Section socialiste de l'île de Ré
Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. Jean Jaures – Psiledere@aol.com

27 octobre 2010

La jeunesse a toutes les raisons de manifester

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:29

Depuis la rentrée de septembre, les jeunes générations ont rejoint le cortège des manifestations. Mardi 26 octobre marque une étape nouvelle dans la sociologie du conflit: les jeunes seront seuls en scène, à l’appel de l’Unef et de Sud-Etudiants. La majorité feint de s’étonner de leur présence dans la rue. Ils ont pourtant toutes les raisons du monde de manifester.

Les jeunes, victimes de la réforme des retraites

On en discute beaucoup: le recul de l’âge de départ à la retraite des seniors va-t-il aggraver le chômage des jeunes?

Le marché du travail en France est dégradé. Il s’est adapté à la crise en excluant du travail ses deux extrémités générationnelles, les jeunes et les seniors. Le taux d’emploi des jeunes (moins de 25 ans) est de 31%, celui des seniors (plus de 55 ans) de 38%, des taux parmi les plus bas d’Europe. En l’absence d’une politique volontariste d’amélioration du marché du travail, le recul de l’âge de départ à la retraite va accroître le chômage.

Le chômage des seniors, bien sûr. Les deux tiers des Français sont au chômage lorsqu’ils liquident leur retraite. C’est ce qui explique la grande différence dans le secteur privé entre l’âge de cessation d’activité, 58 ans, et l’âge de liquidation de la retraite, 61,6 ans. Statistiquement, pour ces Français, le maintien plus longtemps en activité signifie maintien au chômage: la réforme transforme de «jeunes retraités» en «vieux chômeurs».

Mais également le chômage des jeunes. Certes, il n’y a pas de lien direct: on ne remplace pas poste pour poste un tourneur fraiseur qui part à la retraite par un jeune diplômé sorti de l’université. Mais les liens existent. Des liens mécaniques dans certains secteurs, comme dans l’administration: avec la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux, l’embauche d’un jeune est conditionnée par le départ de deux seniors. Ou dans le milieu médical: le numerus clausus impose que toute entrée soit gagée sur une sortie. Des liens plus diffus sinon: les contraintes de masse salariale en entreprise font que les embauches sont globalement conditionnées aux départs.

Qui va payer la réforme?
Ce débat a été particulièrement mal posé. Si la question est «l’amélioration de l’emploi des seniors entraîne-t-elle la dégradation de l’emploi des jeunes?», alors la réponse est non. Tous les économistes le disent: ils vont de pair. Dans un marché du travail dégradé, les deux souffrent. Dans un marché du travail sain, les deux s’intègrent bien. Mais la question est différente: la réforme des retraites va-t-elle aggraver le chômage des jeunes? La réponse est oui. Avec la réforme, le chômage des jeunes, comme celui des seniors, va augmenter.

On discute beaucoup de l’impact de la réforme sur le chômage des jeunes. Mais bizarrement, on discute beaucoup moins du vrai point central: qui va payer la réforme des retraites?

La gauche et les syndicats l’ont martelé, et ils ont raison: ce sont les salariés modestes. La réforme est marquée du sceau de l’injustice sociale.

Mais –on ne l’a pas entendu– elle est aussi injuste pour les jeunes générations. Elles vont payer trois fois.

Elles vont cotiser plus, avec le recul de l’âge légal. Un recul qui ne prendra sa pleine mesure qu’à partir de 2018, donc pour les moins de 50 ans d’aujourd’hui. (Lire la suite…)

26 octobre 2010

Lapsus?: les français sont-ils des « cons »… pour Hervé Morin ?

Filed under: 20 - UMP — iledere @ 12:00

Les hommes et femmes politiques se sont-ils lancés un défi en matière de lapsus?

Il y a eu « la fellation » de Rachida Dati (au lieu d’inflation), puis les « empreintes génitales » de Brice Hortefeux, (au lieu d’empreintes digitales), et le dernier en date, on le doit à Hervé Morin, le ministre de la Défense.

Ainsi dans un entretien diffusé cette semaine sur la radio Beur FM, le ministre de la Défense répond à une question du journaliste sur l’hostilité de l’opinion publique à l’égard de la politique de Nicolas Sarkozy concernant l’engagement français en Afghanistan.

