Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 septembre 2010

Prisons : des détenus au profil inattendu

Filed under: 07 - Justice — iledere @ 12:00

profil-prison_site_saharamedias.jpgLa semaine dernière, la garde des Sceaux répondait à la question d’un député sur la population du milieu carcéral. Et plutôt qu’une explication laconique, comme c’est souvent le cas à l’Assemblée nationale, dans le petit jeu des questions-réponses, elle a étalé les statistiques trimestrielles.

Surprise ! Alors qu’après le discours de Grenoble, on pouvait imaginer nos prisons remplies d’étrangers, pour beaucoup Roms, et de jeunes provenant de cités cosmopolites qui ne pensent qu’à vendre de la dope et à flinguer des flics, il n’en est rien.

Et, loin des annonces politiques, devant ces statistiques, dans la froide logique des chiffres, on retrouve enfin un peu de sérénité.

Au 1er avril 2010, il y avait 67 757 personnes en prison (dont 8 020 condamnés à une peine criminelle). Soit une augmentation de près de 10% en quatre ans. Or, d’après le ministère de l’Intérieur, la délinquance est en recul depuis plusieurs années. On peut donc en conclure que, contrairement à une idée toute faite, la justice ne se montre pas laxiste, mais au contraire de plus en plus répressive. Aussi, lorsque le ministre de l’Intérieur déclare : « La chaîne de sécurité s’interrompt brusquement après l’interpellation », je me demande sur quels critères objectifs il base cette affirmation…

Il y a 697 mineurs de 18 ans en prison, dont 68 ont moins de 16 ans. 58% d’entre eux n’ont pas été condamnés. Ils sont en attente de jugement, comme  d’ailleurs près du quart des détenus. Les moins jeunes, ceux de 18 à 21 ans, sont 5 080 derrière les barreaux.

tableau-detenus-selon-origines.JPGQuant aux étrangers, ils représentent environ 17.5 % de la population carcérale, soit un pourcentage en diminution de plus de 3% en quatre ans. Bien loin des chiffres qu’on a l’habitude d’entendre au comptoir du café du Commerce.

Mais ce qui est le plus marquant, à mon avis, c’est le niveau d’instruction des détenus. Si l’on pense que délinquance va de pair avec illettrisme, c’est raté : 72.5% des personnes écrouées ont reçu une éducation secondaire ou supérieure.

tableau-detenus-selon-instruction.JPGLa prison se trouve au bout de la chaîne pénale, c’est donc son meilleur marqueur. Et à  la vérité, ce n’est ni pire ni mieux qu’avant. Si le sentiment d’insécurité semble plus grand, c’est que notre époque est à l’inquiétude. À moins que l’influence des femmes… Elles ne représentent que 3.4 % de l’ensemble des détenus.

Georges Moreas pour son blog « Police et cetera »
Georges Moreas est commissaire principal honoraire de la Police nationale

Eric Besson, bon petit ministre de l’immigration

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,20 - UMP — iledere @ 6:30

Sorti par la porte, Éric Besson revient par la fenêtre. Le ministre alimente une nouvelle fois l’hystérie qui entoure le débat sur l’immigration par l’emploi , dans un entretien accordé au Parisien ,  de l’expression très connotée de “bons petits français”. “Si cela vous choque que des étrangers deviennent de “bons petits Français”, moi je trouve que c’est une excellente nouvelle”, “Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bon Français, je serai très heureux.

Droit dans ses bottes, volontairement provocateur, le monsieur immigration du gouvernement tempère à peine son propos en ajoutant “Être des ‘bons Français’, ça ne veut pas dire renier son histoire, ses origines ou sa culture française“.

Si Éric Besson voulait allumer un contre-feu au moment où commence à l’Assemblée l’examen du projet de loi “Immigration, intégration et nationalité”, c’est réussi. Il est vrai que le texte sent le soufre puisqu’il est censé graver dans le marbre de la loi les principales dispositions évoquées par Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Grenoble, où à contre-courant de la pratique de ses prédécesseurs, le chef de l’État avait lié immigration et délinquance.

