Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

17 octobre 2010

Guillaume Sarkozy veut faire main basse sur l’argent des retraites complémentaires

Filed under: 10 - Chronique de la haine ordinaire — iledere @ 6:30

Ça aide bien, dans la vie, d’avoir un frère chef de l’Etat du genre de Nicolas Sarkozy ! « Il ne s’agit pas que d’une coïncidence. Mais bien plutôt d’une stratégie concertée en famille : l’un assèche les régimes par répartition tandis que l’autre pose les fondements du système par capitalisation », écrit Médiapart : Guillaume Sarkozy, patron de Malakoff Médéric, est en train de monter, avec la complicité de l’Elysée, un fonds de pension à la française !

Lors de l’émission de France 2 consacrée aux retraites, face à une Arlette Chabot offusquée, Ségolène Royal avait déclaré, citation que nous reprenions dans notre long article de décryptage du programme :

« Je ne veux pas que les salariés aient à la fois subi la financiarisation de l’économie, les dégâts de l’économie financière et aillent alimenter par leurs cotisations des fonds de pension qui, demain, vont peut-être faire faillite, qui vont à nouveau se balader au niveau de la planète des prédateurs pour racheter des entreprises, délocaliser etc. Ils seront deux fois victimes : victimes de la crise économique, victimes de l’incapacité des gouvernants à sauver la Sécurité sociale et victimes des banques, des assurances privées et des fonds de pension qui attendent, tapis dans l’ombre, de mettre la main sur ce pactole… et c’est bien pour ça que le Medef ne dit rien, parce que ces entreprises-là, elles sont au Medef, et le Medef se tait aujourd’hui et se cache parce que la réforme de François Fillon, c’est la réforme du Medef. »

La présidente de Poitou-Charentes avait raison, comme l’analysait quelques jours plus tard sur sa page Facebook Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques, commentant un article des Echos titré Retraite : la réforme va faire évoluer en profondeur l’épargne privée : « Loin de sauver la retraite par répartition, la réforme du gouvernement contient de nombreux articles destinés à doper l’épargne retraite malgré les catastrophes qu’on a constaté en 2009, comme déjà en 2001, dans tous les pays qui avaient fondé leurs systèmes de retraite en priorité sur l’épargne individuelle. Mais en France comme ailleurs le lobby de la finance a les poches profondes et le bras long… »

Prenant cette fois appui sur un article de Juritravail, Levé de rideau sur les trois volets de la réforme de l’épargne retraite, il insistait à nouveau le lendemain : « Ce n’est pas l’aspect le plus médiatisé de la contre-réforme des retraites mais les mesures en faveur de fonds de pension à la française qu’elle contient sont d’une grande portée, malgré le désastre qui frappe actuellement les systèmes de retraites de ce type partout dans le monde du fait de la crise… » Eh bien figurez-vous qu’un tel « fonds de pension à la française » est en voie de création, avec aux manettes… Guillaume Sarkozy !

« Selon Mediapart, le frère du président vise le pactole du marché de la retraite complémentaire privée. Et prépare pour cela une alliance avec des acteurs semi-publics », annonce en effet cet après-midi le Nouvel Observateur. Pour le site d’information créé par Edwy Plenel, la contre-réforme des retraites « va conduire à l’asphyxie financière des grands régimes par répartition » et sera donc « propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France, à quelques rares exceptions près ».

Et parmi eux donc, le groupe Malakoff Médéric, dont Guillaume Sarkozy est le Délégué général. Explication de Mediapart : « Il ne s’agit pas que d’une coïncidence. Mais bien plutôt d’une stratégie concertée en famille : l’un assèche les régimes par répartition tandis que l’autre pose les fondements du système par capitalisation. Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l’occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l’Etat, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile. Cette société n’aurait jamais vu le jour sans l’appui de l’Elysée. »

L’Obs précise l’accusation : « En effet, la Caisse des dépôts et consignations est une institution publique présidée par un parlementaire. Pour sa part, la Caisse nationale de prévoyance (CNP) est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque postale et du groupe Caisses d’Epargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée. » Tiens revoilà Pérol, l’homme scandaleusement blanchi de l’accusation de prise illégale d’intérêt par Jean-Claude Marin, procureur de Paris. La Sarkozie est un petit monde…

