Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

31 octobre 2010

Jeux de molex

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 12:52

La gestion d’entreprise est un sport de combat… et à la fin, c’est le plus fort qui gagne. Et le salarié-licencié qui perd. .

La nouvelle a fait le tour de l’hexagone en quelques heures. Molex a interrompu le financement de son plan social (pourtant signé en grande pompe avec le gouvernement), tant que les plaintes aux prud’hommes de 188 des 283 salariés licenciés de l’usine n’étaient pas retirées. Une semaine plus tard, on apprend que l’équipementier automobile américain a réalisé des bénéfices « record » au troisième trimestre : 75 millions de dollars, avec un chiffre d’affaires de près de 900 millions, en hausse de 33%. Curieux, au moment de l’annonce de la fermeture du site, la direction décrivait une situation économique catastrophique : « Tous nos marchés s’effondrent » affirmait Marcus Kerriou, cogérant de la société.

Gouvernement qui rit, gouvernement qui pleure
Du coup, vexé comme un pou et droit comme un piquet (de grève ?), le ministre de l’Industrie Christian Estrosi demande à Renault et PSA de rompre toute relation commerciale avec Molex. Une question : qu’en pense son collègue Eric Woerth ? Deux jours après sa nomination comme secrétaire d’Etat au travail, il acceptait sans sourciller le licenciement « pour motif économique » des représentants du personnel de l’usine Molex… contre l’avis de l’Inspection du Travail ! Une autre question : qu’en pense Eric de Sérigny ? Conseiller de ce même Eric Woerth et consultant d’Athéna, une société de conseil qui aide Molex à… gérer au mieux la liquidation.

« L’intelligence de certains salariés… »
« Compte tenu de ces revenus et profits record, couplés à une organisation plus efficace qui résulte de la restructuration, nous augmentons le dividende de 14,8% » a annoncé le PDG Martin Slark. Virer ses salariés pour mieux rémunérer ses actionnaires, on ne peut pas faire plus clair. Les « patrons voyous » (expression d’Estrosi) dénoncent en outre « l’approche très agressive » de la France. Parole de connaisseur. La DRH Coline Colboc ne déclarait-elle pas, récemment, que sa boiboite était « connue dans le monde entier pour ses bonnes relations avec son personnel« . Sans rire, elle ajoutait même qu’il « y a un décalage entre le professionnalisme avec lequel est gérée la communication, et le niveau intellectuel de certains salariés« .

Moi expliquer toi : actionnaire se remplir les fouilles et toi déguerpir fissa ! Non mais…

par Napakatbra pour « Les mots ont un sens »)

Choisis ton camp, camarade!

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,07 - Justice,13 - PS — iledere @ 6:30

EnthousiasmeLe gouvernement en glousse de joie : la mobilisation s’essouffle… Certes ils n’en sont pas à parler de victoire alors que l’immense majorité du pays garde un tenace sentiment de rancune. Mais les portes flingues de Sarkozy ne peuvent s’empêcher de pérorer de façon indécente selon leur triste habitude de roquets asservis. Pour éviter la déprime on pourra dire qu’on s’est bien battu. Enfin ceux qui se sont battus… Et du coup je me prends à relire un texte d’Agnes Maillard que j’ai eu envie de vous faire partager…

Humm, que j’aime le claquement des banderoles dans le petit matin frais!

Inlassablement, ils repartent au combat. Tous les 15 jours. Puis toutes les semaines. Et puis même le week-end. Ils y vont. Malgré tout. À cause de tout. Déterminés. Joyeux. Féroces. Ils sont là.

Bien sûr, il y a les abonnés du pavé. Comme une grande confrérie. Manif après manif, ils se retrouvent toujours, immanquablement, comme guidés par un tropisme atavique. Ce sont les vieux gauchos, les soixante-huitards fatigués, le poil blanchi sous le harnais de la lutte permanente et continue contre l’ordre qui broie, qui ronge, qui reprend, patiemment, miette par miette, tout ce que les anciens avaient gagné au terme de bras de fer immenses et acharnés. Je me souviens de quelques soirées électorales où on s’est retrouvés à cinq autour d’une table, dans la pénombre d’une salle municipale déserte. Et de quelques marches désabusées, à filer droit, quelque pelés bravant un ciel qui fait aussi la gueule. Les vétérans de la lutte. Les poilus du refus. Les militants de toujours, qui se traîneront avec leur perf’ de chimio s’il le faut, on s’en fout, il faut y être et c’est tout! Toujours dans le mauvais camp. Celui de ceux qui ne sont pas au pouvoir. Le camp du peuple. De la populace qui ennuie et qui effraie, aussi, ceux qui sont censés la gouverner.

