Ronald Mc Halal
La France culinaire a peur. L’hydre islamique a décidé d’étendre son emprise jusque dans nos assiettes, en colonisant intégralement certains restaurants Quick, désormais dédiés à la restauration halal. Faut-il dénoncer comme Eric Zemmour « l’alliance du marché et du minaret », la « mise à mal de notre art de vivre », ou au contraire continuer à se baffrer sans réserve de frites-mayonnaise et de giants dégoulinants, fussent-ils certifiés par la mosquée locale ?
Difficile, tout d’abord, de ne pas être sensible à l’ironie de la situation. Bien qu’étant née au plat pays avant d’être reprise en mains par des capitaux français, l’autre grande chaîne de hamburger-restaurants est avant tout le véhicule d’une culture fast food tout américaine, qu’il était (et reste généralement) de bon ton de fustiger par le terme de malbouffe. Big Mac, Giant et autres Whooper : l’anti-France du goût.
Aujourd’hui pourtant, le débat médiatique s’enflamme autour de la possible invasion de cette institution yankee par le menaçant halal. N’est-ce pas parce que Quick fait finalement un peu partie du patrimoine national ? Premier motif de réjouissance donc, l’identité nationale est moins figée qu’on pourrait le penser, et est capable d’assimiler sans difficulté des cultures d’abord violemment décriées. Les esprits les plus patriotes feront sans doute remarquer que les restaurants Quick, qu’ils soient belges, français ou américains, restent malgré tout dans la culture occidentale, et que ce qui se joue avec leur halalisation est bien plus grave que le démontage de quelques macdo par José Bové ; on serait passé de querelles de clocher sur fond d’altermondialisme, à une transposition pure et simple du choc des civilisations sur notre plateau-repas. La marée verte triomphera-t-elle des potatoes tricolores ?
A part la sempiternelle accusation de communautarisme, le principal argument des opposants aux Quick halal est que le tout-halal, imposé par des contraintes techniques, priverait le client de la possibilité de choisir, et qu’on lui imposerait donc une nourriture à dimension religieuse. Là encore, cette idée révèle la place qu’occupe réellement ou symboliquement la restauration rapide dans notre pays. Le consommateur a toujours un choix : celui de ne pas aller chez Quick. Quick ne détient pas le monopole des hamburgers, et n’est pas non plus un restaurant d’Etat qui constituerait un passage obligé pour tout citoyen (que la Caisse des Dépôts en soit actionnaire est un autre problème).
Les campagnes officielles sur la consommation journalière de fruits et de légumes, ou sur la nécessité de limiter graisses, sucres et sédentarité, nous laisseraient même penser que la République déconseille de fréquenter les fast foods. Pourquoi alors invoquer cet argument d’un choix impossible, d’une privation inacceptable de liberté, culinaire ou de conscience ? Cette position est d’autant plus étrange que la situation, en soi, n’est pas nouvelle. Il existe déjà des restaurants halal ou kasher, et on n’a pas vu que les uns ou les autres intervenaient pour leur imposer d’ajouter à leur carte des plats qui ne soient ni halal, ni kasher. Le développement de cuisines exotiques ou « fusion » a été une forte tendance des 30 dernières années : kebab, sushis et nouilles chinoises ont intégré l’alimentation de base de nombre de Français. Pourquoi l’introduction d’une nourriture indiscernable, si ce n’est par des rites ayant présidé à son élaboration, deviendrait-elle une évolution inacceptable ?
La nourriture halal n’est pas le voile islamique. Non seulement elle ne constitue pas un signe religieux ostentatoire, mais plus important encore, elle ne peut être interprétée comme porteuse de valeurs opposées à la République. Elle n’implique pas une inégalité entre l’homme et la femme. Elle peut, du reste, être diffusée à l’insu de ses consommateurs. Un restaurateur pourrait en servir à ses clients sans qu’ils s’en rendent compte. Est-ce pire que de servir des plats congelés et non préparés en cuisine, sans l’annoncer à la clientèle ? On pourrait même dire que sa valeur religieuse est entièrement relative : elle n’est pas plus spécifique, à la bouche d’un non-musulman, que ne serait un plat béni par le curé du coin au palais d’un non-chrétien. Le problème qu’elle constitue – si problème il y a – est donc plus de l’ordre du symbolique et du fantasmatique que du rationnel.