Éric Besson et l’exécutif en général n’ont cure des débats de la représentation nationale. Ce qui les intéresse, c’est d’interpeller directement les citoyens, le bon peuple, à travers les médias. Force est de reconnaître qu’en la matière le team Sarkozy est passé expert avec toujours en tête la stratégie décrite par François Fressoz dans Le Monde à travers la métaphore du chien d’Alcibiade.

Ce n’est donc pas parce qu’on nous sort un chiffon rouge qu’il faut foncer dedans, tête baissée. La saillie d’Éric Besson doit être analysée avec un certain détachement.

Paul Hermant, chroniqueur à la RTBF joue les étonnés. “On vient de s’en apercevoir aujourd’hui : le grand pays qui est situé à côté de là où nous habitons – vous savez bien : un peu plus au sud et dont nous côtoyons le nord – eh bien “ce cher et vieux pays” n’était pas un pays. C’était une usine. C’est le ministre Eric Besson qui a vendu la mèche en s’exprimant aujourd’hui à propos de ces lois sur l’immigration qui sont discutées à l’Assemblée nationale : il entend, a-t-il dit, que son ministère “serve à fabriquer de bons Français”. Se termine ainsi le débat avorté sur l’identité nationale : être Français n’est définitivement pas une identité, c’est une qualité. Et la qualité, ça se fabrique. C’est une marque déposée avec traçabilité, date de péremption et garantie du gouvernement. Après tout une étiquette vaut bien une éthique.“Invité de France Inter (cf vidéos ci-dessous), le ministre sur conseil vraisemblablement de l’Elysée a tenté de calmer le jeu en indiquant qu’il n’avait fait que répondre à une question d’un lecteur du quotidien.

Titillé par Patrick Cohen, le journaliste de la station publique, il a expliqué que sa démarche était exclusivement guidée par le souci de l’intérêt général avec, et c’est là où c’est intéressant, “la volonté de faire revenir dans le giron républicain les électeurs du Front National”.

“Bons Français”. Pour les plus anciens, l’expression renvoie à la France de l’avant-guerre et à la chanson de Maurice Chevalier “Et tout ça, ça fait d’excellents Français, d’excellents soldats qui marchent au pas, en pensant que la République, c’est encore le meilleur régime ici-bas“.

En 1969, les humoristes de l’époque emmenés par Jean Yanne dans les Shadoks raillaient déjà cette recherche des excellents français, se moquant au passage du terme prometteur de français de souche. La vidéo (consultable ici) n’a pas pris une ride. Si le ridicule ne tue pas, il est une arme puissante. A cet égard, Éric Besson dans sa posture et ses propos n’est pas abject. Il est simplement ridicule.

Par Henry Moreigne pour « la Mouette »

29 septembre 2010

Retraites : coût pour l’Unedic de 440 à 530 millions d’euros à l’horizon 2018

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

La réforme des retraites aura un impact net sur les comptes de l’assurance chômage à partir de 2015, qui culminera entre 440 et 530 millions d’euros en 2018, selon des estimations de l’Unedic révélées mardi par La Tribune, dont l’AFP a eu copie.

Les effets du recul de l’âge légal de départ en retraite sur les comptes de l’Unedic, à savoir un surcoût d’indemnisation des chômeurs mais aussi des cotisations supplémentaires, ne seront en effet pas immédiats en raison de l’application progressive du décalage de l’âge.

Pour bâtir ses estimations, deux scénarios ont été testés par l’Unedic pour la période 2010-2018 : l’un à taux d’emploi à 60 ans inchangé et niveau de salaire constant, l’autre avec une augmentation du taux d’emploi d’un point.

Dans le premier cas, le coût de la réforme pour l’assurance chômage pourrait avoisiner un demi-miliard d’euros à l’horizon 2018.

Selon ce scénario, l’impact net pour l’Unedic s’élèverait à 230 millions d’euros en 2015, 480 millions en 2016, avant de se stabiliser à 530 millions d’euros à partir de 2017.

Pour les allocations chômage, le surcoût financier serait « nul pour l’Unedic jusqu’en 2014, estimé à 1,44 milliard d’euros sur la période 2015-2017 (230 millions d’euros en 2015, 480 millions d’euros en 2016, 730 millions d’euros en 2017) et estimé à 730 millions d’euros par an à partir de 2018« , selon la note.

