Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

23 septembre 2010

Péchenard : je protège mon fils ? Et alors ?

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Invité au micro de Jean-Pierre Elkabbach, le patron de la police, est revenu sur son intervention suite a l’interpellation de son fiston pour conduite en état d’ivresse et insulte à agent. Le premier flic de France n’a pas fait amende honorable. Pour la droite décomplexée, le privilège indu doit s’assumer haut et fort.

Il y a « un pic de menace incontestable » en matière de terrorisme. Voilà le message qu’était venu délivrer le directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard au micro d’Europe 1. Et le patron de la DGPN de préciser disposer « d’indications sérieuses émanant de renseignement fiables » concernant une menace d’attentat.

Bref, le DGPN est venu faire le service après vente de la nouvelle contre offensive médiatique lancée par le gouvernement à la veille de la grande manifestation de demain, jeudi 23 septembre, point d’orgue de la lutte contre la réforme des retraites. Mais l’interview ne s’est pas limitée aux questions de terrorisme, Frédéric Péchenard est en effet au cœur du dispositif policier, et à ce titre quelques sujets méritaient d’être évoqués. Et ils l’ont été.

« La presse a révélé un incident qui concerne votre fils, un peu rebelle, mineur à l’époque», interroge malicieusement Jean-Pierre Elkabbach. Visiblement, Frédéric Péchenard ne s’attendait pas à cette question. D’ailleurs, cela fait déjà deux minutes sur les dix que va finalement compter l’interview que le journaliste consacre à des sujets polémiques qui impliquent le grand flic. On est loin du sujet du jour, le terrorisme, pour lequel il s’est déplacé : écoutes téléphoniques illégales comme le révèle le Canard enchainé de ce mercredi 22 septembre ; plainte contre X du Monde, suite à l’enquête visant à identifier la taupe gouvernementale qui a fournit les PV d’audition au quotidien (l’affaire David Sénat révélée par Marianne2) ; et enfin l’intervention de Frédéric Péchenard pour éviter que son fiston qui a insulté les flics ne connaisse le même traitement que l’ado de base au commissariat de Montreuil.

Petit moment de sidération…mais il se reprend en trois temps.

D’abord le chef de la maison poulaga se félicite du soutien inconditionnel que lui ont apporté « tous les syndicats » de la police qu’il remercie « particulièrement ». Et il y a de quoi au regard de leurs déclarations. Pour Jean-Claude Delage d’Alliance : Péchenard n’est pas un «homme à vouloir de passe-droit (…) On fait sortir un procès-verbal pour déstabiliser un grand flic». Idem chez Unité police : Nicolas Comte se dit «surpris» que cette «affaire sorte maintenant» et «par la tournure qu’elle prend».

Ensuite, il minore l’infraction « mon fils de 16 ans, il en a 18 aujourd’hui, c’est à dire, il y a pas un an, il y a presque deux ans, se fait arrêter sur un scooteur parce què’il avait un petit peu bu. »

Enfin, il tente de disqualifier les trois journalistes du Parisien qui ont « sorti ce scoop formidable ». Pour lui, leur travail ne visait qu’à lui « nuire ». Et de conclure « ca m’a fait du mal (…) ca ne change rien à l’homme que je suis, ca change rien au policier que je suis, mais le père a été malheureux ». Inouï : le directeur de la police profite de son poste pour exonérer son fils et il se plaint d’être les victime des journalistes !

Générique de fin. Voilà l’explication que fourni l’ami d’enfance du Président propulsé il y a trois ans à la tête de la police. Pas un mot de regret, ni de contrition. Pas une condamnation même mineure de l’attitude de son fils, ni du traitement de faveur dont il a bénéficié. Rien. Frédéric Péchenard ne voit que sa douleur de père. Les auditeurs auront eux entendu trois choses au moins.

Primo : Frédéric Péchenard tire à boulets rouges sur les journalistes. Pour lui, l’affaire impliquant son fils, et surtout son intervention, ne sont relatées que pour lui nuire. Les faits ? Le passe droit évident qu’il s’est à lui-même appliqué, il ne le voit pas. A la limite il ne comprend même pas qu’on l’évoque. La tâche indélébile sur son CV de grand flic qui aurait conduit à la démission n’importe lequel des officiers de police dans les pays nordiques, elle non plus il ne la voit pas.

Secundo : en remerciant tous les syndicats pour leur soutien sur l’affaire concernant son fils, Péchenard montre que la police est une administration en cogestion entre les syndicats et la hiérarchie. Dans quelle organisation humaine trouverait-on ordinaire un tel traitement de faveur ? Est-ce à dire que ce genre de comportements, de privilège est monnaie courante du simple flic au plus haut gradé ?

Tertio : Frédéric Péchenard entre dans le processus classique de protection: se poser en victime. Un argument pas très en vogue pourtant dans le camp sarkozyste. Le père qu’il est, a souffert. Peut-être a-t-il trop écouté Véronique Sanson : Ta Douleur Efface Ta Faute.

Emmanuel Levy pour Marianne2.fr

5 réponses à “Péchenard : je protège mon fils ? Et alors ?”

  1. La main gauche dit :

    @Corto74.. merci de souligner le fait que les pères ne sont pas insensibles et peuvent parfois arranger le coup à leurs progénitures.. toutefois, comme beaucoup, je dépasse parfois le 90 km/h et lorsque le flash me souhaite le bonjour, je paie l’amende, c’est de bonne guerre !
    Péchenard a été flashé, il doit donc passer à la caisse, c’est de bonne guerre !

  2. babelouest dit :

    Ma pauv’Pecnaude, çà aurait donné peut-être bien des jeunes au beurre noir, tuméfiés, humiliés encore plus, et gardés à vue pendant 48 heures ou plus, sans avocat, sans aide et sans avenir.

  3. la pecnaude dit :

    Dans les deux cas, les intéressés étaient BLANCS, GAULOIS quoi, et s’ils avaient été un peu bronzés, basanés ou même simplement avec un nom un peu bizarre … magyar quoi … ou rom… çà aurait donné quoi ?

  4. babelouest dit :

    Corto, ce que je vois, dans les deux cas, ce sont des passe-droits. Injure à agent, c’est un truc qui coûte cher habituellement. Surtout quand elle n’a pas eu lieu. Et c’est cela qui m’inquiète. Des personnes se sont vues emmenées, brutalisées, accusées, jugées malgré des témoignages qui attestaient du non-fondé des accusations ; et d’autres s’en tirent sans dommage quelles que soient les raisons, bonnes ou mauvaises, de leur interpellation.

    A digérer.

  5. corto74 dit :

    je vous trouve bien partiaux avec Pechenard, on peut voir les choses sous un autre angle, non?

    http://corto74.unblog.fr/2010/09/17/selon-que-vous-etes-puissant-folie-passagere-443/

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