Bien sûr, il y a les jeunes. Avec leur enthousiasme gigantesque. Leur esprit de contradiction. Leur envie d’en découdre. Leur envie d’exister, d’être entendus, de compter comme des citoyens à part entière. Pas toujours très au fait des subtilités de la pensée politique, mais souvent bien plus lucides, bien plus pertinents que ne le pensent généralement les vieux cons. Ils ne lâchent rien. Jamais. Ils restent toujours au milieu de la place bien après que les vieux militants se soient prestement dispersés pour retourner à une vie normale. Ils aiment plus que tout prolonger le chaos, le faire durer. Ils ne cherchent pas à être là où ça bouge, ils font bouger la foule, la font danser, la font crier. Ils ont la vie devant eux et pas l’intention de la laisser filer. Ils sont notre avenir et ils ne peuvent pas fuir. (more…)

30 octobre 2010

L’Union européenne pérennise le Fonds européen de stabilisation financière

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:00

20101028 Sommet 10Comme toujours, le compromis trouvé par Berlin et Paris a finalement été endossé par leurs partenaires européens. A l’issue du sommet qui a débuté hier soir et s’est achevé à midi aujourd’hui, les Vingt-sept ont accepté de rouvrir le traité de Lisbonne, comme le proposait le compromis franco-allemand de Deauville du 18 octobre, afin de pérenniser le Fonds européen de stabilisation financière (FESF) et de prévoir une procédure ordonnée de restructuration des dettes publiques des États de la zone euro.

De même, ils ont acté l’abandon du caractère automatique des sanctions en cas de dépassement du plafond de 3 % du PIB de déficit public. En revanche, l’introduction d’une nouvelle sanction, la suspension des droits de vote au Conseil des ministres d’un État représentant une « menace permanente pour la stabilité de la zone euro » » a peu de chance de se réaliser. Retour sur une séquence qui s’est ouverte le 19 mai dernier.

Pourquoi faut-il réformer la gouvernance de la zone euro ?
Il s’agit de tirer les leçons de la crise de la dette souveraine (l’un des aspects de la crise bancaire qui a débuté en 2007) qui a ébranlé la zone euro au premier semestre 2010 et qui n’est toujours pas terminée. Comme prix de son soutien à la Grèce, puis à la création, le 10 mai, du Fonds européen de stabilisation financière (FESF ou EFSF en anglais) doté de 450 milliards d’euros, l’Allemagne a exigé, le 19 mai, un renforcement du Pacte de stabilité, c’est-à-dire de la discipline budgétaire au sein de la zone euro, pour éviter de nouvelles crises. Parmi les idées avancées : des sanctions automatiques en cas de dépassement du plafond de 3 % du PIB, un élargissement de la palette des sanctions à la suspension du droit de vote au Conseil des ministres de l’État contrevenant, une surveillance accrue des grands équilibres économiques, une procédure de faillite organisée des États trop endettés avec, en contrepartie, une pérennisation du FEFS dont la durée de vie est pour l’instant limitée à trois ans.

Que proposent Berlin et Paris ?
Pour Paris, les sanctions automatiques sont inacceptables, le dernier mot devant toujours  revenir au pouvoir politique. Les deux rives du Rhin ont donc convenu d’un moyen terme, fort proche du rapport du groupe de travail présidé par Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen : les sanctions seront imposées en deux temps. Le Conseil des ministres des Finances, sur proposition de la Commission, décidera à la majorité qualifiée qu’un État n’a pas pris dans un délai de six mois « les mesures correctrices nécessaires » pour rentrer dans les clous du Pacte. Ensuite, les sanctions s’appliqueront « automatiquement » sauf si une majorité qualifiée d’États vote contre. (more…)

DSK : la piste européenne

Filed under: 13 - PS — iledere @ 8:59

 Viendra, viendra pas ? DSK entretient, avec succès, le suspense sur ses intentions au regard des présidentielles de 2012. Tout et son contraire s’étale dans la presse mais depuis quelques jours les choses semblent s’emballer.