Réponse d’Hervé Morin :
« C’est difficile d’expliquer à des cons… »

Et le ministre de ramer…

Puis il se reprend : « à des… à des hommes et des femmes… euh… qu’une partie de leur sécurité se joue à 7.000 kilomètres de chez eux ! »

Les Français pris pour des « cons » par un ministre, ce n’est pas nouveau, mais au moins là, on a la preuve par le son… (Vidéo ci dessous)

Source vidéo: videographe sur YouTube)

Lu sur « Le Post »

Georges Frêche n’était pas que ce que veulent en voir les médias

Filed under: 09 - Evènement — iledere @ 6:30

Georges Frêche est décédé à l’âge de 72 ans. Les médias ne retiendront, sur le plan national, que ses «dérapages» et, localement, le formidable développement de Montpellier. Mais l’inverse — Frêche pertinent au plan national mais moins au plan local — tient aussi bien.

Que restera-t-il de Georges Frêche ? À 72 ans, le président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon et ancien maire de Montpellier est décédé d’une crise cardiaque et il est certain que les médias ne retiendront de lui que ses sorties les plus sulfureuses : les noirs de l’équipe de France, les harkis ces « sous-hommes » ou, plus récemment, Laurent Fabius et sa « tronche pas très catholique » (Marianne avait publié les bonnes feuilles de son dernier livre dans lequel il réglait leur compte à tous ceux qui l’avaient soupçonné d’antisémitisme, ndlr).

Un peu court tout de même pour résumer la carrière politique d’un homme qui se targuait de « parler français comme les Français », qui aimait à rappeler que dans sa région toulousaine d’origine, « le nom de « con » sert de virgule ». Ces « cons » d’ailleurs auprès de qui il se vantait « [de faire] campagne » car des « gens intelligents, il y en a 5 à 6 % »

Mais au-delà de la caricature que Georges Frêche avait pris l’habitude d’offrir de lui-même, l’homme présentait un intérêt que la « morale » médiatique empêchera de voir : il savait s’élever — plus ou moins finement — contre le politiquement correct et surtout se mettre à la place du populo. Apparemment, avec un certain succès électoral puisque l’analyse des votes socialistes aux dernières élections régionales montraient que c’était en Languedoc-Roussillon et en Poitou-Charentes que l’électorat socialiste comptait le plus d’ouvriers et d’employés. Il ne reste donc plus au PS qu’à se débarrasser de Ségolène Royal pour se couper définitivement du peuple…

L’action locale de Georges Frêche sera sans doute tout aussi mal interprétée. Ils seront, certes, quelques-uns à pointer la démesure et la mégalomanie de « l’œuvre » de Georges Frêche. Mais tous loueront le formidable développement de la cité montpelliéraine et Frêche « le bâtisseur », comme l’a dit Martine Aubry. Son action a pourtant été réellement dommageable pour la ville sur laquelle il a régné durant trente ans. Les historiens du futur lui rendront hommage pour l’avoir défigurée avec constance et assurance, comme l’avait bien noté l’écrivain orwélien Jean-Claude Michéa. (Lire la suite…)

25 octobre 2010

Jeunesse : merci de bien vouloir chômer, et en silence!

Filed under: 11 - société — iledere @ 12:22

Les débats autour de la participation des lycéens et des étudiants à la mobilisation contre la réforme des retraites offrent un triste résumé de tous les poncifs qui s’accumulent à l’encontre de la jeunesse.

Premier poncif, les jeunes seraient évidemment manipulés, par les syndicats et les partis politiques de gauche, mais pire encore, ils seraient « conditionnés », « endoctrinés » dès leur plus jeune âge, par des enseignants gauchistes leur insufflant le poison de la contestation : faut-il avoir quitté les bancs de l’école ou des amphithéâtres depuis longtemps pour oser proférer de telles inepties…

Second poncif, la jeunesse des années 2000 serait d’une tristesse et d’un conformisme accablants, toute occupée à compter ses futurs trimestres de cotisation, à l’opposé des générations précédentes, généreuses, ouvertes sur un monde qu’elles rêvaient de changer. Est-ce si difficile de comprendre que la question des retraites ne se posait pas pour les générations nées après la guerre, tout simplement parce qu’elles étaient assurées d’en bénéficier ?