La France est-elle prête à accepter le caractère profondément mouvant et évolutif de son « identité culturelle », quel que soit le sens que l’on donne à ce concept bien vague ? Ce qui se joue, dans ce refus de voir une chaîne de restauration privée proposer une nouvelle offre pour une nouvelle clientèle, c’est la crispation paradoxale d’un pays qui accueille la population musulmane la plus intégrée d’Europe et qui persiste malgré tout à projeter sur elle toutes sortes de craintes et de préjugés. Ce qui se joue ici, c’est également la conception moderne de la laïcité et de l’intégration. L’intégration ne peut être la simple assimilation d’une « communauté » par une autre ; elle implique toujours un chemin partagé et des évolutions de part et d’autre.
Quick met à sa carte du halal, mais attire ainsi une clientèle qui évitait auparavant cette chaîne de restaurant à la fois bien américaine et tellement française. Les Musulmans qui mangeront chez Quick entreront encore plus de plain-pied dans la communauté culinaire nationale, n’en déplaise à Eric Zemmour. C’est précisément par ce type de banalisation que l’on sortira progressivement des arrière-pensées et des clichés qui finissent, eux, par creuser de vrais fossés.
Par Romain Pigenel pour son blog « Variae »



… sans parler du gavage des oies et canards, largement critiqué par les instances européennes. Certes, pour le consommateur français, le plaisir gustatif justifie toujours et encore la barbarie.
Qu’on ne vienne donc pas donner de leçons d’éthique à qui que ce soit. La France est en tête du palmarès de l’horreur.
Chers amis,
Il n’y a pas d’abattage propre. Si vous ne me croyez pas, essayez donc de chercher des images d’abattoirs sur le web. Quant à la saignée, nombreux sont les Français issus du monde rural qui m’ont dit y avoir assisté quand ils étaient enfants. Je crois même que cela se fait encore.
À mon avis, les Français (catholiques, athées, protestants ou tout ce que vous voulez) sont très mal placés pour parler de bien-être animal quand on sait que le Ministère de la Culture a reconnu la corrida comme faisant partie du patrimoine national (!!!), que l’industrie de la mode ne rechigne pas à utiliser de la fourrure et que nos grandes firmes cosmétiques et pharmaceutiques (vous savez comme moi que les Français consomment des tonnes et des tonnes de ces produits-là) se contre-foutent de tout effort visant à éradiquer la vivisection, l’expérimentation animale.
Le meilleur moyen de refuser l’abattage rituel est encore de cesser de consommer la chair animale.
Cordialement,
R. P.
Quelle mauvaise foi ! où est passée la laïcité ?
Si les médias avaient le courage de montrer à 20h00, dans toute sa longueur , l’agonie insoutenable d’un bovin sacrifié par cette technique barbare médiévale, ça ferai un sacré buzz et nul doute que le parti changerait son fusil d’épaule en cette veille électorale…
Au moins militons pour l’étiquetage afin qu’on puisse choisir : la laïcité c’est aussi ne pas payer pour les superstitions des autres.
Alors que l’Europe envisage l’interdiction du foie gras pour cause de souffrance animale, il y a un tabou en ce qui concerne la souffrance brutale de nos frères animaux pour de simples raisons irrationnelles. Il faut que ça change, mangeons du cochon, au moins ils sont assommés avant d’être égorgés !
Militants de gauche et de la laïcité, battons nous contre les religions !
Et en mettant de côté les considérations politiques liées à la nourriture halal, peut-on un instant s’intéresser aux animaux qui subissent l’abattage rituel musulman ? Je vous rappelle que ce rite consiste à égorger l’animal vivant, sans étourdissement préalable. Selon des études menées par l’INRA, on observe des temps de perte de conscience chez les bovins supérieurs à 2 minutes pour 18% des animaux sacrifiés rituellement, pouvant aller jusqu’à 14 minutes ! Si vous n’êtes pas convaincus, je vous invite à regarder des vidéos de ce procédé : c’est particulièrement insoutenable, les animaux restent à l’agonie, cherchant à respirer ou à se relever tant bien que mal… Je ne suis certainement pas la seule à aimer les animaux et je pense ce rite est absolument incompatible avec le respect de l’animal. Faut-il faire primer la liberté de culte sur la souffrance animale ? Personnellement, je pense qu’aucune religion ne peut justifier une telle cruauté.
alors.. un copain de Sarko fait du halal dans ses resto et le site du front national s’offusque.. tout ça reste dans l’extrême droite et semble fait pour se donner les répliques qui vont bien… et faire sortir du bois les preux laïcs histoire de les emmêler dans le tapis (d’orient^^)…
bref, déjà, si à l’investiture d’un président, on avait pas tous ces religieux qui sont invités, tapis rouge déroulé (encore un tapis !), à l’Elysée avec le droit de faire leur marketing en paradant dans leurs tenues de travail, ça serait un grand pas pour la laïcité !