Le très bien informé Jean Quatremer, journaliste à Libération évoque sur son blog “Coulisses de Bruxelles“, la piste de la présidence de la Banque centrale européenne. Ce scénario ourdi par l’Elysée aurait l’avantage d’écarter un  concurrent potentiel, favori des sondages.

Il y a presque un an, le 8 décembre 2009, Nicolas Sarkozy jouait encore les cadors et s’autoproclamait comme le DRH suffisamment malin du PS,  pour avoir envoyé l’encombrant DSK à Washington (cf vidéo 1). Oui mais voilà, la dégradation de la situation intérieure française est telle que la possibilité de battre le président de la république sortant aiguise bien des appétits, dont celui du directeur du FMI.

Partant du principe qu’il vaut mieux éloigner ceux qu’on n’est pas assuré de battre, les stratèges de l’Elysée souhaiteraient faire d’une pierre deux coups si ce n’est un billard à trois bandes. Tout d’abord remplacer Jean-Claude Trichet à la présidence de la Banque centrale européenne par un autre français, favorable à Paris, au nez et à la barbe du candidat allemand, actuel président de la Bundesbank. Mais également profiter de ce jeu de chaises musicales pour recaser “ailleurs”, en l’occurrence Francfort, le chouchou des sondages auréolé de son action au FMI.

Même si la prudence est de mise, à 18 mois des présidentielles, DSK est donné largement gagnant face à Nicolas Sarkozy. Alléchés par une victoire qu’ils sentent à portée de main, les socialistes et la gauche dans son ensemble, malgré leurs divisions et réticences, n’auront d’autre choix dans l’antisarkozysme ambiant que de se ranger derrière le candidat, quel qu’il soit, désigné par le PS à l’issue de ses primaires. (more…)

29 octobre 2010

George Soros pour la légalisation de la marijuana

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 12:30

«Nos lois sur la marijuana nous font plus de mal que de bien.» Dès la première phrase, George Soros donne le ton de son article, publié sur le Wall Street Journal: une défense argumentée de la légalisation de la marijuana.

En commençant par les méfaits de son interdiction. Pour le financier américain, non seulement «la criminalisation de la marijuana ne lui a pas empêché de devenir la substance illicite la plus répandue aux Etats-Unis et dans beaucoup d’autres pays, mais elle s’est traduite par des coûts considérables et des conséquences négatives».

Pour le milliardaire américain, les principaux bénéficiaires de la criminalisation de la marijuana sont les organisations criminelles. Légaliser et taxer la marijuana les priverait de cet argent, réduirait le crime, la violence et la corruption, et en même temps permettrait d’économiser les millions de dollars dépensés en coûts d’emprisonnement consécutif à l’application de la loi.

Pour George Soros, il faut aussi prendre en compte les discriminations ethniques: les Afro-Américains sont ainsi dans certains lieux 10 fois plus susceptibles de se faire arrêter pour possession de marijuana, alors qu’ils n’en consomment pas plus que les autres Américains. D’ailleurs, pour le président de la Soros Fund Management, les discriminations sont à l’origine même de la criminalisation de la marijuana. Quand Californie et les autres Etats des Etats-Unis ont décidé de rendre la marijuana illégale, ce n’était pas pour des raisons scientifiques ou de santé publique, mais en raison des préjudices envers les immigrés mexicains, connus pour fumer de l’herbe.

Et si les Etats-Unis écoutaient l’appel de George Soros? Dans l’hypothèse d’une légalisation avec les élections de mi-mandat, Newsweek a demandé à des agences de pub d’imaginer les campagnes marketing pour la marijuana. Paquets psychédeliques et beurre de cannabis sont consultables ici.

Quand the Gardian applaudit les grévistes français

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:20

Quand the Gardian applaudit les grévistes français«Les Français se battent pour l’avenir de l’Europe». L’encouragement est d’un américain. Economiste, chroniqueur régulier du New-York Times et du Guardian, Mark Weisbrot a pris la plume pour écrire dans le Guardian tout le bien qu’il pensait de la mobilisation contre la réforme des retraites.

« Des manifestations qui ternissent l’image de la France à l’étranger » ou encore  « à l’heure de la mondialisation, il faut savoir s’adapter ». Les rengaines sont connues, elles occupent les journaux et pleuvent sur les plateaux télés, pseudo-lieux de débats, comme autant d’évidences indiscutables.