On en arrive au troisième poncif : mais pourquoi diable ces jeunes manifestent-ils contre une réforme qui sauve le système par répartition et qui précisément vise à leur garantir une retraite décente ? Pour le coup, il n’est pas nécessaire d’être jeune, mais seulement de savoir lire (par exemple le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites), pour comprendre que l’équilibre financier du système de retraite n’est absolument pas assuré par les seules mesures d’âge.

En réalité, tant que l’on en reste aux poncifs, le vrai débat, celui de l’insertion professionnelle et de l’emploi des jeunes, est occulté.
Si les jeunes sont dans la rue aujourd’hui, c’est bien parce que leur situation sur le marché du travail est terriblement dégradée. Au second trimestre 2010, plus de 23% des actifs de moins de 25 ans étaient au chômage (25% des jeunes femmes et 22% des jeunes hommes). Et parmi les 15-29 ans en emploi, avant même l’explosion de la crise financière à l’automne 2008, 35% étaient des salariés précaires (CDD, intérim, contrats aidés).
Après des études sensiblement plus longues que les générations précédentes, la durée de l’insertion sur le marché du travail s’allonge également jusqu’à la difficile obtention d’un contrat à durée indéterminée, en moyenne à plus de 28 ans. Dès lors, se mobiliser n’est pas un caprice ou un effet de mode mais une réponse à des injonctions contradictoires de la société : il faudra travailler plus longtemps, mais l’accès à un premier emploi stable et correctement rémunéré relève souvent du parcours du combattant. (Lire la suite…)

Tirons une leçon du mouvement contre la réforme des retraites.

Filed under: 06 - Travail-Entreprises — iledere @ 6:30

Ce qui est finalement le plus inquiétant, dans le mouvement des retraites, est la lumière faite sur une démocratie en état de décomposition avancée. De droite comme de gauche, nous devrions tous nous en inquiéter, au lieu de nous y vautrer.

Au début de l’année, le président de la République annonce une réforme qu’il va tenir apparemment jusqu’au bout en l’adaptant à peine à l’extrême-marge. Dans ce processus, l’ensemble des acteurs de notre système démocratique sont bafoués : les syndicats ne sont pas consultés, les autres partis politiques à peine, le parlement qui tente régulièrement de faire évoluer ce texte doit finalement réduire ses débats au minimum et n’accepter que les amendements tolérés par le gouvernement. L’impression qui ressort de tout cela est une évidence : le gouvernement peut faire ce qu’il veut, comme il le veut, sans qu’une opposition institutionnelle réelle puisse se mettre en place.On pouvait à ce moment-là espérer que la rue se substitue et prenne le contrôle des choses. Finalement, jusqu’à maintenant, ce n’est pas du tout le cas. Les syndicats ont organisé un mouvement, au départ, très peu contestataire : quelques grandes manifestations, certes impressionnantes, mais qui n’inquiétaient pas plus que cela le pouvoir. Ces dernières semaines, les choses se sont radicalisées mais sans soulever l’ensemble des Français. Certes, des salariés de certains secteurs se sont fortement mobilisés, mais sans jamais parvenir à déclencher une grève majoritaire et sans paralyser le pays. Même s’il faut faire la queue une heure pour avoir de l’essence, on ne peut pas dire que notre vie en soit radicalement transformée.

Dans ce petit bras de fer, les acteurs ont donc cherché, avec une certaine insistance, la position de la population. Ah, comment savoir ce que peut bien vouloir le peuple… On a donc, de tous les côtés, commandé des sondages, dont on sait pourtant qu’ils sont aisément manipulables et réalisés dans des conditions toujours discutables. Ainsi, dans les grands débats organisés dans nos médias, on a pu voir les partisans des deux camps se jeter les mêmes chiffres à la figure en affirmant détenir le soutien de la majorité. Sans aucune preuve concrète.
Dans ce jeu stupide, les médias ne sont pas en reste. Pour illustrer l’avis du bon peuple, on rajoute une louche de sondages et surtout, les habituels micro-trottoirs où un bon Français donne son avis. Souvent, ces petits reportages sont au mieux risibles. Voici que, sur TF1, on interroge un passant de Neuilly-sur-Seine qui, bien évidemment, déclare sa haine de ces infâmes grévistes privilégiés qui l’empêchent de mettre de l’essence dans sa Porsche… Pendant ce temps, sur Arte, voici un enseignant qui dit comprendre les grévistes. Sur France 2, un médecin libéral se plaint de ne pas pouvoir remplir sa voiture d’essence pour aller faire sa tournée, alors que sur une autre chaîne du service public, un médecin hospitalier rejette la réforme. Le pire a pour moi été d’entendre l’habituel langue de bois ressassant toujours les mêmes marronniers que nous devrions considérer comme justes : les Français sont nuls en économie, les Français sont des enfants qui refusent une réforme inévitable, les Français en ont marre de ces prises en otage, les Français ont besoin de l’essence pour vivre, les Français veulent la fin du statut de la fonction publique, les Français sont fatigués de cette élite bourgeoise qui prend des décisions qui ne la touchent pas directement… (Lire la suite…)