Et pour les cotisations, la recette liée à des cotisations supplémentaires « n’existera pour l’Unedic qu’à partir de 2017 » et est estimée à environ 200 millions d’euros par an à partir de 2017, ajoutent les experts.

Le deuxième scénario serait un peu moins coûteux pour l’assurance chômage. L’impact net du recul de l’âge légal de départ en retraite s’élèverait à 200 millions d’euros en 2015, puis 420 millions d’euros en 2016, avant de se stabiliser à 440 millions d’euros à partir de 2017.

Autrement dit, si le taux d’emploi à 60 ans augmentait d’un point entre 2010 et 2018, le coût de la réforme pour l’Unedic serait réduit à 440 millions d’euros à l’horizon 2018, au lieu de 530 millions dans le premier scénario.

Pour les allocations chômage, ce deuxième scénario prévoit un surcoût financier nul jusqu’en 2014, estimé à 1,27 milliard d’euros sur la période 2015-2017 (200 millions d’euros en 2015, 420 millions d’euros en 2016, 650 millions d’euros en 2017) et à 650 millions d’euros par an à partir de 2018.

Et pour les cotisations, la recette liée à des cotisations supplémentaires, estimée à 210 millions d’euros par an, n’existerait aussi qu’à partir de 2017.

Les estimations des experts de l’Unedic prennent en compte les règles actuelles de l’assurance chômage.

Dépêche AFP

L’or grimpe : un signe sûr de l’arrivée imminente de l’inflation ?

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 6:37

Ces derniers jours, il semblait que les efforts des autorités américaines pour relancer leur économie fonctionnaient. L’or a atteint un sommet après l’autre. Les actions ont grimpé elles aussi.

Que se passe-t-il ? Difficile à dire. Si l’or grimpe, ont raisonné les analystes, ça doit signifier quelque chose. Mais quoi ? L’explication la plus évidente est que l’inflation est en route.

Les conseillers financiers ont donc recommandé à leurs clients d’acheter de l’or. L’économie doit être en voie d’amélioration, ont-ils dit. La récession a pris fin il y a plus d’un an. La reprise n’a pas été aussi vigoureuse qu’on l’aurait souhaité. Mais il doit bien avoir une reprise en cours… et ça doit vouloir dire que l’inflation et l’or vont grimper.

Nous sommes assis dans un avion à l’heure où nous écrivons ces lignes — en route pour Baltimore. Chaque siège comporte un écran de télévision. Il y a quelques années de ça, on pouvait encore échapper à la télé en montant dans un avion. Aujourd’hui, elle est juste devant votre nez…

… ce qui fait partie intégrante de la lente zombification de la civilisation. Il y a sans arrêt de la musique. Dans les voitures. Dans les magasins. Certains en écoutent même pendant qu’ils travaillent. C’est comme d’être en prison… ou dans un futur digne d’Orwell… où l’on diffuse du bruit 24 heures par jour, de sorte que vous n’avez jamais un moment tranquille pour penser.

Il faut compter en plus avec tous les Blackberrys, iPhones, iPads… sans parler des téléphones et ordinateurs portables.

Et la télévision. Quand on entre dans un bar, en plus de la musique, il y a souvent un écran de télévision.

Avec toutes ces sources de distraction, les gens n’ont pas le temps de penser. Qui a le temps de se demander pourquoi le dollar a encore de la valeur ? Qui s’inquiète du fait que toutes les devises papier pourraient finir à la poubelle ? Qui y pense ? Pas beaucoup de monde…

Au lieu de ça, les gens passent leurs journées comme des zombies : ils regardent la télé… ils écoutent la musique de quelqu’un d’autre… ils surfent sur Internet… ils « tchattent »… ils se distraient…

Les passagers de l’avion agissent comme des zombies… regardant d’autres zombies à la télévision… écoutant de la musique… lisant des romans de gare… (more…)

28 septembre 2010

Pourquoi les Français sont devenus une cible en Afrique

Filed under: 09 - Evènement,11 - société — iledere @ 12:30

Pour la première fois, trois marins français ont été enlevés au large du Nigeria, le 22 septembre. Mais selon le quotidien burkinabé Le Pays, l’événement était prévisible. A trop dépouiller les économies africaines, le gouvernement et les multinationales françaises ont fait le lit des organisations terroristes.

