Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

30 septembre 2010

Eric Besson, bon petit ministre de l’immigration

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire,20 - UMP — iledere @ 6:30

Sorti par la porte, Éric Besson revient par la fenêtre. Le ministre alimente une nouvelle fois l’hystérie qui entoure le débat sur l’immigration par l’emploi , dans un entretien accordé au Parisien ,  de l’expression très connotée de “bons petits français”. “Si cela vous choque que des étrangers deviennent de “bons petits Français”, moi je trouve que c’est une excellente nouvelle”, “Si mon ministère peut être une machine à fabriquer de bon Français, je serai très heureux.

Droit dans ses bottes, volontairement provocateur, le monsieur immigration du gouvernement tempère à peine son propos en ajoutant “Être des ‘bons Français’, ça ne veut pas dire renier son histoire, ses origines ou sa culture française“.

Si Éric Besson voulait allumer un contre-feu au moment où commence à l’Assemblée l’examen du projet de loi “Immigration, intégration et nationalité”, c’est réussi. Il est vrai que le texte sent le soufre puisqu’il est censé graver dans le marbre de la loi les principales dispositions évoquées par Nicolas Sarkozy dans son fameux discours de Grenoble, où à contre-courant de la pratique de ses prédécesseurs, le chef de l’État avait lié immigration et délinquance.

Éric Besson et l’exécutif en général n’ont cure des débats de la représentation nationale. Ce qui les intéresse, c’est d’interpeller directement les citoyens, le bon peuple, à travers les médias. Force est de reconnaître qu’en la matière le team Sarkozy est passé expert avec toujours en tête la stratégie décrite par François Fressoz dans Le Monde à travers la métaphore du chien d’Alcibiade.

Ce n’est donc pas parce qu’on nous sort un chiffon rouge qu’il faut foncer dedans, tête baissée. La saillie d’Éric Besson doit être analysée avec un certain détachement.

Paul Hermant, chroniqueur à la RTBF joue les étonnés. “On vient de s’en apercevoir aujourd’hui : le grand pays qui est situé à côté de là où nous habitons – vous savez bien : un peu plus au sud et dont nous côtoyons le nord – eh bien “ce cher et vieux pays” n’était pas un pays. C’était une usine. C’est le ministre Eric Besson qui a vendu la mèche en s’exprimant aujourd’hui à propos de ces lois sur l’immigration qui sont discutées à l’Assemblée nationale : il entend, a-t-il dit, que son ministère “serve à fabriquer de bons Français”. Se termine ainsi le débat avorté sur l’identité nationale : être Français n’est définitivement pas une identité, c’est une qualité. Et la qualité, ça se fabrique. C’est une marque déposée avec traçabilité, date de péremption et garantie du gouvernement. Après tout une étiquette vaut bien une éthique.“Invité de France Inter (cf vidéos ci-dessous), le ministre sur conseil vraisemblablement de l’Elysée a tenté de calmer le jeu en indiquant qu’il n’avait fait que répondre à une question d’un lecteur du quotidien.

Titillé par Patrick Cohen, le journaliste de la station publique, il a expliqué que sa démarche était exclusivement guidée par le souci de l’intérêt général avec, et c’est là où c’est intéressant, “la volonté de faire revenir dans le giron républicain les électeurs du Front National”.

“Bons Français”. Pour les plus anciens, l’expression renvoie à la France de l’avant-guerre et à la chanson de Maurice Chevalier “Et tout ça, ça fait d’excellents Français, d’excellents soldats qui marchent au pas, en pensant que la République, c’est encore le meilleur régime ici-bas“.

En 1969, les humoristes de l’époque emmenés par Jean Yanne dans les Shadoks raillaient déjà cette recherche des excellents français, se moquant au passage du terme prometteur de français de souche. La vidéo (consultable ici) n’a pas pris une ride. Si le ridicule ne tue pas, il est une arme puissante. A cet égard, Éric Besson dans sa posture et ses propos n’est pas abject. Il est simplement ridicule.

Par Henry Moreigne pour « la Mouette »

8 réponses à “Eric Besson, bon petit ministre de l’immigration”

  1. babelouest dit :

    Il sortait des poubelles,
    Comme de bien entendu !
    Il guettait les fidèles,
    Comme de bien entendu !
    Il trouait bien leurs ailes,
    Comme de bien entendu !
    Il marchait sur les prétendants tout émus,
    Comme de bien entendu !

    Il cala au carnage,
    Comme de bien entendu !
    Il était tout en nage,
    Comme de bien entendu !
    Il faisait plus qu’son âge,
    Comme de bien entendu !
    Empêtré d’son image,
    Comme de bien entendu,
    Il finit dépité, ne se releva plus,
    Comme de bien entendu !

  2. tueursnet dit :

    Les hommes du Président
    Qui pourrait rompre le pacte des loups, le résilier ou faire comme s’il n’avait jamais existé ? J’en vois trois. Trois prétendants au statut de Judas…
    Jean François Copé, vous ne savez pas qui sait… mais lui… il le sait. Celui-ci, il va falloir lui donner définitivement les clés de l’UMP si on ne veut pas le voir avec le talent qu’il a, briser tous les trophées, effacer tous les tracés, et trahir tous les secrets.
    Copé c’est le Judas dont on ne peut se débarrasser même si on lui offrait tous nos deniers
    Le deuxième est redoutable. Parce qu’il n’a jamais eu froid aux yeux. Des armes et aucune larme. Besson est son nom. Avec lui, les comptes sont toujours bons, ce sont les amis qui sont mauvais. Et si vous l’entendez aujourd’hui, vous serez surpris de découvrir que tout compte fait c’est son amitié qui l’a emporté. Son lien avec le président est sans raison, sans condition et sans fin. C’est le premier Judas pathétique de l’histoire ecclésiastique !
    Il nous reste qui vous savez même si lui… fait mine de l’ignorer… François Fillon… pour ne pas le nommer.
    Le judas politique par excellence. Il vient de rompre le pacte des loups en déclarant qu’il était un palier et non un allié, l’homme d’aucun homme…l’employé d’aucun employeur ! Vous ne l’avez peut-être pas entendu, mais il avait la main tendue… à tous les amateurs de sous-entendus. A bon entendeur salut !
    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20Judas

  3. La main gauche dit :

    .. j’en rajoute pour le fun..