Les « P’tites Racailles », ça m’intéresse ; voici pourquoi

Filed under: 11 - société — iledere @ 6:30

J’assume complètement m’intéresser aux jeunes de banlieue et ce,  pour beaucoup de raisons. C’est donc sans complexe que je m’attarde sur ce sujet.

Il m’est devenu insupportable qu’un problème qui a donné naissance à mon engagement militant lorsque j’avais 16 ans, ne soit ni résolu et pire, a pris de l’essor. Ensuite, je ne trouve, pour l’instant, dans aucun discours politique,  de perspectives, d’esquisses de solutions, que ce soit à droite comme à gauche ; Et pour l’instant, les seuls qui se font entendre sont l’UMP qui comme des marchands de poisson, vendent à l’étalage leur discours sécuritaire pour attirer le client lepéniste.

Je n’invente rien en disant que s’attaquer aux causes permet que d’autres problèmes se règlent en cascade. Pour exemple, comment traiter la question du sexisme en banlieue si seule l’accusation s’exhibe et rajoute au passage une stigmatisation supplémentaire des garçons, sans que l’éducation de ces derniers fasse l’objet d’actions significatives ?
Ensuite, pour fréquenter régulièrement sur le terrain, ces jeunes des cités, je sais que les micros expériences que je peux mener peuvent produire de grands effets positifs.

J’ai aussi fait le choix de rester sur le terrain, de continuer de côtoyer ces jeunes, de passer des moments avec eux, de prendre le temps, chaque fois que je le peux, pour leur donner quelques clés, aussi modestes soient-elles ; l’important, est que celles-ci ouvrent toujours une étape pour eux.

Puis ce n’est ni par communautarisme, dont d’ailleurs ma vie personnelle n’est pas le reflet, ni par calcul politique quelconque que je me saisis de la plume pour m’exprimer sur le sujet. Simplement parce que je sais combien « Dire » est une action à part entière. Et nous avons la formidable et précieuse chance de disposer, dans notre pays, de la liberté d’expression.

J’aurais pu aussi décider de prendre du champ avec un environnement dans lequel j’ai baigné durant mon enfance et mon adolescence ; celui d’une famille immigrée algérienne de 13 enfants où les parents ne parlaient pas un mot de français, pour faire court. Inutile de livrer les détails de l’histoire tant elle ressemble à des milliers d’autres largement exposées sur la place publique par un paquet de citoyens issus de l’immigration.
J’aurai pu aussi me satisfaire d’une vie de « Beurgeoise-Bobo » qui pour se distinguer de celles et ceux qui me sont si proches par leurs histoires, m’amènerait à emprunter parfois des propos plus proches du spectacle que de l’utilité de faire avancer la question. (Lire la suite…)

24 octobre 2010

Vous avez aimé les subprime ? Voici le foreclosure gate !

Filed under: 01 - Etudes et analyses,03 - Economie — iledere @ 12:00

Reprenons. On connait les subrpime, ces crédits hypothécaires attribués à des personnes souvent insolvables, dont les taux d’intérêt ont monté en flèche, ce qui a contracté le marché et fait baisser les prix de l’immobilier. C’était le départ de la crise subprime, devenue une crise économique mondiale grâce à l’efficacité de la régulation concoctée par les banques.

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont confrontés à ce que les médias appellent la « crise des saisies immobilières », c’est-à-dire le « gel de centaines des saisies immobilières » par certaines banques comme Bank of America2], le numéro un du crédit immobilier, Ally Bank ou JP Morgan Chase qui a bloqué 56.000 dossiers et est en train d’étudier 115.000 autres dossiers en cours. 80% des expulsions en cours seraient concernées. Et les procureurs de différents Etats sont en train de pousser à de nombreuses révisions de dossiers.