Les Français constituent une cible de choix pour les preneurs d’otages qui semblent vouloir en découdre avec Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat français, qui veut se succéder à lui-même en 2012, a des soucis à se faire. Il lui faut remonter la pente dans les sondages alors que ces prises d’otages semblent quelque part tributaires d’une politique chaque jour décriée. Les enlèvements sont fréquents en pleine mer au sud du Nigeria. Mais c’est la première fois que des citoyens français sont pris dans la nasse. Cela défraie la chronique, d’autant qu’on ignore tout de la véritable identité des preneurs d’otages. Les rebelles du delta du MEND [Mouvement de libération du delta du Niger] ou des alliés à eux ?
On sait que le groupe de rebelles nigérians est divisé : sous feu le président Yar’Adua [décédé le 5 mai 2010], une partie avait déposé les armes suite aux négociations ; l’autre attend d’avoir pleine satisfaction. La récente prise d’otages ne constitue pas une bonne publicité pour le président Jonathan Goodluck, en pleine campagne électorale [avant la présidentielle, prévue pour janvier 2011]. En revanche, pour les rebelles du MEND, l’occasion est fort belle : en offrant leur médiation, ils s’invitent à la campagne présidentielle. Sans doute chercheront-ils du même coup à bien monnayer leurs talents de négociateurs, les otages étant précieux.

Après AQMI [Al-Qaida au Maghreb islamique] dont l’audace a sidéré plus d’un, suite au kidnapping intervenu en plein fief français au Sahel [cinq Français, un Malgache et un Togolais, employés d’Areva, ont été enlevés dans la nuit du 15 au 16 septembre à Arlit, au Niger], voilà encore le gouvernement français cloué au pilori. Pourquoi ces rapts de Français ? Des facteurs du contexte en constituent des déterminants majeurs. Par exemple : la montée de la xénophobie en Europe. L’électeur a tendance à accorder ses faveurs aux pouvoirs d’extrême droite, favorisant du coup la montée de l’intolérance à tous les niveaux et faisant des Africains des victimes de choix. Les populations africaines, de tradition si hospitalières, comprennent difficilement pourquoi l’Occident leur ferme les frontières ou leur fait des injustices. De toutes les anciennes puissances coloniales, la France est celle dont l’intrusion est manifeste dans les affaires politiques et économiques du continent. Cette implication se remarque par le soutien à peine voilé à des régimes iniques. Elle en profite pour maintenir des bases militaires et consolider ses chasses-gardées sur le continent. Dans ses anciennes possessions, elle dispose de puissants lobbies qui font la part belle aux multinationales françaises.

Mais si AQMI et autres parviennent à harceler et à narguer une multinationale comme Areva, c’est que le terrain y est propice : ils bénéficient de complicités au sein des populations livrées à elles-mêmes. Le fait est que bien des multinationales occidentales qui opèrent en Afrique sont insensibles au sort des populations. On l’a vu au Nigeria où le MEND a toujours reproché à Shell, la néerlandaise du pétrole, de se préoccuper uniquement de l’exploitation pétrolière au mépris de la préservation de l’environnement et de la santé des populations qui croupissent dans la misère. (more…)

Ou l’on reparle des 35 heures

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,20 - UMP — iledere @ 6:30

Le détricotage, rang par rang de la construction sociale issu du Conseil National de la Résistance, enrichie par la suite des apports gagnés de hautes luttes sur les réactionnaires de tous poils, continue. Après la Santé avec la baisse des remboursements, la fermeture d’hôpitaux et les forfaits divers, après le droit du travail vidé de son sens et les accidentés du travail taxés, après les retraites dont la réforme gouvernementale en cours aura pour conséquences la montée en puissance des retraites par capitalisation, et la paupérisation accélérée des retraités et surtout des mères de famille et des parcours précaires,  revoici  le temps de travail sur la sellette…