    « ô radieuse apocalypse celle qui verrait, avec une succulence non feinte, le souffle ténu d’une certaine idée se déployer peu à peu en brise légère et vent soutenu que le Christ, jeune homme, ma foi sain de corps et d’esprit saint (mais souvent ceint malgré lui par une certaine oligarchie), de surcroît majeur et vacciné, au sortir d’une très longue et laborieuse adolescence, serait fin prêt et doté de tout ce qu’il faut pour survivre, seul, au sein de notre foisonnante et bigarrée jungle humaine, sans pape ni église et surtout sans leur bienmalveillant parternalisme usurpateur. Sorte de superproduction à la pelle de chrétiens désinhibés qui, pour l’occasion, et en forme d’apothéose, nous entraineraient dans une joyeuse et endiablée partie de jambes en l’air planétaire d’où sortirait, par la virginale conception bien sûr, mais aussi et surtout par la découverte impromptue mais fort probable de racines « cegetistes » de la chrétienneté, l’instauration d’un RMI International à 10 000 euros. (pour être précis, les futurs archéologues parleront plus probablement de racines « cegetistes marseillaises »). »

    Bon, du chrétien au petit déjeuner, ça se tente.

  4. La main gauche dit :

    à Variae… il y a un temps où ça peut finir par se retourner contre eux que d’instrumentaliser quelques chrétiens de façon aussi évidente dans le cadre d’une stratégie globale dont on a de plus en plus de mal à voir ce qu’elle peut avoir de commun avec ces fameuses « racines chrétiennes »… qu’on soit ou non chrétien ou, convaincu ou non de l’existence de ces « racines chrétiennes », ça fini par sembler douteux pour les plus confiants, et foncièrement grotesque pour les autres… et de surcroît risible de par la démultiplication des contorsions oratoires qu’est forcé de s’infliger, de manière quasi sacrificielle, un establishment chrétien corrompu et mis à mal sur bien des thèmes (pédophilie, immigration, sexualité, contraception, etc, etc…).

  5. […] qu’Eric Besson met au cœur de son ministère la transformation des immigrés en bons français , et que les polémiques à répétition sur la […]

  6. babelouest dit :

    tueursnet, les grands responsables sont la plupart des politiciens, mais aussi ceux qui ont voté pour la majorité actuelle, à tort ou à raison. Même les souchiens, souvent, se sentent dans un pays qui n’est pas le leur. Alors, à plus forte raison des jeunes à qui presque personne ne donne de chance de vivre ici, tout simplement. On peut comprendre qu’ils soient désemparés, TF1 et d’autres chaînes ne leur jettent que la haine au visage : comment se sentir chez soi ici dans ces conditions ? La haine est le fond de la politique actuelle, c’est le moteur du chacun pour soi, qui rend tout le monde vulnérable grâce à l’isolement de chacun.

    Tout le monde est responsable de la situation, surtout ceux qui la dénoncent le plus, parce que ce sont eux qui l’ont créée.

  7. tueursnet dit :

    Une déchéance sans échéance …
    Qui a dit que la peur a changé de camp ?
    C’est comme si les enfants d’immigrés voulaient à tout prix nous faire payer les pots cassés du passé décomposé.
    L’un d’entre eux, Malek Boutih parle de contre-culture pour nous signifier que les petits caïds de banlieue n’accepteront jamais la moindre identification. Ils ne se sentent ni immigrés, ni intégrés, ni assimilés… Points de suspension !
    En vérité, ils ne partagent avec nous, pas le moindre sentiment… c’est le ressentiment qui les caractérise ou les stigmatise.
    Déni de culture. Non ! ce serait plutôt la culture du déni : déni de nos valeurs, de nos institutions et de notre mode de fonctionnement. A tort ou à raison
    C’est toujours non… même pour dire oui.
    Est-ce un délit ? Est-ce un crime ?
    De voir des jeunes gens brûler ce qu’ils sont censés adorer ? Et de haïr le sol sur lequel ils sont nés ? Nous y sommes peut-être pour quelque chose ? Un peu… beaucoup… malheureusement.
    Et s’ils ne sont pas contents d’être français, c’est peut-être parce que nous n’avons pas encore trouvé les mots pour leur parler.
    Le seul qu’il faudrait commencer par éliminer : c’est l’identité. Sinon nous ne leur ferons jamais avaler le miel ou le fiel de la citoyenneté.

    http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Balle%20de%20Identite

  8. La main gauche dit :

    Je vois poindre un nouveau complexe, à regarder sortir de l’usine de Besson tous ces nouveaux et rutilants « bons petits Français » dernier cri, et, sauf à faire exprès de devenir étranger pour pouvoir, un jour,immigrer en France, je ne saurais jamais si j’aurais réussi les crash-tests de son usine à fabriquer du bon Français… quelle frustration !

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