Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

2 septembre 2010

Les jeunes pop? Ça fait pshitt

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 6:30

En cette rentrée 2010, marquée du sceau de la rigueur pour la majorité, les Jeunes populaires ont investi le site des Pyramides à Port-Marly (dans les Yvelines, c’est-à-dire la banlieue!), pour un exaltant campus baptisé : «Génération engagée campus 2010». Benjamin Lancar, fringant président réélu avec des scores romains —  pardon, roumains, époque Ceaucescu — justifie le choix du lieu avec beaucoup de bon sens :«Les gens auraient trouvé ça indécent de faire ça dans un truc qui ressemble à un Club Med». Effectivement, l’entrée du site ressemble davantage à un chantier, avec palissades et tout…

Sauf que le reste du lieu rappelle à s’y méprendre le Club Med. Jouxtant l’immense jardin dans lequel se déroule le déjeuner, une piscine avec toboggans et transats qui accueillent quelques « bourgeois » égarés.

Mais pendant que les uns pataugent dans l’eau, les jeunes umpistes, eux, tentent de faire de la politique. A leur façon. Pataugeante aussi.

10h15, dans une salle de conférence prévue pour 1000 personnes, 150 Jeunes populaires, pull noué sur les épaules et mèche flirtant avec le sourcil, attendent Valérie Pécresse. La ministre de l’Enseignement supérieur fait son entrée sur une musique aux accents électro pop (bien sûr). Dans une ambiance décontractée, les quelques militants présents se lèvent et applaudissent leur championne. Versaillaise. Comme eux, est-il besoin de le préciser?
Début du discours, silence dans les rangs. Le nom d’Huchon est jeté en pâture à la foule:« Ici c’est le département de Huchon, pourtant la majorité présidentielle y est arrivée en tête». Deux jeunes, mus par une énergie soudaine, huent le président de la région Ile-de-France, sans grande conviction.

Au fil des minutes, les applaudissements diminuent. Les têtes se baissent et certains sont pris en flagrant délit de sieste matinale. Pécresse, survoltée, cite Clémenceau et, oublieuse, dénonce le PS qui «ne pense qu’aux primaires».

La liste de campagne de Benjamin Lancar répondait au doux nom de «Cap sur 2012», car pour les Jeunes pop, savoir qui sera leur candidat en 2012 c’est essentiel. Une raison d’être. Même s’ils ont déjà une petite idée sur son identité. Jonas Haddad, Responsable des Jeunes pop de la 15e circonscription assume :« On a voulu placer le campus sous le signe du sarkozysme». Un thème qui semble cependant rendre les militants plus nonchalants que dynamiques.

Pendant que les plus assidus suivent les ateliers de formation qui jalonnent la matinée — «Le travail encouragé», «La nation respectée», (et pourquoi pas «L’Oréal nationalisé» pendant qu’on y est?) — , les autres déambulent, flanqués de tee-shirts aux couleurs de leurs régions et de ses responsables politiques. Le clan d’Estrosi arbore des tee-shirts orange et côtoie la «team Gaudin Muselier». La vache, ça c’est du moderne! Autour d’une table, des Jeunes pop de Marseille discutent avec leur mentor le susdit Renaud Muselier. Le nom de Sarkozy n’est pas prononcé, on parle politique locale mais 2012 semble bien loin.

Tous répètent pourtant qu’ils soutiennent leur président. Le virage sécuritaire de ces dernières semaines? «Nécessaire». La perte de leurs adhérents? «Oui mais non, on en perd mais on en gagne». Bref, à les entendre, tout va bien. Pourtant, la matinée s’achève dans une atmosphère morne comme on peut en voir dans les soirées électorales lorsqu’elles se déroulent chez les perdants. Même les plus convaincus de la victoire de leur héros paraissent mal à l’aise. «Ça va être juste en 2012», lâche Xavier, militant dans la Marne et sarkozyste convaincu.

Si la jeune génération n’entend pas cette année encore se transformer en force de proposition, la ritournelle éculée du soutien indéfectible à Sarkozy commence malgré tout à se fissurer. Les jeunes UMP assurent tous voter Sarkozy en 2012, mais la béquille qu’ils représentent se fait flageolante.

Les rangs clairsemés du campus 2010 sont déjà une première preuve du manque d’engouement. Et certains, plus téméraires, admettent avoir été «déçus par la politique sécuritaire». Adrien Riu, militant de Perpignan regrette :«Sarkozy a beaucoup parlé mais il n’a pas agi». Son constat est sans appel :« D’ici 6 mois, les villepinistes feront leur apparition chez les Jeunes pop. Je suis sûr que le FN va récolter les voix de Sarkozy en 2012». Si même les Jeunes populaires craignent pour la réélection de Sarkozy, qui va «changer le monde», comme le proclamaient jeunes et moins jeunes umpistes dans un mémorable lipdub ?
«C’était un peu mou au début», conclut Lionel Tardy, député UMP, qui inaugurait son premier campus Jeunes pop. Au début, au milieu et à la fin aussi.
Interrogé sur la tiédeur ambiante et l’absence d’effervescence, Lancar a assuré : «Ils se sont juste réveillés très tôt ce matin. Honnêtement, la tiédeur vous la verrez ce soir». Joli lapsus en forme d’aveu. En attendant 2012, Sarkozy ferait mieux de rebooster ses petits. De leur faire un signe, comme n’importe quel messie classique. Parce que pour le moment, ils entendent des voix.
Laureline Dupont pour Marianne2.fr

Une réponse à “Les jeunes pop? Ça fait pshitt”

  1. babelouest dit :

    « …Parce que pour le moment, ils entendent des voix. »
    … de garage ?

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