Jean-François Copé réclame la fin des 35 heures,
Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, inventeur des niches fiscales les plus coûteuses pour l’Etat, se pose en donneur de leçons. Ce multicumulard avide et ambitieux a déclaré, dimanche 26 septembre, qu’il voulait remettre « sur la table » la question des 35 heures. « Je pense que ce débat doit être mis sur la table« , a-t-il affirmé au micro de Dimanche soir politique (iTélé-Le Monde-France Inter-Dailymotion). « Nous y avons contribué avec la loi qui a été votée au début du quinquennat qui prévoyait de détaxer les heures supplémentaires en charges sociales« , a-t-il poursuivi. « Encore une fois, ça n’a pas de sens de dire travailler plus si l’on ne dit pas en même temps travailler mieux« , a-t-il ajouté. « C’est le débat central autour du travail pour les années qui viennent : c’est la question de la considération des salariés. Comment les associer à la stratégie et à la rémunération de l’entreprise? », s’est-il interrogé.

Pour mémoire, les heures supplémentaires défiscalisées évoquées par Copé étaient une de ses mesures phares. Il s’agissait de tuer les 35 heures sans les supprimer officiellement.
Cette disposition, faisant partie du fameux TEPA, comme le tristement célèbre bouclier fiscal, a permis aux heures supplémentaires de coûter moins cher aux entreprises que les heures normales. Et donc elle incitent les entreprises à y avoir recours plutôt que de créer des postes et de l’emploi. Cette mesure ne favorise que ceux qui ont déjà du travail au détriment de ceux qui n’en n’ont pas….

Pour preuve : en 2008 l’Acoss avait enregistré 727 millions d’heures sup, soit l’équivalent de 466 000 emplois à temps plein. Un sacré succès. Mais cela s’est fait aux dépens de l’emploi si on dit que la moitié de ces heures sup, soit l’équivalent de 233 000 emplois, auraient pu être effectuées par des jeunes qui arrivaient sur le marché de l’emploi ou des chômeurs. En 2008 cela n’était pas trop grave entre le papy boom et la croissance qui était encore là.
Ceci dit entre décembre 2007 et décembre 2008 le nombre des chômeurs inscrits à Pôle emploi avait quand même déjà augmenté de 151 000 personnes. Sans les subventions aux heures supplémentaires on aurait probablement pu éviter cette remontée du chômage.

En 2009, qu’est-ce que ça a donné avec la crise ? Comme on pouvait s’y attendre, le nombre des heures sup déclarées a reculé. Mais pas tant que ça finalement. L’Acoss en a encore enregistré 676 millions soit l’équivalent de 434 000 emplois. Mais cette fois le nombre des inscrits à Pôle emploi s’est accru dans le même temps de 588 000 personnes. Ces heures supplémentaires ont coûté à la protection sociale 2,7 milliards d’euros d’exonérations, à quoi il faut encore rajouter à peu près 1,3 milliards du fait des exonérations d’impôts sur le revenu. Quand on sait qu’un emploi salarié coûte en moyenne 41 000 euros en France, y compris les cotisations sociales, cela veut dire qu’avec ces 4 milliards d’euros l’Etat aurait pu financer entièrement 98 000 emplois supplémentaires.

Un « faux débat »
« Dans notre pays, on parle beaucoup du temps de travail mais c’est un faux débat ! L’Allemagne est plus compétitive que nous alors même qu’elle travaille moins. La compétitivité d’un pays ne se résume pas pas aux nombres d’heures passées au bureau« , analyse Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques de Sciences-Po (OFCE).

« Le vrai problème en France n’est pas le temps de travail mais le taux d’emploi. Il est l’un des plus faibles d’Europe, notamment chez les jeunes et les seniors », explique-t-il. (more…)

27 septembre 2010

Longuet dément avoir payé une maison grâce à une dotation en timbres rares

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Gérard Longuet (AFP)Martin Hirsch accuse le président du groupe UMP au Sénat d’avoir financé en partie l’achat d’une maison avec des dotation en timbres rares reçus en tant que ministre des Postes.

