nationale vient d’être achevé. Jean-Paul Brighelli a pu se le procurer, comme un journaliste du Monde d’ailleurs. Il analyse en quoi le constat désenchanté des auteurs a un lien direct avec l’idéologie communautariste diffusée ces dernières années.

Le 17 août dernier, le Monde révélait la teneur d’un rapport encore confidentiel de la DGESCO sur les « discriminations » dans le milieu scolaire. En résumé, tout va mal, les discriminations s’accroissent, le racisme se banalise, les handicapés sont de moins en moins intégrés dans l’école, les filles méprisées, les homosexuels honnis, vilipendés, battus, parfois. Et les diverses « communautés » (le lecteur sait déjà combien ce terme m’indispose, en ce qu’il suppose réalisée la fragmentation de la République dont rêvent tant de gens si bien intentionnés) passent volontiers leur temps à s’entre-déchirer. L’Ecole ou le laboratoire de la désintégration à la française.

Savoir comment ce constat accablant est arrivé sur la table de Benoît Floc’h n’est pas anecdotique. De bonne source, le rapport originel était fort balancé, mesuré, tout à fait digne des personnalités somme toute respectueuses des usages qui l’avaient concocté (1). Il n’est pas indifférent que le cabinet grenellien lui-même ait choisi de durcir les conclusions, de muscler l’expression, bref, de rajouter une couche alarmiste sur ce qui était à l’origine un exercice d’équilibriste entre ce qui se passe de pire et ce qui ne va pas tout à fait mal. De là à penser qu’un conseiller ministériel a lui-même choisi de poser le rapport, qui ne devait être rendu public qu’en septembre, après les premiers feux de la rentrée, sur la table du journaliste, en lui suggérant d’insister sur les faits inquiétants signalés çà et là…

Après tout, je me le suis bien procuré moi-même, par une filière tout aussi officieusement officielle…
En tout cas, il faudra bien répondre à cette question : quel intérêt avait le ministère à passer outre les nuances pour donner au rapport de la DGESCO un arrière-goût de vitriol ? Pourquoi caricaturer une situation déjà alarmante ? Peut-être le ministre a-t-il déjà des réponses toute faites, pour paraître agir sans engager plus de moyens, sans réviser des décisions (réforme du lycée ou formation des maîtres) qui ne satisfont que les béni-oui-oui, et sans envisager des mesures (une refonte complète du second cycle, par exemple, avec remise en cause du « collège unique ») qui chagrineraient des idéologues rousseauistes persuadés que l’enfant est bon, surtout si on le met au centre du système…

L’égalité des chances, un slogan devenu vide
Que dit donc ce rapport ?
Après avoir rappelé la loi (article 225-1 du Code pénal), la commission définit les types de discriminations — directe, indirecte ou « systémique » — dont la combinaison produit un climat délétère, caractérisé par un ensemble de « micro-violences » produisant un effet de harcèlement qui a « un effet dévastateur sur le climat des établissements et le bien-être des élèves et des personnels ». (more…)

23 août 2010

Amine, « l’Auvergnat » d’Hortefeux, quitte l’UMP

Filed under: 12 - Brèves,20 - UMP — iledere @ 15:32

Le jeune militant UMP raillé en 2009 par le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux, qui avait été condamné pour racisme à la suite de ces propos, a annoncé, lundi 23 août, sa décision de quitter le parti majoritaire.

Amine Benalia-Brouch, qui annonce sa décision sur son profil Facebook, a expliqué à Reuters qu’il révélerait ultérieurement les raisons de son choix. « Il y a des choses qui ne m’ont pas plu », a déclaré le jeune homme.

Dans une vidéo filmée en septembre 2009 et visionnée plus de 1,3 million de fois sur Internet, on peut voir une participante de l’université d’été de l’UMP déclarer en parlant d’Amine Benalia-Brouch : « Il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière… » Brice Hortefeux avait alors répondu : « Ah, mais ça ne va pas du tout, alors, il ne correspond pas du tout au prototype, alors. C’est pas du tout ça. » L’enregistrement laisse ensuite entendre une militante ajouter : « C’est notre petit Arabe… », puis le ministre dire : « Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

Brice Hortefeux a été condamné le 4 juin 2010 à 750 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts pour injure à caractère racial pour ces propos. Le ministre de l’intérieur, qui s’était dans un premier défendu en expliquant qu’il parlait des Auvergnats, a fait appel de cette décision.

LEMONDE.FR avec Reuters

Le PS séduit de plus en plus

Filed under: 13 - PS — iledere @ 12:00

Les chiffres devraient conforter la rue de Solférino. Selon un sondage Ifop pour Ouest France diffusé samedi, 51% des Français estiment que le PS assume son rôle d’opposition face au gouvernement. Sans surprise, Dominique Strauss-Kahn s’impose toujours comme le favori pour 2012.

La stratégie du PS semble plaire aux Français. C’est en tout cas ce que révèle un sondage Ifop pour Ouest France publié samedi. Selon cette étude, 51% des sondés estiment que le Parti socialiste remplit bien sa mission d’opposition face au gouvernement. Ils sont 49% à considérer que le PS est proche de leurs préoccupations. Des chiffres en demi-teinte qui peuvent néanmoins réjouir la rue de Solférino, puisque le parti gagne ainsi 11 points en l’espace d’un an sur son image d’opposant, et 8 points sur sa capacité à répondre aux préoccupations des Français.

Une satisfaction de l’opinion publique qui touche aussi les dirigeants du parti. Ils sont en effet 39% à penser que le parti possède des dirigeants de qualité (+8 points). Une avancée qui profite à Martine Aubry puisque depuis son arrivée à la direction du PS, les querelles de personnes, qui rongeaient l’opposition depuis plusieurs mois, semblent désormais connaître une accalmie.

Et, sans surprise, Dominique Strauss-Kahn reste le favori des Français pour porter les couleurs du PS à la présidentielle de 2012. Un tiers des Français le cite spontanément pour endosser cette responsabilité. Le dirigeant du FMI distance nettement Martin
e Aubry (13%) et Ségolène Royal (8%).

Mais de là à convaincre les Français jusqu’aux urnes, le chemin semble encore long. Seuls 34% des sondés estiment que le PS est porteur d’un réel projet pour la France. Le score est faible, même s’il est en hausse de sept points par rapport à l’année dernière. Reste un an et demi au parti pour convaincre les Français. Prochaine étape: l’université d’été du parti, qui s’ouvre vendredi à La Rochelle.

C.V. – leJDD.fr

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