Mais poursuivons avec Mediapart : « Pourquoi la CDC se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation ? Et pourquoi, de surcroît, le faire avec une entreprise dont le patron est le frère du chef de l’Etat ? »
Notre proposition de réponse : parce qu’ « Ensemble, tout devient possible » !
Avec les retraites de misère qui seront servies aux millions de Français « coupables » de ne pas disposer de toutes leurs annuités, le marché de la retraite complémentaire devrait représenter entre 40 et 100 millions d’euros : « en fonction de l’aspect final de la réforme, précise L’Obs, les Français connaîtront une baisse plus ou moins considérable du taux de remplacement, c’est-à-dire du montant de la pension rapporté au salaire, et donc se précipiteront sur les systèmes de retraite complémentaire.
Mediapart publie notamment un « business plan » confidentiel, qui fixe pour objectif une part de marché de 17% d’ici dix ans. » Comme disait Don Corleone, la famille, c’est sacré !

Par Olivier Bonnet pour « plume de Presse » le blog sabre au clair d’un journaliste engagé

L’illustration parodiant l’affiche du Parrain pour le présenter sous les traits de Nicolas Sarkozy provient de L’indépendant.

4 réponses à “Guillaume Sarkozy veut faire main basse sur l’argent des retraites complémentaires”

  1. BA dit :

    Dimanche 17 octobre 2010 :

    Seules 200 stations-service sur 13.000 étaient « gênées » en France, a affirmé le secrétaire d’Etat aux Transports Dominique Bussereau sur Europe 1.

    http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j29ijdvNScFqHll4Rm1KgmqyO-tw?docId=CNG.2af5526021d4fb9e8c9306f1ce8b643b.461

    Seulement 200 stations-service en rupture de stock ?

    La France compte 100 départements, donc il n’y aurait que 2 stations-service en rupture de stock dans chaque département ?

    Seulement 2 stations-service en rupture de stock dans chaque département ?

    Foutaises !

    Ce chiffre est scandaleusement sous-estimé.

    Ce chiffre, c’est de l’intox.

    Dominique Bussereau ment presque autant qu’Eric Woerth.

    Ce gouvernement est un club de menteurs.

  2. BA dit :

    Quand les Français ne se déplaçaient même pas pour aller voter, on disait :

    « Les Français ont voté avec leurs pieds ! »

    Aujourd’hui, comme hier, beaucoup de Français ont compris que pour bloquer le pays, il fallait suivre la consigne des travailleurs CGT de la raffinerie de Donges.

    « Quand je leur ai demandé comment, concrètement, nous pouvions les aider, la réponse a été simple : allez chercher de l’essence aux pompes ! »

    http://www.7septembre2010.fr/post/2010/10/17/Bonnes-nouvelles-de-la-raffinerie-de-Donges-%2844%29

    Aujourd’hui, comme hier, beaucoup de Français ont suivi la consigne et sont allés faire le plein de leur voiture, ou de leur moto, ou de leur jerrican.

    Cette action n’est pas seulement une action de précaution ou une action de panique.

    Cette action est aussi une action politique de chaque automobiliste, de chaque motard.

    Cette action a comme conséquence concrète la pénurie de carburant dans cinq régions françaises : Ile-de-France, Pays de Loire, Poitou-Charente, Rhône-Alpe, Provence Alpe Côte d’Azur.

    Les journaux télévisés diffusent en ce moment la carte de la France : ces cinq régions sont en rouge (= très grande difficulté pour trouver du carburant).

    De plus en plus de régions sont en orange.

    De moins en moins de régions sont en vert.

    Nous sommes en train de gagner la guerre du carburant.

    Si nous arrivons à créer une pénurie de carburant sur tout le territoire français, le gouvernement sera forcé de reculer.