Cette année, les Etats-Unis ont connu plus de 800.000 saisies d’habitations, dont plus de 100.0003] en septembre et presque autant en août. Avant la crise, en 2005, on saisissait environ 100.000 logements par an. Tout le monde s’accorde à dire que le mouvement s’accélère ces derniers mois (normal si l’on tient compte de l’endettement colossal des banques), et au final ce sont plus de 2,4 millions d’habitations qui ont été saisies aux Etats-Unis depuis décembre 2007.

Or, il se trouve que les associations de consommateurs US commencent à s’énerver, et réclament un moratoire sur les saisies, pendant que les 50 Etats US ont lancé une enquête conjointe sur les recouvrements, que le Congrès en réclame une autre, et que les premiers procès en « class action » se préparent. Même la FED, huit fonds spéculatifs tels que Blackrock et des assureurs, comme Ambac Assurance Corp. ou l’Association of Financial Guaranty Insurers (AFGI)4] sont aussi en train de poursuivre la seule Bank of America à cause de ces titres hypothécaires –et/ou de sa filiale Countrywide5], spécialisée dans lesdits prêts mais surtout les plus pourris. Pourquoi tous ces procès ?

Malhonnêtes ou incompétents ?
Parce que les procédures qui doivent être appliquées lors des saisies ont été mal ou pas du tout appliquées. Normal : ceux qui s’occupaient de faire les prêts ne comprenaient rien à ce qu’ils faisaient, étant parfois coiffeur, employé de Wal Mart, bref non qualifiés. Ce sont eux qui étaient chargés de signer les documents, car il y avait à l’époque tellement de contrats à défiler qu’il fallait recruter n’importe qui pour suivre la cadence. Une employée de la Wells Fargo (en très mauvaise passe actuellement) a ainsi calculé qu’elle avait signé 500 documents en moyenne chaque jour, quand d’autres chez Bank of America arrivaient à 8.000 contrats par mois.

D’après le New York Times, Citigroup et Ally avaient même carrément délocalisé le traitement de ces dossiers aux Philippines et à Guam. Ce qui n’empêche pas Citigoup de déclarer que ses procédures de saisie sont « saines » et qu’il n’y a donc pas lieu de suspendre quoi que soit. En Floride, un des Etats où les saisies et les prêts illégaux sont les plus nombreux, trois entreprises gèrent 80% des faillites et sont sous le coup d’investigations du procureur général de Floride6]. (Lire la suite…)

La naissance de la droite française

Filed under: 01 - Etudes et analyses — iledere @ 6:30

Dès ses commencements, la Révolution française n’a cessé de susciter les interrogations des contemporains. Tous, opposants ou partisans du changement, ont eu immédiatement la perception qu’une époque allait se fermer pour toujours pour faire place à une nouvelle. Ce qui explique pourquoi, au moment même où les événements étaient en train de se dérouler, les protagonistes ont cherché immédiatement à écrire des histoires de la Révolution pour définir ce qui était en cours. En proposer une explication et la raconter signifiait dévoiler les enjeux politiques présents et les attentes futures.

En suivant cette approche, qui est en même temps politique et historiographique, les résistances au processus révolutionnaire ont été longtemps expliquées a contrario. Au fond pour l’historiographie révolutionnaire, peu importait de reconstruire la pensée des oppositions, car celles-ci étaient censées trouver leur explication profonde et leur justification immédiate dans la Révolution même. C’est celle-ci qui avait enfanté la contre-révolution, phénomène historique qui ne possédait pas, au moins au départ, une véritable autonomie politique. Au fond, l’idée, non dénuée de sens logique, était que la critique d’un événement et du système des valeurs qui en construit la légitimité, est la manifestation d’une différence qui ne débouche pas forcement sur la construction d’une altérité intellectuelle et politique.

Le livre de Jacques de Saint Victor renverse ce cadre interprétatif et propose une lecture novatrice de la pensée et des positions politiques des premiers opposants à la Révolution française. Son ouvrage, qui constitue en quelque sorte la continuation et peut-être l’achèvement de ses recherches précédentes 1, s’efforce de tracer le parcours du groupe des députés qui, hostiles aux réformes de l’Assemblée Constituante, refusèrent néanmoins d’émigrer et siégèrent pour deux ans sur les bancs de droite pour porter la contradiction aux orateurs patriotes.