@laicator.. sauf erreur.. ça ne semble pas être « à leur insu »…
pour le reste, Quick, faut vraiment vraiment avoir très très faim et rien d’autre à manger pour y aller.. et encore plus depuis que j’ai lu sur internet (donc à vérifier) que ça appartient à un copain de Sarko !
Que les non musulmans consomment halal à leur insu et s’acquittent donc de l’impôt islamique versé aux associations islamiques ne vous gênent aucunement.
On est loin de l’époque où la religion était l’opium du peuple.
on pourrait peut-être faire aussi la Bretagne halal, ça ferait moins d’algues vertes après tout !
Bon mais pour les OGM ?… j’ai toujours pas la réponse… à moins que Dieu ait prévu l’édition d’un tome 2 du coran pour nous dire si c’est halal !!!.. ha, celui-là.. il ne manque pas une occasion de faire du commerce !!
Le fait de prononcer, au moment de tuer une bête, des paroles sacrées qui s’inscrivent dans le cadre d’un rite religieux ne pose de problèmes à personne ? Y compris chez les laïcs s’il en reste encore quelques uns au PS ?, s’est interrogé Denis. Est-ce une plaisanterie ?
La laïcité a bon dos lorsqu’il s’agit de soulever « l’alliance du marché et du minaret », comme le dit l’inimitable Eric Zemmour. Non, trêve d’hypocrisie. La question de la laïcité ne vaut pas que pour ce cas là, mais également lorsque le PS dans son intégralité honore de sa présence le » banquet républicain » du CRIF. Là aussi,on peut s’interroger. N’est-ce pas ? De quelle alliance lesieur Zemmour va t-il parler dans ce cas précis ? Soyons sérieux, il faut être conséquent lorsque l’on évoque la laïcité, c’est à dire ne pas l’invoquer de manière orientée. Qu’en pensez vous ? La République a besoin de justice, ce qui lui manque de plus en plus en ces temps de néo-pétainisme.
Ce n’est qu’en étant conséquent dans l’appréciation de tous les faits de société que l’on se sortira du bourbier communautariste dans lequel le petit agité de l’Elysée a plongé la France.
Sinon, pour changer de sujet, lisez l’appréciatuion faite de l’intervention ROYALE de la bien nommée Marie Ségolène, hier, sur France 2. Dire qu’elle a été magistrale n’est pas assez fort.
A Bientôt.
A2N
http://www.alert2neg.com/article-segolene-royal-est-la-veritable-alternative-de-gauche-en-2012-56826051.html
Le fait de prononcer, au moment de tuer une bête, des paroles sacrées qui s’inscrivent dans le cadre d’un rite religieux ne pose de problèmes à personne ? Y compris chez les laïcs s’il en reste encore quelques uns au PS ?
A lire quelques extraits du coran, la description de ce qui est Halal ressemble à s’y méprendre à des recommandations de ce qui pouvait être une haute autorité préhistorique de l’hygiène et de la santé parsemées de quelques fantaisies dont seuls les religieux de tous horizons ont le secret… Il semble, depuis, que certaines chartes plus élaborées et pragmatiques ont interprété le texte initial, du moins sur les processus d’abattage et de traitement de la viande, dommage qu’ils ne se prononcent pas sur la partie « élevage » qui devrait exclure logiquement l’élevage intensif, selon le fait que le stress doit être évité pour l’animal…
Après, si tout ça est conforme aux lois de la république.. pas de quoi se taper la tête contre les murs.. rien de nouveau que religion fricote avec culture américaine….
… mais tout de même !!… Lorsque Sa Haute Clairvoyance, Dieu en l’occurence, a apporter ses conseils techniques (gracieux, je suppose.. ça n’est pas un vulgaire Kouchner !) à l’écriture du coran, il aurait pu daigner s’exprimer sur les OGM, ça nous aurait éviter des débats à n’en plus finir.. enfin ! pour Dieu, être infini par définition, le 21ème siècle, ça n’était pas si loin !… on s’étonne après que ses enfants ne voient pas plus loin que le bout de leur quinquennat !!!