Quand l’élite a rendu son verdict, les paroles dissidentes sont ignorées (cf le référendum européen de 2005…). Même celles parues, c’est pour le moins inattendu, dans les journaux les plus lointains et les plus prestigieux. Ainsi de Mark Weisbrot, co-directeur du Center for Economic Policy Research, chroniqueur régulier du New-York Times et du Guardian.

La semaine dernière, dans le Guardian, l’économiste lançait un appel aux Français à ne pas céder : « Les manifestants français ont raison : il n’est pas nécessaire de repousser l’âge de départ à la retraite ». Il critique l’argument selon lequel « comme l’espérance de vie augmente, il faut absolument travailler plus longtemps. L’âge de départ à la retraite a été déplacé pour la dernière fois en 1983. Depuis, le PIB par habitant a augmenté de 45 %. L’augmentation de la durée de vie est très limitée en comparaison », estime Mark Weisbrot.
« L’augmentation du revenu national a été largement suffisante pour compenser les changements démographiques. Une nouvelle fois, la plupart des médias pense que les Français sont irréalistes et qu’ils devraient accepter ce programme comme les autres peuples. L’espérance de vie augmente. Nous devons donc travailler plus longtemps argumentent-ils. Ce point de vue est partiel. C’est un peu comme si l’on ne donnait que la moitié d’un résultat de baseball (ou de football, si vous préférez). Il est important de comprendre que la productivité et le PIB auront eux aussi augmenté en même temps et qu’il est donc en effet possible pour les Français de choisir de passer plus de temps à la retraite et de financer ce choix de société ».

Des Français en lutte pour l’avenir de l’Europe
Pour Mark Weisbrot, le refus d’augmenter l’âge de la retraite relève uniquement « d’un choix social » : « si les Français veulent conserver le même âge de départ, il y a beaucoup de manières de financer le coût des retraites. Une d’entre elles serait une taxe sur les transactions financières », écrit le chercheur. (more…)

28 octobre 2010

Le plan de Tim Geithner pour dévaluer le dollar et diminuer le déficit américain

Filed under: 03 - Economie — iledere @ 12:30

Ce week-end, le secrétaire au Trésor US, Tim Geithner, a proposé aux ministres des finances du monde entier de limiter leurs excédents budgétaires à un pourcentage fixe du PIB.

Comment est-ce que ça fonctionnerait ? Pourquoi faire une chose pareille ?
A quoi est-ce que ça servirait ?
Oh, nous avions la ferme intention de répondre à ces questions. Et puis nous nous sommes dit : « pourquoi se donner tant de mal ? »
Tout ça n’est qu’un fantasme. Une hallucination. Et une escroquerie. Cela ne mérite pas une discussion sérieuse.
Geithner est le secrétaire au Trésor de la plus grande économie au monde. Il n’y a aucune preuve — absolument aucune — qu’il ait jamais réellement compris ce qui se passe. Ou s’il a compris, il ne s’est en tout cas jamais donné la peine de dire quoi que ce soit…

… au sujet de la crise du crédit… du désendettement… de la menace d’un excès de dette… et de tout ce qui s’est passé sur les trois dernières années.
Au lieu de ça, il n’a fait que réagir à cette crise à mesure qu’elle se développait — et toujours de la même manière : en tentant d’éviter tout grand changement ou perte pour les gens qui les méritent pourtant le plus. Bien entendu, les marchés signalaient clairement un besoin majeur de changement de direction. Les sociétés financières les plus grandes, et autrefois les plus profitables, des Etats-Unis étaient confrontées à la faillite… et des millions et des millions d’individus avaient de gros problèmes…

… mais Geithner ne comprenait rien à tout ça.
▪ Pourtant, c’est lui qui suggère désormais de nouvelles règles gigantesques que le monde entier devrait suivre. Des pays mettant une limite à leurs surplus ? C’est comme si un individu devait mettre une limite à la somme qu’il épargne.

A quoi est-ce que ça servirait ? Les épargnants seraient forcés de dépenser… ce qui est censé réduire la valeur de la devise qu’ils dépensent (en augmentant le côté « demande » de l’équation). Quelle devise dépenseront-ils ? Facile, celle qu’ils épargnent — des dollars !

Oh, ce Tim Geithner ! Quel petit malin. Limitez l’épargne et vous forcez les gens à dépenser des dollars… faisant baisser la valeur du billet vert, diminuant ainsi simultanément la valeur réelle de la dette extérieure américaine… et rendant les produits et services US plus attractifs aux yeux des acheteurs étrangers.