    « Les Français ont voté avec leur voiture ! »

    « Les Français ont voté avec leur moto ! »

    « Les Français ont voté avec leur jerrican ! »

  3. babelouest dit :

    C’est vraiment le partage du marché entre Don Nicolas qui détruit la solidarité financière, Don Guillaume qui récupère le pactole « investissement pour le futur », et Don François qui affûte ses dents sur les complémentaires santé. Sa fiche Wikipedia a bizarrement été supprimée, mais on en retrouve des traces :

    François Sarkozy De Nagy Bosca, pédiatre de formation, né le 6 juin 1959 et frère cadet de Nicolas Sarkozy, est vice-président du conseil de surveillance depuis 2006 de BioAlliance Pharma .

    Etudes et formation

    Interne des Hôpitaux de Paris de 1983 à 1990 il occupe un poste d’assistant en physiologie respiratoire, en décroche le DEA (diplôme d’études approfondies) puis devient pédiatre tout en poursuivant des recherches en biologie . Il obtiendra son MBA auprès de l’INSEAD en 1994

    Pendant la période de 1990 à 2000 il est directeur médical et pharmaceutique pour Aventis Pharma France, pour Hoechst Marion Roussel et pour Roussel-Uclaf : directeur du développement international, responsable du développement clinique international et chef de produit au niveau mondial pour les antibiotiques.

    Coupable de conspiration et fraude envers la FDA (Food and Drug Administration), Roussel Uclaf SA a été condamnée, en 2001, à payer 33 millions de dollars (dommages civils et pénaux) à la justice américaine. La compagnie française (participation de l’État français à hauteur de 40% dans son capital depuis 1982 ) introduisait et commercialisait aux Etats-Unis, au moins en 1995 et 1996, des médicaments modifiés, le Cefaclor® , avec une intention frauduleuse . Le Cefaclor est un antibiotique (Céphalosporines de seconde génération) utilisé pour diverses infections, respiratoires notamment.

    Paris Biotech, les Sarkozy et l’Arche de Zoé

    Selon toute vraisemblance, l’Arche de Zoé est légalement domiciliée chez l’un des fondateurs de Paris Biotech Santé, M. Jean-François Dhainaut, en qualité de Président de l’Université Paris V-Descartes, poste qu’il a quitté après avoir été nommé président de l’AERES le 11 juillet 2007 par Nicolas Sarkozy.

    M. Dhainaut est très étroitement lié à Stéphanie Dhainaut-Lefebvre, car il s’agit du père et de la fille. Stéphanie Dhainaut-Lefebvre est secrétaire générale de l’Arche de Zoé et directrice adjointe de l’organisme semi-public sus-nommé, Paris Biotech Santé.

    Il existe donc bien un lien personnel et organique entre Paris Biotech Santé et l’Arche de Zoé d’autant que Stéphanie Dhainaut-Lefebvre a déclaré à la presse qu’elle connaissait Éric Breteau depuis 15 ans (depuis le début des années 1990). Or, François Sarkozy siège aux côtés de l’amie de 15 ans d’Eric Breteau au comité d’évalutation de Paris Biotech Santé. M. Dhainaut, étroitement lié à Paris Biotech Santé, chez qui est domiciliée l’Arche de Zoé, est membre de la commission Santé de l’UMP

    C’est donc bien du côté de Paris Biotech Santé et de la famille Sarkozy qu’il faut piocher dans l’affaire l’Arche de Zoé.

    (retrouvé ici : http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com/article-12183693-6.html )

    Cet homme est si important, qu’on le cache, on le protège. Dans le flot de discussions de Wikipedia pour ou contre la suppression, quelqu’un souligne qu’il n’est pas important. Et un autre rétorque qu’il pourrait bien le devenir.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Discussion:Fran%C3%A7ois_Sarkozy/Suppression

    On n’est pas sortis de l’auberge !

  4. La main gauche dit :

    A ce stade ça n’est plus du lobbying mais ça ressemble plutôt à une sorte de délit d’initié qui donne une longueur d’avance à Guillaume Sarkosy qui fausse, par la même occasion, leur fameuse « libre concurrence non faussée » !… et ça va jusqu’à la campagne publicitaire de Malakoff Médéric actuellement sur les écrans, une telle campagne se prépare de longue date et certainement bien avant que Sarkosy (le Nicolas) n’ait dévoilé à quiconque (excepté à son frèro) le contenu et le calendrier de sa réforme !

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