Le président du groupe UMP au Sénat Gérard Longuet dément dans l’édition du JDD de samedi 25 septembre avoir, dans le passé, financé en partie l’achat d’une maison avec des timbres rares reçus en tant que ministre des Postes entre 1986 et 1988, accusation soutenue par Martin Hirsch.
Dans son livre, « Pour en finir avec les conflits d’intérêts », l’ex-Haut commissaire aux solidarités actives Martin Hirsch révèle que pendant des années le président de la République, le Premier ministre, les ministres des Postes et des hauts fonctionnaires recevaient des timbres de collection.

Certains avaient pour habitude de les revendre, se constituant alors de confortables primes.

Sans le nommer, il évoque le cas d’un homme politique dont il avait eu à examiner le cas dans le cadre de ses fonctions au sein de la commission pour la transparence financière de la vie politique.

Démenti
Apparaissait dans son patrimoine « une maison dans le sud de la France », dont l’intéressé expliquait qu’il avait pu la financer « en grande partie » par « la vente de timbres », poursuit M. Hirsch. Interrogé plus avant, il expliquait alors que ces timbres « lui avaient été offerts pendant son mandat » et que les ventes réalisées « se chiffraient à plusieurs centaines de milliers de francs ».

Interrogé par le JDD, Gérard Longuet ne cache pas qu’il s’agit de lui mais oppose un démenti formel à Martin Hirsch, assurant qu' »évidemment cette maison n’a pas été pas été payée en timbres ».
Alors ministre des Postes, il reconnaît avoir bénéficié de la dotation en question et avance que la revente de ces timbres rapportait « l’équivalent de 1.000 euros pas mois ». « Je recevais un chèque mensuel et cette rémunération était une prime déclarée. Mais pour payer ma maison avec cela, il aurait fallu que je sois ministre plus de cinquante ans« .
Contacté par le JDD, Martin Hirsch « maintient l’essentiel de ses écrits« . « Je viens d’adresser une lettre à Gérard Longuet dans laquelle je lui rappelle ce qu’il avait déclaré à la commission« , ajoute-t-il.

(Nouvelobs.com, avec AFP)

«Le Parisien»: le nouveau mirage de Serge Dassault

Filed under: 05 - Presse, média, Internet — iledere @ 6:30

«Vous n’avez rien compris, ce n’est pas l’avenir du Monde qui est important et qui m’intéresse, mais c’est le sort du Parisien!» C’est par ces mots, selon L’Express, que Nicolas Sarkozy aurait balayé en juin les objections des journalistes invités à l’Elysée qui s’inquiétaient de son ingérence dans la recapitalisation du Monde.

Trois mois plus tard, le ministre de la communication, Frédéric Mitterrand, contredisait son patron en indiquant dans un entretien aux Echos que «le possible rachat (du Parisien par Serge Dassault) est un sujet économique, nullement un sujet politique».

En réalité, Serge Dassault n’est que l’un des nombreux investisseurs qui se sont manifestés quand le groupe Amaury a mandaté la banque Rothschild pour vendre la SNC Le Parisien (Le Parisien/Aujourd’hui en France), la SDVP (la société de portage du quotidien en Ile-de-France), l’imprimerie (vieillissante) de Saint-Ouen et la régie publicitaire du Parisien pour 200 millions d’euros.

Le groupe Ebra, qui contrôle la plupart des journaux de l’Est du pays, les fonds d’investissement de Xavier Marin (conseillés par l’ancien patron de TF1 Patrick Le Lay), Axel Springer, éditeur de Bild en Allemagne, Rizzoli, celui du Corriere della Sera en Italie, ou encore Vincent Bolloré (Havas, Direct 8…), ont aussi manifesté leur intérêt avec des offres s’échelonnant entre 50 millions et 120 millions. Mais Dassault est le mieux-disant, qui a fait une offre à 170 millions. Le 17 septembre, les directions sont entrées en pourparlers, mais chez Amaury, on dément que ces négociations soient exclusives – histoire de faire monter les enchères – et on temporise: aucune décision n’aura lieu «avant la Toussaint».