Eh bien, nous tirons notre chapeau à M. Geithner. Il a réussi à élaborer un plan impossible, qu’aucun pays étranger ne mettra sérieusement en place. En fait, c’est un plan insensé. Forcer les gens à dépenser de l’argent ? Vous plaisantez ? En fait, ça ne fait que montrer à quel point il ne comprend rien. Une vraie économie ne peut être commandée ou organisée avec des sabots aussi gros. Contrôles de prix, planification centrale, gestion gouvernementale des entreprises et des investissements — tout ça finit toujours par échouer.

Enfin… au moins, il essaie, n’est-ce pas ? On peut au moins lui reconnaître ça… à ce benêt.

par Bill Bonner pour « la chronique Agora »

Emploi des jeunes, espérance de vie… Quatre idées reçues sur la réforme des retraites

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:28

Qu’il s’agisse de soutenir la réforme des retraites ou de la dénoncer, l’argumentaire des acteurs politiques ou syndicaux est plutôt rodé. Et construit sur des assertions présentées comme autant d’”évidences” frappées au coin du bon sens. Pourtant, à y regarder de plus près, la plupart sont discutables. En voici quatre :

“Aujourd’hui on vit plus longtemps. Il est normal, il est naturel, il est logique de prolonger le temps au travail” (Eric Woerth, 9/09)

Vrai et fauxC’est l’argument-massue du gouvernement et des soutiens à la réforme : l’espérance de vie a augmenté, il faut donc travailler plus longtemps. Même le Parti socialiste admet ce fait comme une évidence. Les choses sont pourtant plus complexes.

Effectivement, l’espérance de vie a augmenté entre 1980 et aujourd’hui, au rythme moyen de 2 à 3 mois par an. Mais rien ne garantit que ce phénomène va continuer irrémédiablement. L’espérance de vie est calculée à la naissance, en partant du principe que les conditions (environnementales, sociales, sanitaires…) seront identiques tout au long de la vie. Or un certain nombre de celles-ci (environnement notamment) se dégradent et seront moins bonnes demain qu’aujourd’hui.

La hausse continue de l’espérance de vie n’est pas un fait établi. Elle a ainsi reculé en Russie et stagne aux Etats-Unis (voire recule pour les plus pauvres), du fait d’un système de santé défaillant par exemple. En France, l’Insee a observé une hausse des décès de femmes en 2009. Dans une tribune parue dans Le Monde, trois chercheurs de l’Institut national d’études démographiques notaient fin septembre que “les prédictions de l’Insee, pour qui l’espérance de vie va continuer à croître au moins jusqu’en 2050, reposent sur des données fondées sur l’impact du recul des maladies infectieuses, sans prendre en compte la réalité actuelle des maladies chroniques”, comme l’obésité.

De plus, l’espérance de vie n’est pas l’espérance de vie en bonne santé, qui évolue peu, puisqu’elle n’a augmenté que de trois ans depuis quinze ans et se situe autour de 63 ans, avec d’énormes disparités en fonction de la profession et du niveau de vie.

En fait, le problème de financement résulte plus d’une question de pyramide des âges, comme le note le Conseil d’orientation des retraites : en 1980, on comptait trois actifs pour un retraité ; en 2010, nous sommes à 1,8 actif pour un retraité. En 2050, on devrait être à 1,2 actif pour un retraité. Mais “actif” ne veut pas dire employé. Car en dernier ressort, c’est bien la question de l’emploi et de la croissance qui régleront ou non le déficit des caisses de retraites, ce même en augmentant l’âge légal.

“Garantir aux Français qu’eux-mêmes et leurs enfants pourront compter sur leur retraite et que le niveau des pensions sera maintenu” (Nicolas Sarkozy, 20/10)

Plutôt fauxLa réforme sauve-t-elle un système en péril ? Pas vraiment. Le besoin de financement des régimes de retraites est d’une trentaine de milliards d’euros par an en 2010, un chiffre qui devrait monter à 70 à 115 milliards d’ici à 2050, selon le rapport du Conseil d’orientation des retraites, dont les hypothèses elles-mêmes sont déjà sujettes à caution. Le constat est cependant unanime : les recettes manquent, d’autant plus avec la crise et la hausse du chômage, qui ont fait grimper encore le déficit. La France doit financer une retraite sur dix par l’emprunt, à hauteur de trois milliards chaque année, et le déficit cumulé atteint déjà 32 milliards.