L’idée de l’auteur est que cette droite, composée notamment de membres du haut clergé et de la noblesse d’épée, a développé une pensée politique cohérente à la fois sur le plan institutionnel, social et politique. « Il a existé en France, même si ce courant a été toujours mineur au sein de la contre-révolution, une tendance « libérale « qui n’a pas connu dans notre pays les conditions politiques et sociales de son essor. Cela n’empêche pas qu’elle ait pu exister et que les aristocrates de 1789 en aient constitué la matrice fondatrice. « 2

L’intention de l’auteur est de démontrer que les positions de cette droite aristocratique, – résultat d’une alchimie complexe entre la tradition féodale et l’esprit des Lumières – ont été beaucoup plus modernes que ce que la tradition historiographique a bien voulu faire croire. Surtout, en tant que fin connaisseur de l’histoire du droit, de Saint Victor voudrait démontrer combien l’expérience de la première droite aristocratique a été décisive et, en même temps, éloignée des positions de l’aristocratie qui allait prendre le pouvoir sous la Restauration.

Un autre modèle de société
L’un des atouts de l’auteur est la capacité de bien résumer en quelques traits les épisodes les plus complexes de la Révolution. Cette qualité explicative est manifeste dès les premières pages du livre, lorsque de Saint Victor arrive à reconstruire le processus de formation de la droite aristocratique tout en soulignant les nuances qui séparent ses principaux membres. Parmi les orateurs  »noirs « 3 se distingue la figure du comte Jacques de Cazalès, qui accepte de se confronter aux problèmes de fond posés par les révolutionnaires, tout en demeurant fortement attaché à l’idée d’un « gouvernement féodal ». Cette vision réaliste et pragmatique est contrastée, et devient progressivement minoritaire à l’intérieur de la droite, du fait de l’intransigeance de l’abbé Jean-Siffrein Maury, qui favorise et espère une radicalisation des tensions internes à la Révolution dans l’espoir que celles-ci aient raison des réformes de la Constituante. (Lire la suite…)

23 octobre 2010

Les Sarkozy ou les frères Dalton?

Filed under: 06 - Travail-Entreprises,20 - UMP — iledere @ 13:15

Comme d’habitude c’est le plus petit (1, 20m selon les syndicats, 1,90 selon la police), le plus hargneux, qui dirige la bande de hors la loi.

On peut percevoir parfois quelque analogie entre ces frères Dalton rêvant d’une Dalton City avec cette pauvre France que certains de nos dirigeants abandonneraient au pillage pour se remplir les poches.
A Dalton City on va prendre l’argent des retraites, avant, demain, de voler l’argent de la santé…

Histoires de « famille » comme dans toute mafia bien comprise.
On peut ainsi se poser la question de la collusion des intérêts privés des familles de certains de nos gouvernants et de leurs fonctions politiques.
Avocats d’affaires comme Sarkozy, Jupé ou Borloo, l’affairisme n’est jamais bien loin… Mais les meilleures affaires se font en famille…<
Souvenons-nous de Monsieur Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, et de sa femme à la tête de France 24, la télévision à vocation internationale.
Souvenons-nous de l’UMP voulant forcer les communes à se doter de vidéo surveillance quand l’un de ses principaux acteurs est le frère d’Hortefeux.
Souvenons-nous de la compagne de Michel Baroin qui était fiscalisée à Las Vegas pour échapper à l’impôt en France…Et bien sûr, Woertz et son épouse.

Woertz qui fut le trésorier de la campagne de Sarkozy comme ce dernier le fut pour Balladur, Karachigate à la clé !
Et maintenant, la sarfozy family, le fiston et le frangin !

Le fils promis aux plus hautes fonctions mais pas même capable d’obtenir un diplôme !
Et surtout Guillaume Sarkozy, celui qui vous prendra l’argent des retraites !

Voici donc un extrait très éclairant de POLiTIS :
Sevriena, l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites
par Thierry Brun

« Sevriena, une nouvelle société d’assurance spécialisée dans la retraite par capitalisation, créée par Guillaume Sarkozy, entend bien profiter de la réforme des retraites. Histoire d’une opportune naissance destinée à rafler un juteux pactole compris en 40 et 110 milliards d’euros. (Lire la suite…)

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