Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

26 octobre 2010

Georges Frêche n’était pas que ce que veulent en voir les médias

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Georges Frêche est décédé à l’âge de 72 ans. Les médias ne retiendront, sur le plan national, que ses «dérapages» et, localement, le formidable développement de Montpellier. Mais l’inverse — Frêche pertinent au plan national mais moins au plan local — tient aussi bien.

Que restera-t-il de Georges Frêche ? À 72 ans, le président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon et ancien maire de Montpellier est décédé d’une crise cardiaque et il est certain que les médias ne retiendront de lui que ses sorties les plus sulfureuses : les noirs de l’équipe de France, les harkis ces « sous-hommes » ou, plus récemment, Laurent Fabius et sa « tronche pas très catholique » (Marianne avait publié les bonnes feuilles de son dernier livre dans lequel il réglait leur compte à tous ceux qui l’avaient soupçonné d’antisémitisme, ndlr).

Un peu court tout de même pour résumer la carrière politique d’un homme qui se targuait de « parler français comme les Français », qui aimait à rappeler que dans sa région toulousaine d’origine, « le nom de « con » sert de virgule ». Ces « cons » d’ailleurs auprès de qui il se vantait « [de faire] campagne » car des « gens intelligents, il y en a 5 à 6 % »

Mais au-delà de la caricature que Georges Frêche avait pris l’habitude d’offrir de lui-même, l’homme présentait un intérêt que la « morale » médiatique empêchera de voir : il savait s’élever — plus ou moins finement — contre le politiquement correct et surtout se mettre à la place du populo. Apparemment, avec un certain succès électoral puisque l’analyse des votes socialistes aux dernières élections régionales montraient que c’était en Languedoc-Roussillon et en Poitou-Charentes que l’électorat socialiste comptait le plus d’ouvriers et d’employés. Il ne reste donc plus au PS qu’à se débarrasser de Ségolène Royal pour se couper définitivement du peuple…

L’action locale de Georges Frêche sera sans doute tout aussi mal interprétée. Ils seront, certes, quelques-uns à pointer la démesure et la mégalomanie de « l’œuvre » de Georges Frêche. Mais tous loueront le formidable développement de la cité montpelliéraine et Frêche « le bâtisseur », comme l’a dit Martine Aubry. Son action a pourtant été réellement dommageable pour la ville sur laquelle il a régné durant trente ans. Les historiens du futur lui rendront hommage pour l’avoir défigurée avec constance et assurance, comme l’avait bien noté l’écrivain orwélien Jean-Claude Michéa.

Car Frêche n’était pas que léniniste ou maoïste de coeur. Il était persuadé — et l’avait dit à Marianne — qu’il croyait en la capacité de l’homme de bouleverser les paysages. Son objectif, largement atteint, a été de remodeler la ville en fonction de sa conception. Ce qui l’a rendu — la ville, pas Frêche — méconnaissable. Entrer en voiture dans Montpellier est devenu un défi au bon sens. Un périphérique cerclant la ville prive les visiteurs de la découverte spontanée de ses atours. Si le promeneur arrive par la gare TGV, il est littéralement aspiré par une rue piétonne d’un mauvais goût certain, dont le parcours lui évitera les vestiges moyen-âgeux de la cité. À quelques kilomètres d’un centre qu’il a ainsi enfermé, Frêche et ses adjoints ont bâti un nouveau cœur de ville en forme de Disneyland, où les enseignes de la grande distribution tutoient les giga-centres de cinéma et les centres de loisirs à l’américaine. Son ambition ? Tablant sur la croissance démographique de la ville, il souhaitait pousser ses frontières jusqu’à la mer. Frêche était décidément bien différent de ce que les médias en retiendront…

Gérald Andrieu & Philippe Cohen pour Marianne2.fr

3 réponses à “Georges Frêche n’était pas que ce que veulent en voir les médias”

  1. Serge dit :

    S’il était considéré comme le « bâtisseur de Montpellier », on ne peut malgré tout ne pas oublier ses « petites phrases » inconvenantes pour un homme qui se disait de gauche.
    Paix à son âme et tournons la page !

  2. Belgo dit :

    Freche a commis le crime politique de céder à l’élitisme. Crime politique antisocialiste…

    Par-dessus ses extravagances d’histrion, il se moquait avant tout des gens, qu’il manipulait d’une façon tres adroite, et même ouvertement à sa façon (sa citation sur les harkis). Bien plus, en bon National ou élitiste, il articulait les communautarismes. C’est ce qui explique ses dernieres facéties autour de Mao ou Lénine : il avait ce point commun de manipuler les masses, et de le faire en réalité, cyniquement, dans l’intéret de l’élite.

  3. Denis dit :

    La politique, c’est un peu comme la musique. Au bout de 5 morceaux, on a déjà tout fait. Frêche, c’est le contre-modèle de ce que nous avons à inventer. 30 ans… putain 30 ans ! Paix à son âme tourmentée.

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