Or la réforme n’assure que la moitié environ des besoins de financements, avec environ 27 milliards supplémentaires en 2018 (dont 18 milliards proviennent de l’allongement de la durée de cotisation), où le déficit du système devrait atteindre les 42,3 milliards. Le reste proviendra essentiellement de la liquidation des 32 milliards du fonds de réserve des retraites initialement prévu pour financer les départs en retraite entre 2020 et 2040.

Encore ce niveau de recettes reste-t-il optimiste. Comme le souligne le Conseil d’orientation des retraites de façon relativement catégorique, les incertitudes règnent sur l’équilibre du système car il dépend essentiellement de la conjoncture : quel taux de croissance, combien de chômeurs ? Les hypothèses retenues sont optimistes. La réforme postule ainsi que d’ici à 2020, la France bénéficiera d’un chômage à 5 % (deux fois moins qu’à l’heure actuelle, et un niveau jamais atteint depuis la fin des années 1970) et d’une croissance moyenne de 2,8% par an, là encore du jamais vu en 30 ans. (more…)

27 octobre 2010

Alerte ! Alerte !.. La Mélenchonisation débarque !

Filed under: 13 - PS,humour — iledere @ 12:00

C’est en s’appuyant sur des faits incontestables que l’alerte fût lancée par le visionnaire Manuel, après lecture d’un sondage sorti d’un éditorial bien sous tous rapports, le figarkosy, auquel 1000 personnes interrogées au cours du dernier gala de charité organisé par Madame Bettencourt pour les trésoriers pauvres de Neuilly sur Seine ont répondu que :

85% des électeurs de gauche s’impatientaient de ne pouvoir remplir le réservoir de leur 4X4
85% des électeurs de gauches ont un poster de Pujadas dans leur chambre
15% n’ont pu répondre pour cause d’abus de Don Pérignon énergisant

Il était donc temps de prévenir de toute urgence la population du risque de dérapage vers une gauche d’un autre âge qui n’intéresse plus personne.
Ledit Manuel porte d’ailleurs à son crédit qu’aucune voix aucune ne s’est élevée, à gauche, pour dénoncer une Vallsisation des esprits, signe d’une haute pertinence de l’orientation de sa pensée qui évacue d’un seul coup d’un seul toute rationalité à un improbable imbécile qui, juste pour se faire mousser, oserait encore se risquer à une critique.
D’ailleurs, concernant la  « Vallsisation des esprits », tous les mathématiciens du parti confirment, en effet, que la probabilité de la réalisation d’un tel événement est proche du zéro absolu, autant dire que le prince Jean a plus de chance réussir sa licence en droit.

Mais, n’est-il pas trot tard pour alerter en retour ce cher Manuel que derrière la Mélenchonisation, un danger bien plus grand nous guette, avec la Généreuxisation des esprits, dont le dernier écrit satanique, « la grande régression », est à proscrire de toute librairie qui oeuvre pour le bien de tous en diffusant la Neuilly sur Saine culture..

Attention, le contenu du lien suivant peut manipuler certains esprits sensibles au point qu’il leur est conseiller d’éviter de prendre leur 4×4 juste après la lecture au cas où la route comporterait quelques malencontreux mais incontournables virages à gauche.

http://jacquesgenereux.fr/

D’ici que l’Xtraême gôache fasse un peu oeuvre d’émulation pour toute la gauche il n’y a qu’un pas qui va nous faire regretter le temps des facteurs révolutionnaires ne s’adressant qu’à un public soigneusement élevé au grain de l’anti-…
Enfin, le sieur Manuel va sans doute et fort heureusement se lancer dans la contre-attaque en se jetant sur sa plume pour nous écrire « la grande progression » dont tout le monde a bien évidemment ressenti les effets ici ou ailleurs, du flash ball de proximité aux salariés de pôle emploi qui pourront radier jusqu’à 67 ans, pour sûr qu’il y a de quoi faire un bon bouquin qui va faire rêver à gauche.

Il ne lui reste plus qu’à créer son nouveau parti lorsqu’il en aura fini d’hésiter sur le nom entre « nouveau parti de groite » et « nouveau parti de drauche ».

Par « La Main Gauche » pour le Blog de la section socialiste de l’île de Ré

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