L’argent ne devrait pourtant pas être un problème pour Serge Dassault puisque l’Etat vient de valider l’achat de onze nouveaux Rafale pour 800 millions d’euros. «C’est un mélange des genres habituel dans le sarkozysme, estime Patrick Bloche, secrétaire national du Parti socialiste chargé des médias. Deux grands quotidiens nationaux d’information se trouveraient alors dans les mains d’un seul homme
dont le groupe vit des commandes de l’Etat. C’est un enjeu majeur, à cause de l’impact d’un grand journal populaire comme
Le Parisien sur l’opinion. Nous craignons que la rédaction subisse quotidiennement la pression pour relayer la communication du gouvernement comme le fait Le Figaro, qui publie des sondages payés par l’Elysée, par exemple

Si l’on examine la loi dite Hersant qui réglemente la concentration des titres dans la presse d’information politique et générale, l’opération n’aurait rien d’illégal: un groupe ne peut pas dépasser un seuil de 30% de la diffusion totale (presse régionale et nationale confondue). Or Le Figaro affiche une diffusion totale de 330.000 exemplaires par numéro et La Parisien avec Aujourd’hui en France de 487.000, soit à peine plus de 11% des 7 millions de quotidiens vendus.

Faut-il changer la loi? «En 2009, j’étais rapporteur d’une proposition de loi (rejetée) qui voulait interdire la prise de contrôle d’un média par des entreprises “dont l’activité est significativement assurée par l’exécution de travaux, la prestation de fournitures ou de services pour le compte ou sous le contrôle de l’Etat”, rappelle Patrick Bloche. Il faudrait remettre à plat la législation sur la concentration des médias, notamment grâce à un observatoire indépendant qui mesure l’audience des médias et propose de nouveaux critères pour déterminer les excès», soutient-il. (more…)

26 septembre 2010

Les médecins, les autres déçus du sarkozysme

Filed under: 08 - Santé-Services publics — iledere @ 12:00

Le premier syndicat de médecins libéraux n’a pas invité la ministre de la santé à son rassemblement annuel à Cannes ce week-end.

Confronté au mouvement contre la réforme des retraites, le gouvernement cherche à s’ôter une épine dans le pied avec les médecins libéraux, dont la grogne est perceptible à l’université d’été du plus grand syndicat de cette corporation, traditionnel électorat de droite.
Pour marquer son vif mécontentement, la CSMF, le premier syndicat de médecins libéraux, n’avait pas convié la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, à son rassemblement à Cannes (Alpes-Maritimes) de vendredi à dimanche.
Plus populaire auprès de la profession, Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP et ancien ministre des Affaires sociales, est venu, en ambassadeur de la majorité, défendre les positions gouvernementales et surtout parler d’avenir.
« Les médecins se sont éloignés du gouvernement, oui les médecins n’ont pas voté pour nous aux élections régionales« , a reconnu d’emblée M. Bertrand face à une salle très remontée vendredi soir, en particulier contre certaines mesures de la loi Hôpital Patients Santé Territoires (HPST), que les membres de la CSMF – et au delà – considèrent comme contraires à leur statut.

Certaines de ces mesures, des amendements parlementaires à la loi votée en juillet 2009, font obligation aux praticiens de déclarer leurs absences ou encore contraignent ceux qui exercent dans des zones où les médecins sont nombreux, à aller faire quelques consultations dans des zones sous médicalisées.
Ces amendements ont été suspendus par Mme Bachelot qui a promis de trouver une occasion législative de les supprimer, répétant que « ce que la loi a fait, seule la loi peut le défaire ».
Portant, la loi HPST a été étendue à d’autres domaines. Xavier Bertrand a reconnu qu’elle était « trop large ». Mais au delà de la loi elle même, il a reconnu que Nicolas Sarkozy avait mis l’hôpital au premier rang de sa politique de santé.
« En 2007 Nicolas Sarkozy a le sentiment que c’est l’hôpital qui doit être réformé. C’est pourquoi aujourd’hui il met tant l’accent (aujourd’hui, ndlr) sur la médecine de proximité« , a admis le chef du parti majoritaire.

« Vous avez l’impression qu’on change de fusil d’épaule, que la médecine libérale n’est pas la priorité du gouvernement », a-t-il admis, tout en affirmant que, selon lui, il faut « marcher sur deux jambes« . (more…)

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